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Soirée riz frit-chaton-Riverdale

Nous étions samedi soir. Les fêtes de Wallonie battaient leur plein, mais malgré cela, ni Adèle ni moi n’avions envie de sortir.

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Trop la flemme

Il faut dire qu’elle avait été chercher son nouveau chaton la veille et que, bien entendu, nous étions en adoration – que dis-je : en pâmoison – devant l’animal.

adoration

L’Adoration du Chaton

Nous avons décidé de brosser les fêtes de Wallonie. Comme ça, sans prévenir personne. Le plus discrètement possible.

On s’est dit : « Il faudrait que l’on termine Riverdale ». Preuve que nous avons d’autres obligations dans l’existence que de se foutre une mine au peket.

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Riverdale, c’est la série que l’on a commencé à regarder après le décès de Jean-Chri, pour nous changer les idées. On s’était dit que c’était la série parfaite : un truc pour ados bien léger.

Sauf que.

Sauf que Riverdale, si vous l’avez vue (et sans vouloir vous spoiler le moins du monde), ce n’est pas si léger que ça pour des personnes qui viennent de perdre un être cher, parce que le point de départ, c’est quand-même un adolescent qui se noie dans une rivière.

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Mais le pire dans cette série, c’est encore qu’elle est barbante à souhait. Tellement barbante qu’il nous a fallu plus d’un an pour (ne pas) la terminer.

Vous penserez certainement que rien ne nous oblige à la regarder jusqu’au bout (je suis de cette école), mais Adèle est de l’école : « Je lis un livre commencé jusqu’au dernier chapitre/ Je termine le pot de choco entamé).

Riverdale, c’est tellement chiant qu’il nous fallait un truc attrayant pour contrebalancer l’affaire. Donc on a fait frire du riz dans lequel on a jeté toutes sortes de bonnes choses. On a posé le chaton sur nos genoux. Adèle a envoyé un message à son amie Céline : « Je serais bien sortie avec toi ce soir, mais vois-tu, j’ai un nouveau chaton. Il a besoin de sa maman. » puis elle a balancé une photo.

Céline a répondu qu’elle était déçue, mais que la photo du chaton adoucissait sa peine.

« C’est passé crème », m’a dit Adèle.

On a regardé Riverdale.

Quand la série a brusquement tourné en comédie musicale, Adèle a hurlé « Je meurs » et on est allées se coucher.

Le lendemain, j’ai expliqué notre soirée à Caro. Je lui ai dit : « Tu te rends compte ? Et personne ne m’a appelée pour me réclamer. Tu sais ce que ça veut dire ? Que personne n’est sorti. Moi et mes amis, on est devenus trop vieux. »

Elle m’a répondu : « Mais non ! Ca veut juste dire que personne ne voulait te voir. »

Ce qui est faux, évidemment.

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Sainte-fête-de-la-grosse-glandouille

C’est vrai que j’étais très fatiguée.

Et ce pour des raisons que je ne puis évoquer ici (car elles sont essentiellement professionnelles et, comme je suis un agent communal, je suis tenue au droit de réserve (vous pouvez aussi appeler cela l’obligation de fermer sa grande gueule)).

Alors, quand Caro a toqué à ma porte à 20H30 en me demandant si elle avait droit à une dérogation spéciale lui permettant d’aller dormir si tôt (notre règlement d’ordre intérieur stipule qu’il est interdit d’aller se coucher avant 21 heures), je la lui ai octroyée, pour la simple raison que je voulais qu’elle me fasse pareille dérogation.

Je me suis donc couchée à 20h30.

Je pourrais vous dire que cela ne m’était plus arrivé depuis mes huit ans, mais ce serait totalement faux et vous ne seriez pas dupes car vous commencez à savoir que je suis une vieille-à-la-tisane.

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Le lendemain matin, en me réveillant, j’ai jeté un coup d’œil à mon réveil qui indiquait 8h30.

J’avais fait le tour de l’horloge.

Je me suis levée, j’ai baillé.

Je me suis traînée en pyjama jusqu’à la baignoire.

Mais j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a plus de mazout depuis une semaine (simplicité involontaire, encore et encore) et je ne me sentais pas assez en phase avec l’existence pour une énième douche glacée.

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J’ai regardé la pile de vaisselle dans l’évier et j’ai pris la grande décision de la reporter au lendemain, pour les mêmes raisons (mazout en rade).

Je me suis installée devant Netflix et j’ai regardé quelques épisodes de ma série.

