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Trois histoires de souris

Cette nuit, je me réveille en sursaut, les sens en alerte, le cœur battant la chamade.

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Quelque chose roule sur mon plancher.

Dans une logique somme toute assez probante, je subodore que ce quelque chose doit être un petit objet de décoration qui serait tombé d’une étagère et aurait roulé jusqu’à moi, puisque le plancher de ma chambre est légèrement incliné.

Par pure curiosité intellectuelle, j’allume ma lampe de chevet et découvre, au pied de mon lit, un quignon de pain tout sec.

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Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais installé de quignon de pain dans ma chambre en guise de décoration.

Je m’interroge un instant, bouche entrouverte et regard absent, sur la raison de la présence de cet élément nouveau dans mon environnement.

Bien qu’ayant l’esprit suffisamment ouvert pour adhérer aux théories de matérialisation d’objets, je ne trouve pas de sens philosophique à la téléportation d’un vieux bout de pain sur mon plancher, qui plus est en pleine nuit.

Fatiguée d’avoir à me triturer les méninges afin de trouver une explication au phénomène, je décide rapidement de m’en remettre à la loi cosmique qui veut que chaque événement ne trouve pas forcément son sens dans la logique humaine.

J’éteins et décide de me rendormir.

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C’est alors que j’entends un bruit de sac en plastique que l’on fouille, suivi d’un « Tic tic tic » très rapide.

Je sens les battements de mon cœur s’accélérer dans ma cage thoracique et une vague de panique me tordre le ventre. Je rallume.

Et là, je tombe nez à nez avec une souris.

La pire de mes hantises après les rats, les monstres marins et les Dinosaurus sans chocolat.

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« Salut, Nathaliochka »

Visiblement indifférente au fait que je sois en train de hurler comme une possédée, elle décide de se rendre vers ce qui semble être son morceau de pain.

N’y tenant plus, proche de l’évanouissement, je me mets à hurler en frappant dans les mains, histoire de gagner quelques secondes de répit en la faisant changer de trajectoire, méthode qui fonctionne. Elle court dans le sens inverse, accompagnée du mesquin « tic tic tic » de ses pattes, effrayée elle aussi.

Je saute de mon lit, quitte ma chambre, dévale l’escalier au triple galop, m’engouffre dans le salon, décide de terminer la nuit dans la canapé.

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Le lendemain matin, lorsque j’ouvre un œil, j’aperçois mes colocataires.

Ils se tiennent tous les trois autour de moi, vêtus de vieux pyjamas.

L’haleine fétide et le cheveu défait, ils m’interrogent.

« Que fais-tu là, Nathaliochka ? me demande Anael. « Tu dors dans le salon enroulée dans un plaid comme une pauvre âme en peine alors que tu as (faut-il te le rappeler) la plus grande chambre de la maison ».

Quand je leur ai conté ma mésaventure, Anne m’a répondu, le plus naturellement du monde : « Ben oui, c’est Pascaline, la souris. Cela fait plusieurs semaines qu’elle habite avec nous mais Caro nous a demandé de ne rien te dire. Il parait que tu aurais développé une paranoïa, si tu avais été au courant de son existence».

Je me suis alors drapée de mon plaid et ai quitté le salon la tête haute, leur disant que je n’étais pas une trouillarde.

Depuis, chaque fois que j’entre dans ma chambre, je frappe dans les mains pour intimer à Pascaline l’ordre de vider mes lieux et j’entends, à l’étage en dessous, mes colocataires glousser et se gausser de moi.

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Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai un passif plutôt lourd en matière de rongeurs.

Lorsque j’étais adolescente, une souris avait installé ses appartements dans le mur qui séparait ma chambre de la cuisine.

Nous l’avions surnommée Marie-Charlotte.

Vivant aux crochets de ma famille en éventrant tous nos paquets de pâtes et de céréales, elle semblait couler des jours heureux.

Je crois que c’est au cours de ces années que ma paranoïa des rongeurs s’est amplifiée.

Notre cohabitation était difficile.

Nos horaires ne correspondaient pas.

Elle vivait la nuit et moi le jour.

Son cri me glaçait les sangs.

Le bruit de ses pattes m’arrachait le système nerveux.

Chaque nuit, je cognais mon poing sur le mur pour essayer de faire taire son tapage.

