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Le yoga : une philosophie de vie

Plus qu’un hobby (macramé, cuisine moléculaire, puzzles) ou qu’une gymnastique (69, brouette indienne), le yoga est une philosophie de vie qui, si elle est adoptée par le disciple, le conduira vers la lumière. (Bien entendu, je ne fais ici nullement allusion à « la Lumière » dans le sens christique du terme, mais plutôt à la lumière dans ce qu’elle a d’éclairant).

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Dans notre société consumériste, notre mode de vie est devenu contraignant et nous, pauvres petits individus pourtant pétris de bon sens et de spiritualité, sommes constamment écrasés, écrabouillés, réduits en bouillie par :

  • La sonnerie stridente du réveil à une heure où même les poules dorment encore.
  • Les embouteillages du matin et du soir ou les trajets en train, debout et serrés comme en 40.
  • Jean-Pierre, notre collègue lourdingue qui, debout devant la machine à café (nous empêchant d’y accéder) nous raconte son week-end qui semble tout sauf trépident.
  • Ces gens qui nous parlent de leurs enfants.
  • Nos drames personnels (mort d’un proche, divorce, crises d’angoisse).
  • Les dimanches où les enfants (ou les chats) nous réveillent à 5h40 en sautant sur notre lit.
  • Les cheveux qui se mettent mal et nous donnent une allure de dessous de bras.
  • L’addiction au sucre et les Dinosaursus sans chocolat.
  • Les intestins poreux.
  • Notre père qui nous sert des tomates tous les vendredis alors que ça fait 37 ans qu’on lui dit qu’on aime pas ça.
  • L’état de notre compte en banque dès le 8 du mois.
  • La pauvreté de l’offre sur le marché du beau célibataire quadragénaire.
  • Les radios qui diffusent Maître Gims.
  • Ces injonctions permanentes à la perfection (sois mince, sois sportive, adopte la parentalité positive, parraine un bébé gorille, deviens une famille zéro-déchet, deviens vegan et surtout reste-le).
  • Et par-dessus tout cela, le JT qui nous assène le coup de grâce (guerres, famines, Donald Trump).

Face à ces mille et une vicissitudes auxquelles personne ne réchappe, il est de bonne augure de s’accorder cette denrée devenue rare : du temps pour soi.

Et c’est précisément ce que vous propose le yoga.

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En effet, le yoga se situe à l’opposé de tout cela.

Il véhicule nombre de valeurs humanistes qui, sous la couche de tout ce qui vient d’être évoqué, dorment en nous :

  • L’amour pour nous-même et pour notre prochain.
  • La connaissance de notre corps et l’acceptation de ses limites.
  • L’Amour illimité.
  • La sagesse de Vishnou.
  • Le lâcher prise.
  • L’Eveil.

En conclusion de ce chapitre, je dirais que dans le yoga, comme dans toute philosophie de vie qui tienne un tant soit peu la route, il est important de s’éloigner du consumérisme ambiant pour se rapprocher de valeurs plus humanistes.

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Quelques notions de yoga

Comme tout un chacun, « j’ai mes problèmes » (manque de confiance en moi/manque de conscience corporelle/hyperphagie/humour pourri/deuil douloureux).

C’est pourquoi, en septembre, me souvenant de l’adage de Krishna qui dit : « Le yoga, c’est bon pour c’que tas », je me suis inscrite au cours que Mère suit déjà depuis quelques années.

Vu que je pratique cette discipline depuis plusieurs mois maintenant, je me sens tout à fait légitime pour vous inculquer quelques notions de base de cette philosophie millénaire à travers une série d’articles dont le premier numéro parait en ce jour de grosse glandouille.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe différents types de yoga (ou, si vous ne le saviez pas, eh bien, je vous l’apprends).

Moi, j’ai choisi le hatha yoga.

(Enfin, je n’ai pas choisi, c’est juste que c’est ce qui se donnait, et puis, je trouvais que ça collait bien avec mon nom).

