Histoire de lard·Top moumoute

Le syndrome de Florence Stendhal

Avez-vous déjà entendu parler du syndrome de Florence ?

Moi pas.

Et pourtant, j’ai déjà eu vent de beaucoup de sujets étranges en ce bas Monde.

C’est mon amie Eugénie qui m’en a touché mot alors que nous devisions peinture tout en tentant de saisir avec nos appareils photo la beauté subjuguante des arbres dans le but de les reproduire en peinture plus tard (c’est-à-dire certainement jamais, ne nous leurrons pas).

eugéniearbres

Je lui expliquais qu’en ce moment, j’étais en train de peindre des nénuphars de façon monomaniaque et qu’à force de les peindre, naissait peu à peu en moi la conviction que je suis peut-être la réincarnation de Claude Monet (excusez du peu).

reflets sur l'eau

En me penchant un peu sur le sujet favori de Claude (une étude ultra sérieuse et rigoureuse sur Pinterest), j’ai découvert que ses Nymphéas sont des tableaux immenses et, à leur vue, mon cœur palpite et j’ai des bouffées de chaleur.

D’où est né mon nouvel objectif dans cette existence : voir des vrais Monet.

monet

vernis

« Giverny mes doigts »

« En parlant de vrais tableaux, me dit mon amie Eugénie, j’ai un jour vu des aquarelles de Turner. C’était tellement beau que j’ai eu envie de vomir »

Vomir sur un Turner.

Voilà qui le fait bien.

turner

« Cette toile me donne le quichant »

Je reconnais avoir été un peu interpellée par sa réaction. Mais Eugénie m’a dit : « Oh tu sais, ça existe, de trouver des œuvres tellement belles qu’on s’évanouit, qu’on pleure ou qu’on vomit. D’ailleurs, ça porte un nom : c’est le syndrome de Florence, comme cette ville qui regorge de merveilles »

« Diantre. Cette œuvre m’a boulversifiée ».

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 » Elle a vomi sur un Monet. Elle va devoir rembourser ».

« Oh zut alors, ça vaut beaucoup de monnaie ? »

En rentrant du bois, je suis allée compulser moult ouvrages l’article Wikipédia sur le sujet.

Voici ce qu’il dit en résumé (car je trouve que faire un résumé d’un article Wikipédia, c’est une démarche qui tombe sous le sens) :

  • Le syndrome de Florence s’appelle plus communément le syndrome de Stendhal, parce que lors d’un voyage à Florence, (merde, c’est quoi le prénom de Stendhal ? Etienne ? Pierre ?) Pierre Stendhal est littéralement tombé en pâmoison devant tant d’œuvres d’art. En syncope, qu’il est tombé, le mec.

« Oh mon dieu, tout ce rouge et ce noir » !

  • Tout le monde peut développer un syndrome de Stendhal, sauf les chinois car ils ne sont pas sensibles à notre culture (ce n’est pas moi qui le dis, c’est Wiki).

manger-baguette-pour-les-nuls-5309« Nous, vous savez, tant qu’on a du riz… »

  • Les italiens n’en souffrent pas non plus car, à l’inverse, ils sont baignés là-dedans et sont donc complètement blasés.

« Tout ce qui nous intéresse, ce sont les pâtes et les meufs »

  • Les symptômes sont assez variés : malaises, vomissements, crises d’hystérie, tentatives de lacération des tableaux.

« C’est tellement beau ! ça me donne envie de pisser dessus »

  • La réalité du syndrome a été vachement remise en question car l’échantillonnage de victimes étudié était trop faible (200 personnes) et on soupçonne que les divers symptômes ne soient en réalité que des malaises dus à la chaleur ou aux trop longues files d’attente devant les musées.

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« J’ai dit que je voulais voir un Monet, je verrai un Monet »

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Voilà à peu près ce qu’il faut savoir sur le syndrome de Florence.

Grâce à moi vous mourrez moins sots.

Mais comme dirait l’autre : Vous mourrez quand-même.