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Il était bientôt midi.

j’avais la flemme de cuisiner alors j’ai mixé un avocat (degré d’énergie demandée : élevé, maximum de mes capacités) que j’ai accompagné de quelques tranches de saumon (ça ça va, il faut juste ouvrir le paquet).

Cette matinée bien chargée m’a fortement fatiguée alors je suis allée faire une petite sieste pour récupérer un peu.

sieste

Quand je me suis réveillée, trois heures plus tard, j’ai décidé de passer faire un coucou chez Mère.

Adèle regardait une vidéo de koala en s’extasiant.

koala

– Regarde, Natha. Comme c’est mignon ! On a envie de lui faire « des douces ». Mais le problème, si on veut en adopter un, c’est que c’est l’animal qui dort le plus au Monde, supplantant même le paresseux. Il dort 22 heures sur 24.

– Et quand il se réveille, qu’est-ce qui lui reste de sa vie ? Il a à peine deux heures pour faire quoi ? Manger sa banane ?

– Son eucalyptus. Et d’ailleurs, il mange très lentement : au ralenti. (là, elle m’a mimé le koala qui mâchouille très lentement sa feuille d’eucalyptus).

– Et il doit se laver, aussi, j’imagine ?

– Oui, certainement très lentement aussi, d’ailleurs.

– Et après ? Les deux heures se sont écoulées ? Il retourne se coucher ?

– Voilà.

– Eh bien, il est totalement inutile, cet animal. Franchement, ça n’a pas de sens ! La nature n’a pas besoin d’un être aussi inutile que lui.

C’est vrai, quoi, à la fin.

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Sur la simplicité involontaire

Avec notre société de consommation, la simplicité volontaire a assurément de beaux jours devant elle.

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Mais je sens qu’avec les problèmes techniques en série que je viens de me coltiner (et encore, j’ai oublié de vous dire que ma chasse d’eau coulait et que pour pouvoir la réparer j’ai dû suivre une formation accélérée en plomberie au Forem), je vais pouvoir lancer le concept de simplicité involontaire.

seul au monde

Comme pour chaque concept lié à ce début de siècle (Je suis HP, je suis vegan, j’ai un TDAH, je pratique la pleine conscience et je mange bio, le tout avec zéro déchet) il faut suivre quelques préceptes.

Ce sont ces préceptes que je m’applique à vous exposer aujourd’hui.

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Pour vivre dans la simplicité involontaire, il faut que plusieurs objets importants lâchent en un laps de temps assez court.

Frigo, chasse d’eau, voiture, ordinateur. Et dans la nouvelle voiture : éclat dans le pare-brise, phare avant, pneu avant,  : JE GAGNE HAUT LA MAIN, essayez toujours de me concurrencer.

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Etre trop pauvre pour pouvoir les remplacer au pied levé.

Si vous avez assez de fric pour vous payer simultanément un frigo, une voiture et un ordinateur, passez votre chemin, la simplicité involontaire ne signifie absolument rien pour vous.

Etre créatif.

Pour remplacer ma voiture, j’ai pris le bus. Cela peut paraître simple mais ça ne l’est pas forcément.

Mon frigo est devenu une planche de celui de ma sœur. Quant à mon congélateur, j’utilisais mon appui de fenêtre quand il gelait.

Mon ordinateur est celui de ma sœur aussi. Enfin, je veux dire l’inverse : j’utilise celui de Caro quand j’ai besoin d’utiliser un ordi.

Ce qui nous amène au point essentiel : Avoir une sœur qui prête ses affaires et qui vit à côté de chez vous. (La mienne remplit les deux critères).

Yo, frangine, je serai toujours là pour toi

Etre de nature »bonne pâte », ou, dit plus simplement « être détendu du bulbe ».

Si vous êtes du genre à piquer une crise de nerf dès que votre ordinateur est trop lent, cette expérience de vie n’est tout simplement pas faite pour vous. Elle épuiserait vos nerfs et, par extension, ceux de votre entourage.

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J’emmerde la simplicité involontaire

Home sweet home·Top moumoute

Gangs de goumiches

C’était un dimanche soir habituel au 60, rue des fonds-de-bouteilles.

Par dimanche soir habituel, comprenez que Caro, Steph et moi-même étions vautrées sur le canapé, parées de nos plus belles tenues d’intérieur.

Nous buvions du gin-lavande et grignotions des cookies tout en regardant « Accouchements miraculeux » sur AB3.

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« La péridurale se passe nickel »

Caro et Steph essayaient de me forcer à me lever pour que j’aille leur acheter de la crème glacée quand un cri a retenti dans la nuit.