C’est très simple à pratiquer. Il ne vous faut que très peu de matériel : Des bras, des jambes (et encore ?), des poumons, un vieux training souple (moi j’appelle ça un « pantalon mou » mais ma sœur déteste quand je dis ça), un tapis de sol, un plaid, un zafou.

Si je vous dis qu’il faut des poumons, c’est que le yoga s’articule autour de la respiration.

Il faut donc savoir inspirer et expirer, ce qui est très simple quand on le dit (moi, perso, ça me vient assez naturellement), mais une fois que l’on démarre, on se rend vite compte que notre respiration n’est pas ample.

Au début, j’avais le temps d’inspirer et d’expirer 18 fois sur le temps que les autres le fassent une seule fois.

Maintenant, je peux presque suivre un cours entier sans avoir l’impression que je vais claquer devant les autres élèves tel un chihuahua qui aurait une crise d’asthme.

Et ça, c’est vraiment appréciable.

Je sais qu’il est un peu tôt pour déjà refermer ce premier chapitre, mais bon, il faut bien laisser un peu de matière pour la suite.

Le chapitre suivant s’intitulera : »Le yoga : une philosophie de vie »

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(Petite) randonnée du lundi

Lundi, Mère et moi avons brossé le yoga (quoi ? Je ne vous avais pas encore dit que je me suis mise au yoga ? Grave lacune qu’il va falloir combler) pour aller randonner dans la région que Jean-Chri aimait tant.

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Je ne me sens pas la prose de vous décrire cette journée riche en beauté, mais je vais quand-même vous en dresser un petit topo.

Le bilan :

  •  Six heures de marche sans aucune pause si ce n’est 10 minutes à midi pour partager une pomme en deux (je vous avais bien dit que je viens d’une famille pro-ana).
  • Un chien qui se prend pour un canard et qui veut se jeter dans l’eau toutes les six secondes.
  • Des paysages sublimes – ceux de mon enfance – avec ce qu’ils ont réveillé de tristesse et de béatitude.

A l’arrivée, chez Mamy-Tine :

  • Des carottes râpées (celles-là même que je voyais défiler sous mes yeux depuis une heure au moins) – NOURRITURE.
  • Les jambes à la fois rouillées et en compote (sensation pire qu’étrange).
  • Une migraine parce que mon crâne avait bouilli sous le soleil.

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Aussi, je sais que mes connaissances des règnes animal et végétal laissent parfois à désirer, mais tout de même, Mère m’a fait cette remarque alors que je m’extasiais devant les couleurs que peuvent revêtir les créatures de ces bois.

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(Soupir)

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Je cours pour mes formes

Nous étions dimanche et il était 7h30.

Notez bien : DIMANCHE, SEPT HEURES ET DEMIE.

Mon téléphone a émis un « ding ». C’était Mel-Bichon qui me disait : « Lève-toi, mon bichon, on va courir comme convenu« .

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J’avais convenu quelque chose, moi ? D’aller courir ??? Qui plus est un dimanche matin aux aurores ???

QUE NENNI. C’est absolument impensable.

Surtout pas après qu’elle m’ait raconté qu’elle « entraîne » deux copines (depuis quand Mon-Bichon est-elle devenue coach sportif ?) et que l’une d’entre elle est subitement devenue toute jaune et qu’elle s’est ensuite mise à vomir dans un fossé en déclarant : « C’est vraiment difficile, le sport avec toi ».

Mais elle m’avait réveillée alors je suis sortie de mon lit et, en ouvrant les rideaux, je vois que le ciel est tout cotonneux et qu’il neige.

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Non mais ça ne va pas bien, parfois ?

Seulement voilà. Comme vous avez pu le constater, je suis devenue sportive. Et l’argument qui me motive le plus dans l’obtention de cette nouvelle personnalité, c’est : « Et si je ne vais pas au sport, que ferais-je d’autre de plus intéressant ? »

  •  Manger des œufs à la coque en écoutant la playlist du dimanche et en regardant tomber la neige ?
  • Aspirer la cage d’escaliers à 7h30 pour prouver aux voisines du premier que je suis une fée du logis, contrairement à elles ?
  • Regarder le tapis rose de yoga que Mère m’a donné en me demandant si un jour j’aurai l’énergie de le dérouler et éventuellement de l’utiliser ?

