Engagée dans la société

Vivre quand tout lâche

Contrairement à ce qu’indique le titre de cet article, je ne vais pas vous parler de Patricia Kaas, mais de moi, pour ne pas changer.

Ou plutôt de ce qui m’arrive. Ou plutôt de ce qui arrive aux objets qui m’entourent.

patricia kaas« Vivre quand tout lâche, quand tout clache »

J’ai la sale impression que le Règne-technologique se met à partir en couille sévère.

Paranoïa ? J e ne pense pas.

Tout a commencé le jour où le garagiste du contrôle technique a décrété que la Queen-Elisabeth, ma voiture, avait trépassé. Mais ça, vous vous en souvenez. J’avais dû prendre le bus et tout et tout.

Par les temps qui courent (femme moderne, working girl), il est difficile de survivre sans voiture donc je m’en suis racheté une.

Enfin, pour être exacte, mes parents me l’ont offerte pour essayer que je m’arrête de pleurer (ça s’appelle : l’éducation).

Moi qui ai toujours cru que la Queen Elisabeth était TOUT POUR MOI, j’ai constaté, en acquérant ma nouvelle voiture, que je retournais bien vite ma veste.

Le revendeur m’a dit : « Vous verrez, elle a même le bluetooth » et maman a répondu « A mon avis elle ne sait pas ce que c’est. Tu sais ce que c’est, Natha ? » « Non » « Je t’expliquerai ».

J’ai dit à Père : « J’aime tellement ma nouvelle voiture ! Quand je monte une côte, elle va jusqu’au-dessus ! Et quand j’appuie sur le frein, elle freine tout de suite. Et figure-toi qu’elle a la direction assistée ! ».

Face à tant de modernité, j’ai bien vu que Père restait coi.

Mathilde m’a dit : « Oh, c’est chouette, je ne suis pas obligée de tenir la portière côté passager en ayant peur de tomber sur la route. Et puis, il faut dire ce qui est : tu roules mieux depuis que tu as Etoile ».

Etoile, vous l’aurez compris, c’est le nom de ma nouvelle voiture.

C’est Caro qui a constaté que c’était écrit à l’arrière et que donc, c’était certainement son nom.

Mère n’aime pas ce nom. Elle a dit très sèchement : « Ah non, hein Natha, PAS ETOILE ». Elle prenait tellement à cœur le choix du nom de ma voiture qu’on aurait presque dit qu’on débattait du choix du prénom de mon enfant à naître.

On l’appellera Adolphe

Adèle, quant à elle, a dû elle aussi se racheter une voiture car celle de son père (l’emblématique Evinrude) a rendu l’âme.

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Elle s’est acheté la même que moi (sale copieuse) mais version modèle supérieur (sale prétentieuse). Et sur la sienne, il était aussi inscrit « Etoile » (drôle de nom pour un garage), donc on a surnommé nos voitures « Grande Ourse » et « Petite Ourse ».

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Quelques jours après l’acquisition de cette merveille, je suis allée conduire Aglaé je ne sais où et elle m’a dit : « Regarde, marraine : il y a un éclat dans ton pare-brise. Oh, et même deux « .

C’est vrai qu’il y avait eu de la grêle le lendemain de mon achat.

D’ailleurs, j’en avais bien chié des barres parce que c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que mes essuies-glace ne fonctionnaient pas super bien.

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Léon de Grêle

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Ensuite, mon frigo s’est mis à faire des bruits de tondeuse en pleine nuit.

J’ai essayé de faire abstraction, mais ce n’était pas évident parce que, comme je vis dans un studio, mon lit est en ligne directe avec ledit frigo, ou presque.

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Quand j’ai commencé à me réveiller en pleine nuit en sueur parce que je rêvais que Léguman roulait en voiture dans mon frigo et qu’il appuyait sur les gaz de rage parce qu’il ne parvenait pas à faire ses créneaux, j’ai compris qu’il était temps que je le débranche (le frigo, pas Léguman. Ni mon cerveau).

Si vous ne connaissez pas Léguman, vous ne pouvez peut-être pas concevoir ce que cela a d’horrible, mais croyez-moi, ça la fout vraiment mal.

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J’ai donc expliqué le problème à mon propriétaire en lui demandant s’il voulait bien remplacer mon frigo mais il a répondu : « Achetez-vous un nouveau frigo, comme ça il sera à vous ».

Ce qui tombe bien, parce que j’ai toujours rêvé de m’acheter un frigo.

Mon propriétaire est donc venu avec son frère et ils ont emmené mon frigo dans un  lieu sûr, un lieu où il ne troublerait plus le sommeil d’autrui.

