Douglas Kennedy

Ce soir, en grande exclusivité, je vous propose un petit extrait de mon roman, pour votre mettre en appétit…

Pour vous situer, mon héroïne, Simone Pradier, essaye d’écrire un roman. Oh, la belle mise en abîme que voilà ! Et, chose importante, elle s’adresse à Victor Hugo via son journal intime.

20 janvier 2022. Pour m’aider dans l’écriture de mon roman, je me suis inscrite à des ateliers en ligne avec Douglas Kennedy. Ce sont des sortes de masterclass que l’on peut suivre de chez soi. Cela s’appelle “The Artist Academy” (vois comme c’est pédant) et on peut choisir entre plusieurs guides spirituels dont lui, Bernard Werber ou Eric-Emmanuel Schmitt. Bernard Werber me semble dans un premier temps trop ésotérique pour moi, et Eric-Emmanuel me fait peur, pas seulement à cause de son prénom, ni à cause de son style (finalement je n’ai jamais rien lu de lui et je pense que ce n’est pas parce qu’on aime pas le style d’un auteur qu’il n’a rien à nous apprendre, je serais bien prétentieuse de camper sur cette position, moi qui me contente de rédiger quelques petites bafouilles racontant ma vie de bibliothécaire pendant qu’il vend ses romans comme des petits pains), mais parce qu’il a, à peu de nuances près, la même tête que mon collègue Raymond (celui s’est fait des pâtes aux lardons) et qu’il risque de hanter mes nuits en plus de dégrader mes jours.   

J’ai donc opté pour Douglas, même si je n’étais pas parvenue à terminer “La femme du cinquième”, malgré les encouragements de Nadine qui me disait à quel point elle aime cet auteur. Je réessayerai de lire ses bouquins, maintenant qu’il est devenu mon nouvel auxiliaire de vie. En attendant, j’ai décidé de suivre son premier atelier. J’ai donc payé les cours avec ma carte Visa, alors que j’ai déjà un découvert colossal, mais que veux-tu, Victor, ce n’est pas à toi que je vais apprendre ce qu’est la misère, je crois que tu en connais un rayon sur le sujet. J’ai décidé de prendre ton personnage de Marius en modèle, particulièrement quand tu dis : “Il avait ainsi posé le travail de sa vie : travailler le moins possible du travail matériel pour travailler le plus possible du travail impalpable ; en d’autres termes, donner quelques heures à la vie réelle, et jeter le reste dans l’infini”. 

Le prenant donc en exemple, je me suis installée dans mon canapé avec une tasse de café, quelques pralines, un carnet de notes et un stylo. Un stylo, c’est une plume, si tu préfères, mais en version un peu plus évoluée. Je te passe les détails, mais on n’est plus obligés de courir dans les parcs derrière des canards à essayer de leur arracher une plume du croupion, et c’est tant mieux. 

Douglas est apparu à l’écran. Ça te ferait un effet bœuf, c’est moi qui te le dis. Ca t’en boucherait un coin. Mais moi, enfante du vingt-et-unième siècle, qui plus est en cette période de pandémie, je côtoie au quotidien ces engins du Diable qui matérialisent instantanément un être dans ta salle à manger, et à vrai dire, cela ne me fait ni chaud ni froid.

Il m’a prodigué ses conseils dans une courte vidéo vachement bien fichue. Il a entre autre dit : “Ecrire un roman, c’est comme courir un marathon, on ne s’y met pas d’un seul coup mais progressivement ». Et Adèle, qui passait justement dans le salon à ce moment-là, s’est exclamée : “C’est qui, lui ? Il me parait bien perspicace, comme mec !”. 

Enfin, si je te raconte tout ça, c’est parce que je voulais t’expliquer que ça m’a donné une idée. Et pas des moindres, s’il-te-plait. 

Je compte créer ma propre académie en ligne. Eh oui ! Sauf que mes cours à moi seraient donnés… par toi.

Je vois d’ici ton étonnement. Que dis-je : ton ébahissement. Mais il va sans dire que ce ne serait pas réellement donné par toi étant donné que tu croupis six pieds sous terre depuis un bon moment déjà, mais j’ai réfléchi, et rien ne m’empêche de mettre au point une sorte d’hologramme de ta personne et, entourée d’experts de la question hugolienne, je te ferais prodiguer des conseils d’écriture pour les auteurs en devenir. Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ?

Je vais en parler demain à Sacha et Charlotte. Je me demande la tête qu’elles feront. Nul doute qu’elles seront soufflées par mon audace et mon génie. 

Douglas, dit « Doug », pour les intimes

9 commentaires

  1. C’est pas de la mise en abîme, c’est carrément de l’autobiographie !

    Mais qui qu’elle soit, je suis d’accord avec Simone : Bernard Werber est devenu trop ésotérique…

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    • TU pourrais me donner le coût d’un stage? Tu as bien raison de te mettre à écrire!…. j’espère que tu vas mieux! quand à Douglas K, j’ai dû lire une douzaine de livres, je t’encourage à le découvrir!….

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      • Génial, je comptais justement me lancer dans la lecture de ses bouquins. Je t’enverrai les tarifs de mon académie 😉

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  2. J’ai un peu honte de ce qui va suivre,
    on dira que c’est Demoral qui me l’a soufflé.
    « regarder un tutoriel pour apprendre à écrire,
    c’est comme regarder un porno pour apprendre à faire l’amour »

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