Malade

24 décembre 2022

Cher Gary, Chère communauté cacahuètienne,

Je sens bien que cette année va se terminer comme elle a commencé, c’est-à-dire en eau de boudin. J’avais ouvert le bal de manière on ne peut plus pourrave, entourée de mouchoirs usagés et me gargarisant de Dafalgan effervescents, clouée au lit par un monstrueux Covid, et comme j’aime boucler la boucle, je la termine quasiment pareillement. Que veux-tu ? On ne se refait pas.

Mais tu commences à me connaître. Tu sais donc que j’ai une légère tendance à l’exagération et à l’auto-apitoiement.

La vérité, c’est que je me porte comme un charme.

Si ce n’est que je carbure préventivement aux petits sachets de poudre blanche, ceux que l’on dilue dans de l’eau, car ma famille est malade. Et c’est un faible mot. Disons qu’elle est entièrement dévastée par la peste et le choléra.

Caro a le Covid et doit faire des aérosols. Mère a une pharyngite et doit faire des aérosols. Hannah fait toutes ses maladies d’enfance à la fois et doit faire des aérosols. Toutes sont hautement contagieuses.

Et en ce qui concerne le reste de ma famille, ils ont fui lâchement. Mathilde s’est cassée à la montagne. Adèle s’est barrée en Laponie finlandaise. Père et Belle-Maman se sont tirés avec Slachou dans la Gaume profonde.

Autant te dire que je me suis transformée en garde-malade. Enfin, un genre de garde-malade qui ne toucherait pas une. Je préfère me méfier.

Du coup, tous nos Noëls ont été annulés. Je suis en tête-à-tête avec Mère qui s’est extirpée de son lit à dix-sept heures et on zone en pyjama. Je lis Victor Hugo et elle Anna Gavalda. La mousse de saumon est restée sous cellophane dans le frigo, et nous trinquons à l’Aspegic 500.

« Santé, maman ».

J’ai un peu l’impression d’être dans un bouquin de Charles Dickens, mais en encore plus triste. « Tu veux dire Zola ? » m’a demandé Mélanie. Oui. Ne m’appelez plus Natha mais Nana.

Sur ce, je pars m’enrouler dans mon plaid. N’oublie pas que, comme le dit l’adage : « Noël en pyjama, Pâques à Casablanca. »

Ce sera ma vengeance à moi, en avril je vous enverrai des photos de là-bas.

En attendant, étouffez-vous bien à la dinde trop sèche.

Votre dévouée

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