Mouton breton

  • Il faut commencer par débroussailler le terrain, m’explique maman.
  • Pourquoi ?
  • Tu as vu la hauteur des herbes ?! Si on jette des moutons nains là-dedans, sûre qu’on ne les retrouve plus avant la fin de l’hiver.

C’est vrai que les herbes sont hautes. Mère a semé un immense pré fleuri s’étendant jusqu’au ruisseau du fond. Elle se met à débroussailler. Je ratisse derrière elle, sous le soleil exactement, un fichu sur la tête.

  • Comment ça va, Gwenda la saxonne ? me crie Adèle, faisant référence à notre cher Ken Follett.
  • Mal, lui dis-je, le dos en compote, le visage ruisselant de sueur.
    Le soir, je dois faire des étirements tant mon corps est perclus de douleurs.

On cherche des renforts pour nous prêter main forte samedi. Alain, Loren et Dorian répondent présents. Il faut enfoncer les pieux à coups de massue. Je me charge d’arroser les piquets afin qu’ils entrent plus facilement dans une terre meuble. Alain se fout de ma balle. « Ils ne pousseront plus, tes piquets, Natha ».
Il faut déplacer tout un tas de bûches de bois qui se trouve pile à l’endroit où viendra la clôture. Dorian et Loren s’en chargent. Ils sont si méticuleux qu’on dirait qu’ils ont travaillé au fil à plomb. Leur méthode plait à Mère qui leur promet de les réengager dès qu’elle en aura besoin.

A midi, on se pose. Je ne redémarrerai plus ; j’essaye de respecter mes limites qui sont déjà bien entamées. On parle des noms que l’on aimerait donner à nos moutons.

  • J’ai pensé à Helmut, dis-je fièrement.
    Loren apprécie mon idée. Helmut comme El’mouton, Helmut le moutmout’, bref un trait de génie.
  • On cherche plutôt dans les noms bretons, explique Adèle. Parce que c’est une espèce bretonne.
  • Nolwenn ? Dis-je, car c’est le premier prénom qui me vient.
  • Euh… tu permets, me tempère Alain. C’est ma fille.
  • Ah ouais, pas sûre qu’elle sera d’accord qu’un de nos moutons porte le même nom qu’elle…
  • Manau ?
  • Matthieu ?
  • Enora ?
  • Gaëlle ?

Rien ne sonne bien à nos oreilles. Et puis, autre difficulté, on aimerait que les prénoms aillent par trois.

  • Comme Riri, Fifi et Loulou, dis-je.
  • Oui, mais en mieux.
  • J’ai une idée ! s’exclame Loren.
  • Vas-y, balance, lui ordonne Adèle.
  • Gigot, Méchoui et Ragoût.

2 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s