Lire la suite « Gangs de goumiches »

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D’habitude, le premier mars

Ce matin, en versant un chouïa supplémentaire de lait sur mes céréales déjà ramollies, j’ai  regardé d’un œil distrait le calendrier chinois accroché au mur.

Il indiquait que nous étions le premier mars.

Waw, me suis-je dit.

Nous sommes le premier mars.

D’habitude, le premier mars, je déménage.

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« Bye, bye, Ancienne-Vie »

D’habitude, le premier mars, je file au Brico chercher des caisses parce que toutes mes affaires ne sont pas encore emballées et que l’équipe des hommes musclés (je n’en connais pas tant que ça, du calme les filles) débarque dans un quart d’heure.

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« C’est presque prêt »

D’habitude, le premier mars, j’essaye de convaincre Père que c’est la dernière fois qu’il doit transporter ma machine à laver au troisième étage sans ascenseur.

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D’habitude, le premier mars, certains de mes amis sont frappés d’une grippe foudroyante qui les cloue au lit.

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« Houlala, on est très très malades »

D’habitude, le premier mars, j’essaye d’expliquer calmement à Mère que le four n’a pas encore été nettoyé cette année et que ce serait vachement cool si elle pouvait s’en charger.

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« Mais bien-sûr, ma petite chérie d’amour »

D’habitude, le premier mars, je ferme la porte du lave-vaisselle dans lequel stagne un fond d’eau qui croupit là depuis plusieurs semaines en croisant les doigts pour que les propriétaires ne l’ouvrent pas lors de l’état des lieux.

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« C’était comme ça quand je suis arrivée »

D’habitude, le premier mars, je pose dans un sachet en plastique les petites pièces des meubles Ikea qui se démontent et je les scotche sur les planches, exactement comme me l’a répété cent fois Jean-Chri, lassé de retrouver mes vis et mes clous dans mes caisses de « Rien-avoir ».

caisse-carton« Mes vis sont quelque part là-dedans »

D’habitude, le premier mars, je secoue mes caisses afin de savoir s’il faut écrire « fragile » dessus.

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Mais cette année, le premier mars 2016, je suis en train de terminer tranquillement mon bol de céréales en savourant cet état de fait : on est un premier mars et je ne déménage pas.

Une chose aussi étrange mérite d’être soulignée.

A croire que je m’installe dans la vie.

Il se pourrait bien que je me pose, voyez-vous.

Que je devienne une femme sédentaire.

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Hiver 1 – Nathaliochka 0

Hier, j’étais fière.

Parce que je pensais avoir fait la nique à Monsieur Hiver.

« Je te fuck profond, mon grand »

D’abord, j’ai évité les embouteillages qui immobilisaient la ville grâce à des entourloupes que seul un grand cerveau peut élaborer.

Arrivée à la piscine, j’ai eu l’impression d’être la seule survivante de la guerre des flocons qui se livrait dehors. J’ai savouré le fait que j’étais seule dans l’eau turquoise en prenant beaucoup de place avec mes bras.

Ensuite, j’ai laissé ma voiture sur le parking pour pouvoir rentrer avec Caro (Il faut savoir qu’on habite dans une rue dans laquelle Heidi-petite-fille-des-montagnes aurait pu faire ses premiers pas). Axelle a dit : « C’est vrai que c’est plus prudent, parce que tu conduis mal« .

Quand la voiture de ma soeur a entamé la côte sans la moindre glissade, je jubilais presque. « Monsieur Hiver je te nique ta race, parce qu’à part les chaussettes un peu mouillées, je n’aurai ressenti aucun de tes désagréments », pensai-je victorieuse.

En sortant de la voiture, j’ai trouvé que quelque chose clochait. Quelque chose dans l’ambiance qui régnait autour de nous. Un truc indéfinissable.
Et puis là j’ai compris : le quartier entier était plongé dans le noir. Un noir d’encre.

Un silence religieux recouvrait nos chaumières.

Même Babette la chouette fermait son bec.

Nous nous sommes tues devant tant de noir et de silence. Et quand Caro a sorti son trousseau de clés, je lui ai dit, avec un soupçon d’angoisse dans la voix : « Mais comment va-t-on faire pour monter trois étages dans le noir ??? ». Ma sœur, rassurante par son côté pratique m’a répondu : « J’ai une lampe de poche sur mon téléphone ».

Quand on a ouvert la porte, une de nos voisines avait déposé des bougies dans les escaliers, ce qui était certainement très attentionné de sa part mais ça foutait un peu les boules, genre ambiance Amityville.

