Autres parasites

Trois histoires de souris

Cette nuit, je me réveille en sursaut, les sens en alerte, le cœur battant la chamade.

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Quelque chose roule sur mon plancher.

Dans une logique somme toute assez probante, je subodore que ce quelque chose doit être un petit objet de décoration qui serait tombé d’une étagère et aurait roulé jusqu’à moi, puisque le plancher de ma chambre est légèrement incliné.

Par pure curiosité intellectuelle, j’allume ma lampe de chevet et découvre, au pied de mon lit, un quignon de pain tout sec.

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Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais installé de quignon de pain dans ma chambre en guise de décoration.

Je m’interroge un instant, bouche entrouverte et regard absent, sur la raison de la présence de cet élément nouveau dans mon environnement.

Bien qu’ayant l’esprit suffisamment ouvert pour adhérer aux théories de matérialisation d’objets, je ne trouve pas de sens philosophique à la téléportation d’un vieux bout de pain sur mon plancher, qui plus est en pleine nuit.

Fatiguée d’avoir à me triturer les méninges afin de trouver une explication au phénomène, je décide rapidement de m’en remettre à la loi cosmique qui veut que chaque événement ne trouve pas forcément son sens dans la logique humaine.

J’éteins et décide de me rendormir.

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C’est alors que j’entends un bruit de sac en plastique que l’on fouille, suivi d’un « Tic tic tic » très rapide.

Je sens les battements de mon cœur s’accélérer dans ma cage thoracique et une vague de panique me tordre le ventre. Je rallume.

Et là, je tombe nez à nez avec une souris.

La pire de mes hantises après les rats, les monstres marins et les Dinosaurus sans chocolat.

 

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« Salut, Nathaliochka »

Visiblement indifférente au fait que je sois en train de hurler comme une possédée, elle décide de se rendre vers ce qui semble être son morceau de pain.

N’y tenant plus, proche de l’évanouissement, je me mets à hurler en frappant dans les mains, histoire de gagner quelques secondes de répit en la faisant changer de trajectoire, méthode qui fonctionne. Elle court dans le sens inverse, accompagnée du mesquin « tic tic tic » de ses pattes, effrayée elle aussi.

Je saute de mon lit, quitte ma chambre, dévale l’escalier au triple galop, m’engouffre dans le salon, décide de terminer la nuit dans la canapé.

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Le lendemain matin, lorsque j’ouvre un œil, j’aperçois mes colocataires.

Ils se tiennent tous les trois autour de moi, vêtus de vieux pyjamas.

L’haleine fétide et le cheveu défait, ils m’interrogent.

« Que fais-tu là, Nathaliochka ? me demande Anael. « Tu dors dans le salon enroulée dans un plaid comme une pauvre âme en peine alors que tu as (faut-il te le rappeler) la plus grande chambre de la maison ».

Quand je leur ai conté ma mésaventure, Anne m’a répondu, le plus naturellement du monde : « Ben oui, c’est Pascaline, la souris. Cela fait plusieurs semaines qu’elle habite avec nous mais Caro nous a demandé de ne rien te dire. Il parait que tu aurais développé une paranoïa, si tu avais été au courant de son existence».

Je me suis alors drapée de mon plaid et ai quitté le salon la tête haute, leur disant que je n’étais pas une trouillarde.

Depuis, chaque fois que j’entre dans ma chambre, je frappe dans les mains pour intimer à Pascaline l’ordre de vider mes lieux et j’entends, à l’étage en dessous, mes colocataires glousser et se gausser de moi.

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Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai un passif plutôt lourd en matière de rongeurs.

Lorsque j’étais adolescente, une souris avait installé ses appartements dans le mur qui séparait ma chambre de la cuisine.

Nous l’avions surnommée Marie-Charlotte.

Vivant aux crochets de ma famille en éventrant tous nos paquets de pâtes et de céréales, elle semblait couler des jours heureux.

Je crois que c’est au cours de ces années que ma paranoïa des rongeurs s’est amplifiée.

Notre cohabitation était difficile.

Nos horaires ne correspondaient pas.

Elle vivait la nuit et moi le jour.

Son cri me glaçait les sangs.

Le bruit de ses pattes m’arrachait le système nerveux.

Chaque nuit, je cognais mon poing sur le mur pour essayer de faire taire son tapage.

Impressionnée, elle cessait alors ses allées et venues pendant plusieurs minutes, parfois même plusieurs heures. Mais inlassablement elle recommençait.

Je crois que Marie-Charlotte suivait des stages de feng-shui et qu’elle aménageait son appartement afin d’en améliorer l’énergie vitale.

Bien évidemment, ma grande hantise était qu’elle entre dans ma chambre sans y être invitée.

Mère avait tenté de me rassurer à ce sujet. « Tu vois bien qu’elle est emprisonnée dans le mur », affirmait-elle, anéantissant par cet argument toute notion de logique. (J’étais jeune et innocente, peut-être, mais je réalisais tout de même que Marie-Charlotte n’avait pas pu se matérialiser dans mon mur sans accès à l’extérieur. De plus, elle accédait facilement à la cuisine).

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Comme les paroles maternelles ne ma rassuraient guère, un concile familial se forma et nous décidâmes de passer à la solution radicale qui anéantirait mes peurs et, par la même occasion, Marie-Charlotte.

Jean-Chri fila au Brico et en ramena un piège rutilant. Je frissonnai devant ses méthodes barbares, mais ma tranquillité avait un prix.

C’est là que commença la traque.

Chaque soir, nous lui tendions une offrande placée dans un ressort métallique. Le lendemain, nous allions relever la souricière, tels des braconniers du Grand Nord et, à coup sûr, nous le retrouvions vide.

Tout notre stock de fromage y est passé.

