Non classé

Je souffre de culpabilité morbide. Comme ma mère.

Cet article fait suite à celui-ci.

Je vous plante le décor : c’était un vendredi matin dans le Bureau Rock and roll (BRR).

Je rentrais de mon périple andalou.

Premier jour de reprise du travail (un vendredi, c’est rude, tout de même).

Ciel gris parsemé de quelques flocons de neige alors que je revenais du pays des castagnettes et de la sangria.

Dépaysement total. Jetlag complet. Loose intégrale.

gaston bureau

J’ai dit à Sophie C : « Sers-moi un thé bien fort. Je vais en avoir besoin ».

J’ai pensé : » La journée va être rude, moussaillon. Il faudrait, pour ta survie morale, que tu puisses te barrer (normal, pour un moussaillon) plus tôt que prévu cet après-midi ( Nous faire terminer à 16h30, non mais ils ne vont pas bien, dans cette administration ?) ».

J’ai voulu encoder ma récupération, tout en écoutant le doux bruit de l’eau qui bouillait. Pour encoder une récupération, il faut introduire sa carte d’identité. En ouvrant mon portefeuille, j’ai réalisé que ma carte d’identité était manquante.

J’ ai fouillé mon portefeuille.

Toujours pas de carte.

J’ai renversé son contenu sur le bureau.

Elle n’y était pas.

Je me suis dit qu’il y avait forcément une explication plausible à tout cela.

Comme je venais de prendre l’avion, j’avais dû la sortir et tout simplement oublier de la remettre à sa place.

Tous les jours, j’ai demandé à Sophie F. d’encoder mes heures pour moi. Tous les jours pendant à peu près deux semaines.

Ce n’est que deux semaines plus tard et après une remarque inquiète de Sophie F (« Tu n’irais pas déclarer sa perte ? ») que je me suis dit que peut-être, il serait bon que je m’inquiète de savoir où pouvait se trouver cette saloperie de morceau de plastique.

J’ai téléphoné à Mère en la soupçonnant (ou plutôt en l’accusant) d’être la responsable de cette disparition. Elle m’a dit « Non je n’ai pas ta carte d’identité. »

Et elle a ajouté « Mais est-ce que tu as regardé dans la poche de l’anorak que tu portais à l’aéroport? »

« Bien-sûr que oui » lui ai-je répondu.

J’ai raccroché le téléphone.

J’ai plongé ma main dans la poche de mon anorak.

Elle y était.

J’ai envoyé un message à Mère disant qu’elle avait vu juste, bingo.

Elle m’a répondu qu’elle avait l’habitude de ce genre de problème, parce qu’elle souffrait de culpabilité morbide elle aussi.

Jusque là j’ignorais que c’était héréditaire.

Et quand c’est génétique, voyez-vous, vous ne pouvez rien y faire.

Sauf peut-être souffrir en silence.

Et subir.

Non classé

Réveillon(s) les morts

La première chose que j’ai faite en 2016, c’est regarder « Mange, prie, aime ».

Obéissant à la première injonction (les deux autres sont trop compliquées pour moi), j’ai vidé un paquet de chips poivre et sel.

Alors, comme dirait Michel Vaillant (mon nouveau mentor depuis que je travaille à la Bédéthèque) : « On dirait bien que l’année démarre sur les chapeaux de roue ». Et c’est vrai. Ce film est un gros navet insupportable, je vous l’accorde. Mais pour les chips, j’ai une excuse : j’ai décidé de faire un mois sans sucre, donc les gâteaux au chocolat étaient prohibés. Aussi, il était important que j’absorbe beaucoup de sel pour compenser toute la sueur perdue sur la piste de danse du réveillon.

mangeprieaime« Délicieuse, cette Danette double chocolat »

Car le réveillon fut épique, comme l’attestent mon teint cireux, ma gueule de bois et mes choix cinématographiques.

Mon ami Laurent, spécialiste en festivités en tous genres et voyant la Saint-Sylvestre approcher à grandes enjambées, m’a donné un conseil que je veillerai dorénavant à mettre en application. Son truc : « ÉTALER la fête, six à huit minutes de grosse guinche dépravée et intense PAR JOUR, toute l’année, de façon à la rendre à la fois homéopathique et digeste. Prévoir des serpentins de poche. »

D’ailleurs, d’après mes calculs, les huit minutes recommandées sont largement excessives. Une minute de fête par jour couvrirait largement un réveillon digne de ce nom.

Je commencerai donc demain. Je mettrai un chapeau pointu, je soufflerai dans un mirliton et, sur un pas de danse à la John Travolta, je lancerai une poignée de confettis en hurlant « Bonne année 2017 » (Augusta passera l’aspirateur).

Cette méthode me semble plus appropriée que celle de passer une nuit entière de dépravation, parce que c’est vrai, quoi, je sens bien que j’ai un peu passé l’âge pour ce genre de conneries. « On n’a plus vingt ans, ma p’tite dame »

Bon allez, nous vous souhaitons une excellente année 2016, riante et chaleureuse.

réveillon de nouvel an - Nathalie Sacré

PS : Un peu de lecture pour ceux qui voudraient se faire un avis objectif sur le film. L’article s’appelle « Mange, prie, aime, mais ferme ta gueule ! ».

Non classé

Qui c’est ? C’est le plombier

L’ évier de ma cuisine était bouché.

Mais quand je dis bouché, je ne dis pas charcutier (Wohooo!).