« Sympa, la déco »

Rentrant chez moi, j’ai souffert d’un aspect de ma personnalité qui me joue parfois des mauvais tours : celui de ne jamais avoir à disposition des objets qui s’apparentent à la vie pratique : je n’ai tout simplement pas de lampe de poche.

D’abord, j’ai râlé un peu contre moi-même. Puis j’ai réalisé que, quand bien même j’en posséderais une par miracle, je resterais de toutes façons ce genre de fille qui ne sait pas où elle l’a rangée et qui doit fouiller un tas de tiroirs à l’aveugle et qui réussirait éventuellement à se blesser les mains contre un objet contondant mais certes pas à dénicher cette putain de lampe.

M’avisant de cet état de fait, je me relaxai un peu (pour autant que faire de la fumée avec la bouche à l’intérieur d’un appartement puisse apporter un quelconque bénéfice relaxant) et décidai d’ouvrir le clapet de mon téléphone afin de bénéficier de sa douce lumière bleutée.

Penserez-vous que j’en rajoute des couches si je vous disais que sur mon écran apparut le message « batterie faible » ?

« Pas de souci », me dis je « ce ne doit pas être extrêmement compliqué de se brosser les dents sans lumière ».

Sauf que si, un peu quand même.

Par exemple pour que le dentifrice atterrisse sur la brosse.

Quand j’ai allumé le robinet, il s’est mis à tourner fou. Il n’y avait pas d’eau non plus.

A ce stade, j’ai émis un râle.

Caro était elle aussi dans sa salle de bains, faisant le même constat que moi.
Je lui parlai à travers la cloison : « Peut-être que si on fait fondre de la neige sur une bougie, on pourra survivre quelques jours ». Elle m’a répondu : « T’es vraiment conne ».

Je crois que le froid la rend agressive.

Je suis allée me coucher.

Que faire d’autre sans électricité, sans chauffage et sans eau ?

J’ai saisi mon ordinateur avec allégresse : sa batterie à lui était chargée. Quand tout va mal, il vous reste au moins Facebook.

On me retrouverait congelée-déshydratée en train de surfer sur les réseaux sociaux.

Belle génération.

Sauf que.

Sauf qu’internet était coupé lui aussi. Evidemment, Madame la Cruche.

Je me suis allongée.

J’ai écouté le silence et j’ai savouré la première nuit sans les sinistres hululements de Babette en sentant mon nez, qui dépassait de ma couette, geler lentement.

hibernatus« On la réveillera dans 100 ans »

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Il pleut dans ma chambre

Ce soir là, il a beaucoup plu.

Rien de plus normal, me direz-vous, car je suis belge.

Mais même pour un ressortissant du plat pays, il pleuvait trop.

Des trombes d’eau.

Il pleuvait comme vache qui pisse.

Je venais de rentrer de mon marathon de step (deux heures de step d’affilée sous les directives d’un coach tortionnaire).

Les muscles endoloris, shootée aux endorphines et grisée par mon exploit, je m’apprêtais à m’étendre sur ma couche pour une douce nuit bien méritée quand j’ai entendu un bruit.

Un bruit que mon cerveau reptilien, conscient d’un danger imminent, a immédiatement qualifié de « suspect« .

On aurait dit qu’il venait du dehors. Mais rien ne me permettait d’affirmer ou d’infirmer cette hypothèse car la fenêtre de ma chambre est placée très en hauteur par rapport au sol.

Le bruit suspect a continué.

Je vous l’ai dit, j’avais les muscles endoloris. J’étais tellement rouillée que j’avais l’impression d’être le bonhomme de fer dans le magicien d’Oz.

Mais ma curiosité était plus forte que ma tétraplégie, c’est pour vous dire.

Pour assouvir ma soif d’en savoir plus et me hisser à la fenêtre, il me fallait retirer la télévision qui se trouve sur le meuble blanc, repousser le meuble contre le mur et l’escalader.

J’ai soulevé la télé dans le but de la poser sur le sol. Mais j’ai sous-évalué le poids du monstre et comme mes bras étaient en mousse, ils ne répondaient pas à mon cerveau. La télé s’est explosée sur le sol.

J’ai poussé le meuble blanc contre la fenêtre, et j’ai tenté « l’Ascension du Meuble Blanc« .

On aurait dit une guenon arthritique qui tentait de grimper dans son arbre.

Du haut de mon perchoir, j’ai contemplé les ruines de ma télé.

