Engagée dans la société

Souffrance du monde moderne, j’ai mangé du Nutella

Je vous avais déjà dit que je souffre de culpabilité morbide, voire mortifère.

Kézako, cher Docteur Freud ?

Eh bien, c’est très simple : Il s’agit d’un sentiment aigu de culpabilité qui ne me quitte jamais, au grand jamais.

Je souffre également de compulsions alimentaires et, vous vous en doutez, cette combinaison des deux névroses donne un terrain idéal pour que l’une nourrisse l’autre, au sens propre comme au sens figuré, un beau cercle vicieux compulsion alimentaire/culpabilité difficile à briser.

Ajoutez à cela une suspicion sévère d’endométriose et PAF : c’est le combo gagnant.

Voilà le tableau : Lundi, souffrant violemment des ovaires ; comme si un Raptor me les broyait pour en faire du carpaccio ; je déambulais, les yeux hagards, dans les rayons du Supermarché à la recherche de sucre, en mode camée accro à la méthamphétamine, les règles appelant la compulsion de sucre, la compulsion de sucre appelant la culpabilité, la culpabilité appelant la souffrance psychique.

En plus, j’étais chez Aldi, pour vous aider à situer le curseur de mon désarroi.

Et là, au détour d’un rayon, j’aperçois L’objet de ma convoitise : un pot de Nutella.

Or ; il se fait qu’au quotidien, j’essaye autant que faire se peut de manger bio, de saison, de limiter mes déchets, mon emprunte carbone (même si je prends souvent l’avion, autre sujet de culpabilité) et tout le tintouin.

C’est dans cette optique là que j’ai décidé, il y a deux ans, de supprimer le Nutella. Adèle vous le dirait : « Manger une cuillère de Nutella, c’est tuer un orang outan ».

Et moi, j’aime bien les orang outans, et toutes les autres bêtes. Quand j’étais enfant, mon héros était le commandant Cousteau, ensuite je me suis intéressée à fond à Jane Goodall. J’ai pleuré quand le bébé chimpanzé s’est laissé mourir de désespoir après le décès de sa mère, j’ai pleuré quand j’ai vu passer des koalas grillés sur mon fil d’actualité et même si parfois je rêve de déposer mon chien et mes trois chats dans une caisse en carton devant la SPA, je ne l’ai pas encore fait. C’est vous dire si j’aime ces saloperies de bestioles.

Et soudain, il était là, tout moelleux, tout sucré, au soi-disant goût de noisettes, et il m’appelait : « Nathaliochka ! C’est dans ton estomac que je veux finir ! ». Ni mes incantations à Greta Thunberg ni ma morale aiguisée n’ont pu empêcher ce qui s’est produit ensuite : je suis passée à la caisse avec mon pot, et je suis revenue, honteuse, dans le BRR (Bureau Rock and roll) où mes collègues se sont sentis navrés pour moi.

D’abord, j’ai trop culpabilisé pour le manger, alors je l’ai laissé là, dans le bureau, où il est resté jusqu’au vendredi, me narguant un peu chaque jour : Et maintenant, même si tu ne me manges pas, le résultat sera le même : tu auras contribué au fléau de la déforestation.

Vendredi, Sophie entre en criant « Shabbat shalom ! » car chaque vendredi, nous faisons shabbat, c’est-à-dire que nous avons le droit de prendre un petit-déjeuner sucré. Là, j’ai mis ma tête dans mes coudes, de désespoir, et j’ai cédé en mangeant des sandwichs mous au Nutella, avec beurre salé en sus, s’il-vous-plait bien.

André m’a dit que je lui faisais penser à l’avocat de la « Guerre des Rose » qui a arrêté de fumer il y a 25 ans et qui garde toujours sur lui une clope dans une boite, pour lui rappeler d’où il revient et qui craque le jour où le divorce de ses clients part trop en sucette (rappelez-vous qu’elle va quand-même jusqu’à servir à son ex-mari son propre chien en ragout, alors parlons-en, de la cause animale).