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Seulement voilà : je suis pauvre.

Alors Caro a décidé de me prêter momentanément une planche de son frigo. J’y dépose donc mes affaires et, chaque fois que j’ai besoin de quelque chose, je passe chez ma voisine (qui n’en n’a jamais marre de me voir) et je lui tends mon aliment bien à vue pour lui prouver que c’est bien quelque chose qui m’appartient et que je ne suis pas encore en train de lui dérober de la nourriture.

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C’est MA brique de lait

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Aussi, un jour, dans la nuit noire et obscure, un automobiliste m’a fait des appels de phare. Je n’ai pas trop su ce qu’il voulait jusqu’à ce que je comprenne le lendemain, quand un gentil monsieur qui venait en sens inverse s’est arrêté et a baissé sa vitre pour me prévenir qu’un de mes phares ne fonctionnait plus.

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Après, Donovan s’est mis à faire des siennes.

Donovan, c’est mon ordinateur.

Il déconnait tellement que je suis allée le conduire chez le réparateur. Je lui ai expliqué qu’il s’appelait Donovan ainsi que tout ce qui n’allait pas dans son comportement (des problèmes évidents de désobéissance).

Le réparateur a rempli une petite fiche listant tous les problèmes. Sur sa fiche, il a même inscrit : « Cet ordinateur s’appelle Donovan ».

Quelques jours plus tard, le réparateur m’a appelée en me disant : « C’est plus grave que prévu, Mademoiselle : votre ordinateur a un problème de disque dur. ça demanderait 250 euros de réparation ».

Que pouvais-je faire ? Une accro à l’ordi comme moi ? J’ai dit « OK, emmenez-le au bloc ».

Puis Adèle, qui entendait ma conversation et qui s’y connait bien mieux que moi m’a dit : « Tu sais Natha, je crois que tu peux considérer que Donovan a un cancer du cerveau et qu’on ne peut plus rien pour lui. Il faut abréger ses souffrances. Il faut le débrancher. Et t’en acheter un nouveau ».

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J’ai retéléphoné au type en disant que je changeais d’avis, qu’avec ma famille on en avait pas mal discuté et que l’on pense que Donovan n’aurait pas voulu souffrir plus longtemps. J’ai demandé s’il fallait signer une décharge mais le type a répondu, le plus sérieusement du Monde : « C’est comme vous voudrez, Mademoiselle. Mais ça fera quand-même 30 euros ».

Alors chaque soir j’emprunte le Mac de Caro pour vous rédiger cette belle chronique.

Et non, ma sœur n’en n’a pas marre de toujours tout me prêter. Parce qu’elle est habituée à le faire depuis toute petite.

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Je donnerais ma chemise à cette Sainte Enfant

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Enfin, mardi, Maryline, la-femme-de-ménage-de-la-bibliothèque-de-Flawinne, est venue me trouver en me disant : « Le pneu de ta voiture est sacrément dégonflé. Je me demande même s’il n’est pas crevé ».

Je suis allée voir, et c’est vrai qu’il n’avait pas bonne mine. Il était raplapla. Ce qui est quand-même le comble pour un pneu.

 Je suis allée jusqu’à la pompe à essence la plus proche et j’ai garé Etoile pile à côté de la-machine-qui-regonfle-les-pneus. Là, un immense abattement m’a submergée car j’ai réalisé que, malgré que Jean-Chri m’ait expliqué à peu près 72 fois comment on procédait pour regonfler un pneu, je ne m’en souvenais plus.

Je suis restée là les bras ballant pendant un temps incalculable. J’ai pensé à ce film « Rubber » qui met en scène un pneu qui tue des gens et j’ai décidé qu’il ne fallait pas que je termine de façon aussi surréaliste. Que gonfler un pneu de voiture devait sensiblement être la même chose que gonfler un pneu de vélo, mais en plus gros.

Mais je suis assez loin d’être bricoleuse et le résultat de mon essai ne me satisfaisait pas, donc, les mains pleines de cambouis, je suis allée faire ma poule crevée chez le pompiste qui s’est proposé de m’aider, moi, jeune demoiselle en péril.

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Je pense que lui aussi est en péril

Là, le petit pompiste freluquet a confirmé le verdict de Maryline, à savoir que mon pneu était crevé.

Et moi aussi je me suis sentie crevée.

Dégonflée.

Aussi à plat qu’une vieille chambre à air.

Pneu mieux faire

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Enfin, tout cela pour vous dire que

j’en ai marre que Patricia Kaas mes affaires dès que j’ai le dos tourné.

toutcasser.gifVivre quand tout lâche

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Bref, on est allées chez Ikea

Oui, je suis allée chez Ikea un samedi après-midi pluvieux.

