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Le psychopathe au chihuahua

Un jour, un homme s’assied à côté de moi à l’arrêt de bus.

La cinquantaine, les cheveux grisonnants coiffés à la brosse, les traits tirés, une chaîne imitation or autour du cou, des vieux tatouages délavés sur les poings et les doigts.

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Mes bichons m’ont souvent surnommée « BDC« , parce que j’ai toujours « Beaucoup De Chance » dans la vie.

Et c’est vrai.

Parce que l’homme, non content d’entamer la conversation avec moi à l’arrêt de bus, s’installe à mes côtés afin de me livrer quelques éléments de sa palpitante existence.

En quelques minutes, je sais déjà :

– Qu’il habite seul dans une grande maison avec son dalmatien et son chihuahua.

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– Qu’il a un seul ami sur cette vaste Terre, que cet ami est facteur et que cet ami facteur a essayé de tuer sa femme quand il a appris qu’elle le trompait.

– Que Mister Chihuahua, lorsqu’il a appris cela, a tenté d’arrondir les angles et a expliqué à son ami facteur que s’il tuait sa femme, il ne serait pas plus avancé. (Ce qui me fait dire que l’homme qui était à mes côtés dans ce bus était à la fois pacifiste et empli de bon sens).

– Qu’il a perdu son travail il y a quelques années, qu’il se sent seul à Namur-city et qu’il ne connaît pas de chouettes endroits où sortir et faire des rencontres féminines.

Et bien entendu, c’est à ce stade de la conversation que le bât a commencé à blesser, mais je crois que je ne me rendais pas encore bien compte de l’étendue des dégâts que cela allait engendrer. Je n’avais pas de recul, comprenez-vous. Et je voyais la gare se rapprocher salutairement de nous.

Je suis descendue en saluant Mister Chihuahua avec toute la politesse que m’ont transmise mes parents.

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« Mais laissez-moi un peu tranquille »

Quelques jours plus tard, on frappe à ma baie vitrée.

Je descends de mon atelier et tombe nez à nez avec… Mister Chihuahua en personne.

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« Salut, Beauté »

En moi résonne un cri de panique. Des points d’interrogation sortent par mes oreilles.

Je n’ai jamais donné mon adresse à cet homme. Ni mon nom, d’ailleurs.

Ce qui sous-entend qu’il a probablement quadrillé le quartier à ma recherche.

C’est un peu, admettez-le, un scénario digne d’un film d’horreur. Mis à part ce petit chihuahua, peut-être. Qui sautille au bout de sa laisse, très content de sa promenade.

J’ouvre la porte. Que faire d’autre ? Il s’agit d’une baie vitrée qui révèle l’entièreté de la maison.

-« Que faites-vous ici ?! » demande-je à Mister Chihuahua.

– « On est venus te dire un p’tit bonjour » me répond-il, visiblement ravi.

Et là il fait un pas, entre chez moi et s’affale sur le canapé en demandant à Câline d’arrêter de sauter en l’air comme ça.

En moi parle la pédagogue. J’explique à l’homme que je suis une femme seule et que ça peut éventuellement foutre les boules de savoir qu’un inconnu a sillonné le quartier à ma recherche et s’invite chez moi. Et ce n’est pas un chihuahua qui rendra l’affaire moins sordide, bien au contraire.

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Je lui demande de ne plus jamais mettre les pieds chez moi.

L’homme, visiblement déçu, regarde tristement ses pieds et déclare : « C’est fort dommage, parce que j’avais envie de te présenter mon dalmatien qui est resté à la maison. »

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Non mais, parfois, je me demande s’il n’y a pas qu’à moi qu’il arrive des choses pareilles…

cruella d'enfer

« Je suis dubitative »

Célibataire endurcie

Tupperware Versus Upperware

Quelle ne fut pas la surprise de mes collègues quand je leur ai annoncé de but en blanc : « Ce soir, je me rends à une démonstration Tupperware ».

Il y eut mâchoires tombantes, Il y eut rires, il y eut sarcasmes, il y eut grand remou.

Parce qu’apparemment, je suis tellement rock and roll que m’imaginer à une démonstration Tupperware, c’est un peu comme imaginer Amy Winehouse chez le toiletteur pour yorkshire. Ni plus ni moins.

« Rehab dans ta face »

Je ne vous cache pas que j’aurais préféré me rendre à une rave party ou, plus réalistement à un autre genre de démonstration, du style « Upperware », par exemple.

« Gode Save The Queen »

Mais il faut se faire à l’idée que cette fois c’est bien vrai, la quarantaine me guette, et ce que l’on me propose comme activité un soir de semaine, c’est me présenter un stock de boites en plastique.

ENJOY.

« Danse de la joie »

« Il faut vivre avec l’acceptation de son âge », me suis-je dit.

C’est donc résignée que je me suis rendue à la réunion, en parfaite ménagère que je suis malgré tout.

« Je les ai presque toutes »

Je ne vous raconterai pas comment s’est déroulée ma soirée, sous peine de vous tenir un listing du catalogue et de vous assommer définitivement.

J’irai droit au but, vous avouant avec honte une chose incroyable : je me suis acheté un appareil révolutionnaire qui bat les blancs en neige.

Et, ça, sans vouloir faire de parallèle dégueulasse, jamais je ne l’aurais acquis à une soirée Upperware.

« Je me sens très Miaou-Miaou, ce soir »

« Bats tes blancs tout seul comme un grand, moi je lis « Femmes d’aujourd’hui » »

Célibataire endurcie

C’est pas gai

Ce jour là, j’apprends que le mec qui me plait est homo.

Comme c’est la quatrième fois dans l’existence que ça m’arrive (je dois avoir le gaydar défectueux), ça commence à faire beaucoup alors je me mets à pleurer ma misère à l’arrière de la voiture que Nel et Sébastien conduisent.

Insensibles à ma détresse, ils mettent un peu de musique.

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