Impressionnée, elle cessait alors ses allées et venues pendant plusieurs minutes, parfois même plusieurs heures. Mais inlassablement elle recommençait.

Je crois que Marie-Charlotte suivait des stages de feng-shui et qu’elle aménageait son appartement afin d’en améliorer l’énergie vitale.

Bien évidemment, ma grande hantise était qu’elle entre dans ma chambre sans y être invitée.

Mère avait tenté de me rassurer à ce sujet. « Tu vois bien qu’elle est emprisonnée dans le mur », affirmait-elle, anéantissant par cet argument toute notion de logique. (J’étais jeune et innocente, peut-être, mais je réalisais tout de même que Marie-Charlotte n’avait pas pu se matérialiser dans mon mur sans accès à l’extérieur. De plus, elle accédait facilement à la cuisine).

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Comme les paroles maternelles ne ma rassuraient guère, un concile familial se forma et nous décidâmes de passer à la solution radicale qui anéantirait mes peurs et, par la même occasion, Marie-Charlotte.

Jean-Chri fila au Brico et en ramena un piège rutilant. Je frissonnai devant ses méthodes barbares, mais ma tranquillité avait un prix.

C’est là que commença la traque.

Chaque soir, nous lui tendions une offrande placée dans un ressort métallique. Le lendemain, nous allions relever la souricière, tels des braconniers du Grand Nord et, à coup sûr, nous le retrouvions vide.

Tout notre stock de fromage y est passé.

Marie-Charlotte, habile stratège, déjouait tous nos pièges.

A croire qu’elle détenait un master en l’art et la manière de récupérer des morceaux de fromage dans des systèmes à leviers mécaniques.

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Un matin de mon adolescence, je fus réveillée de manière somme toute assez brutale.

Le « tip tip tiip » strident de Marie-Charlotte résonnait dans mes oreilles.

Mais ce n’était pas « comme d’habitude ».

C’était très proche de moi.

Trop proche.

Je sentais que le moment que j’avais tant redouté était venu : elle avait quitté ses appartements et partait à la conquête de mon territoire.

Je pensais déjà à ce que Mère dirait en apprenant la nouvelle, et cela ressemblerait à coup sûr à quelque chose comme « Avec le bordel qui règne dans ta chambre, pas étonnant que la souris vienne y faire son nid. ». Puis je fus interrompue dans mes divagations car à nouveau, elle émit son cri.

J’ouvris enfin les yeux, pestant contre celle qui rendait ma vie infernale.

Elle était là.

Elle se tenait sur moi, les pattes arrière plantées dans mon édredon, me jetant un regard plus bovin que souricier.

Vive comme l’éclair, je soulevai mes draps en hurlant et expédiai Marie-Charlotte au plafond.

Je sortis de ma chambre tel un diable hors de sa boite et alertai Mère, qui lisait tranquillement dans le canapé.

Alertée par mon vacarme, Caro nous rejoignit.

Mère, d’un air las, me dit « Oui mais Natha !, ce n’est qu’une petite souris de rien du tout. Je vais aller te la neutraliser, moi. »

Elle enfila ses pantoufles, se saisit d’un balai et se rendit dans ma chambre, escortée par ses filles.

Caro me jetait un regard affligé qui semblait dire « Quelle lopette, ma sœur. Quelle petite nature »

Nous entrâmes dans ma chambre. Marie-Charlotte se tenait au milieu.

Mère frappa le sol d’un coup de balai.

Aujourd’hui encore, j’ignore qu’elle était sa stratégie – peut-être faire reculer l’animal jusqu’à la porte de sortie – mais toujours est-il qu’elle échoua lamentablement. Le coup de balai fit en effet détaler Marie-Charlotte, mais dans notre direction.

Nous hurlâmes toutes trois et, d’un seul élan, bondîmes sur mon lit.

C’est à ce moment précis que Jean-Chri entra dans ma chambre, probablement alerté par notre ramdam.

Il nous trouva juchées sur le lit, les unes serrées aux autres, solidaires, brandissant un balai bien inutile, jetant des regards angoissés vers la souris qui nous regardait passivement en remuant les moustaches.

Sans se départir de son flegme légendaire, il attrapa une boite en carton, invita Marie-Charlotte à s’y rendre, ce qu’elle fit immédiatement, un peu comme si elle avait affaire à « l’homme qui murmurait à l’oreille des souris » en personne.