Marie-Charlotte, habile stratège, déjouait tous nos pièges.

A croire qu’elle détenait un master en l’art et la manière de récupérer des morceaux de fromage dans des systèmes à leviers mécaniques.

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Un matin de mon adolescence, je fus réveillée de manière somme toute assez brutale.

Le « tip tip tiip » strident de Marie-Charlotte résonnait dans mes oreilles.

Mais ce n’était pas « comme d’habitude ».

C’était très proche de moi.

Trop proche.

Je sentais que le moment que j’avais tant redouté était venu : elle avait quitté ses appartements et partait à la conquête de mon territoire.

Je pensais déjà à ce que Mère dirait en apprenant la nouvelle, et cela ressemblerait à coup sûr à quelque chose comme « Avec le bordel qui règne dans ta chambre, pas étonnant que la souris vienne y faire son nid. ». Puis je fus interrompue dans mes divagations car à nouveau, elle émit son cri.

J’ouvris enfin les yeux, pestant contre celle qui rendait ma vie infernale.

Elle était là.

Elle se tenait sur moi, les pattes arrière plantées dans mon édredon, me jetant un regard plus bovin que souricier.

Vive comme l’éclair, je soulevai mes draps en hurlant et expédiai Marie-Charlotte au plafond.

Je sortis de ma chambre tel un diable hors de sa boite et alertai Mère, qui lisait tranquillement dans le canapé.

Alertée par mon vacarme, Caro nous rejoignit.

Mère, d’un air las, me dit « Oui mais Natha !, ce n’est qu’une petite souris de rien du tout. Je vais aller te la neutraliser, moi. »

Elle enfila ses pantoufles, se saisit d’un balai et se rendit dans ma chambre, escortée par ses filles.

Caro me jetait un regard affligé qui semblait dire « Quelle lopette, ma sœur. Quelle petite nature »

Nous entrâmes dans ma chambre. Marie-Charlotte se tenait au milieu.

Mère frappa le sol d’un coup de balai.

Aujourd’hui encore, j’ignore qu’elle était sa stratégie – peut-être faire reculer l’animal jusqu’à la porte de sortie – mais toujours est-il qu’elle échoua lamentablement. Le coup de balai fit en effet détaler Marie-Charlotte, mais dans notre direction.

Nous hurlâmes toutes trois et, d’un seul élan, bondîmes sur mon lit.

C’est à ce moment précis que Jean-Chri entra dans ma chambre, probablement alerté par notre ramdam.

Il nous trouva juchées sur le lit, les unes serrées aux autres, solidaires, brandissant un balai bien inutile, jetant des regards angoissés vers la souris qui nous regardait passivement en remuant les moustaches.

Sans se départir de son flegme légendaire, il attrapa une boite en carton, invita Marie-Charlotte à s’y rendre, ce qu’elle fit immédiatement, un peu comme si elle avait affaire à « l’homme qui murmurait à l’oreille des souris » en personne.

Puis, princier, il nous dit « Vous pouvez descendre du lit, maintenant ».

« Enfin, si c’est la souris qui vous faisait peur »

Chats

Il parait que les petits chats sont très mignons

Un jour que nous faisions du camping et qu’il régnait un silence tout à fait inhabituel pour cette famille, Mère, inconfortablement installée sur sa chaise pliante, s’est exclamée : « Il parait que les petits chats sont très mignons ».

Cette phrase, sortie de nulle part, nous a quelque peu inquiétés sur sa santé mentale car elle venait du néant et nous ignorions alors à quoi elle pouvait bien faire référence.

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« C’est celaaaa, oui »

Par après, nous avons compris que quelqu’un donnait des chatons et que Mère était en train de se laisser tenter.

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« Mignonitude extrême »

Cette phrase est donc devenue une arme pouvant servir à toutes sortes de railleries, un mantra incontournable que l’on aime ressortir dans les occasions les plus éloignées possibles du sujet.

(Par exemple : « Les filles, vous voulez bien débarrasser la table ? » « Il parait que les petits chats sont très mignons »).

chaton« Tu peux toujours siffler et battre la caisse »

C’est suite à cet épisode que nous avions recueilli Pilou et Grisou, les chats des petites.

Cela remonte à bien longtemps et nous en avions presque oublié la joie d’avoir des chatons à la maison.

Et puis, l’autre jour, Stanislas a apporté ses quadruplés à Adèle. Elle les a emmenés un par un par la peau du cou et les a déposés dans sa chambre, sur son tapis.

Bien entendu, Adèle était en émoi. Elle y voyait là un immense privilège et un plaisir non moins immense. Voir crapahuter ces petites boules de poils au pied de son lit : quel bonheur incommensurable !

Comme c’est dans sa nature, elle nous snobait un peu : « Eh, les sœurs, vous savez, les chatons dorment dans ma chambre ».

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Seulement voilà.

Le lendemain matin, elle s’est levée avec le cheveu en bataille et elle a déclaré : « J’avais carrément idéalisé le fait de dormir avec des chatons. Parce qu’en réalité ils ont piaillé tout le temps. Et en plus, ils ont pissé à mort sur mes rideaux et mon tapis, ces petits bâtards« .

Comme quoi, ils ont beaux être mignons, ces petits chats sont des gros cons.

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Bon, je dois bien admettre qu’ils sont mimis, ces petits pisseux.

Et comme il y a au moins 18 personnes qui veulent prendre un de nos chatons, on a décidé de se lancer dans un commerce en faisant engrosser Stanislas pour ensuite revendre ses bébés. Avouez qu’on a de la suite dans les idées.

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Chats

Un peu comme Kill Bill, mais avec des chatons

J’ai dormi avec Stanislas et ses chatons.