Sur une échelle de valeurs qui m’est propre, ces différents cas de figure ne parvenaient pas à supplanter les immenses bienfaits du sport sur mon organisme (fierté, amincissement, musculature de déesse, boost d’endorphines, amélioration du souffle, combat contre le diabète et l’hypertension, joie dans les cœurs).

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Christian et ses christianettes

Alors oui, j’ai enfilé mes baskets pour aller la rejoindre et je savais qu’à partir du moment où je posais cet acte, je ne pourrais plus lui balancer au visage à chaque minute « Tu es vraiment cinglée », tout simplement parce que je l’étais moi aussi.

C’est sur cette égalité qui nous relie (la folie furieuse) que nous avons entamé notre « running » (on ne dit plus ni course à pieds ni jogging, c’est has-been).

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Saute, Bichon

Quand-même, je voudrais vous préciser qu’il faisait moins six et que je n’ai plus couru depuis des années, c’est important que vous en preniez bonne note.

Je suis arrivée chez Mélanie.

Elle était excitée comme une puce sous amphétamines.

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Elle m’a dit : « On va courir huit kilomètres » (Elle comptait nous faire faire DEUX FOIS le Grand-Tour). J’ai dit « Hors de question ».

On est arrivées dans la forêt.

Il faisait moins cinquante.

On a commencé lentement, en courant tout doucement, comme on me l’a appris (vous souvenez-vous que je suis née dans une famille de sportifs ?).

Chaque fois que j’expirais, la buée qui sortait de ma bouche se transformait en glace et se brisait sur le sol. Chaque fois que j’inspirais, je sentais que mes poumons eux aussi gelaient instantanément. Température ressentie : Moins mille degrés.

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Il y a plus agréable comme sensation, mais j’ai pris sur moi et j’ai fait ce pour quoi j’étais venue : COURIR.

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Il n’y avait personne dans la forêt, si ce n’est une femme qui venait à contresens. Grande, le muscle asséché par la course à pieds, elle courait comme une antilope et elle nous a asséné un « Bonjour » très joyeux auquel j’ai tenté de répondre un émettant un râle de fin de vie.

Mélanie m’explique : « Cette femme, je la croise tout le temps. Je crois que c’est la femme dans Requiem for a dream. Tu vois ? Celle qui prend trop d’amphétamines et qui ne sait plus s’empêcher de courir ».

Je ne vois plus très bien, non, mais ce n’est pas forcément des plus rassurant.

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Et c’est justement pour éviter de me trouver réduite à ça (courir dans les bois un dimanche entier par moins mille sous influence de psychotropes) que j’ai mis rapidement en place une stratégie.

J’ai proposé à Mélanie de rallonger un peu le tour qu’elle me proposait.

Je sais que cela peut sembler à priori contre-productif, mais mon dessein secret était qu’elle se contente de cette façon de faire UNE FOIS le Grand-Tour (+ mon allonge) au lieu de le faire deux fois comme prévu. Vous suivez ?

Je lui ai dit : « On tourne à droite ».

Elle m’a demandé : « Tu sais où on est ? » et je lui ai répondu « Évidemment » avec beaucoup d’aplomb.

Là, elle a raconté des anecdotes qui apparemment prouveraient qu’elle s’est déjà égarée à cause de moi, mais je l’ai laissée inventer des récits rocambolesques.

Je ne reconnaissais pas le chemin.

Au bout d’un moment, je lui ai avoué, mais elle a dit que ce n’était pas grave et puis, pile devant nous s’est annoncée une côte super abrupte et très longue.

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« C’est bien fait », m’a-t-elle dit en s’attaquant à la pente huit (c’est comme ça qu’on dit dans notre jargon) tel un cabri poursuivi par une bande de loups.