Ensuite, le téléphone a sonné et André m’a tendu le cornet en disant : « C’est pour toi ». C’était Mélanie qui me disait : « Et alors, mon Bichon ? Il parait que tu manges du Nutella ?! »

« Comment peux-tu être au courant ? » « André m’a envoyé une alerte rouge » « Ah » « Et ta mère est au courant ? » « Non ! Ne lui dis pas, s’il-te-plait » « On verra ». Et, comme pour me punir, ils se sont tous mis à chanter « Aux champs Elysées », ma chanson détestée.

A la pause, je suis allée sur Messenger, où j’avais reçu de la part de Mélanie, quelques jolis gifs dans ce genre-là (je n’ai pas réussi à les retrouver sur le net) :

Le téléphone a de nouveau sonné et là, une voix inconnue déclare qu’elle fait une enquête pour les consommateurs de Nutella et qu’elle aimerait savoir si j’en consomme occasionnellement. J’affirme « Jamais » et j’entends, en arrière-fond, Mélanie crier « Menteuse !!! ».

Puis sa collègue me demande si j’ai déjà entendu parler de réchauffement climatique, de déforestation, des singes qui perdent leur habitat.

Et, pendant ce temps, je ne vous mens pas en vous disant que j’étais en train de prendre des renseignements pour m’inscrire aux sessions de « Je cours pour mes formes », et que la culpabilité m’a fait appuyer sur le bouton « Je valide ma participation ».

Ben oui, il faut bien que la culpabilité ait aussi du bon, parfois.

Je rachèterai ma conduite en allant m’initier à la course à pieds, ce qui promet encore de belles expériences à relater dans ce journal intime.

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Le burnout de Sven

La dernière fois que je suis allée chez Ikea avec Adèle, une chose inhabituelle a frappé notre rétine : Le hall d’entrée était salement décoré.

Les motifs fleuris du canapé, repris également sur les murs, nous ont fait penser à un dimanche soir pluvieux chez Mère-grand, quand tu es enfant, que tu as mangé trop de tarte au riz, que le sucre te fait délirer, que tes parents tardent à venir te rechercher, que tu n’as pas fait ton devoir de maths, que le coucou de l’horloge émet un sinistre Dong et que ta Mamy te dit que si tu n’es pas sage, tu finiras par te retrouver sur les murs.

Tout cela nous éloignait dangereusement du célèbre impeccable design suédois que nous vénérons tant.

Il va sans dire que nous avons été à la fois surprises, choquées et déçues.

On s’est demandé ce qui leur était passé par la tête et là, nous avons été frappées par un éclair de génie : Il y a peut-être un stagiaire chez Ikea qui fait un burnout et qui a décidé de couler la boite insidieusement.

Il s’appellerait Sven (sans vouloir faire de stigmatisation, bien entendu).

Quand nous sommes allées à la cantine et que nous avons vu le prix de notre gâteau (1 euro), nous avons eu la confirmation de notre théorie. Si les gâteaux au chocolat ne coûtent qu’un malheureux euro, sûr que c’est Sven qui veut mettre Ikea en déficit.

Et surtout, à la cantine, ils servaient un nouveau plat : Des frites-croquettes. Oui, des croquettes accompagnées de frites, sans même un soupçon de légumes, ce qui est une hérésie pour les suédoises healthy-green-smoothies que nous sommes.

De retour à la maison, j’ai parlé de Sven à pas mal de copines qui ont dit que notre théorie se tenait.

Et puis, vendredi dernier, Adèle avait besoin de cadres pour notre expo et nous sommes reparties chez Ikea en famille (mais sans prévenir Mathilde, qui travaillait, pour ne pas lui faire de peine).

A peine installée dans la voiture, je reçois une photo sur Messenger de Fanny et Marie-France.

« Encore un coup de Sven ? »

Car le Grand Plan Cosmique de l’Existence a fait en sorte que nous allions chez Ikea le même jour.

Je leur réponds en envoyant un cliché du fauteuil qui provoque mon courroux.