Dans la même chambre.

Ce qui était, vous vous en doutez déjà, une très mauvaise idée.

Notamment parce que Stanislas aime me servir d’écharpe quand je dors.

« Tu dors ? Plus pour longtemps, en tout cas »

Quand Adèle a claqué la porte d’entrée à 7 heures du matin, Happy-le-chien, qui dormait dans le hall, s’est senti seul et désemparé alors il m’a rejoint dans ma chambre pour recevoir une petite caresse sur la tête. Ce que je lui ai octroyé d’un geste désinvolte et encore engourdi par la fatigue d’une nuit passée avec un chat installé dans mon cou.

Bien entendu, Happy-le-chien venait de commettre un terrible impair en enfreignant – que dis-je – en violant d’un seul geste toutes les règles de bienséance qui balisent leur vie en commun.

Il était entré dans la chambre des chatons, provoquant ainsi le courroux de Stanislas.

Petite Beauté s’est immédiatement transformée en furie et, toutes griffes dehors, elle s’est jetée sur le chien et lui a mis sur la tronche.

Happy pleurait. La queue entre les jambes, il se demandait pourquoi la chatte l’attaquait de la sorte et il m’implorait de ses grands yeux de le protéger du danger.

Comme le chat ne lâchait pas l’affaire, Happy, apeuré, est monté dans mon lit.

Le chat a suivi.

Des boules de poils ont volé dans mes draps.

J’étais debout sur le lit, avec le chien à mes pieds et le chat qui s’était transformé en tornade.

On aurait dit qu’on rejouait Kill Bill avec des animaux dans mon lit à 7 heures du matin.

Je ne suis pas inconsciente. J’ai pensé à ma propre survie.

Alors je me suis emparée d’un coussin et j’ai tapé fort sur Stanislas tout en ordonnant à Happy de dégager de la chambre.

Il ne s’est pas fait prier et est retourné dans son panier, légèrement traumatisé.

Stanislas est retournée vers ses petits.

Quant à moi, je me suis rendormie. Non mais ça ne va pas, de me réveiller à une heure aussi matinale ?

Ca vous amuse de me savoir persécutée par des animaux ?

Alors cet article devrait vous plaire.

Bref, j’ai chanté

Chats

La naissance des chatons

Ma sœur Mathilde a un chat. Un joli chaton nommé Stanislas et surnommé plus modestement « Petite beauté ».

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Je crois que Stanislas souffre d’un trouble de la personnalité car c’est APRES l’avoir nommé(e) de la sorte que Mathilde s’est aperçue qu’en fait, Stanislas était une femelle.

george sand« Ben quoi ? Je m’appelais bien George Sand »

Stanislas a vécu alternativement en appartement et en maison-avec-jardin. Mais dans l’appartement, elle s’échappait par la fenêtre et rentrait chez la voisine de ma sœur qui lui hurlait dessus comme si cette satanée bête sortait tout droit des enfers.

Comme la voisine en question a accroché une petite poupée vaudou sur sa porte d’entrée en guise de non-bienvenue (sur laquelle il est écrit « mort ») , Mathilde n’a pas osé tenter le Diable. Avant de retrouver la tête de son chat dans un carton un soir en rentrant du boulot, elle a déposé Stanislas chez Mère.

Mère qui, rappelons-le, a déjà une véritable ménagerie à domicile avec Happy-le-chien et les deux chats : Grisou et Akatek-au-taquet.

Portant bien son nom, il n’a pas fallu à Petite beauté cinq minutes avant de se retrouver la principale attraction des matous du quartier.

Et ce qui devait arriver arriva.

Petite beauté allait devenir mère.

Au fur et à mesure des semaines, le ventre du chat s’arrondissait.

Avec mes sœurs, on a fait des paris sur le nombre de chatons que Stany allait avoir. Il y avait la team « trois » et la team « quatre ».

Et puis, en ce 24 août, Stanislas a réveillé maman à 5h30 du matin pour lui signifier qu’elle perdait les eaux et qu’elle ne comptait pas accoucher seule dans son coin mais bien en sa présence. Si maman bougeait ne fût-ce que d’un iota, Stanislas la ramenait à elle à force de miaulements stridents, sa spécialité.

Je me suis toujours demandé comment un chat aussi minuscule que Petite beauté parvenait à mettre les humains à son service (en particulier quand je dors dans l’atelier de maman et qu’elle me réveille à 7h du matin, les pattes accrochées en ventouse sur le velux et qu’elle miaule jusqu’à ce que je lui ouvre la fenêtre pour qu’elle puisse s’installer sur mon cou et s’endormir en m’étouffant à sa guise), mais c’est un fait avéré : elle y parvient toujours.

Mère est donc restée à son chevet des heures durant, rassurant le petit chat qui mettait bas.

Quand je suis arrivée à Wépion ce soir là, maman a pointé le doigt vers une petite caisse et m’a dit : « Regarde Natha, les chatons sont nés le même jour que toi ».

Qu’une petite émotion m’ait étreinte à la vue de la naissance de chatons pourrait vous sembler surprenant de ma part (vous connaissez ma passion sans bornes pour ces créatures) mais c’était beau et étrange, ces petites vies qui sont arrivées chez nous, le jour de mon anniversaire, quelques semaines après le décès de mon beau-père. Même si ce ne sont que des chatons, oui, c’est la vie qui prend forme dans un moment si triste.

Je me suis accroupie vers les petites crevettes aveugles et je les ai comptées. C’est la « team quatre » qui avait gagné (Adèle-Caro).

Puis je leur ai déclaré : « C’est trop cool, on pourra fêter nos anniversaires ensemble », et j’ai un peu souri.