Puis j’ai enfin pu regarder ce qu’il se passait par la fenêtre.

Je m’attendais à voir des ouvriers qui auraient été dépêchés en urgence pour construire une nouvelle Arche de Noé.

Une sorte d’Arche version moderne qui abriterait les quelques espèces qui traînent la patte dans les environs de Lustin-les-bains.

Je me suis demandé s’ils allaient embarquer Babette la chouette, Cujo et le Chien-Jaune. J’ai espéré que la réponse soit oui.

Mais quelle ne fût pas ma stupéfaction quand je sentis que mes mains, crispées sur le rebord de la fenêtre afin de m’éviter une chute qui me réserverait le même sort que ma télé, baignaient dans une immense flaque.

C’est seulement à cet instant que je remarquai que de l’eau ruisselait le long de mon mur, en une petite cascade régulière, un petit Niagara pour Playmobil qui se divisait au sol en une multitude de petits ruisseaux et de petites rivières.

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Au même moment, Caro a déboulé chez moi.

Si elle était étonnée de me voir en culotte, debout sur mon meuble, les deux mains agrippées au rebord de la fenêtre, elle n’en n’a rien laissé transparaître.

Je lui ai dit, comme pour me justifier : « Il pleut dans ma chambre ». Et elle m’a répondu : « Il pleut dans mon lit ».

On a souri, malgré la situation critique.

Parce que nos phrases nous ont évoqué une chanson de Charles Trenet que Père nous a chanté toute notre enfance. Ou disons plutôt que, comme sa connaissance des chansons est toujours limitée, il nous en chantait cette phrase, juste cette phrase, qui sortait d’on ne sait où, et avec laquelle il nous rabâchait les oreilles à longueur de temps. (Il faut avoir déjà entendu Père chanter pour pouvoir se faire une idée du taux de pénibilité que cela représente).

Je me suis rendue dans l’appartement voisin.

Au plafond, une petite « Henriette la gouttelette » se formait tout doucement.

Elle semblait rassembler ses forces et, une fois prête, elle se jetait avec une grande précision sur l’oreiller de ma sœur. Ce jeu semblait beaucoup l’amuser car elle recommençait l’opération encore et encore.

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« Toi tu as Henriette la gouttelette, mais moi, j’ai une vraie chute du Niagara à domicile » ai-je décrété, avec un soupçon d’angoisse dans la voix.

Je suis retournée chez moi.

J’ai sorti mon torchon et mon seau et j’ai espongé les rivières, les torrents et les cascades qui dévalaient sur mon mur.

Je suis remontée sur le meuble, mon seau à la main, ce qui augmentait encore un peu la difficulté de l’ascension. Je l’ai placé sous la partie du plafond qui coulait.

Puis j’ai tenté le saut de l’ange : sauter depuis mon meuble jusqu’à mon lit.

C’était un saut sans grâce mais efficace, qui m’a fait prendre à nouveau conscience de la grande douleur qui logeait dans mes muscles.

Je me suis couchée. Bien déterminée à mettre de côté pour la nuit au moins ce problème d’inondations, j’ai fermé les yeux. Normalement, j’excelle au jeu de « on verra bien demain », mais mes yeux se sont rouverts. Et mes oreilles, aussi.

Car elles captaient le « plic » « plic » « plic » régulier des gouttes qui tombaient dans le fond du seau en plastique.

Immédiatement, je sus que la nuit allait être longue.

Le lendemain matin, même si la pluie avait cessé, mon seau continuait à se remplir en goutte à goutte, inexorablement.

En fait, l’eau s’était accumulée et formait une poche énorme que mon plâtras avait de plus en plus de mal à retenir.

Jusqu’à ce qu’il cède totalement.

Sébastien, alerté par mes yeux injectés de sang et mes nerfs en pelote, est passé à la maison pour voir s’il pouvait être d’une quelconque utilité.

A peine était-il arrivé qu’il lança une éponge dans le fond du seau, pour atténuer le bruit.

A l’instant où il fit cela, Le-Plus-Beau-Silence-du-Monde-Entier se fit dans ma chambre et, si je n’avais pas été aussi incapable de lever les bras, je me serais jetée dans les siens, emplie de Reconnaissance Éternelle.

J’avais calculé.

J’avais à peu près huit heures d’autonomie.

Huit heures avant que le seau ne se remplisse à ras-bord et ne déborde.

Huit heures. C’est bien, huit heures. C’est une journée de travail.

Je pouvais partir dans une paix relative.