Puis, princier, il nous dit « Vous pouvez descendre du lit, maintenant ».

« Enfin, si c’est la souris qui vous faisait peur »

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C’est l’amour à la plage (d’Amée)

Il faisait tellement chaud. 

Une canicule de Dieu le père.

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Happy-le-chien ressemblait plus à une carpette qu’à un chien. C’est bien simple : il semblait vouloir fusionner avec le carrelage du hall afin que celui-ci lui prodigue un soupçon de fraicheur.

J’ai bu huit verres d’eau d’affilée.

Adèle s’éventait.

Mathilde agonisait dans le canapé.

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On s’est dit : « Et si nous allions jusqu’à la Meuse pour nous baigner avec Toutoute ? » (Toutoute, c’est un des surnoms de Happy-le-chien).

C’était semble-t-il une riche idée, productive et rafraichissante, car nous avons été éduquées à être créatives, à ne pas nous ennuyer, en accord avec Dame Nature.

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On s’est donc rendues à la plage.

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Dit comme ça, je reconnais que ça envoie du rêve.

Mais la plage, à Namur-city, entendons-nous bien, se résume en une prairie jaunâtre calcinée par le soleil et maculée de fientes d’oies et de mégots de cigarette.

Pas grave.

Ce que nous voulions, c’était nous rafraîchir.

Point barre.

Mathilde a tenu à emporter Caroline Receveur.

Caroline Receveur, c’est notre bouée flamand rose.

Notre bouée étant hautement instagrammable, nous lui avons donné le nom d’une influenceuse connue portant par ailleurs le même prénom que notre sœur, ce qui a amené déjà pas mal de phrases miraculeuses quand nous avions lancé le défi de tenir debout sur Caroline.

  • Vas-y Minou, monte sur Caroline.
  • J’espère qu’il va tenir longtemps.
  • Attention à ne pas déchirer Caroline.

On a donc emmené Toutoute et Caroline Receveur dans la voiture.

Mais Caroline prenait toute la place, donc Mathilde s’est retrouvée écrasée en dessous.

Elle tentait de nous donner des indications à propos du chemin à suivre pour arriver à la plage, mais, de un : elle ne voyait pas la route et de deux : nous n’entendions pas ce qu’elle baragouinait écrasée sous l’immense bouée.

Nous sommes quand-même arrivées à bon port.

Les badauds nous regardaient un peu étrangement, certainement à cause de tout notre armada, mais nous n’en n’avions cure.

Adèle a retiré ses chaussures et ses vêtements et elle s’est approchée du bord.

Elle a mis un pied dans l’eau pour prendre un peu la température et là, c’est le drame.

Son pied a glissé et elle est tombée la tête la première dans l’eau, tout en prenant soin de boire la tasse.

Puis sa tête est ressortie et elle a déclaré : « Eh bien voilà : je suis dans l’eau ».

Le soir, on est tombées par hasard sur cette vidéo qui nous a fait bien marrer.

Et puis, hier, Sébastien est venu manger à la maison.

La première chose qu’il nous ai dite, c’est : « Vous avez vu aux infos ? La Meuse est complètement intoxiquée à cause de la chaleur. Elle contient 75% de bactéries, c’est super dangereux. Personne ne peut s’y baigner, c’est strictement interdit. Il y a même un enfant qui est entre la vie et la mort parce qu’il a bu la tasse. »

Là, on est devenues un peu blêmes, et Adèle s’est écriée : « Mais…mais… Je vais mourir ! »

Pour la rassurer, on lui a dit que non, que, comme lui aurait dit son père « ça fera ton immunité ».

Et puis, j’ai ajouté : « De toutes façons, si tu te sens mal, je t’emmène aux urgences ».

Ce qui nous a bien fait rire car une légende urbaine raconte qu’Adèle y a une carte de fidélité (tout ça parce qu’un jour elle a refermé le coffre de sa voiture sur son doigt).

Vous voyez, nous, on est trop yolo, on boit l’eau de la Meuse quasiment à la paille. Même pas peur.

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Notre journée Marie-Antoinette : soldes et solde insuffisant

Hier, tous les éléments étaient réunis pour que Noémie, Adèle et moi passions une bonne après midi.