Si vous voulez savoir comment je me suis retrouvée dans ce pétrin, sachez que Caro m’a fait le chantage suivant : « Si tu veux avoir le droit de t’affaler dans mon nouveau canapé, tu vas devoir m’accompagner et donner un coup de main ».

Comme dirait Mélanie : « Aller chez Ikea un samedi après-midi de pluie, c’est un peu comme tirer la boule noire à Koh-Lanta ».

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« Encore pour ma gueule »

Certes, il y avait grand monde et grande cohue dans ce magasin, mais notre mission était assez plaisante car, pour ramener un canapé, il est obligatoire de TOUS les tester. On s’est donc affalées dans toutes sortes de fauteuils en regardant passer les badauds.

« Franchement, vous n’avez rien de mieux à faire un samedi après-midi que d’aller chez Ikea? »

Quand on a enfin trouvé celui qui convenait, on se sentait si bien qu’on décidé qu’on resterait là jusqu’à la fin des temps. Ou du moins jusqu’à ce qu’un vigile nous jette dehors lors de la fermeture.

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« Dehors, les Romanos »

Seulement, la faim s’est très vite fait sentir et nous a extirpées des Kivik.

Comme il est de tradition dans la famille, nous nous sommes sustentées grâce aux fameuses boulettes de renne.

Mais, preuve que le Monde a basculé sur son axe, le plat avait changé.

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« J’hyperventile »

D’abord, le nombre de boulettes n’était plus le même qu’avant.

Ensuite, hérésie parmi les hérésies, des carottes et des haricots garnissaient l’assiette.

On n’a pas apprécié du tout qu’ils ajoutent des vitamines dans notre plat et on l’a bien fait savoir, en s’en plaignant auprès de la caissière qui a haussé les épaules, et en commettant un geste fort prouvant notre mécontentement : nous avons laissé des légumes sur le plateau.

boulettes ikea

« Ils sont fous, ces Suédois »

Pour digérer, nous avons fait une micro-sieste sur des coussins, mais je dois bien reconnaître ce n’était pas l’idéal.

Pour une fois, nous n’avons pas perdu trop de temps à déambuler dans les allées et c’est fort heureux, comme vous pourrez le comprendre par la suite.

Nous sommes allées chercher les caisses contenant le canapé.

Comme les paquets étaient très encombrants, nous avons marqué un temps d’arrêt et de réflexion afin d’être bien certaines qu’elles rentreraient toutes dans la voiture de Père.

Selon notre expertise, elles rentraient.

Notre expertise admettait une marge d’incertitude, certes, mais si faible que nous sommes passées à la caisse.

sheldon maths

« Moi je dis que ça rentre »

Sous la pluie battante, nous avons commencé à charger la voiture.

Très vite, nous avons dû admettre que notre expertise avait ses limites, tout comme le coffre de la voiture.

Ce qui était fort fâcheux.

Bien entendu, nous avons imaginé plusieurs combinaisons possibles, mais le résultat restait sans appel : il nous faudrait deux trajets.

La situation était critique, mais elle semblait plaire à un homme qui, au lieu de nous aider à transporter les caisses qui pesaient le poids d’un cheval mort, nous observait, visiblement fasciné par notre entreprise vouée à l’échec, confortablement appuyé sur sa canne.

Nous avons appelé Père.

Pour lui expliquer la situation et lui demander si on pouvait, en sus de sa voiture, lui emprunter sa camionnette.

Père, loin de se gausser de nous, a proposé de nous porter main forte en nous amenant la camionnette, ce qui, quand-même, nous faisait gagner une heure de route (sinon Caro devait faire Liège-Namur avec la voiture puis Namur-Liège avec la camionnette pendant que je l’aurais attendue, assise sur ses cartons sous la pluie, seule sur le parking).

sous la pluie

« Je t’adore, ma petite sœur »

Nous avons cautionné cette initiative et Père a déclaré : « Je démarre tout de suite ».

On s’apprêtait à aller chercher un petit Fanta au distributeur quand soudain, surgies face au vent (glacial), deux vraies héroïnes de tous les temps : Barbara et sa fille.

J’ai crié : « Barbabra ! » et elle nous a dit : « Comment ça va, les filles ? ».

« Mal », qu’on a dit.

Et on lui a expliqué la situation.

Aussitôt, elle a déclaré : « Oh mais moi je vais vous aider. On n’a qu’à mettre une des caisses dans ma voiture et je vous l’amène chez vous ».