(Désolée si vous avez adopté Ektorp. Les goûts et les couleurs, il parait que ça ne se discute pas. Mais si c’est le cas, j’aimerais tout de même que l’on en parle un tantinet).

Et en effet, au restaurant, en portant mon plateau de frites-croquettes, j’entends héler mon prénom et je tombe sur elles. Marie-France m’explique qu’elle est venue jusque-là pour acheter un bureau à son fils, mais qu’hélas le bureau est en rupture de stock et que, pendant qu’elles dégustent un gâteau à un euro, son fils est en train de consciencieusement ranger sa chambre afin de recevoir ledit bureau. Fanny m’explique d’un air cruel : « Mais elle ne l’a pas prévenu que le bureau n’était pas là, pour qu’il continue son rangement ».

Et ce n’est pas tout. Dieu avait vraiment décidé que je serais connue comme un vieux sou chez Ikea, parce que je suis aussi tombée sur les soeurs David, mes nouvelles copines qui m’avaient offert un dinosaure à mon expo. (Suivez un peu, ceci est une saga).

Elles étaient un peu fébriles et elles m’ont expliqué que quand elles étaient venues hier (vivent-elles-là ?), elles avaient vu Sven se cacher en-dessous de son bureau en les apercevant.

Si j’ai bien compris, les plans de cuisine d’Isabelle changent tous les jours et, en sus, elle aimerait y intégrer un petit poulailler pour Doris et Priscilla, ses deux poules imaginaires.

Immédiatement, j’ai compris que le burnout de Sven était dû à mes deux copines, et que c’était donc de leur faute si les canapés Ektorp existent et si on grossit à cause des frites croquettes.

Mais je n’ai rien osé leur reprocher.

Car l’amitié, c’est pouvoir se taire et accepter les autres dans leur immense complexité.

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Ella fait des adeptes

L’autre jour, Nath est venue manger à la maison. Comme elle voulait offrir un petit cadeau à Mère et qu’elle m’a sondée pour avoir une idée, j’ai suggéré :  » Et pourquoi pas un livre de recettes vegan ? « .

Vous pourriez déjà dire : Autant te tirer une balle dans le pied. Vous en auriez le droit.

C’est dans ces circonstances qu’Ella Mills est entrée dans ma vie et s’est mise à bousculer mon existence faite de chips et de cacahuètes enrobées.

Pour les bienheureux qui ne la connaissent pas, il faut savoir qu’Ella Mills est à la cuisine vegan ce que Marie Kondo est au rangement ou ce que Bea Johnsson est au zéro déchet : c’est-à-dire une grande prêtresse. 

Et devant une grande prêtresse, qui plus est en matière de cuisine healthy, Adèle s’enthousiasme, Mère se prosterne et je me mets à hyperventiler car je pressens que ma vie va prendre un virage à 180 degrés.

« Dans ton cul »

Comme toute doctrine, celle d’Ella doit être prise au pied de la lettre par Mère qui s’est précipitée dans la cuisine pour nous concocter ses petits plats.

Souvent, quand on dit « petits plats », c’est une façon de parler. Pour dire à quel point c’est bon. Mais ici, c’est à prendre au pied de la lettre.

Car voici ce que cela a donné :

Un pain de graines dont une tranche ne dépasse pas la taille d’un pouce.

C’était super cool parce qu’on a pu faire plein de blagues, avec Adèle :

  • Au fait, c’est un pain par personne, c’est bien ça ?
  • Je ne vois plus très bien. Je pense que je deviens aveugle à cause de la malnutrition.

Je sais que j’ai l’air de me plaindre, comme ça. Mais on a quand-même eu droit à un dessert : un gâteau au chocolat et à la patate douce.

Non mais avouez que ça envoie du rêve.

File-moi une crème vanille aux asperges ou un sorbet de brocolis tant qu’à faire.

Là, on a pu faire des blagues sur les bouses de vache qui sèchent au soleil dans les prairies et même Mère a bien dû reconnaître que le résultat n’était pas concluant, et la bouse s’est retrouvée dans la poubelle après avoir traîné 10 jours dans le frigo.