  • On était dimanche.
  • C’était le premier jour des vacances.
  • Accessoirement le premier jour des soldes.
  • Il faisait à tout casser 30 degrés à l’ombre.
  • Le solde de notre carte gold était à son apogée.
  • On n’avait plus rien à se mettre.

Vous me voyez venir ?

Je suis en train de vous dire qu’hier, les axes étaient alignés en un combo gagnant pour passer une journée Marie Antoinette.

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C’est Mathilde et ses amis qui ont inventé le concept de la journée Marie-Antoinette : il s’agit de faire du shopping en buvant du champagne et en mangeant des pâtisseries.

Etant donné que je n’ai fait que grossir ces derniers temps et que ma soeur et ma cousine sont plutôt « vegan pro-ana zéro sugar et gluten free », on a zappé le chapitre bulles et pâtisseries pour se consacrer entièrement à notre art : acheter des fringues.

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Enfin, c’est plutôt leur passion à elles.

Moi je leur ai dit quelque chose qui tombe sous le sens, dans le genre :  » Je ne trouve plus de vêtements à ma taille, je suis pauvre, il fait 50 degrés, alors pourquoi se ruer dans la foule par cette chaleur alors qu’on est si bien ici, à agoniser dans le jardin à la recherche du moindre recoin d’ombre ? ».

J’avais des visions d’horreur.

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Mais les filles sont persuasives, elles ont essayé de me faire croire que tout le monde penserait comme moi et que donc, nous aurions la ville pour nous toutes seules.

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Je ne suis pas dupe, mais je les ai suivies quand même.

Quand on est arrivées en ville, j’ai clairement dû admettre qu’elles maitrisaient leur sujet car il y régnait un calme inhabituel.

On a franchi la première porte coulissante et la fraîcheur de l’air conditionné m’a envahie : j’étais conquise.

J’ai regardé un peu les vêtements.

Tout était beau.

Mais rien à ma taille, devenue trop hors normes.

Je n’osais trop rien dire mais je ne le vivais pas super bien. Je rêvais au jour où je perdrais 20 kilos et je me disais que peut-être plus tard, je pourrais moi aussi participer quand je ferais du shopping. Je me suis donc mise sur le côté en me disant tant pis, je vais les suivre et on passera malgré tout une bonne après midi.

En passant devant une enseigne dont je tairai le nom, j’ai expliqué aux filles : « La dernière fois, j’ai dû aller là pour m’habiller, dans ce magasin de vieilles grosses. Et ça m’a fait un choc d’en arriver là ». Adèle m’a répondu que j’étais bourrée d’aprioris, la preuve : le pantalon dans la vitrine était très beau. Je lui ai répondu, soulagée : « Ah, toi aussi tu le trouves très beau ? J’ai cru que si je portais ça, tu appellerais la brigade de la mode ».

La brigade de la mode, c’est mon ami Mathieu qui l’a inventée, et elle vient vous chercher pour vous emprisonner si vous êtes mal habillée.

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Jamais du brun avec du noir

Elles m’ont convaincue d’entrer et là, tout a été très vite.

Adèle s’ est emparée de plein de pantalons, Noémie a saisi des blouses, et elles m’ont poussée dans la cabine d’essayage à une vitesse vvprime (j’adore cette expression).

Les filles se sont installées. Elles ont dit « Tu vois, on est bien ici. Il n’y a que nous, des coussins pour s’asseoir, la clim et des beaux vêtements ».

J’ai tout essayé et le croirez vous ?

Tout m’allait.

Comme un gant.

Noémie, jambes croisées sur son siège, a déclaré : « Tu dois tout prendre, c’est obligé ».

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Tout prendre ? Moi qui comptais juste acheter un ou deux vêtements… Et en même temps, je n’avais plus rien à me mettre (à part mes vieilleries, dirait Mère) donc j’ai obtempéré.

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Adèle a déclaré d’un ton solennel : « On va te faire découvrir ce que c’est que le shopping extrême ».

Et Noémie a ricané. Un ricanement de petit diable.

Quelque chose dans leur attitude me disait qu’on ne faisait que commencer.

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Arrivée à la caisse, la caissière m’a dit : « Est-ce que vous savez qu’il n’y a rien en solde dans ce que vous avez choisi ? ».

Je lui ai dit « Oui, je sais. Mais comme dirait Sébastien : « L’argent n’est pas un problème » » et j’ai payé avec ma carte Gold.