Là, avouez que le taux de probabilité pour que Barbara sorte du magasin en même temps que nous et pile à côté est si infinitésimal qu’on lui a déclaré qu’elle était le Messie d’Ikea.

Elle a apprécié.

messie

Caro lui a demandé : « Tu es certaine que le paquet rentre dans ta voiture ? ».

Barbara, la clope au bec et sans l’ombre d’un soupçon, a répondu : « J’en suis certaine ».

« Par contre, a-t-elle ajouté, il va falloir vider le brol qu’il y a dans mon coffre ».

L’homme nous observait toujours, de plus en plus conquis par la tournure que prenaient les évènements.

Muppet-show

« Ah les femmes »

On a appelé Père pour lui dire de ne pas démarrer parce qu’on avait croisé Barbara et qu’elle allait charger la caisse.

Il a eu l’air dubitatif, parce qu’il a dit : « Ok, mais appelez-moi quand-même si vous en avez besoin ».

On a déchargé le coffre de Barbara. On a soulevé la caisse qui pesait le poids d’un dinosaure.

La caisse était trop grande. Elle ne rentrait pas dans la voiture.

Le vieux du Muppet show souriait de plus en plus.

Une dame nous a dit : « Défaites le carton, vous gagnerez des centimètres ».

On a arraché les cartons à mains nues.

On a gagné que trois millimètres alors qu’il nous manquait quelques centimètres.

On a rappelé Père en lui disant qu’il faudrait quand-même qu’il se rapplique.

Il a dit : « Et si vous échangiez les caisses ? » (parce que dans nos explications il avait compris que la grande caisse rentrait dans notre voiture mais pas dans celle de Barbara). On a crié : « Tu es un génie ! ».

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« Oui je sais »

Caro est allée rechercher sa voiture et l’a amenée sur la zone de chargement.

De là, on a échangé le contenu des deux coffres en transportant à bout de bras des caisses qui pesaient le poids d’un âne obèse.

Le vieux jubilait. Grâce à nous, sa journée était faite.

Là, j’ai eu un flash philosophique car, tout en portant la caisse qui pesait le poids d’un brontosaure j’ai déclaré : « En tout cas on a de la chance que ta voiture ne soit pas à l’autre bout du parking » (full people – samedi pluie – je dois vous le rappeler ?). A ma remarque, les deux autres ont répondu par un sourire crispé.

Grâce à cet échange, les deux caisses rentraient pile poil.

« Facile, Cécile »

Cette fois c’était bon, nous pouvions prendre la route avec les voitures remplies de jolis paquets.

MAIS Caro s’est exclamée : « Et toi Nathaliochka ? Où est-ce qu’on va te mettre ??? ».

C’était vrai, il n’y avait plus de place car on avait dû rabattre tous les sièges.

« Sorry, tu vas devoir rentrer en train »

A cet instant, je crois que le type qui nous observait depuis des années lumière s’est mis à faire une danse de la joie sur le parking. Il jubilait. Il ne se sentait plus. Et il n’essayait même pas de masquer sa satisfaction, ne fût-ce que par égard pour nous.

Une fois encore, Barbara nous a sauvé la mise en me proposant de monter dans sa voiture. Elle me jetterait à lustin-plage avec mon chargement.

Certainement qu’elle ne voudrait plus jamais ô grand jamais entendre parler de moi, mais en cet instant, le joie de ne pas rentrer à pieds sous la pluie était plus forte. Je suis montée dans la voiture.

Mélusine a dit : « Tu sais, maman, tu n’aurais pas dû jouer à l’Ange des parkings-Ikea, parce que maintenant il est tard, et quand je vais rentrer, mes cheveux n’auront pas le temps de sécher avant la nuit ».

Je m’en suis voulu, mais juste un peu. Car j’étais dans une voiture qui me ramenait chez moi.

Sur l’autoroute, Barbara m’a demandé : « Je dois prendre quelle sortie, pour aller chez toi ? ».

Et je ne savais pas.

Mélusine a demandé : « Dis maman, elle ne sait pas où elle habite, ta copine ? Tu crois que c’est normal ? »

Et Barbara lui a répondu : « Mais oui ma chérie, c’est normal, c’est Natha« .

Quand on a fini par trouver ma maison, rien n’était terminé car il fallait monter les caisses qui pesaient le poids d’un semi-remorque jusqu’à l’appartement.

Puis-je vous préciser que nous logeons au troisième étage sans ascenseur ?

Enfin voilà, tout ça pour vous dire que je suis allée chez Ikea.

