Camping

Les joies du camping : monter la tente

Comme vous le savez déjà, je viens d’une grande lignée de campeurs.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé mes vacances sous une tente.

Notre tente, issue d’un héritage familial clairement communiste, suscitait nombre de réactions d’une virulente jalousie car quelque peu vintage.

Bien entendu, il était hors de question de s’en séparer, car elle était « flambant neuve », et ce ne sont pas les quelques points de couture donnés par-ci par-là qui allaient dire l’inverse.

C’est vrai qu’elle était un peu rafistolée, notre Spatz, mais elle faisait partie de la famille au même titre que les objets qui y étaient associés et, dans les campings, nous ne passions pas inaperçus puisque nous étions la seule famille qui dormions encore dans ces vestiges d’une autre époque.

Mon beau-père, surnommé « le bulgare » par ses amis (justement à cause de son côté rétro (comprenez : sens de la mode lui étant propre, rafistolages en tous genres)) , avait fait du camping une véritable philosophie de vie.

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Vacances

Je ne suis pas rendue

Aujourd’hui, à la bibliothèque, nous avions tous pour mission de remplir nos demandes de congés pour l’été afin d’organiser au mieux le service.

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J’ai demandé à Sophie : « Dis, ça ne t’embête pas si je prends la semaine complète au moment où je partirai à Stockholm avec mes sœurs ? »

« Ah bon ?! Tu pars à Stockholm ? » me dit-elle.

J’étais étonnée de son étonnement parce que ça fait 32 fois que je la nargue avec mes vacances, elle, la grande fan des Royaumes du Nord.

Et elle ajoute « En plus de Copenhague et de l’Islande ?! »

« Ah mais tu as raison, je me trompe : je pars à Copenhague, c’est vrai ! Pfff… Je me suis trompée, regarde : j‘ai noté Stockholm dans mon agenda ! »

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Là, elle a pris un air inquiet et elle a déclaré tout de go : « Bon. Ecoute bien mon conseil. Quand tu seras à l’aéroport, surtout, ne regarde pas les panneaux de signalisation. SUIS TES SŒURS, tu m’entends ? Ne les lâche pas d’une semelle, ok ? Et pense « sirène », PAS « boulettes de renne ». Tu verras, tout ira bien« .

Et elle s’est replongée dans son ouvrage pendant que je raturais mon agenda afin d’être plus précise quant à la dénomination de ma destination de vacances.

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Allez, ça va aller.

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Je suis une artiste incomprise·Vacances

Comment j’ai fait tomber mon téléphone dans les égouts d’Athènes

Je sais, le titre est accrocheur, et peut-être même trop car il dévoile une partie du suspense, mais en tant que chroniqueuse professionnelle, j’ai appris que l’important, c’est d’avoir un titre accrocheur.

Suivi d’un récit captivant.

Ce matin, seul jour où je pouvais dormir car je suis en congé (j’ai traîné la patte toute la semaine, inquiétant mes collègues à propos de cette léthargie incroyable), mon réveil a sonné à 6h45 (la faute à moi-même qui avais oublié de le désactiver), m’extirpant d’un rêve vraiment trop chelou où j’étais kidnappée par un groupe de talibans sexy (cherchez pas, même Jung ne peut rien pour moi).

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Je crois qu’on va la relâcher, la Grognasse

En plus, je vous raconte tout ça, mais ça n’a strictement rien à voir avec le récit qui va suivre.

J’ai checké mon téléphone et là, j’aperçois que Facebook souhaite partager un souvenir avec moi.

C’est gentil, Facebook, mais c’est tout de même un souvenir légèrement humiliant.

Vous vous en douterez grâce au titre, il s’agit du jour où j’ai fait choir mon téléphone dans les égouts d’Athènes.

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« Comment Diantre as-tu pu réussir à faire une chose pareille ? », me demanderez-vous si vous n’étiez pas là ou, plus simplement, si vous ne me connaissiez PAS DU TOUT.

« C’est un art », vous répondrais-je en toute humilité.

Le fait est que nous étions parties avec « les copines » en voyage à Athènes. Les copines, ce sont les copines du cours de peinture avec qui nous vivons de grandes épopées pleines de vent, de soleil, de vin et de peinture à l’huile.