Pour cette recette, nous avons noté un « I » pour insuffisant.

Parce qu’après chaque recette testée, nous devons décerner une cotation et la noter dans la nouvelle bible.

Quand je vous dis que quand Mère entre en religion elle fait les choses sérieusement…

Ella Mills-ouk dans ma vie et ça la fait marrer

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Faire le sapin

Une sœur qui tient à ce qu’il y ait un sapin dans le salon, une mère atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette et un chaton qui découvre les paillettes, je crois que cette année, tous les ingrédients sont rassemblés pour que je vous concocte une petite rubrique « Magie de Noël ».

Lire la suite « Faire le sapin »

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Notre journée Marie-Antoinette : soldes et solde insuffisant

Hier, tous les éléments étaient réunis pour que Noémie, Adèle et moi passions une bonne après midi.

  • On était dimanche.
  • C’était le premier jour des vacances.
  • Accessoirement le premier jour des soldes.
  • Il faisait à tout casser 30 degrés à l’ombre.
  • Le solde de notre carte gold était à son apogée.
  • On n’avait plus rien à se mettre.

Vous me voyez venir ?

Je suis en train de vous dire qu’hier, les axes étaient alignés en un combo gagnant pour passer une journée Marie Antoinette.

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C’est Mathilde et ses amis qui ont inventé le concept de la journée Marie-Antoinette : il s’agit de faire du shopping en buvant du champagne et en mangeant des pâtisseries.

Etant donné que je n’ai fait que grossir ces derniers temps et que ma soeur et ma cousine sont plutôt « vegan pro-ana zéro sugar et gluten free », on a zappé le chapitre bulles et pâtisseries pour se consacrer entièrement à notre art : acheter des fringues.

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Enfin, c’est plutôt leur passion à elles.

Moi je leur ai dit quelque chose qui tombe sous le sens, dans le genre :  » Je ne trouve plus de vêtements à ma taille, je suis pauvre, il fait 50 degrés, alors pourquoi se ruer dans la foule par cette chaleur alors qu’on est si bien ici, à agoniser dans le jardin à la recherche du moindre recoin d’ombre ? ».

J’avais des visions d’horreur.

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Mais les filles sont persuasives, elles ont essayé de me faire croire que tout le monde penserait comme moi et que donc, nous aurions la ville pour nous toutes seules.

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Je ne suis pas dupe, mais je les ai suivies quand même.

Quand on est arrivées en ville, j’ai clairement dû admettre qu’elles maitrisaient leur sujet car il y régnait un calme inhabituel.

On a franchi la première porte coulissante et la fraîcheur de l’air conditionné m’a envahie : j’étais conquise.

J’ai regardé un peu les vêtements.

Tout était beau.

Mais rien à ma taille, devenue trop hors normes.

Je n’osais trop rien dire mais je ne le vivais pas super bien. Je rêvais au jour où je perdrais 20 kilos et je me disais que peut-être plus tard, je pourrais moi aussi participer quand je ferais du shopping. Je me suis donc mise sur le côté en me disant tant pis, je vais les suivre et on passera malgré tout une bonne après midi.

En passant devant une enseigne dont je tairai le nom, j’ai expliqué aux filles : « La dernière fois, j’ai dû aller là pour m’habiller, dans ce magasin de vieilles grosses. Et ça m’a fait un choc d’en arriver là ». Adèle m’a répondu que j’étais bourrée d’aprioris, la preuve : le pantalon dans la vitrine était très beau. Je lui ai répondu, soulagée : « Ah, toi aussi tu le trouves très beau ? J’ai cru que si je portais ça, tu appellerais la brigade de la mode ».

La brigade de la mode, c’est mon ami Mathieu qui l’a inventée, et elle vient vous chercher pour vous emprisonner si vous êtes mal habillée.

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Jamais du brun avec du noir

Elles m’ont convaincue d’entrer et là, tout a été très vite.