Là je dois bien admettre que mon courage s’est évaporé, ainsi que mon cœur qui se faisait la malle. J’ai marché en soufflant comme une vieille chose. Mélanie m’attendait au-dessus, en courant sur place avec les genoux en l’air et en me disant : « Marche d’un bon pas, mon bichon, allez, hop hop hop ». Et je n’ai rien pu lui répondre, à cause de mon souffle qui partait en couilles, mais ce n’est pas l’envie qui me manquait.

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Elle

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Moi

Quand le terrain est redevenu relativement plat, j’ai repris mon running. J’avais les bras ballants et le visage rougeoyant. Mélanie m’a dit : « Tu as des bonnes couleurs ». Et c’était vrai.

On a recroisé la Madame-Requiem-for-a-dream et j’ai trouvé que c’était un bon présage : ça voulait dire qu’on avait couru assez longtemps pour la croiser plusieurs fois.

J’ai osé dire que je ne pourrais pas envisager la seconde boucle alors on s’est arrêtées au bout de la première.

On est rentrées dans la voiture.

On s’est dit qu’on s’étirerait chez Mélanie, par peur de mourir stalactifiées sur le parking où un vent à décorner des bœufs soufflait avec rage.

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Une fois rentrées, j’ai reçu les félicitations de ma meilleure amie qui, toujours prompte à m’encourager, m’a déclaré d’un ton officiel : « Félicitations, mon bichon. Tu viens de recevoir le badge « Petit bouquetin essoufflé »« .

Et ça, c’est vrai que je l’ai bien mérité.

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Allumez le feu

Ce matin, tout en me servant mon green-smoothie, Sophie m’a dit : « Tu sais, Nathaliochka, ce n’est pas parce que tu n’aimes pas le sport que tu devais pour autant mettre le feu à la salle« .

feu« Adieu, les abdos »

C’est vrai que c’était peut-être un rien excessif.

 

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Vous ne savez pas de quel incendie criminel je parle ?

Cliquez ici.

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Je l’ai échappé belle

Ce soir, toute fière de la-nouvelle-personne-que-je-suis-devenue (sportive), j’ai enfilé mes baskets et empoigné mon sac de sports et j’ai filé telle une svelte gazelle pour DEUX HEURES de cours avec Christian Grey (body combat/zumba).

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Au bout de la première heure, c’est-à-dire au moment où nous terminions par quelques menus pompages et que j’étais écarlate, dégoulinante et que mon cœur allait tomber sur le sol, deux hommes sont rentrés dans la salle et ont interpellé Le Coach.

Christian nous a annoncé tout de go : « La salle doit être évacuée, car il y a un incendie dans l’usine d’à côté« .

Nous, on s’est levées comme d’une seule femme. Mais il nous a dit : « Restez encore quelques minutes, les filles, on va faire les étirements« .

Là, une des élèves a déclaré : « Tu nous excuseras, Christian, mais on préfère être un peu rouillées demain mais être en vie ». Et on a sauté dans nos manteaux puis dans nos voitures.

Dehors, des dizaines de camions de pompiers évacuaient le quartier. Il faisait étrangement calme, personne ne cédait à la panique, mais je dois bien reconnaître que c’était assez impressionnant, tout ce déploiement de lumières bleues dans la nuit.

Je suis rentrée chez moi soulagée d’être en vie.

  •  Parce que j’aime la vie, et que j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
  • Aussi parce que je ne voudrais pas infliger une nouvelle épreuve à ma famille.
  • Mais surtout parce que si j’avais péri dans les flammes (pas cool, d’ailleurs), la dernière chose que j’aurais faite sur cette vaste Terre, c’est de faire des pompages avec Christian Grey.

Et ça, vraiment, ça craint le boudin.

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On a retrouvé Christian Grey

Vous souvenez-vous de Christian Grey ?

christian grey« On va au bal masqué ? »

Non, pas celui qui met la fessée quand on a été vilaine.

L’autre : mon prof de sport.

Eh bien, on l’a retrouvé.