Chiens

Retour de vacances

Hier soir, Happy-le-chien était tellement heureux de retrouver mes parents après six semaines de vacances qu’il a vomi tout son riz dans mes tongs. #retourenfanfare.

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« Quand je suis content, je vomis » (La Cité de la Peur)

Chiens

Le psychopathe au chihuahua

Un jour, un homme s’assied à côté de moi à l’arrêt de bus.

La cinquantaine, les cheveux grisonnants coiffés à la brosse, les traits tirés, une chaîne imitation or autour du cou, des vieux tatouages délavés sur les poings et les doigts.

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Mes bichons m’ont souvent surnommée « BDC« , parce que j’ai toujours « Beaucoup De Chance » dans la vie.

Et c’est vrai.

Parce que l’homme, non content d’entamer la conversation avec moi à l’arrêt de bus, s’installe à mes côtés afin de me livrer quelques éléments de sa palpitante existence.

En quelques minutes, je sais déjà :

– Qu’il habite seul dans une grande maison avec son dalmatien et son chihuahua.

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– Qu’il a un seul ami sur cette vaste Terre, que cet ami est facteur et que cet ami facteur a essayé de tuer sa femme quand il a appris qu’elle le trompait.

– Que Mister Chihuahua, lorsqu’il a appris cela, a tenté d’arrondir les angles et a expliqué à son ami facteur que s’il tuait sa femme, il ne serait pas plus avancé. (Ce qui me fait dire que l’homme qui était à mes côtés dans ce bus était à la fois pacifiste et empli de bon sens).

– Qu’il a perdu son travail il y a quelques années, qu’il se sent seul à Namur-city et qu’il ne connaît pas de chouettes endroits où sortir et faire des rencontres féminines.

Et bien entendu, c’est à ce stade de la conversation que le bât a commencé à blesser, mais je crois que je ne me rendais pas encore bien compte de l’étendue des dégâts que cela allait engendrer. Je n’avais pas de recul, comprenez-vous. Et je voyais la gare se rapprocher salutairement de nous.

Je suis descendue en saluant Mister Chihuahua avec toute la politesse que m’ont transmise mes parents.

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« Mais laissez-moi un peu tranquille »

Quelques jours plus tard, on frappe à ma baie vitrée.

Je descends de mon atelier et tombe nez à nez avec… Mister Chihuahua en personne.

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« Salut, Beauté »

En moi résonne un cri de panique. Des points d’interrogation sortent par mes oreilles.

Je n’ai jamais donné mon adresse à cet homme. Ni mon nom, d’ailleurs.

Ce qui sous-entend qu’il a probablement quadrillé le quartier à ma recherche.

C’est un peu, admettez-le, un scénario digne d’un film d’horreur. Mis à part ce petit chihuahua, peut-être. Qui sautille au bout de sa laisse, très content de sa promenade.

J’ouvre la porte. Que faire d’autre ? Il s’agit d’une baie vitrée qui révèle l’entièreté de la maison.

-« Que faites-vous ici ?! » demande-je à Mister Chihuahua.

– « On est venus te dire un p’tit bonjour » me répond-il, visiblement ravi.

Et là il fait un pas, entre chez moi et s’affale sur le canapé en demandant à Câline d’arrêter de sauter en l’air comme ça.

En moi parle la pédagogue. J’explique à l’homme que je suis une femme seule et que ça peut éventuellement foutre les boules de savoir qu’un inconnu a sillonné le quartier à ma recherche et s’invite chez moi. Et ce n’est pas un chihuahua qui rendra l’affaire moins sordide, bien au contraire.

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Je lui demande de ne plus jamais mettre les pieds chez moi.

L’homme, visiblement déçu, regarde tristement ses pieds et déclare : « C’est fort dommage, parce que j’avais envie de te présenter mon dalmatien qui est resté à la maison. »

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Non mais, parfois, je me demande s’il n’y a pas qu’à moi qu’il arrive des choses pareilles…

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« Je suis dubitative »

Chats·Musique

Bref, j’ai chanté

Hier soir, nous allions manger chez Violette Doublevé.

Violette Doublevé est cantatrice.

Une vraie.

Une chanteuse lyrique qui a de la classe et du coffre, une Callas en herbe (désolée, mais c’est à peu près l’unique référence que je possède en la matière) qui a le don de nous scotcher, parce que quand elle demande « Passe-moi le sel », il se peut qu’elle le fasse avec sa voix de sprano-alto-super-baryton, et c’est toujours du plus grand effet.

castafioreJe suis jalouse de Violette Doublevé.

Parce que j’aurais aimé être chanteuse.

J’aurais peut-être plus percé sur la scène rock-underground-alternative qu’à l’opéra, mais j’aurais adoré savoir chanter. Je serais devenue une Catherine Ringer de choc, une Patti Smith d’enfer, une Bjork du tonnerre de Dieu.

J’aurais soulevé les foules et déchaîné les passions. Ma voix aurait bercé des milliards d’êtres humains sur Terre et il y aurait un tas de posters à mon effigie.

« This is love, this is love that I’m feeling »

Avant de partir chez Violette Doublevé, j’ai décidé d’entonner un petit air d’opéra dans les wc de Père.

Le chat Confetti était là, installé à côté de moi, le regard intrigué.

« Qu’est-ce qu’elle me fiche ? »

J’ai chanté.

Aussitôt, j’ai vu les oreilles de Confetti s’aplatir.

Il a fait le gros dos.

Ses poils se sont hérissés, et, sans que j’aie eu le temps d’entamer mon refrain, il s’est jeté sur moi.

Il s’est emparé de ma main droite et y a planté ses dents.

Tout en me mordant, il me griffait de ses deux pattes, visiblement effrayé par mes vocalises.