J’ai tout essayé pour le déboucher : utiliser cette bonne vieille ventouse qui atomise vos fringues parce qu’elle envoie de l’eau dégueulasse partout, empuantir mon studio en faisant bouillir de l’eau vinaigrée, tuer des bébés phoques en balançant des litrons de Destop.

Mais rien à faire, l’eau restait dans le fond de l’évier, sans même faire mine de vouloir s’évacuer.

herbert-paus

Mon propriétaire m’a dit : « Je vais venir vous déboucher ça ».

Je l’ai attendu deux mois.

Deux mois durant lesquels j’ai fait ma vaisselle dans ma salle de bains, le dos en ruine.

Quand mon propriétaire est enfin venu faire la réparation, il m’a téléphoné pour me dire : « Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu. Mais je suis impressionné. Parce qu’il y avait dans vos tuyaux un bouchon long de plusieurs mètres. J’imagine que ça doit être une forme d’usure naturelle, due à 15 ans d’accumulation, mais c’était tout de même impressionnant, je tenais à vous le dire. »

Quand j’ai raconté ça à ma filleule, elle m’a dit, le plus naturellement du monde : « Mais enfin, marraine, réfléchis un peu. Ce sont probablement tes invités qui jettent le contenu de leur assiette dans ton évier dès que tu as le dos tourné. »

Et ce qui m’inquiète le plus dans cette histoire, c’est que pour pouvoir avoir une idée aussi saugrenue… elle a déjà dû y penser.

Ou même… le faire, non ?

Perverse jeunesse.

img548

img549

img550

Non classé

Je phosphore du bulbe rachidien.

La Ville de Namur-city organise des examens afin de pouvoir nommer ses agents. Après moult hésitations, j’ai décidé de les passer. Par simple curiosité. Juste pour voir comment ils vont me nommer. Ginette ? Huguette ? Marcelline ? Je n’en n’ai aucune idée.

J’ai été étudiante. C’était il y a plus de dix ans et mon cerveau, il me faut l’admettre, a peut-être un peu perdu ses cognitions d’antan. Déjà à l’époque, on ne peut pas dire qu’étudier était mon fort. La preuve, c’est que pour faire baisser notre stress en période d’examens, Mel-Bichon et moi diffusions des CD de chants des baleines et il nous arrivait souvent de piquer du nez. Nous nous retrouvions égarées, la tête sur le syllabus et la bave au coin de la bouche, réveillées en sursaut par le cri du mâle alpha.

Mais étudier, c’est un peu comme le vélo ou la natation : ça ne s’oublie pas.

Je me suis donc saisie du volume « Eléments de bibliothéconomie » et me suis allongée confortablement dans le canapé, une tasse de thé vert sur la table basse. Dehors, il pleuvait comme vache qui pisse : un temps idéal pour se lancer à corps perdu dans la législation. J’ai regardé ma montre, en me disant « J’étudie 50 minutes, je fais une pause de 10 minutes, et ainsi de suite ». Stratégique. Organisée. Réaliste. Il était 15 heures.

J’ai ouvert mon passionnant ouvrage. Ça disait quelque chose comme « L’alinéa 18 du paragraphe 3 de l’article 12 du décret relatif à l’organisation du Service public de la lecture stipule que les opérateurs d’appui ne peuvent entrer dans la norme Afnor Z44-073 qu’en faisant passer la concaténation des chaînes de caractère avant les opérateurs booléens. » J’ai songé qu’il me fallait une clope. Mais je ne fume pas. Alors j’ai repris ma lecture.

Quand j’ai relevé la tête, exténuée par mes 50 minutes de concentration, j’ai remarqué qu’il était 15h12. Douze minutes. Je n’avais tenu que douze minutes. A ce rythme là, il me faudrait huit années pour me faire ingurgiter la matière. Comme je n’avais pas de clopes, j’ai fait une pause chocolat. Pour me donner du courage.

img063

Non classé

« L’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »

Père est dans le plâtre.

Cette annonce suscitera de la part de mon lectorat deux types de réactions.

D’une part, un soupçon d’indifférence (« Mais que veux-tu que ça nous fasse, que ton père se soit cassé la binette ? N’as-tu pas mieux à nous raconter en ce début de période estivale? »). Il s’agit là des personnes qui ne connaissent pas mon Paternel.

D’autre part, il y aura énormément de compassion de ceux qui le connaissent. De la compassion pour son entourage.

Père a donc le poignet fêlé.

Quand je lui ai demandé comment il s’était amoché de la sorte, il a juste répondu « Il est interdit de se moquer » Ce qui, en toute logique, n’a fait qu’attiser ma curiosité déjà vive.

Il se fait qu’il est monté sur une chaise afin de cueillir des cerises et que la chaise a basculé.

Mon père, en mode « warrior » est allé dormir. Au réveil, voyant que la douleur ne disparaissait pas, s’est rendu à l’hôpital. Là, le médecin lui a mis le bras dans le plâtre. Il lui a demandé s’il voulait qu’il lui réalise un plâtre noir, jaune et rouge. Père, fan des Diables, était tenté. Mais il a refusé. Parce qu’il se rend en France pour ses vacances et qu’il ne veut pas narguer les français « qui n’ont pas la chance d’avoir une aussi bonne équipe de foot que nous » (je cite).

Toujours est-il que le voilà immobilisé pour deux mois.

Ayons tous une pensée émue pour Belle-Maman, qui va devoir le supporter l’été durant.

papou-cerise