Arriver à la bibliothèque et vivre une journée normale.

C’est-à-dire :

  • Ouvrir ma boîte de Spécial K au chocolat, les manger en lisant mes mails et en essayant de ne pas renverser de lait dans mes touches de clavier,
  • continuer les portraits chinois que nous avions commencé à dresser avec mes collègues (« Et toi, si tu étais un fromage, lequel serais-tu ? »),
  • encoder mes heures de récupération dans la grille,
  • faire une recherche internet sur les doudous et les pyjamas,
  • répondre à mes collègues dubitatifs que  » Mais si, je suis un fromage de chèvre aux raisins »,
  • faire une pause thé vert pour éliminer les toxines du repas de midi et
  • finalement les entendre dire que « Oui, c’est vrai que tu es un fromage de chèvre aux raisins. C’est original, un rien excentrique et sucré à l’intérieur »)
  • Et puis rentrer chez moi,
  • vider le seau,
  • enfiler mes affaires de sport,
  • filer suer sang et eau à la zumba,
  • rentrer chez moi,
  • me dégeler une pizza pour reprendre les calories perdues pendant la zumba en regarder un épisode de « Girls »,
  • revider le seau, j
  • eter l’éponge au fond,
  • et puis dormir dormir d’un sommeil profond et sans rêves.

Tout était planifié.

Selon le Plan Magique de l’Existence Parfaite.

Le lendemain, j’avais les synapses en ébullition.

Comme je mets un point d’honneur à les reposer au maximum, j’ai quitté le bureau à midi, non sans avoir omis de donner à mes collègues mon avis sur « qui d’après moi est un Babybel et qui d’après moi serait plutôt un « Vache qui rit » »

Quand je suis arrivée devant la maison, elle était assiégée.

Des ouvriers flamands musclés avaient garé de grosses camionnettes sur le trottoir.

Ils avaient posé des échelles un peu partout sur la façade pour parvenir au toit et avaient installé des petits plans de travail un peu partout.

Ils sciaient des matériaux dans un bruit infernal.

Je les saluai de mon plus doux sourire de biche, celui que je réserve à une gent masculine très particulière.

Pas de doute, ils semblaient aux anges.

Et moi aussi, parce qu’apparemment le propriétaire avait entendu mes appels désespérés (et vindicatifs) et avait enfin donné l’ordre que l’on s’occupe de mon mini Niagara d’intérieur. (Je sais pertinemment que cette tournure de phrase peut porter à confusion vu l’extrême musculature des ouvriers flamands, mais il n’en n’est rien, je vous parle vraiment de mes fuites d’eau).

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J’entamai courageusement la montée de mes trois étages sans ascenseur.

Je m’installai à ma table, me fit griller une petite tartine sur laquelle j’étendis une tranche de gouda d’un jaune mordoré mirifique qui me fit saliver.

Puis il y eut bruit.

On marchait sur le toit.

Normal, me direz-vous.

Mais s’il y a bien un truc qui peut m’angoisser, c’est d’imaginer des types sexy marcher sur un toit incliné à 100 mètres au dessus du sol sans être assurés et, de surcroît, juste au-dessus de ma petite table paisible garnie de tartines rôties.

Je me sentais moyennement bien.

Puis j’ai entendu quelque chose (ou quelqu’un ?) déraper et au même moment, ce quelque chose (ou quelqu’un ?) a entamé une chute libre depuis le toit jusqu’au sol, en passant par ma fenêtre.

En fait, ils balançaient des morceaux de toit par terre.

Mais mon adrénaline a implosé, a fait un tour rapide dans mon organisme, m’a soulevé le cœur et m’a laissé pantelante, ma tartine à la main.

C’en était trop.

Si je restais à demeure l’après-midi, sûr que mes synapses, loin de se reposer, allaient disjoncter et faire de moi un être irritable au plus haut degré.

Je redescendis les trois étages et trouvai refuge chez Adrien, qui me dit : « Oui, passe, je suis justement en train de pêcher le poisson sur ma terrasse »

(Il utilisait des Chipitos comme appâts, mais ça, c’est une autre histoire)

 

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La malédiction des voisins

Cela va maintenant faire trois ans que je travaille à la bibliothèque de Namur-city.

En trois ans, j’ai déménagé trois fois.

Du coup, certaines de mes collègues me trouvent inconstante.

Ce que je réfute haut et fort.

Il me semble au contraire que je fais preuve d’une grande constance : je déménage chaque premier mars.

C’est simple à retenir, facile, efficace.