L'évanouissement_de_la_Vierge

Histoire de lard

A Amsterdam

Quand ma sœur Adèle était petite, chaque jour à la sortie de l’école maternelle, nous lui demandions ce qu’elle avait fait la journée et, chaque jour, elle nous répondait sur un ton laconique et un brin supérieur : « J’ai peintulé » (genre : lâchez-moi les baskets avec vos questions, cela ne vous regarde pas et, de toute manière, vous ne pouvez pas comprendre).

Du coup, dans la famille, le verbe « peintuler » est devenu célèbre.

yasmeen-ismail

(Yasmeen Ismaïl) – Je peintule

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(Louis Untermeyer) – Je peintule aussi

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Cette année, en septembre, je me suis inscrite à l’Académie, en section peinture. Une nouvelle aventure pour moi.

brumes

(J’en profite pour vous présenter « brumes », ma première toile)

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Enfin, tout cela pour vous dire qu’hier, avec Mère (qui use aussi ses pinceaux (cliquez ICI) nous sommes parties en excursion à Amsterdam avec le cours de peinture.

Au programme : LE Maître des Maîtres, j’ai nommé : Rembrandt.

rembrandt« Rembrandt ?! Oui, c’est moi »

Avant de nous rendre chez José (Merde, c’est quoi encore, le prénom de Rembrandt ? Robert ? James ? Wim ?), nous avion le temps de nous promener un peu dans la ville, de déambuler parmi les canaux et la marijuana en vente libre.

canaux

marijuana

A peine avions-nous entamé notre visite de la ville que je remarquai un phénomène étrange : à chaque endroit où je posais le regard se trouvait DU GOUDA. Du gouda sous toutes ses formes (des roues de gouda, des goudas en tranches, des pointes de gouda) et sous toutes ses couleurs (du gouda aux orties, au paprika, au chili, à la noix de coco (là, pour le coup, je me sens moins prête psychologiquement)).

vitrine-gouda

Vous connaissez mon amour pour le gouda.

Il est tel que mes amis m’ont surnommée « Madame gouda » (« Et comment va Madame Gouda, aujourd’hui ? ») car j’en mange tous les jours depuis plus de vingt ans sans jamais rencontrer la moindre once de lassitude.

LE GOUDA C’EST LA VIE.

Et soudainement, je me retrouvais propulsée au milieu d’un peuple qui a bien compris ce précepte et qui en a fait son crédo.

UN PARADIS.

Mère, voyant que j’hyperventilais, m’a invitée à rentrer dans l’une de ses boutiques, où le gouda, Roi des Rois, est présenté comme un produit de luxe. Et c’est là que nous avons mangé une quiche au gouda et au jambon, parmi les étagères remplies de milliers de goudas scintillants.

boutique-gouda

Ensuite, je me suis acheté un fromage, pour revenir d’Amsterdam avec un petit souvenir. Là, j’ai pu étaler mes grands talents pour le bilinguisme.

bilingue

La vendeuse a précautionneusement recouvert mon fromage d’un joli ruban doré, puis elle l’a emballé dans son écrin : un joli sac pour le transporter.

sac-goudamusee-du-gouda(Le Musée du gouda ? Ce sera pour une prochaine fois. Là, je dois rendre visite à Raoul Rembrandt)

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Vous vous dites certainement que cet article est non seulement inintéressant, mais qu’en plus, il dévoile les intérêts d’un être qui possède un système interne de pondération des valeurs largement défectueux. Cette fille se rend à Amsterdam, dans la maison où a vécu Jean-Claude Rembrandt et dans laquelle il a peint les plus grands chefs d’œuvre de la peinture (qu’elle peut mirer à sa guise) et tout ce qu’elle retient de sa journée, c’est qu’il y a du gouda a chaque coin de rue.

Je vous répondrai deux choses :

D’abord je citerai France Gall qui a dit (deux points, ouvrez les guillemets) : « Le gouda, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ».

Et enfin, je vous déclarerai que, quand on sait que la question que se posait ma prof de peinture lors de la visite de la chambre de Rembrandt c’était « Tu penses qu’ils ont changé les draps du lit ? » en appuyant discrètement un doigt sur les couvertures, il ne faut plus s’étonner de rien.

Moi, je dis ça, je ne dis rien.

rembrandt-2« Sur ma liste de courses j’ai noté du gouda. Signé : Auguste Rembrandt »