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Nous nous étions installées dans un marché aux puces pour dessiner.

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Mère et moi avions les pieds en compote, donc nous avons décidé de nous asseoir sur le rebord d’un trottoir.

Nous avions installé notre mini campement : un sac à dos, des plumiers, des carnets, en bref, tout un joyeux bordel et quand je me suis relevée pour je ne sais quelle obscure raison, mon sac à dos s’est relevé aussi, sac à dos sur lequel était posé mon téléphone. Le sac à dos, quant à lui, vous vous en doutez, était posé sur des grosses grilles d’égouts, mais ça, évidemment, je ne l’avais pas vraiment enregistré.

Et là, ce fut le drame.

Mon téléphone périclita dans les égouts.

J’ai fait un grand « Aaaah » suivi d’un silence (le silence du choc) et je suis restée prostrée quelques secondes, ce qui a fini par alerter Mère qui, lâchant son pinceau, m’a demandé : « Mais qu’est-ce qu’il t’arrive, Natha ? ».

D’un doigt tendu je lui ai indiqué mon téléphone.

Il se trouvait plusieurs mètres plus bas, dans le seul égout sec de toute la ville (ce qui est important dans ce récit), sa chute ayant été amortie par un tas de feuilles mortes. D’énormes grilles en fer bouchaient l’entrée, alignées de manière trop régulière pour que l’on puisse y glisser la main, et encore moins le bras.

Je crois que Mère a dit sa phrase fétiche : « Oui mais Natha » et qu’elle a essayé de passer la main alors qu’on voyait tout de suite que c’était perdu d’avance.

En quelques secondes à peine, un tas de beaux athéniens nous a encerclé. Ils ont rapidement évalué la situation. L’un d’entre est parti en courant et est revenu illico presto, brandissant un archet de violon qu’il vendait sur son stand, et l’opération a commencé.

C’est à ce moment là que Laurence (la prof) est arrivée. Elle était, comme à son habitude, extrêmement excitée par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Elle a dit : « C’est trop génial ! Je vais tout photographier ! Faire un petit reportage sur l’opération sauvetage ».

Elle prenait donc des photos et moi, on m’avait mise sur le côté, il parait que je ne pouvais plus toucher à rien et c’est donc impuissante que j’assistais au spectacle.

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Mère et son équipe d’athéniens ont été incroyablement habiles et, alors que je m’apprêtais déjà à dire adieu à mon téléphone, ils l’ont remonté des tréfonds. Coincé entre le bois de l’archet et la corde, il a fait toute ascension sans le moindre accro et croyez-moi, il y avait seulement une chance sur un millier que cela se déroule aussi parfaitement.

On a un peu sauté de joie, puis on a chaleureusement remercié les athéniens qui m’ont obligée à aller me laver les mains.

Ils sont tous repartis.

Tous sauf un, qui s’était pris d’amour pour moi.

J’ai repris mon dessin là où je l’avais laissé et, planté à côté de moi pendant des minutes entières, il observait le moindre de mes traits.

Toute fière de provoquer cette fascination artistique chez un beau grec, je m’apprêtais à ranger mon crayon quand il m’a interrompue et m’a fait un grand ‘non non’ avec la main (oui, je sais, il en réclamait encore). Puis il me montre mon dessin de téléphone et pointant du doigt le vrai téléphone et en recommençant son ‘non non’ avec la main. Bordel, il avait raison, je faisais une erreur de perspective.

C’est qu’ils sont doués dans tous les domaines, ces bougres d’hommes grecs.

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Vacances

On dirait le Sud

Ma tenue de plage

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Mon lac turquoise

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Mon ventre plat

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Mon Spriiit avec une paille et des glaçons

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Mon champ de lavande

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Ma fontaine ombragée

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Ma voiture décapotable

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Ma petite sœur

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Ma famille qui veut bien manger mes omelettes

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Mon italien ténébreux

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De bien belles vacances, somme toute.

Camping

Les joies du camping : choisir un bon matelas

Quand il a fallu vérifier l’état du matériel de camping, j’ai râlé.

Parce que personnellement, je serais bien partie à la « One-again ».