Mes amis et ma famille peuvent bloquer cette date dans leur agenda. Ils ne sont jamais pris au dépourvu.

Quand on leur demande ce qu’ils font le premier mars, ils peuvent répondre « J’aide Nathaliochka à monter son piano à queue au troisième étage d’un immeuble sans ascenseur« .

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« C’est un peu lourd »

Tout cela pour vous dire que je suis à présent installée dans un studio, sur le même palier que ma sœur Caro.

Au départ, c’est elle qui a eu cette idée.

Elle a emménagé là, et puis, comme elle voyait que le studio qui jouxtait le sien était vide, elle a eu peur d’un éventuel mauvais voisinage.

Il faut dire qu’à ce niveau là, elle n’a jamais eu beaucoup de chance. Elle est victime de ce qu’elle appelle communément « la malédiction des voisins ».

C’est dans cette optique qu’elle m’a obligée à venir vivre juste à côté. Pour conjurer le sort.

Pour changer de Michel, le voisin du dessus qui mettait une chanson de Céline Dion en boucle sur le volume « à fond » de sa chaîne hifi puis qui fermait son appartement à clé et se barrait pendant plusieurs heures en laissant la musique pour ses heureux voisins.

Michel avait une femme avec qui il se disputait pendant la nuit. Elle marchait avec ses talons et, rageuse, elle jetait des objets par la fenêtre, c’est-à-dire dans le jardin de ma sœur qui vivait au rez-de- chaussée.

Celine-Dion« Après tu serais gentil de ramasser les assiettes, Michel »

Dans le même appartement, Caro a eu une invasion de chauve-souris.

Six chauve-souris ont élu domicile chez elle, sans la moindre considération pour le fait que ma sœur soit chauve-souriphobe.

Les petites batmiches s’accrochaient aux rideaux, tête en bas et volaient à travers les pièces. C’est à peine si elles ne réclamaient pas des madeleines à tremper dans leur thé.

« On mange quoi, ce soir ? »

Pour changer de Miette (j’ignorais jusque là qu’il s’agissait d’un prénom), qui sortait sur le palier en robe de chambre, la clope au bec et la soupçonnait de s’être infiltrée dans son appartement pour lui voler sa robe de bal et ses chaussures en charbon.

pantoufle de vair« Ben non, ça se sont des pantoufles de vair »

Pour changer de la famille d’à côté qui jetait les langes usagés du petit Kenny sur le toit de sa chambre.

kenny« Il faut tuer Kenny »

Pour changer de Brian , qui hurlait sur son gosse comme un possédé et qui demandait à ma sœur si elle pouvait l’aider parce qu’il souffrait de bipolarité et que, comme elle est psychologue, elle pourrait certainement calmer ses angoisses.

« Je me sens mieux, merci »

Bref, pour enfin vivre en bon voisinage avec une personne saine d’esprit et équilibrée.

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Le premier soir à Lustin-les-bains, je me suis installée dans le fauteuil de ma sœur.

Éreintée par mon déménagement, je lui ai commandé des tartines rôties.

D’abord, elle m’a répondu « Tu ne peux pas te les faire rôtir toi-même ?! », ce qui m’a vexée, parce que j’étais son invitée.

Ensuite, j’ai eu très peur, parce que j’ai cru qu’il n’y avait pas de gouda à mettre sur mon pain, mais Caro a fini par trouver deux vieilles tranches qui traînaient dans le fond de son frigo.

Comme je ne suis pas difficile, cela a fait l’affaire.

Je lui ai dit que ce que j’adorerais, ce serait de regarder des vieux épisodes de Super Nanny.

super nanny

« Ca va chier, mon petit Kevin »

Je voyais bien a l’expression qu’abordait son visage qu’elle était vraiment ravie de passer notre première soirée de voisinage en regardant Super Nanny et en mangeant des tartines rôties.

Elle a même dit « C’est fou comme il est génial, notre samedi soir », ce avec quoi j’étais bien d’accord.

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Quand on a eu terminé notre émission, j’ai décidé de regagner ma chambre.

Elle s’est penchée sur le sol pour ramasser quelques petites miettes que j’avais fait tomber sur sa moquette et elle m’a dit, de son large sourire sincère : « C’est vrai que j’ai bien fait de te convaincre d’habiter ici. Ça va rompre le sort de ma malédiction des voisins ».

« Allons, allons, il n’y a pas de quoi », lui ai-je répondu, sans fausse modestie.