On a fait encore plusieurs magasins et, à chaque fois, j’ai tout dévalisé parce que les diaboliques me poussaient à la consommation.

Adèle, par contre, ne s’achetait rien, ce qui commençait un peu à nous inquiéter, et on se demandait si elle était malade quand elle est tombée sur une petite merveille.

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On commençait à avoir les pieds en sang et le compte ne banque à l’agonie.

Mentalement, je me demandais combien je pourrais toucher si je revendais un rein et si ça suffirait à rembourser une partie de mes achats quand on est passées devant le bar à smoothies.

Je me disais que j’allais offrir un peu de vitamines aux deux démons qui m’avaient fait me rhabiller de la tête aux pieds quand on a vu ce panneau qui nous a bien fait marrer.

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On a donc siroté nos boissons fraîches sur un banc, ensevelies sous les sacs de courses, épuisées, pauvres, mais heureuses.

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J’ai gardé un enfant

Je sais : ce titre vous en bouche un coin. Et pourtant, pour une fois, il n’est ni racoleur ni mensonger : il est simplement vrai.

Car oui, j’ai gardé ma filleule Salomé.

Pendant un week-end entier.

Disons que j’essaye de ne pas en faire une habitude, mais ce n’est pas pour autant que c’est la première fois que ça m’arrive, de garder un enfant :

  • Mes petites sœurs sont nées alors que j’étais adolescente et j’en connais un rayon grâce à elles.
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Promis, on sera sages, Natha
  • D’ailleurs, c’est moi que mon amie Christine appelait quand Naima est née pour que je lui prodigue quelques conseils.
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  • J’avais 18 ans quand ma filleule Aglaé est née.  A cette époque-là, ma tante jouait dans une pièce de théâtre et me la confiait pendant des soirées et nuits complètes, et on peut dire que la situation était totalement sous contrôle.
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  • J’ai emmené mon filleul Elias en vacances à Marseille pendant une semaine entière. On a manqué rater le train du retour parce qu’on est allés jouer au Bingo et que l’on a gagné le premier prix, à savoir un poisson de 15 kilos sur son lit de glace et qu’il a fallu le transporter dans Marseille puis le déposer dans la soute à bagages sous le regard ahuri des voyageurs, mais à part cela, il est rentré en un morceau chez lui, le cœur empli d’un mirifique séjour durant lequel il a embroché des pieuvres et joué avec des petits camarades.
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  • Il m’est arrivé de partir en vacances avec mes amis et leurs enfants.
  • Pas plus tard qu’il y a 15 jours, j’ai gardé mon filleul Félix et son frère pendant que Mel-bichon et Monsieur Fred s’octroyaient une petite sortie.

Et j’ai bien géré, y compris quand le petit chou de quatre ans m’a demandé : « Dis Natha, pourquoi mon zizi il se lève ? ».

Et, pour en revenir à Salomé, ce n’est pas la première fois que je la garde.

Elle est déjà venue passer une nuit chez moi alors qu’elle était bébé, et, je tiens à le préciser, DE MA PROPRE INITIATIVE.

En tant que marraine exemplaire, j’avais proposé à mes amis Catherine et Ivan de la prendre à la maison une nuit entière.

« Elle te réveillera vers six heures du matin », m’ont-ils averti. « Un dimanche ce n’est pas ce qu’il y a de plus top. », ont-ils continué. Mais rien n’y a fait. Je n’en démordais pas. Et comme je devais travailler le lendemain, ce n’était pas grave qu’elle me réveille tôt, bien au contraire.

Devant mon insistance, ses parents l’ont finalement laissée entre mes mains expertes.

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Ils sont donc venus déposer le paquet cadeau chez moi, un soir de février.

La soirée s’est bien déroulée, on a fait des gouzigouzis et des zouglouglous.

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Mais ensuite est venue l’heure du dodo.

J’ai posé le petit être sur sa couche, dans un lit parapluie (c’est comme ça qu’on dit ?) à côté du mien.

La Vierge berçant l'Enfant Jésus - CV 779
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Quand je suis allée me coucher, des « Oh » interrogatifs (« Oh ? ») et exclamatifs (« Oh ! ») ont émergé du petit lit. Puis des babillages. Suivis de longs monologues philosophiques. Des ongles qui grattaient le plastique du lit. Des succions de tétine. Des onomatopées par milliers. Du mouvement. Une tête qui dépasse. Qui me regarde. « Oh oh !!! », me disait la tête souriante, visiblement ravie de me découvrir dans les parages.