Engagée dans la société

Je suis passée à un écran tactile

La plus jeune de mes sœurs, celle qui a treize ans et qui est née avec un Smartphone en mains (il parait qu’il y a une génération technologique entre nous) a décidé de m’offrir un téléphone à écran tactile.

Elle en avait marre de voir que je mettais des plombes à répondre aux sms sans le mode dictionnaire sur mon vieux Samsung à clapet.

téléphone ancien

« Qui va là ? »

Mélanie, toujours prompte à se moquer de moi, lui a dit : « Oh trop génial ! Je veux être là le jour où tu lui offres ».

D’abord, j’ai paniqué.

  • Parce que je l’ai reçu le jour où les services de téléphonie ont coupé les réseaux à cause des attentats et que je l’ignorais. Du coup j’ai cru qu’il ne fonctionnait pas.
  • Parce qu’il n’y avait pas de touches
  • Parce que j’avais l’impression que mes mains étaient des moufles quand j’essayais de faire une manipulation
  • Parce que j’avais perdu l’étendue de mon répertoire
  • Parce que quand j’ai enfin réussi à passer mon premier coup de fil (à Caro) je suis tombée sur sa messagerie, mais je ne suis pas parvenue à raccrocher. D’ailleurs, elle m’a dit que le message avait duré 20 minutes et qu’il était trop marrant à écouter (même si un peu long) parce que je répétais tout le temps : « Rha ben merde, je ne trouve pas le bouton pour raccrocher ».

Mais quelques jours plus tard, tout allait mieux.

  • Les réseaux de téléphonie avaient repris leur activité
  • J’ai enfin compris qu’il n’y avait pas de touches sur un écran tactile
  • J’étais devenue experte en déverrouillage TACTILE de clavier
  • J’avais mystérieusement réussi à importer mes contacts
  • Je raccrochais en dessinant le Z de Zorro sur mon écran.

Ensuite, Lizzie m’a envoyé un message disant « Je t’apporte tes clés » suivi d’un bonhomme de neige, d’une demie lune et d’un flocon.

Je lui ai répondu « Merci beaucoup » avec une maison entourée de cœurs et une grenouille (il n’y a pas de raton-laveur, ça ça craint vraiment).

Ce sont ces quelques émoticônes qui m’ont rapprochée affectivement de mon nouveau téléphone.

Je sens que je vais faire une grosse utilisation des smileys.

Pas abusive du tout, et toujours fort à propos.

Par exemple :

« Tu passes prendre un dernier verre à la maison ? »

les-emojis-comme-outil-de-don

Engagée dans la société

Le foulard de la honte

Je vous préviens de but en blanc : comme son titre l’indique, l’histoire qui va suivre est une anecdote honteuse.

Une de mes amies est malade.

Lors de mon séjour en Bretagne, j’ai appris qu’elle devrait faire de la chimiothérapie.

Dans une boutique, j’ai alors cherché pour elle un foulard afin qu’elle puisse en orner sa tête lorsqu’elle perdrait ses cheveux.

Et là, je tombe sur LE bijou. LE foulard des foulards. D’un turquoise mirifique, la couleur préférée de l’amie en question.

 

 

A ce stade,je pense qu’il serait bien inutile d’ajouter quoi que ce soit à mon récit. Vous aurez très certainement deviné, chers amis, ce qui est advenu de ce (sublissime) foulard, qui trône à présent quotidiennement à mon cou.

Mais comme la culpabilité me terrassait, nuisant à mon sommeil, anéantissant le moindre plaisir qu’offre la vie et le transformant en « essence-même de la honte », je décidai de me racheter en allant rendre une petite visite à mon amie et en arrivant les bras chargés de pâtisseries.

J’entre alors dans une belle et odorante boulangerie et passe ma commande. Etant namuroise depuis bientôt trente ans, je fus interpellée par « les baisers de Namur », qui sont apparemment une spécialité, qui ont de spécial qu’ils me sont totalement inconnus.

 

 

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Bon.

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Vous aurez clairement compris que mon récit de la honte ne se clôt pas ici. (Qu’est-ce qu’on peut s’ennuyer dans le train qui va de chez moi à chez elle) Mais la tarte fut intacte et nous l’avons savourée ensemble, accompagnée d’une petite tasse de thé.

Qui dira que je ne suis point pleine de bonnes intentions ?

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 « Regardez à quel point je suis affreusement gênée ».

Que celui qui ‘a jamais gardé un cadeau qu’il offrait au départ à une amie très malade me jette la première pierre…

D’ailleurs ça m’a fait penser à ce strip de Calvin et Hobbes (Bill Watterson) :