Adèle s’ est emparée de plein de pantalons, Noémie a saisi des blouses, et elles m’ont poussée dans la cabine d’essayage à une vitesse vvprime (j’adore cette expression).

Les filles se sont installées. Elles ont dit « Tu vois, on est bien ici. Il n’y a que nous, des coussins pour s’asseoir, la clim et des beaux vêtements ».

J’ai tout essayé et le croirez vous ?

Tout m’allait.

Comme un gant.

Noémie, jambes croisées sur son siège, a déclaré : « Tu dois tout prendre, c’est obligé ».

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Tout prendre ? Moi qui comptais juste acheter un ou deux vêtements… Et en même temps, je n’avais plus rien à me mettre (à part mes vieilleries, dirait Mère) donc j’ai obtempéré.

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Adèle a déclaré d’un ton solennel : « On va te faire découvrir ce que c’est que le shopping extrême ».

Et Noémie a ricané. Un ricanement de petit diable.

Quelque chose dans leur attitude me disait qu’on ne faisait que commencer.

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Arrivée à la caisse, la caissière m’a dit : « Est-ce que vous savez qu’il n’y a rien en solde dans ce que vous avez choisi ? ».

Je lui ai dit « Oui, je sais. Mais comme dirait Sébastien : « L’argent n’est pas un problème » » et j’ai payé avec ma carte Gold.

On a fait encore plusieurs magasins et, à chaque fois, j’ai tout dévalisé parce que les diaboliques me poussaient à la consommation.

Adèle, par contre, ne s’achetait rien, ce qui commençait un peu à nous inquiéter, et on se demandait si elle était malade quand elle est tombée sur une petite merveille.

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On commençait à avoir les pieds en sang et le compte ne banque à l’agonie.

Mentalement, je me demandais combien je pourrais toucher si je revendais un rein et si ça suffirait à rembourser une partie de mes achats quand on est passées devant le bar à smoothies.

Je me disais que j’allais offrir un peu de vitamines aux deux démons qui m’avaient fait me rhabiller de la tête aux pieds quand on a vu ce panneau qui nous a bien fait marrer.

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On a donc siroté nos boissons fraîches sur un banc, ensevelies sous les sacs de courses, épuisées, pauvres, mais heureuses.

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Engagée dans la société

Les raisons pour lesquelles on aime Ikea

Nous sommes bien d’accord : Ikea, c’est le mal.

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Cette enseigne cumule à elle-seule nombre de dérives que nous aimons pointer du doigt (désastre écologique, mondialisation, uniformisation des intérieurs).

Dans un monde où il est de bon ton de boire de l’eau de pluie acide et de tricoter des pulls en poils de lama, Ikea fait tache.

Mais dès qu’il s’agit d’Ikea, il se peut que nous perdions tout sens civique et que nous devenions des traîtres, des vendus, des Judas.

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« J’ai besoin d’un nouveau salon, je crois que je vais craquer mon slip »

Voici donc, en exclusivité pour vous ce soir : Les raisons pour lesquelles on aime Ikea.

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« Ikea, bonne idée »

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Ikea, ce n’est pas seulement un magasin : c’est une destination

On peut s’y rendre en famille au même titre que nous irions au zoo, au cinéma ou dans un parc d’attractions. Ca prend la journée et ça fait le bonheur des petits et des grands.

On peut aller chez Ikea sans rien acheter, juste pour le plaisir de flâner dans les allées.

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A l’entrée, on peut droper les enfants dans les balles et les laisser jouer là pendant nos achats.

C’est du fun à moindre prix. 

On les récupère le soir, exténués et heureux.

Et nous, on a pu faire flamber notre carte gold tranquillou sans même devoir penser à eux. Quiétude.

« Reste bien sage, Donovan. Je viendrai te rechercher le mois prochain »

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On peut s’inventer des vies en testant toutes les pièces du showroom.

« Eh oui, je suis toujours aussi ordonnée »

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Le repas : de délicieuses boulettes de renne, mélange de tripes de chat de gouttière, de carton et de lapin écrasé sur le bord de la nationale. Servies avec des frites suédoises (hérésie pour les belges).