Je n’ai pas fait un doctorat en science du bébé, mais il était très clair que cette enfant avait toutes les envies sauf celle de dormir.

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Yo Marraine, monte le son

Je me suis donc extraite de ma couette douillette pour aller la chercher et l’installer près de moi. Très vite, ce nouveau territoire est devenu « the place to be », et Salomé s’en est donné à cœur joie. Elle a fait la java, a dansé la salsa, la rumba et la bossa nova pendant toute la nuit, à un tel point que je me suis demandé si je n’avais pas par inadvertance troqué sa veilleuse contre une boule à facettes.

Elle semblait ravie.

Et moi aussi.

Vers cinq heures du matin nous nous sommes finalement endormies.

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Et à huit heures ma délicate sonnette nous a réveillés en sursaut.

Catherine et Ivan, couques à la main, réalisant à ma tronche éparpillée qu’ils me tiraient du lit se sont écriés « Mais ! C’est dégueulasse ! On vous réveille ? Et dire qu’avec nous elle ne se réveille jamais après six heures et demie ! C’est pas juste ! Tu en as de la chance !».

Si,si, ils ont même dit « Tu en as de la chance » …

Enfin, bref, j’ai déjà fait du baby-sitting.

Alors, quand Salomé (8 ans) m’a demandé de venir passer un week-end chez moi, disons que je me suis sentie suffisamment aguerrie pour pouvoir dire oui.

Je suis donc allée la chercher chez elle samedi midi.

J’ai mangé un sandwich là-bas.

Enfin, disons que j’ai partagé MON sandwich, puisque la petite Elsa, cul nu, s’est installée sur mes genoux et a poigné dedans pour le mordre. Elle l’a ensuite reposé sur la table pour boire une grande gorgée dans mon Orangina, et ainsi de suite jusqu’à disparition dudit sandwich.

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Même s’il n’existe aucune épreuve aussi extrême sur cette Terre que de partager sa nourriture, j’ai pris sur moi car, comme j’allais garder un enfant, il fallait que je fasse preuve de souplesse et de dévouement.

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J’ai déjà assisté plein de fois à des scènes où des adultes donnent sans rechigner le dernier morceau de leur biscuit à un enfant qui le leur réclame, soit par sacrifice, soit parce qu’ils sont « au-dessus de tout cela ».

Personnellement, je me suis toujours insurgée contre ce comportement, car au nom de quoi devrais-je donner ma nourriture ? Juste sous prétexte qu’il s’agit d’un enfant ?

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Tenez, les moches

D’abord, on est allées chez Mère (qui n’était pas là : vous voyez que j’étais seule avec un enfant) pour profiter de sa piscine.

Comme de bien entendu, c’était le seul jour où il faisait froid, mais Salomé m’a obligée à la suivre.

Elle avait les lèvres bleues, ce qui n’avait rien pour me rassurer, alors j’ai tenté de la blouser en lui disant : « Ok, je te suis, mais je m’assieds sur le flamingo » (vous comprenez ? En théorie, je suis dans la piscine, et en pratique, je ne touche pas la flotte).

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Si, si, c’est bien moi sur la photo

Bien entendu, quand j’ai voulu grimper sur la bouée, j’ai basculé d’une façon fort peu gracieuse dans l’eau glacée.

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Ma filleule, tout de go, a riposté : « C’est bien fait pour toi, Natha. Parce que tu ne voulais pas y aller ».

Après, nous sommes allées voir les chevaux au manège.

Mais ils étaient tous partis en promenade, donc on s’est rabattues sur l’observation des koïs de la mare.

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On leur a fait un petit shooting photos pour pouvoir les dessiner une fois à la maison.

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Ci-dessus : un koï, un scarabée aquatique qui envoie des décharges électriques
et un lapin des mers.

Ensuite, on a créé un bracelet en enfilant des perles (quelle galère) et puis, avec ce bracelet, on a joué à cache-objet.

Le soir, je lui avais dit que nous irions manger au restaurant chinois, donc on s’est fait belles (Salomé s’est un peu maquillée. Quant à moi, je suis restée avec ma beauté au naturel).