« Et demain j’aimerais beaucoup que tu prépares des croquettes de crevettes avec un grand verre de Spriiit« , lui ai-je lancé depuis le palier.

Home sweet home

Pourquoi j’ai traversé la ville en pyjama

Pour vous raconter cette mirifique anecdote, il me faut remonter aux sources des événements en vous plantant quelque peu mon décor.

C’est-à-dire qu’il faut savoir que mon voisin du dessus souffre d’un léger souci mental.

Il adore :

  • Mettre sa musique à fond.
  • Claquer les portes avec violence des dizaines de fois d’affilée.
  • Hurler des insanités dans la cage d’escalier , dans ma direction, de préférence quand je suis seule avec lui dans le bâtiment.

« Je ne suis pas fou »

J’ai donc régulièrement droit à mes habituels et charmants  « Connasse » et « Grosse salope ».

« Un vrai charme, ce voisin »

Généralement, le lendemain, quand je le croise dans l’escalier, il me demande bien poliment comment je vais et si j’ai passé une bonne journée, ce qui rend l’ambiance encore un rien plus funny-bunny.

Dr_Jekyll_and_Mr_Hyde

Il me raconte aussi qu’il souffre du fait qu’on lui ai retiré la garde de sa fille (Tu m’étonnes, Paul).

« Rendez-moi ma fille »

Bon.

Vous commencez un peu à me connaître.

Vous vous dites, à mon sujet : « Elle est sans peur et sans reproches, une vraie héroïne de conte de fées des temps modernes ».

Et vous avez raison.

Mais sachez que de temps à autres, mon héroïsme s’effondre comme neige au soleil, en particulier quand Mister Psychose se lâche en pleine nuit.

Mais avec le temps, j’ai mis en place un protocole face à lui :

D’abord je m’enferme à double tour.

Ensuite je m’obstrue les tympans avec de l’ouate.

Et enfin j’utilise mon joker : l’appel à un ami.

Il est arrivé plusieurs fois à Père de voler à mon secours dans ces circonstances, (c’est-à-dire qu’il vient me chercher en voiture et il attend en bas que je le rejoigne), mais il était en vacances la dernière fois que cela s’est reproduit.

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L’anecdote que je m’apprête à vous conter s’est déroulée une nuit de  pleine lune, nuit propice au déclenchement de la Folie Meurtrière de Mister Psychose.

Comme à son habitude, il s’est installé devant un programme télé nocturne intéressant (certainement la grande œuvre d’AB3) qui présentait brièvement des jeunes femmes célibataires mais néanmoins pleines d’avenir.

«Jennifer, 23 ans, adore promener son chien, croque la vie à pleines dents » « Sarah, 31 ans, recherche l’homme qui saura la dompter. Caractère de tigresse, elle aime aussi tricoter » « Violaine, 28 ans, étudiante en médecine, réussit brillamment mais recherche toujours l’âme sœur ».

Bien entendu, cela ne s’arrête pas là, puisque j’ai eu également droit aux commentaires profonds de mon voisin qui, penché sur la rambarde de l’escalier, me hurlait ses habituelles insultes.

« Salooope », « Connasse », « Grosse saloooope »

J’avais envie de riposter mais le danger était trop grand.

Il était quatre heures du matin.

Je me suis enfermée à double tour dans ma chambre, exactement comme l’exige mon protocole et j’ai appelé mes amis Catherine et Ivan pour leur demander s’ils voulaient bien m’héberger dans leur canapé-lit.

Comme ce sont de vrais amis, ils ont dit oui sans même râler parce que je les réveillais.

Sur la pointe des pieds, je suis sortie de l’appartement.

J’ai traversé le parc mal famé qui séparait nos habitations sans même un soupçon d’inquiétude (qu’est-ce qui pouvait être pire que d’avoir pareil voisin ?) et je suis allée dormir chez eux.

« Ca va aller, Nathaliochka, il est loin, maintenant »

Le lendemain matin , quand j’ai voulu rentrer chez moi, je me suis aperçue que j’étais arrivée en pleine nuit, et donc en pyjama, ce qui ne m’avait pas perturbée à outre mesure puisqu’il faisait nuit noire, qu’il n’y avait personne dans les rues et que je fuyais un grand psychopathe.

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Mais au matin, la vie citadine avait repris ses droits, la pleine lune s’était couchée, remettant le monde à l’endroit.

« Namur-city, vendredi matin »

C’est donc pour cela que l’autre matin, j’ai dû traverser la ville en pyjama.

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cristina cordula

« Bien accessoirisé, ça peut être très moderne, ma chérie »