Jeter tout dans le coffre, sauter par-dessus la portière de la décapotable et filer, les cheveux au vent, le long de la Sixtisixe.

C’était ça, mon programme.

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« Dites six fois : J’ai eu une cystite le long de la Sixtisixe ».

J’ai râlé quand il a fallu gonfler les matelas (même malgré ces nouvelles pompes qui se branchent sur l’allume-cigares et qui ne demandent plus que tu souffles comme une dératée pendant une demie heure jusqu’à cette sensation douloureuse qui te donne l’impression que ton crâne va imploser en milliers de petits bouts de chair).

J’ai râlé aussi quand il a fallu les poser contre le mur le temps de la soirée, pour vérifier s’ils ne se dégonflaient pas.

J’ai un peu moins râlé quand, après le repas moules-frites, on s’est rendues compte que MON matelas se dégonflait et que Belle-Maman, qui a toujours plus d’un tour dans son sac, m’en a prêté un autre en déclarant solennellement : « Tiens, prends celui-là, je viens de l’utiliser, je suis certaine qu’il est en bon état ».

Tout à coup, oui c’est vrai, il faut bien le reconnaître, les plans anticipation de ma petite sœur avaient du bon, et, si je ne l’avais pas écoutée, j’aurais subi un nouvel épisode de ce que j’appelle communément « le karma-matelas ».

Qu’est-ce que le karma-matelas, me demanderez-vous ?

Eh bien c’est très simple et cela peut se résumer en une phrase : Je n’ai jamais dormi sur un matelas pneumatique gonflé toute une nuit.

JAMAIS.

Car je souffre du karma-matelas.

  • Quand j’étais enfant et que je partais en camp scout, je me réveillais chaque matin à même le sol et quand je regardais autour de moi, toutes mes copines dormaient tranquillement sur leur matelas confortable.
  • Plus tard, j’ai opté pour les auto-gonflants. Vous savez, ceux qui ne se gonflent absolument pas et qui vous ruinent le dos. Le résultat était le même. Karma-matelas.
  • L’été passé, sur mon île grecque, mon matelas était si fin et le sol si dur que je ne parvenais pas à admettre que c’était bel et bien sur du sable fin que j’avais posé ma tente et non sur un parking bétonné.
  • Quand je suis partie dans les Calanques, j’avais carrément oublié mon matelas. Des amis, dans leur grande mansuétude, m’ont prêté la couverture de leur chien et j’ai dormi pendant une semaine dans les poils et les odeurs de toutou.

Mais cette fois, grâce à la phase de préparation, j’allais enfin prendre ma revanche, et c’est en paix que je suis partie pour mon périple.

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 » Wééé, trop d’la balle, Loulou, j’ai emmené un matelas gonflé »

SAUF QUE.

(Il y a un « Mais », comme vous vous en doutez).

Sauf que le premier soir, j’ai très vite senti que Belle-Maman (et là il y a deux options) m’avait soit roulée dans la farine ou bien avait été trop confiante.

Car je sentais bien mon matelas se dégonfler, lentement mais sûrement, au fur et à mesure des heures qui passaient.

La première nuit, j’ai réveillé Caro vers trois heures du matin pour qu’elle m’aide à le regonfler, parce que bon, c’est compliqué pour moi de brancher un matelas sur un allume-cigares. Elle l’a fait, parce qu’elle ne peut rien me refuser, mais elle avait honte de réveiller nuitamment tout le voisinage avec ce bruit de soufflerie de sèche-cheveux. Elle a décrété qu’on ne le ferait plus.

La deuxième nuit, j’ai écouté les conseils de Raphaël qui me recommandait d’échanger incognito mon matelas avec celui de ma sœur.

Mais elle s’en est tout de suite rendu compte (parce que le mien était bleu et le sien gris ?) et elle m’a obligée à tout remettre en l’état, prétextant que comme elle s’occupait déjà de tout (conduire, lire la carte, monter la tente, gonfler les matelas) pendant que je baillais aux corneilles, elle avait bien le droit à un minimum de confort.

J’ai donc dû me résigner à subir le karmas-matelas.

Celui avec lequel je suis née, et qui me poursuivra vraisemblablement jusqu’à ma mort.

snoopy campe