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Quand on est arrivées chez Chen, le restaurant était complet et je n’avais pas réservé donc on s’est retrouvées Gros-Jean-comme-devant (j’adore cette expression) sur le perron du restaurant.

Salomé m’a dit : « Ce n’est rien. On pourrait aller manger des sushis ». Ce qui m’a impressionnée de la part d’une petite fille de huit ans. Puis elle est redevenue petite fille en mettant sur un même pied d’égalité la proposition suivante : « Ou alors on va chez Quick. »

Je lui ai dit : « On fait ce que tu préfères. »

Et c’est comme ça que je me suis retrouvée chez Quick, en train de manger son hamburger qu’elle n’a pas daigné toucher (c’est qu’elle a un instinct de survie développé) tout en la regardant jouer avec d’autres enfants, fascinée, parce qu’à son âge, je serais restée collée dans les jupes de ma mère sans oser partir à l’aventure dans les toboggans du Quick. C’est peut-être un drôle d’indicateur, mais c’est là que je me suis dit : « Ma filleule va bien ».

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Ensuite, elle a voulu retourner chez ma maman (qui était rentrée) et elle a carrément brossé tout le monde dans le sens du poil.

Elle a mangé le ramen préparé par Adèle en lui disant que c’était meilleur qu’au restaurant.

Elle a demandé à Mère qu’elle lui montre son jardin (qui est sa plus grande fierté) et elles sont parties main dans la main cueillir des fraises pour le dessert.

Elle a demandé à Adèle si elle pouvait « lui parler un peu de mode » et elles sont parties explorer son dressing (qui est sa plus grande fierté).

Ensuite, on est rentrées chez moi et elle m’a dit : « Je n’ai pas envie de dormir. Si on faisait une nuit blanche ?! ».

Décidément, elle veut en faire une tradition.

J’étais très fatiguée, mais j’ai eu honte de vouloir aller me coucher avant un enfant de huit ans donc j’ai dit OK et on a regardé un film de gym sur Netflix, confortablement installées dans mon lit.

A minuit dix, j’étais soulagée qu’elle se soit endormie, car du coup, j’ai pu dormir aussi.

Voilà comment s’est déroulée notre journée.

J’ai donc gardé un enfant.

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Merci d’en prendre bonne note.

Brie MorenoBefore, after

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Sur la mentalité de fonctionnaire

Hier, ma collègue Joëlle, qui, comme moi, s’intéresse beaucoup au sport, m’a tendu un papier trouvé dans la salle de sports de sa fille.

Ce papier, c’est une annonce car ils recrutent un coach sportif.

Je vous vois venir : Vous pensez que, comme je suis devenue sportive, je vais postuler.

Ce qui est hautement crédible (je vois que vous me connaissez bien), mais il n’en n’est rien. Je suis bien là où je suis et, quoi que vous en pensiez, le métier de bibliothécaire est lui aussi relativement sportif.

rangement-bibliothecaire

C’est plutôt que le contenu de l’annonce nous a hérissé le poil.

Voyez plutôt :

coach

« Vous n’avez pas une mentalité de fonctionnaire ».

Comme le disait si incorrectement mon professeur de néerlandais : « Qu’est-ce que cela peut-il bien vouloir dire ? »

Non mais des fois.

Je vous le demande.

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Comment j’ai fait tomber mon téléphone dans les égouts d’Athènes

Je sais, mon titre est accrocheur, et peut-être même trop car il dévoile une partie du suspense, mais en tant que chroniqueuse professionnelle, j’ai appris que l’important, c’est d’avoir un titre accrocheur.

Suivi d’un récit captivant.

Je vais tenir mon public en haleine

Ce matin, seul jour où je pouvais dormir car je suis en congé, mon réveil a sonné à 6h45 (la faute à moi-même qui avais oublié de le désactiver), m’extirpant d’un rêve vraiment trop chelou où j’étais kidnappée par un groupe de talibans sexy

talibans
Je crois qu’on va la relâcher, la Grognasse

(Cherchez pas, même Jung ne peut rien pour moi).

Parlez-moi de votre enfance, nathaliochka

En plus, je vous raconte tout ça, mais ça n’a strictement rien à voir avec le récit qui va suivre.

J’ai checké mon téléphone et là, j’aperçois que Facebook souhaite partager un souvenir avec moi.