C’était sa façon de me demander de stopper mon chant qui, apparemment, lui avait mis les nerfs à rude épreuve.

Et après, on viendra dire que les chats sont mélomanes.

Faudrait pas pousser Bobonne dans les orties.

Celui-là doit avoir du mou pour chat dans les oreilles, en tout cas.

Chiens

Cujo, chien de l’enfer et du chaos

Caro faisait sa vaisselle.

Je la regardais plonger ses casseroles dans l’eau mousseuse quand elle me dit : « Il y a un problème, quand-même, avec cet appartement. C’est qu’il y a un vilain chien qui habite en dessous de ma fenêtre et qui passe son temps à aboyer. »

A cet instant, comme pour prouver ses propos, et avec une synchronicité qui étonnerait Dieu lui-même, l’Animal se mit à hurler à la lune.

A peu près comme ceci : « Awouwou awouwou Awouwou « , en trois temps.

Ce funeste cri m’évoqua plutôt un loup qui rôderait dans la forêt qui borde notre nouveau domicile.

« C’est impossible, voyons », me dit-elle. « Les loups n’existent pas sous nos latitudes. Regarde plutôt ici en bas ». Et elle ouvrit la fenêtre.

Je me penchai.

En contrebas, un énorme molosse me fixait du regard avec des yeux en sabre laser.

Quand il vit ma tête dépasser, il aboya de plus belle, et toujours en trois temps : « Awouwou awouwou Awouwou ».

En ouvrant la fenêtre, j’avais créé, sans le vouloir, un bruit qui le contrariait et il exprimait avec une certaine agressivité son mécontentement.

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Il était purement effrayant.

Le long de ses babines retroussées coulait un long filet de bave.

Son haleine pestilentielle remonta jusqu’à mes narines.

Je crus apercevoir dans son pelage le sang séché des petits enfants qu’il avait engloutis pour son déjeuner.

« C’est Cujo » dis-je, même sans avoir lu le bouquin ou vu le film.

C’est ce qu’il m’évoqua comme cela, à brûle-pourpoint. « Cujo. Le chien de l’enfer et du chaos »

Effrayée, je refermai vivement la fenêtre afin de retrouver l’ordre réconfortant de l’appartement de ma sœur.

Je haletais.

« Ah tu vois, dit-elle, que c’est un chien »

« Il est l’incarnation de l’angoisse », lui répondis-je, en me servant un whisky sans glace que j’avalai d’un seul trait, cul sec.

« Awouwou awouwou Awouwou » entendit-on encore plusieurs heures durant, en fond sonore.

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Plusieurs nuits durant, Cujo a hurlé à la mort.

Un peu à bout, j’ai envoyé un message à Caro : « Mode « boulettes de poison » enclenché ? ».

Puis, reconnaissant que je suis un être que le manque de sommeil peut pousser dans ses retranchements, je me suis radoucie.

J’ai pensé que lui enlever la vie pouvait paraître disproportionné et, surtout, m’attirer des ennuis.

Alors j’ai décidé de lui parler.

La fenêtre était ouverte et il souffrait de la chaleur, allongé dans sa cour trois étages plus bas.

Je l’ai interpellé. Avec une voix douce mais néanmoins ferme : « Cujo, chien de l’enfer et du chaos ».

Il a relevé la tête vers moi, tout comme ses voisins de gauche qui étaient installés sur leur terrasse et me regardaient avec un air interloqué.

« Je vais te demander de bien vouloir fermer ta putain de sale gueule de chien satanique ».

J’ai dit cela avec énormément de douceur (peut-être même avec un soupçon de mièvrerie) car on m’a enseigné que les êtres violents traitent la violence avec indifférence alors que, non habitués à la douceur, celle-ci les déstabilise sensiblement. J’ai même ajouté un « S’il-te-plait, mon bon toutou ».

Mon ton doucereux a eu l’air de lui plaire car je l’ai vu acquiescer et il s’est immédiatement recouché, signe qu’il m’obéissait au doigt et à l’œil.

C’est que mon bac + 3 en psychologie canine n’a pas été vain, voyez-vous.

« Là, pour le coup, je suis plutôt devenu Beethoven »

Les voisins semblaient eux aussi satisfaits car ils m’ont envoyé des pouces en l’air signifiant vraisemblablement quelque chose comme « Bravo pour votre intervention, personne n’avait jusqu’ici pensé à lui parler gentiment, dans un dialogue constructif et pacifiste comme vous venez de le faire, et le voisinage vous dit d’ores et déjà un tout grand merci ».

La nuit suivante, il s’est tu.

Mais je n’ai pas vraiment pu savourer ma victoire, car d’autres chiens ont pris le relais, plus loin.

Plusieurs chiens.

Je crois que je vis dans le vallée des chiens hurleurs.

Je sens que je vais devoir aller leur parler.

Group of Maltese dogs, yawning, sitting in a row, isolated on white

« On va te mettre la misère, ma fille »

Autres parasites

Yves Lecoq

Que le chat fasse « Miaou » et que le chien fasse « Wouf wouf », je veux encore bien l’admettre. De tous temps, l’être humain a été tenté de retranscrire le cri des animaux qui l’entourent afin de pouvoir rendre au mieux des sons qui lui sont étrangers. Besoin permanent de synthétiser.

Dans le même genre d’idée, le poisson qui fait « Bloup bloup » me parait déjà plus difficilement acceptable.

Mais ce qui dépasse mon entendement, c’est que l’inconscient collectif essaye de faire gober aux enfants que le coq, noble gallinacée, roi de la basse-cour, pousse un magistral « Cocorico » aux lueurs du jour. « Cocorico ». Mais pourquoi donc ? C’est d’une absurdité sans nom, et le croire serait d’une naïveté affligeante.

