Fêtarde invétérée

J’étais bourrée

Au départ, ce devait être un simple repas tranquille entre collègues.

Nage de poissons ? Ils sont vivants ?!!!

Mais je ne sais pas ce qu’il s’est produit. J’étais crevée et je souffrais depuis plusieurs jours déjà d’une douleur dans l’oreille, et quand le serveur m’a amené mon gin, j’avais l’impression qu’il cautérisait mes ganglions.

Alors il est descendu tout seul, d’une seule traite et, sur la douleur plus fatigue, ça a fait un cocktail détonnant.

Puis j’ai vidé une bouteille de rouge avec Dédé, chose que je ne fais jamais.

Tout cela m’a fait un effet boeuf.

En nous connectant à la 4G, Sophie et moi avons vu que la Myrèse-family était dans le même restaurant que nous alors on s’est levées et on les a cherchés partout et on a pris des photos de nous éméchées devant toutes les tables en demandant : « Vous êtes où ? On est là aussi », devant les serveurs exaspérés par notre cirque.

Bien entendu lls étaient déjà rentrés depuis longtemps. On leur a dit on débarque chez vous ! Mais on ne l’a pas fait car en descendant la route du restaurant, les tournants ont tourné, et ça nous a fait passer l’envie de faire un after.

Arrivée à la maison, j’ai trébuché dans le chat.

Puis j’ai envoyé un message nocturne à Marena Palm en disant : « Meuf, on va se faire un road trip à la Thelma et Louise, un truc du feu de Dieu, tu vas voir ».

A cette heure tardive de la nuit, nul doute que Marena Palm dormait à poings fermés et que le lendemain elle lirait ma missive en se disant « Quel boulet, celle-là ».

Puis j’ai longtemps parlé au chien.

Je lui ai dit : « Il faut que je boive l’entièreté d’un grand verre d’eau. C’est pour le crâne, Doudi. Pour ne pas avoir mal demain ».

Il s’en fichait éperdument, enroulé dans son panier, mais j’ai commencé à lui expliquer que toutes ces considérations étaient loin de concerner le règne animal et comme il ne réagissait toujours pas, j’ai compris que je venais de dire le mot « considération » à mon chien et que, du coup, il était grand temps de vider ce verre d’eau et de rejoindre les bras de Morphée.

Kakou le chat squattait mon lit et il est interdit de maison la nuit mais j’étais trop entamée pour le virer alors je l’ai laissé là et il m’a harcelée comme un petit chaton qui réclame sa maman en me plantant névrotiquement les griffes dans le cou.

Au matin , mon crâne vrillait.

J’ai vu que je m’étais endormie sans avoir vidé mon putain de verre d’eau obligatoire.

J’ai vu que j’avais laissé des messages chelous.

Que de la bave séchait au bord de ma bouche.

Que le chat était étendu sur moi en écharpe.

Que le chien m’observait d’un air désolé.

J’ai toussé un peu. Mes ganglions avaient triplé de volume.

Aussitôt, Mère est entrée dans ma chambre et m’a dit : « ça va ?  » avec de la panique dans la voix.

« Oui, pourquoi ? »

« Tu as toussé »

« Et alors ? »

« Alors ? Tu dois restée confinée chez toi »

« Je suis chez moi »

« Tu vas mourir  » a-t’elle conclu d’un ton sans émotion, puis elle est partie.

Péniblement, je me suis levée et je suis descendue.

Je me suis affalée dans le canapé, à côté d’Adèle.

Le chien est arrivé près de nous, la queue battante.

« Oh, mon petit frère chéri ! « , s’est exclamée Adèle, toute fébrile.

Le chien l’a regardée une seconde.

Puis il a vomi sur le tapis.

A ses pieds.

Une croquette et de la bile.

« Je crois que le chien aussi s’est fait une biture express », ai-je conclu.

1 réflexion au sujet de “J’étais bourrée”

  1. Et voilà ! Si le chien t’avait écoutée, il aurait bu son verre d’eau…

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