Oui, je sais, cette phrase sonne bizarre.

Ton prof de sport avait disparu ? Comment se fait-ce ?

Un peu comme s’il s’était subitement dématérialisé.

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« Christian, c’est toi ? »

Ou comme s’il avait dû suivre le programme de protection des témoins et disparaître sans laisser de trace afin de continuer sa vie en toute sécurité.

Ou même comme si j’avais soudainement oublié le chemin qui va de chez moi à la salle de sport et qu’après avoir erré pendant des semaines dans les rues environnantes, j’aie décidé d’abdiquer et de rentrer chez moi me vautrer dans le canapé.

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« C’est pas de ma faute, mon prof de sport a disparu »

Non, ce n’est rien de tout cela.

Christian Grey avait disparu de notre environnement parce que la salle de sport avait fermé.

Mais moi, j’aimais bien Christian Grey, ce tortionnaire.

Même si quand je rentrais chez moi j’avais les jambes en mousse et que le lendemain, je me transformais en bonhomme de fer. Celui dans le Magicien d’Oz.

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« Mettez un peu d’huile dans mes rouages, please »

Je l’aimais bien, Christian Grey.

Même si notre entraînement était le même que Rocky Balboa qui aurait eu Jackie Chan comme meilleur ami.

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« Je soulève une brindille »

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(Spéciale dédicace, Maximilien)

Ou même si ses cours faisaient penser à une épreuve de Colle-en-tas.

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« Allez, Germaine, soulève ton cul « 

Puis un soir, je reçois un message de Mel-Bichon : « Je crois que j’ai retrouvé la trace de Christian Grey« .

Elle n’avait jamais vu Chrisitian Grey, mais elle en avait entendu parler à travers mes récits palpitants et, en s’inscrivant à la nouvelle salle qui s’ouvrait près de chez elle, elle se rendit compte qu’un type pareil, il ne pouvait pas y en avoir 36. La description que j’en avais fait collait parfaitement au personnage qui se trouvait en face d’elle et qui l’obligeait à faire 7622 pompes en frappant dans les mains.

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« Et de trois, et de quatre »

« C’est horrible« , m’a-t ‘elle confié. « J’ai l’impression d’être Monsieur Patate« .

-Monsieur Patate ?!

-Oui : tu sais : celui qui perd ses bras et ses jambes ».

-Aaaah, ai-je répondu.

« Je pense en effet que tu as retrouvé Christian Grey ».

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« Putain de sa race »

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Quoi ? Vous ne connaissez pas Christian Grey, mon coach sportif ?

Cliquez sur Véronique et Davina pour en savoir plus.

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Bouge ton boule

« Etre au régime, ce n’est pas une mince affaire« , ai-je déclaré à mes collègues ce matin dans un éclair au chocolat de lucidité.

Cette phrase, on peut le dire, est une sorte de fulgurance.

« Oui oui, je suis en pleine crise d’inspiration »

Ce qui n’est pas simple, c’est que c’est une question de mathématique et de bon sens : il faut éliminer plus de calories que ce que l’on en ingurgite. CQFD.

Mais dans mon cas, je devrais faire trois triathlons par semaine et un marathon chaque weekend pour parvenir à un équilibre satisfaisant.

Impossible ?

OUI.

Car cela demande du temps. Et du temps, bien entendu, je n’en n’ai pas.

Ce n’est donc pas le courage ou les capacités qui me manquent, mon amour pour le sport étant de notoriété publique.

« Allez Ginette, on sort le turban en mousse »

Si je n’ai certes pas assez de temps pour embrasser une carrière de coureuse d’extratrail, je peux tout de même me mettre en mouvement.

C’est toujours ça de pris, c’est bon pour le cœur, c’est bon « pour ce que j’ai » et, comme le disait la Compagnie Créole : « C’est bon pour le moral ».

J’ai donc enfilé mes baskets, direction le halage. Et hop hop hop, je me suis mise à courir telle un cabri (ou telle une antilope, c’est comme vous voudrez). Traduisez : avec grâce et assurance.