En tout cas, Yves Lecoq, qui vit dans le jardin d’à côté, est à mille lieues d’entonner ce genre de chant. S’il était véridique, ce « Cocorico » sonnerait délicieusement à mes oreilles (reconnaissez que ça a de la gueule, du rythme, de la prestance, de l’originalité). Mais il n’en n’est rien. Son chant à lui ressemble plus au bruit d’une scie à métaux. Ou d’un castrat qu’on étrangle.

Il faut savoir qu’en plus de posséder une voix éraillée, Yves Lecoq est noctambule. Les lueurs de l’aube, il s’en tamponne sévère. La touche romantique de ciel rose qui s’élève par-dessus son tas de fumier, il s’en bat le jonc. Lui, ce qui le fait kiffer, c’est la nuit. Sa marotte, c’est l’obscurité. Son heure favorite, c’est trois heures du matin. C’est à cette heure de la nuit qu’il est au zénith de sa forme. Et il tient à en avertir le voisinage, c’est-à-dire moi.

Il crie sous ma fenêtre un « Debout, vieille morue», qu’ il alterne parfois avec « Lève tes fesses, feignasse » ou « Tu vas te lever, grognasse ? »

Oui, vous l’aurez remarqué, Yves Lecoq, en plus de posséder une voix de crécelle et d’être insomniaque, souffre visiblement du syndrome de Gilles de la Tourette. A moins qu’il ne tienne délibérément des propos orduriers. Je l’ignore.

Sa méthode, c’est l’usure. Énervée de l’entendre m’insulter au milieu de la nuit, je m’extirpe péniblement de ma couette duveteuse, je m’empare d’un objet pris au hasard de ce qui traîne sur mon bureau, j’ouvre les rideaux, puis la fenêtre, et je le lui lance avec hargne en pleine poire.

Voilà pourquoi Yves le Coq possède dans son enclos : trois tubes de colle Pritt, un pinceau en poils de belette, deux rouleaux de papier collant et un taille-crayons en forme de crapaud.

 

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Insectes

La courte aventure de Didier le bourdon et de Meredith l’araignée

Hier soir, je peignais tranquillement dans mon atelier quand j’ai dû interrompre mon chef-d’œuvre afin de sauver d’une mort certaine un bourdon qui s’était empêtré dans une toile d’araignée.

l'atelier du peintre - adriaen van Ostade

Ce n’est pas spécialement que je ressente des élans dignes de Brigitte Bardot, mais Didier, sous l’emprise d’un stress pré-mortem bien légitime, émettait un bourdonnement qui agaçait mes tympans.

PHOTOS. Brigitte Bardot : sa vie au service des animaux

Quand je le libérai du piège, il s’échappa et, sans un merci, vint s’écraser à maintes reprises contre les murs de l’atelier.

Soit il avait perdu la vue, soit il avait bu trop de bourbon, je ne sais pas. (bourdon/bourbon : vous saisissez ?).

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Mais le fait de se cogner à répétition contre des murs semblait le rendre de plus en plus anxieux et le taux vibratoire de son bourdonnement me rendait par contamination extrêmement à cran moi aussi.

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Vive comme l’éclair, j’attrapai Didier Bourdon dans mon gobelet à dents et l’enfermai avec un morceau de carton.

D’un geste, je vidai le contenu du verre dans la toile de Meredith.

Meredith, c’est mon araignée.

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Avide de sang, Meredith se précipita du haut de ses huit pattes sur Didier et n’en fit qu’une bouchée.

Le calme revenu, je pus enfin me remettre à mon travail.

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J’entendis à peine Meredith roter.

Chats

Le cadeau de Noël de Figaro

Seb a fumé des clopes sur mon balcon.

Il a refermé la porte derrière lui, nous avons quitté l’appartement, insouciants.

Je me suis rendue au marathon-bouffe familial.

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Cette année, ô exploit, j’alignais trois réveillons à la suite.

Entre le réveillon numéro deux et le numéro trois, je suis passée en coup de vent chez moi, juste pour empoigner quelques chaises pliantes (Caro m’attendait dans la voiture, moteur ronronnant).

Empressée, je constate tout de même une variable en mon for intérieur : il fait froid dans mon appartement, limite venteux.

Et là tout s’enchaîne très vite.

A la même seconde, je constate également qu’une présence règne en ces lieux.

Non le souffle léger de quelqu’un qui désirerait passer le plus inaperçu possible, mais la présence angoissée d’un animal de taille moyenne pris au piège derrière les rideaux.

Figaro était là.

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Chez MOI.

Dans MON appartement.

Il est entré par la porte que Sébastien avait mal refermée, s’est réfugié sur mon appui de fenêtre et, pris de panique car pris en flagrant délit, il s’est mis à cavaler dans toute la pièce comme un dératé, emportant au passage tous les objets qui se trouvaient dessus : une vase de fleurs datant de l’époque Ikea, des dizaines de  boîtes métalliques que je collectionne névrotiquement, un petit chien en bois.

Tous ont explosé à l’unisson sur le sol dans un fracas inexprimable.

Non content de ce premier exploit et toujours sous l’effet de l’angoisse, il s’est jeté sur mon sapin de noël qui s’est renversé sous son poids.

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Ensuite il s’est accroché à ma belle tapisserie représentant des roseaux sauvages qu’il a lacérée de ses griffes.

Tout cela, je vous le répète, le temps d’une simple seconde, temps qu’il m’a fallu pour réaliser ce qui se déroulait sous mes yeux encore mal habitués à la lumière que je venais d’allumer.

A ce niveau du récit, Figaro et moi étions exactement sur le même pied d’égalité, à savoir morts de trouille. 

Mais c’est avec une grande sagacité et vivacité d’esprit que je me suis ressaisie et ai décidé d’agir.