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« Couilles de rennes sur lit de vomi. Bon appétit »

Et en sus, c’est boissons à volonté.

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« Attends, je me fais encore un shot d’eau de sureau »

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Pour bien digérer les boulettes, on s’installe pour faire une méga sieste sur des matelas de compétition.

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Chez Ikea, les meubles portent un prénom de viking.

On s’assied sur Amalrik pour boire son café.

On se douche avec Sven,

on se couche sur Günter,

on fait de beaux rêves avec Ivar.

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« Je prendrai le même version table de nuit »

Grâce à Ikea, tu peux demander à ton mari qu’il te prenne sur Billy sans qu’il rechigne.

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« Y’a pas à dire : c’est du solide, cette étagère »

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A ce propos, j’ai remarqué que Billy peut aussi bien être une étagère qu’un lit ou qu’une tringle à rideaux.

J’imagine que le type qui est chargé de trouver des noms aux meubles a totalement la flemme.

Et puis Billy, ça passe mieux qu’Arnaldur (qui en a une molle).

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« Le nouveau presse-ail je l’appellerais bien Billy »

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Les crayons sont gratuits. Et les mètres ruban en papier.

C’est toujours utile.

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« Là je sens qu’avec du matériel de si bonne qualité, je vais vous pondre un chef d’œuvre »

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Ikea nous réconcilie avec le bricolage.

Rien de plus simple que de monter un de leurs meubles.

Un manchot paralytique y parviendrait. 

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« Le fil rouge sur le fil bleu

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Engagée dans la société

Sur la simplicité involontaire

Avec notre société de consommation, la simplicité volontaire a assurément de beaux jours devant elle.

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Mais je sens qu’avec les problèmes techniques en série que je viens de me coltiner (et encore, j’ai oublié de vous dire que ma chasse d’eau coulait et que pour pouvoir la réparer j’ai dû suivre une formation accélérée en plomberie au Forem), je vais pouvoir lancer le concept de simplicité involontaire.

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Comme pour chaque concept lié à ce début de siècle (Je suis HP, je suis vegan, j’ai un TDAH, je pratique la pleine conscience et je mange bio, le tout avec zéro déchet) il faut suivre quelques préceptes.

Ce sont ces préceptes que je m’applique à vous exposer aujourd’hui.

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Pour vivre dans la simplicité involontaire, il faut que plusieurs objets importants lâchent en un laps de temps assez court.

Frigo, chasse d’eau, voiture, ordinateur. Et dans la nouvelle voiture : éclat dans le pare-brise, phare avant, pneu avant,  : JE GAGNE HAUT LA MAIN, essayez toujours de me concurrencer.

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Home sweet home

Etre trop pauvre pour pouvoir les remplacer au pied levé.

Si vous avez assez de fric pour vous payer simultanément un frigo, une voiture et un ordinateur, passez votre chemin, la simplicité involontaire ne signifie absolument rien pour vous.

Etre créatif.

Pour remplacer ma voiture, j’ai pris le bus. Cela peut paraître simple mais ça ne l’est pas forcément.

Mon frigo est devenu une planche de celui de ma sœur. Quant à mon congélateur, j’utilisais mon appui de fenêtre quand il gelait.

Mon ordinateur est celui de ma sœur aussi. Enfin, je veux dire l’inverse : j’utilise celui de Caro quand j’ai besoin d’utiliser un ordi.

Ce qui nous amène au point essentiel : Avoir une sœur qui prête ses affaires et qui vit à côté de chez vous. (La mienne remplit les deux critères).

Yo, frangine, je serai toujours là pour toi

Etre de nature »bonne pâte », ou, dit plus simplement « être détendu du bulbe ».

Si vous êtes du genre à piquer une crise de nerf dès que votre ordinateur est trop lent, cette expérience de vie n’est tout simplement pas faite pour vous. Elle épuiserait vos nerfs et, par extension, ceux de votre entourage.

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J’emmerde la simplicité involontaire