Je sais que je suis faite pour le sport. C’est génétique. Mes parents sont sportifs. Et puis, quand j’étais adolescente, j’étais la baby-sitter des enfants Borlée. Ca compte, ça, non ?!

Allez hop, go to the ligne d’arrivée.

« J’aime bien quand les Romains m’applaudissent »

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J’ai testé pour vous : le u-bound

Quoi ? Vous ne connaissez pas le u-bound ? (prononcez « youbonde »)
Mais vous sortez de votre campagne ou quoi ?!
Même si la sonorité du terme fait plutôt penser à une pratique sexuelle déviante, il s’agit d’un sport. (Dites-moi, Chantal, avez-vous déjà pratiqué le u-bound ? Oh oui Jean-Pierre, tous les mercredis, et je ne raterais une séance pour rien au monde)
james-bond-1Mon nom est Bond. U-bound.
Personnellement, je suis tombée sur une vidéo sur youtube il y a de ça un an à peu près.
On y voyait des femmes sauter avec allégresse (le mot est faible) sur des petits trampolines individuels. J’ai trouvé ça génial !
(Ici, je vous conte mon désarroi. J’ai recherché pendant plus de deux heures LA vidéo qui a fait naître ma vocation et, une fois que je l’ai enfin trouvée, j’ai réalisé qu’il est impossible de poster une vidéo sur ce blog. Donc vous seriez bien gentils de cliquer ICI pour la voir, merci.)
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« Wopélop »
A l’époque, j’osais encore affirmer que j’étais sportive, ou du moins sportive en devenir et, du coup, j’ai eu envie d’essayer (vous connaissez on attrait pour les expériences nouvelles et enrichissantes).
Stéphanie, toujours désireuse de se lancer dans de nouvelles aventures avec moi, m’a affirmé que sur ce coup là, elle me suivrait.
Comme nous ne savions pas si notre petite ville pouvait proposer ce sport hautement tendance, nous avons pris nos renseignements. Un club en proposait, mais les horaires ne nous convenaient pas.
J’ai donc dû abandonner ma N.G.I. (Nouvelle Grande Idée).
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Stéphanie, quant à elle, a pris l’option « Je fais du sport dans mon salon en suivant un tuto sur internet ».
Elle a filé chez Décathlon (à fond la forme) pour s’acheter un petit trampoline, et je l’ai aidée à sélectionner un coach en ligne.
Vautrées dans le canapé, nous regardions différents profs de fitness sautiller et se donner beaucoup de mal pendant que nous engouffrions des poignées de cacahuètes enrobées au paprika en faisant nos commentaires.
« Celle-là, elle a l’air bien, mais je n’aime pas trop sa tenue. »
« Oui, rien à faire, je ne crois pas au revival du fluo »
« Moi non plus. Le fluo appartient aux années 80 ».
« Mate celui-là, il est ultra sexy ! « 
« Trop musclé pour moi, je préfère plus de finesse »
« Diantre, comme ils ont l’air fatigants, ces exercices. »
 » Je suis fourbue rien qu’à les regarder ».
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Si on s’en tient à sa version des faits, Stéphanie a suivi quelques séances avec son sexy-coach online (mais je n’en crois rien).
Puis elle a déménagé en-dessous de chez moi et sa vie en appartement a signé son arrêt de trampoline.
Dans un studio, il est tout bonnement impossible de pratiquer ce genre de sport sous peine de se faire une commotion en se frappant la tête au plafond ou de se retrouver dans la cuisine de Didier, le voisin du dessous.
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Salut, Didier 
Depuis cette découverte, un an a passé.
De l’eau a coulé sous les ponts.
Et la semaine dernière, je me suis enfin rendue à mon premier cours de u-bond.
BRAVO, NATHALIE SACRé.
Un miracle que je sois toujours en vie pour vous le raconter.
Tout d’abord, le prof est venu me voir pour m’expliquer dans quelle position je devais me tenir.
Il m’a aussi expliqué que comme les pieds du trampoline se dévissent, je devais être prudente.
Voilà qui était engageant et rassurant.
La première chanson a commencé.
TOP DEPART.
Sauter en l’air.
Pas si aisé. Surtout quand on n’a rien pour se tenir, qu’ils ont tamisé les éclairages (Est-ce que ce maudit engin est toujours bien sous mon axe ?) et que les pieds se dévissent.
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Au bout de quelques minutes seulement, je sens mon cœur qui se fait la malle. Tenir une heure à ce rythme ??? Est-ce seulement envisageable ?
Je décide alors de ralentir la cadence, histoire de ne pas mourir foudroyée d’un infar au milieu de la salle de sport.
Un choix stratégique, en somme.
Au bout de quelques chansons, le prof vient vers moi et me demande comment je vais.
Je lui halète un douloureux (et un rien agressif) « Je crois que mon cœur va tomber sur le sol d’un moment à l’autre ».  Il fait la grimace et j’ajoute : « Si je vous le dis, c’est pour que vous soyez prévenu ».
Là il a ri de ses grandes dents blanches et il a déclaré :
« Si c’est trop difficile pour toi, tu peux partir maintenant. Tu as bien travaillé. »
Moi ? Abandonner au milieu d’une séance de sport ? JAMAIS.
Voilà comment votre reporter a testé pour vous une séance de u-bond.
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Ma première (et dernière) roller parade