Je lui ai couru après en hurlant, pour le faire sortir par la porte grande ouverte, parce que je commence à connaître cette vile racaille et je sais désormais que la fureur et les cris sont le seul langage qu’il comprend.

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Il est parti, la queue entre les jambes, en état de panique profonde.

Je flageolais sur mes jambes.

Je suis entrée dans la cuisine, pour fermer à clé la porte du jardin.

Et là j’ai vu.

Que le fait d’avoir saccagé mon salon n’était en fait que sa signature finale.

Parce qu’avant que je n’entre, il s’était élancé dans mes poubelles, en avait vidé le contenu qu’il avait consciencieusement étalé dans toute la surface de la cuisine.

Je me suis penchée pour inspecter plus en détail son chef d’œuvre de détraqué.

Et j’ai cru apercevoir un message écrit en lettres de trognons de pommes, de langes de bébé et de sauce tomate.

Il m’a semblé décrypter « Fuck christmas ».

Mais peut-être suis-je paranoïaque.

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Insectes

Picpic le moustique

Ma sœur Mathilde est venue loger à la maison durant quelques jours.

Comme je ne possède pas de chambre d’amis, elle dort avec moi.

J’accédais lentement à cet état de détente divine qui précède l’endormissement (la petite sœur dormait enfin, l’appartement baignait dans un calme divin, même la rue s’était tue) quand un trop familier bourdonnement aigu se fit entendre.

Un moustique.

Un  féroce chikungunya, pour être précise (Père adore ce mot, et il parait que l’on ne peut plus dire « moustique », on doit dire « chikungunya).

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L’instant d’avant, absolument rien ne laissait augurer de son existence.

C’est un peu comme s’il s’était soudainement matérialisé devant mon oreille.

Comme s’il avait attendu patiemment dans l’immensité et l’obscurité de ma chambre que j’accède à cet état précis de détente avant de lancer l’offensive : ce léger bruit chevrotant qui semble dire : Je vais pourrir ta nuit.

Dans un premier temps on se dit Merde. Un grain de sable est venu se coincer dans
l’engrenage du sommeil.

On se dit ensuite que ce n’est rien, que ce n’est pas une bête si insignifiante qui va nous gâcher la vie.

C’est ce qu’on se dit pour se protéger, mais au fond on sait que ce n’est pas la peine de se leurrer : c’est fichu. On ne fermera pas l’œil tant qu’il ne se sera pas retrouvé écrabouillé sur un mur, giclant de sang.

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Au second bourdonnement (Fichtre, comment appelle-t’on au juste le cri du moustique ?)
on cache sa tête dans les couvertures. Mais il fait chaud. Et on craint de mourir étouffé.

Au bout d’une demie heure oscillant entre les traditionnels « Oh ça va je ne
l’entends plus je vais peut-être pouvoir m’endormir, tant pis si je me fais piquer, c’est un moindre mal après tout » et « Putain de sa mère en short cela dépasse mon entendement de savoir qu’une si minuscule et si insignifiante créature puisse me rendre à ce point dingue », on se dit enfin : « Aux grands maux les grands remèdes : la guerre est déclarée. (Meurs, créature de l’enfer) »

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Pendant ce temps il me semble important de vous préciser que Mathilde en écrase.

Ma sœur possède un sommeil que je lui ai toujours envié : un lourd sommeil que rien ne peut troubler.

Plus petite, nous devions la secouer comme un prunier avant qu’elle ne daigne ouvrir un œil torve, ce qui impressionnait toujours les éventuels non habitués.

(J’ai d’ailleurs la passion de la prendre en photo).

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Il va donc sans dire qu’elle n’a pas capté l’immense combat qui se livrait à ses côtés cette nuit là.

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J’ai allumé la lampe.

En pleine nuit, c’est toujours un plaisir de voir des immenses boules de feu danser devant les yeux. Il faut attendre qu’ils recouvrent la vue, on est comme un boxeur KO assis sur le coin de son ring.

Un ring, voilà ce qu’allait devenir ma chambre.

Ma lampe de chevet en mains, je décidai de scanner l’étendue du mur.

Très vite je me suis rendue compte que l’éclairage était insuffisant et que si je voulais retrouver un moustique sur un mur mauve dans une lumière tamisée je pouvais toujours siffler et battre la caisse.

Je n’y arriverais pas.

Je décidai alors de frapper à l’aveugle mon livre sur le mur (« Feu vert pour le permis de conduire »).

Les chances d’atteindre ma cible s’amenuisaient, et même si statistiquement les chances d’y parvenir étaient minces, c’était mieux que de se rendre.

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Je sentais que je commençais à perdre mon flegme légendaire et ce qui me désolait le plus, c’était que l’Insecte gagne sur l’Homme.

Il me fallait renoncer au combat.

(Minuscule et futile créature inférieure : 1 – Magnifique et intelligente créature supérieure : 0).

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De rage, je dirigeai ma lampe de chevet dans les yeux de ma sœur qui avait superbement ignoré mon combat, mais elle ne broncha pas.

Il va sans dire que je ne fermai l’œil qu’une heure avant que le réveil ne sonne.

Que quand il sonna je frappai Mathilde qui se leva comme une fleur, se pencha vers moi, me dit que j’avais une mine affreuse.

Je lui répliquai que si j’avais une mine affreuse c’est que j’avais combattu héroïquement pour elle, ce à quoi elle répondit par un œil interrogateur et une arcade sourcilière relevée, puis elle se gratta le poignet. « Putain » me dit-elle « Je me suis fait bouffer par un moustique ».

Puis elle se gratta la jambe, le bras, la main.

Il se fait qu’elle s’était fait cribler de piqûres et que, personnellement, j’en suis
sortie indemne.