C’est gentil, Facebook, mais il s’agit tout de même d’un souvenir légèrement humiliant.

Vous vous en douterez grâce au titre, il s’agit du jour où j’ai fait choir mon téléphone dans les égouts d’Athènes.

telephoneegout

« Comment Diantre as-tu pu réussir une chose pareille, Nathaliochka ? », me demanderez-vous si vous n’étiez pas là ou, plus simplement, si vous ne me connaissiez PAS DU TOUT.

« C’est un art », vous répondrais-je en toute humilité.

Le fait est que nous étions parties avec « les copines » en voyage à Athènes. Les copines, ce sont les copines du cours de peinture avec qui nous vivons de grandes épopées pleines de soleil, de retsina et de peinture à l’huile.

Les Caryatides des temps modernes

Nous nous étions installées dans un marché aux puces pour dessiner.

Mère et moi avions les pieds en compote, donc nous avons décidé de nous asseoir sur le rebord d’un trottoir.

Nous avions installé notre mini campement : un sac à dos, des plumiers, des carnets, en bref, tout un joyeux bordel et quand je me suis relevée pour je ne sais quelle raison, mon sac à dos s’est relevé aussi, sac à dos sur lequel était posé mon téléphone. Le sac à dos, quant à lui, vous vous en doutez, était posé sur des grosses grilles d’égouts, mais ça, évidemment, je ne l’avais pas vraiment enregistré.

Et là, ce fut le drame.

Mon téléphone périclita dans les égouts.

J’ai fait un grand « Aaaah » suivi d’un silence (le silence du choc) et je suis restée prostrée quelques secondes, ce qui a fini par alerter Mère qui, lâchant son pinceau, m’a demandé : « Mais qu’est-ce qu’il t’arrive, Natha ? ».

D’un doigt tendu je lui ai indiqué mon téléphone.

Il se trouvait plusieurs mètres plus bas, dans le seul égout sec de toute la ville (ce qui est important dans ce récit), sa chute ayant été amortie par un tas de feuilles mortes. D’énormes grilles en fer bouchaient l’entrée, alignées de manière trop régulière pour que l’on puisse y glisser la main, et encore moins le bras.

Je crois que Mère a dit sa phrase fétiche : « Oui mais Natha ! » et qu’elle a essayé de passer la main alors qu’on voyait tout de suite que c’était perdu d’avance.

En quelques secondes à peine, un tas de beaux athéniens nous a encerclé.

Aidons cette cruche belge

Ils ont rapidement évalué la situation et ont décidé de nous venir en aide.

L’un d’entre est parti en courant et est revenu illico presto, brandissant un archet de violon qu’il vendait sur son stand, et l’opération sauvetage a commencé.

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C’est à ce moment là que Laurence est arrivée. Elle était extrêmement excitée par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Elle a dit : « C’est trop génial ! Je vais tout photographier ! Faire un petit reportage ! »

Elle prenait donc des photos et moi, on m’avait mise sur le côté, il parait que je ne pouvais plus toucher à rien et c’est donc impuissante que j’assistais au spectacle.

Mère et son équipe d’athéniens ont été incroyablement habiles et, alors que je m’apprêtais déjà à dire adieu à mon téléphone, ils l’ont remonté des tréfonds. Coincé entre le bois de l’archet et la corde, il a fait toute ascension sans le moindre accroc et croyez-moi, il y avait seulement une chance sur un millier que cela se déroule aussi parfaitement.

On a un peu sauté de joie, puis on a chaleureusement remercié les athéniens qui m’ont obligée à aller me laver les mains.

Ils sont tous repartis.

Tous sauf un, qui s’était pris d’amour pour moi.

J’ai repris mon carnet de dessins là où je l’avais laissé et, planté à côté de moi pendant des minutes entières, il observait le moindre de mes traits.

Toute fière de provoquer cette fascination artistique chez un beau grec, je m’apprêtais à ranger mon crayon quand il m’a interrompue et m’a fait un grand ‘non non’ avec la main (oui, je sais, il en réclamait encore). Puis il me montre mon dessin en pointant du doigt l’objet que je dessinais en recommençant son ‘non non’ avec la main. Bordel, il avait raison, je faisais une erreur de perspective.

C’est qu’ils sont doués dans tous les domaines, ces bougres d’hommes grecs.