Cet article fait suite à celui-ci.

Participer à une roller parade pour rencontrer de nouvelles personnes ? Pourquoi pas ? Vous savez bien que dans la vie, je ne suis pas à un sacrifice près.

Je commencerai par vous préciser ceci : j’aurai l’honnêteté de vous raconter la roller parade dans ses moindres détails, malgré tout ce que cela a d’humiliant. Question d’honnêteté intellectuelle.

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Déjà, le parcours commençait par un tas de petites rues pavées et escarpées, ce qui n’est pas très chic de la part des organisateurs, vous en conviendrez.

Dès le signal de départ, j’ai pris un fameux retard sur le peloton. J’ai  les ai laissé les autres participants foncer à toute berzingue pendant que j’analysais l’étrange aspect du terrain. Là, j’ai voulu faire un peu d’humour en criant « Faux départ ! », mais personne ne m’écoutait, à part Nel qui essayait de me rassurer en m’expliquant que le sol serait plus praticable un peu plus loin.

C’est de cette manière qu’en cinq minutes à peine je suis devenue la lanterne rouge.

Les types qui encadraient l’événement se sont mis à me hurler dessus parce que j’étais trop lente à leur goût, que je devais me dépêcher parce qu’ils ont un timing à respecter. (Je croyais que le sport aidait à sécréter des hormones de joie, mais chez certains il semblerait que c’est plutôt de l’agressivité).

Etant donné que je tenais à peine sur mes jambes, il m’a semblé bien difficile d’accélérer la cadence.
Ils m’ont donc ordonné (au bout de 5 minutes de trajet, je vous le répète) de monter dans le bus balai, qui venait à peine de démarrer.

Nel, en fidèle amie qui braverait tout pour moi, même le ridicule, m’y a accompagnée. Dois-je le préciser ? Il n’y avait que nous deux dans la camionnette. Et Jean-Claude (le chauffeur), bien entendu.

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Jean-Claude nous a déposées un peu plus loin, là où la route était plate et lisse comme un miroir.

Là tout se passait mieux, surtout quand Nel me poussait dans le dos pour éviter les sarcasmes de l’équipe-d’-hommes-agressifs qui nous entourait à nouveau.

Ensuite, comme elle connaît bien le parcours, elle m’a avertie que le chemin allait monter très fort et qu’il serait plus prudent de remonter dans le bus.

Jean-Claude nous a laissées monter, parce qu’il nous connaissait bien. On a bavardé un peu avec lui. Il est chauffeur depuis 22 ans. On est redescendues un peu plus loin, après la route escarpée.