Comme quoi il y a une justice sur cette Terre.

Grand Seigneur, je lui ai donné un stick anti moustique avant qu’elle ne parte à l’école.

Et j’ai ri, aussi.

Un petit peu.

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Insectes

Comment j’ai mis mon arrière-train dans un nid d’abeilles tueuses

En nous promenant matinalement avec Marielochka, nous avons eu une envie irrépressible de nourrir les canards là.

Oui, , à cet endroit exact où hélas ne flottait aucun canard mais où l’eau scintillait si joliment que le fait qu’il n’y ait pas de canards pour enfourner nos quignons de pain sec semblait accessoire.

Nous posons donc nos séants et appelons les enfants qui arrivent en maugréant (Le fait qu’il n’y ait pas de canards présents les dépassait complètement, mais vous savez à quel point les enfants peuvent être terre-à-terre parfois).

A peine ai-je eu le temps de plonger ma main dans le sac en papier que je vois une guêpe, puis deux, puis trois.

En un quart de seconde (oui, je suis vive d’esprit) j’évalue la situation et me rends compte que je me suis assise exactement à l’entrée d’un nid d’abeilles tueuses et qu’elles ne sont pas très contentes de mon intrusion. Pour ne pas dire qu’elles sont très fâchées.

Elles sortent en nuage, comme dans les dessins animés et se jettent sur moi avec agressivité.

Je hurle à Marielochka de courir, elle hurle aux enfants de courir, je hurle d’horreur, elle hurle aussi, les enfants hurlent.

On court, aussi vite que possible, mais je sens qu’elles me piquent à travers mes vêtements, qu’elles me piquent sur le crâne, qu’elles s’accrochent à moi sans vouloir me quitter, et que même si on court très vite elles me poursuivent.

A bout de souffle nous quittons le halage, sans avoir dû nous jeter dans le canal pour les semer, ce qui est assez positif, finalement. Et nous les semons.

Autre point positif de cette mésaventure : elles se sont ruées sur moi et non sur les enfants (enfin, c’est d’un positif relatif pour moi), peut-être perce qu’elles ont vu en moi ce sens du sacrifice. Finalement je m’en sors à bon compte, sans tripler de volume, sans cracher de sang (est-ce un vrai symptôme ?), mais maudissant à tout jamais un nouvel insecte.

 

 

Autres parasites

Comment j’ai rencontré Loupiotte le poisson pilote

Je me baignais dans les eaux turquoises et transparentes de la mer Egée, détendue comme on peut l’être en de pareilles circonstances, quand je sentis quelques chose me frôler (me brûler ?) le ventre.

Je pensai aussitôt à cette algue urticante, celle qui avait marqué la cuisse de Catherine C. au fer rouge la veille, et n’y prêtai pas spécialement attention.

Jusqu’à ce que je ressente quelques secondes plus tard la même sensation désagréable.

Cette fois je regarde et vois un petit poisson noir qui nage dans mon sillage.

En deux mouvements de brasse je m’éloigne un peu, mais il est toujours là, à me frôler le ventre.

Je nage encore, cette fois plus vivement, espérant lui échapper.

Mais il n’y a rien à faire, ce poisson semble me persécuter personnellement.

J’utilise alors les moyens du bord, c’est-à-dire que je fais du gros bouillon avec mes pieds tout en nageant très vite, espérant qu’il soit dérangé par les remous.

Il me frôle à nouveau.

Cette fois je cède à la panique et hurle pour tout le rivage « Au secours, je me fais attaquer par un poisson », ce qui ne déclenche aucune réaction, si ce n’est un sourire amusé de Joëlle.

Le poisson, malgré mes cris et mes remous, continue à me suivre où que j’aille (comme on dit dans la cité : « il ne lâche pas l’affaire »).

Cette fois me cris virent à une sorte de panique qui fait se lever Joëlle, de plus en plus étonnée.

«Je te jure, un poison m’attaque », lui dis-je en nageant comme une dératée jusqu’à elle.

Et, voyant son sourcil relevé par l’éternel « Mais qu’est-ce qu’elle nous a encore inventé ? », je lui précise « Regarde si tu ne me crois pas » Et là, elle doit bien reconnaître que oui, ce poisson existe bel et bien, que oui il m’a harcelée depuis le fin fond de l’horizon jusqu’au rivage.

Quand j’ai raconté ma mésaventure à Catherine C., elle s’est contentée de dire « Ça devait être un poisson-pilote. Ils pilotent les baleines, d’habitude. A mon avis il a dû confondre.»

Voilà comment j’ai rencontré Loupiotte, le poisson pilote.

Quant à savoir s’il m’avait agressée ou au contraire sauvée des dents d’un vilain requin en m’obligeant à rejoindre la plage, nous en avons beaucoup débattu sans
pour autant avoir trouvé la réponse à ce mystère…

Autres parasites

Promenade équestre : quelques conseils

Parce que je sais que vous n’y tenez plus, mes p’tits poulets en sucre. Que le suspense a été à son paroxysme durant tout le week-end, qu’une seule question brûle vos lèvres et hante vos nuits : vous voulez TOUT savoir sur notre week-end équestre.

Et bien rassurez-vous, je ne vous ferai pas languir plus longtemps…

Leçon équestre numéro 1 :

Choisir une tenue appropriée.

 

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Leçon équestre numéro 2 :

Ne pas se laisser impressionner par les cavaliers environnants.

Ceux qui disent tout haut ce que les autres pensent tout bas…

 

 

Leçon équestre numéro 3 :

Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis.

 

Leçon équestre numéro 4 :  

Ne jamais oublier que vos idées de cadeau d’anniversaire peuvent se retourner contre vous.