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« A plus, Jean-Claude Duss »

C’est scientifique : toute route qui monte doit redescendre un jour.

Nous avons donc entamé la descente. Je mourais de peur. J’entendais mes genoux jouer des castagnettes.
J’avais des visions de moi ayant fusionné avec un buisson plus bas, ou, pire, avec un lampadaire. Voyant mon air livide, Nel tenta de me rassurer en m’expliquant avec beaucoup d’assurance qu’elle me tiendrait par le pantalon pour éviter que je ne fasse un strike humain un peu plus bas.

Rapidement, mon cerveau évalua la situation : Nel pèse la moitié de moi. C’est une frêle jeune femme alors que je suis une force de la nature (je vous rappelle que je mange beaucoup de dinosaures russes).
« J’ai de la force », m’assura-t’elle.

C’est donc de cette manière que nous avons descendu la route, Nel positionnée derrière moi m’agrippant par la ceinture afin de ralentir notre allure. Je ne freinais pas (Nel s’en chargeait) et je fermais les yeux de panique. A ma grande surprise, nous sommes arrivées entières en bas, sans encombres.

Et puis, tout à coup, la route est devenue merveilleuse. Le macadam glissait comme de la soie, mes belles dragées avançaient élégamment sur l’asphalte.

Les derniers (ces loosers) étaient loin derrière moi et nous nous sommes même lancées dans une grande discussion philosophique sur notre dégoût pour les tomates crues.

Seulement voilà : Nel roulait un peu trop vite à mon goût et moi, trop fière pour lui demander de réduire un peu le rythme, j’essayais de l’écouter, de parler, tout en roulant, choses que toutes les vraies rollerwomans font très naturellement, dans le genre « je gère, Albertine ».

Sauf que je ne gérais rien du tout.

Et là, ce fut le drame.

Mes roulettes s’emballèrent, mon corps tangua dangereusement, mes bras firent des moulinets, suivis par mes pieds, et je fis exactement ce que l’on m’a dit mille fois de NE PAS faire : tomber en arrière.

Sur l’arrière-train, avec violence.

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(punaise, je me suis dessinée avec des bras quasiment Softenon)

Je me relève, un peu sonnée.

Les autres participants filent droit sur moi à toute vitesse en essayant de m’éviter au dernier moment (vous savez, un peu comme ces voitures sur l’autoroute qui se trouvent face à un obstacle : un cadavre de chien, une chaise en bois,…).

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Je reprends ma course, cette fois plus lentement. Je ressens une douleur qui me vrille l’arrière-train.

Cinq minutes plus tard, les roues d’une de mes dragée se bloque net. Plus moyen d’avancer.
C’est à ce moment là que Jean-Claude Duss arrive avec son bus (car je suis à nouveau la lanterne rouge) et qu’il nous ordonne de remonter avec lui.

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Je rappelle tout de même que j’étais là pour rencontrer de beaux jeunes rollermans.

Mais je ne recommande ce PEH à personne car :

– Les beaux rollermans musclés et qui assurent se trouvent à la tête du peloton, ce à quoi il est difficile de parvenir à moins de suivre un entraînement intensif.

– Je ne pense pas non plus que les hommes soient positivement fascinés par cette mine rougeaude que j’affiche dès qu’il me faut bouger les fesses – ce n’est donc pas lors d’un quelconque événement sportif que je rencontrerai un prince.

– Ce n’est pas non plus dans le bus balai que l’on rencontre des princes. On y rencontre plutôt ceux qui n’ont pas une condition physique d’enfer ou un moral d’acier, ou encore ceux qui rencontrent sur leur chemin nombre de problèmes techniques (à éviter).

– Les types de la roller parade, s’ils devaient être représentés sur un plan plus large (planétaire, par exemple), seraient dignes d’être de ceux qui dirigent un état totalitaire, une société où l’on élimine les plus faibles.

Quant à mon arrière-train, il est sévèrement paralysé, et la douleur est atroce.

coccyx-brise-e1472476941815« Bref, j’ai fait du roller »

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