Célibat

Les téléfilms de Noël Versus la Vraie Vie

Difficile d’y échapper car ils sont sur toutes les chaînes : voici que la saison des téléfilms de Noël bat son plein. Que celui ou celle qui n’a jamais regardé ce genre de programme en plein milieu d’une après-midi pluvieuse me jette la première pierre.

Mais ne t’y méprends pas : même s’ils nous prodiguent un peu d’espoir, ils sont loin de refléter la réalité. 

Dans les téléfilms de Noël, l’héroïne porte toujours un prénom mièvre. Du genre Cristal. De préférence avec un “y”. Crystal est blonde, mince, elle a les joues roses, elle se fait des boucles au fer à friser chaque matin (où trouves-tu le temps de faire ce genre de choses, Crystal ?) et elle porte des pulls roses en angora. 

Dans la vraie vie, il se peut que tu te prénommes Jennyfer et il y a beaucoup de chances pour que tu sois trop grosse, que tu aies des cheveux blancs, des cernes sous les yeux et que tu portes des vêtements amples. 

Crystal est célibataire et ça, c’est à peu près la seule chose que tu aies en commun avec elle. Mais il va sans dire que là où elle a privilégié sa carrière à ses amours, toi, tu es juste jugée louche, jetée au ban de la société. 

L’horloge biologique de Crystal commence seulement à la tarauder alors que ta date de péremption est carrément dépassée depuis belle lurette. 

Un jour, Candy, la sœur jumelle de Crystal, fait comprendre à celle-ci qu’à force de rentrer si tard du bureau, elle est peut-être passée à côté d’une valeur essentielle, à savoir l’amour à partager autour d’un grand plateau de sushis. Et justement, Candy pense que Crystal pourrait couler des jours heureux auprès de Brad, son associé au cabinet de vétérinaire. Elle propose à Crystal d’échanger leurs vies. Crystal fera semblant de soigner des dalmatiens auprès de Brad pendant que Candy louera des films sur Smart TV dans une villa ultramoderne. 

Dans la vraie vie, tu n’as pas de sœur jumelle bien intentionnée. Ta soeur essaye juste de te présenter Michel, un représentant qui vend des atlas au porte à porte en te piégeant dans un bar mal famé. Michel t’offre une pression en reluquant sans arrêt dans ton décolleté. 

Dans les téléfilms de Noël, Brad décide d’emmener Crystal à la patinoire et elle est tout sourire, alors que dans la vraie vie, tu maudis celui qui décide de t’emmener à la patinoire. Il fait froid, tu as les joues rouges, la goutte au nez, et tu te fais bousculer par des sales gamins alors que tu tiens déjà à peine sur tes jambes. 

Si Crystal chancelle, Brad la ratrappe dans ses bras. Toi, si tu te vautres, tu écrases Michel de tout ton poids.

Dans les téléfilms de Noël, Brad propose à Crystal d’aller manger des cupcakes dans un salon de thé après leur incartade à la patinoire. Ils trempent des marshmallows dans leur tasse de chocolat chaud en se regardant langoureusement. 

Dans la vraie vie, il va falloir qu’on m’explique le délire avec les cupcakes. C’est un quatre quarts tout sec sur lequel on tape des colorants roses et des paillettes. C’est immonde ce truc. Et si tu te mettais à balancer des marshmallows dans du chocolat chaud, aucun doute que ton insuline se mettrait tellement à monter en flèche qu’il faudrait appeler le Smur. 

Brad est veuf. C’est bien, un veuf. Il a été marié, donc il n’a pas de problèmes d’engagement, ce n’est pas de sa faute si sa femme est morte, et sa souffrance le rend d’autant plus craquant.

Michel, quant à lui, est resté sur le carreau car il a des soucis d’engagement. En fait, il préfère jouer à la console en bouffant des Chipitos.

Brad-le-veuf a des enfants. Des enfants charmants. Une fille gentille qui a des tresses et un garçon très poli un peu triste depuis le départ de sa maman. 

Michel a cinq enfants bruyants qui te font un pied de nez dès que leur père a le dos tourné, et qui te disent : “T’as rien à me dire, t’es pas ma mère” en claquant les portes. 

Dans les téléfilms de Noël, Crystal et Brad finissent par adopter un des dalmatiens. Il garde le nœud d’emballage qu’on lui a mis autour du cou, il obéit au doigt et à l’œil et il est gentil avec les enfants. 

Dans la vraie vie, le chien de Michel est censé être blanc mais, à force de s’être roulé dedans, il ressemble à une grande bouse de vache, sans parler de l’odeur pestilentielle qu’il dégage. Et si tu essayes de lui mettre du ruban autour du cou, il se roule sur le tapis, faisant tomber la table basse du salon sur laquelle se trouvaient des verres. 

Tout ça pour te dire que dans ce monde là, tout est différent. Et puis, le pire du pire, c’est que, dans les téléfilms de Noël, l’histoire se termine toujours bien, contrairement à la vraie vie, qui se termine mal (la mort) et sans balade en calèche. 

Célibat

Joyeuse Sans-Valentin

Rares sont les personnes aussi célibataires que moi.

Je sais, cette phrase sonne un peu bizarre car il n’existe pas de gradation dans le célibat. On l’est ou on ne l’est pas. Mais quand-même : s’il était une discipline sportive, je serais certainement championne olympique et je me pâmerais dans les couloirs de l’existence avec ma médaille en or autour du cou.

Mais le monde est ainsi fait qu’hélas, le célibat a mauvaise presse, en particulier quand il est en CDI comme le mien.


A entendre d’autres célibataires (les autres rares laissés pour compte, les restés-sur-le-carreau), il inspire pas mal de sentiments négatifs tels que la méfiance (38 ans et toujours célibataire, c’est louche), la tristesse (Et dire que tu n’as pas de mannes de chemises à repasser), l’inquiétude (Est-ce contagieux ?) ou l’incompréhension (Mais pourtant tu es belle et intelligente).


A une époque, j’ai pourtant essayé de rentrer dans le moule comme tout le monde. Mais les échecs successifs ont eu raison de ma candeur et j’ai fini par arriver à la septième case : celle de l’acceptation, avant d’être passée au préalable par le choc (Moi, une si belle donzelle, seule ?), le déni (en fait je sors avec Isidore, vous le rencontrerez peut-être un jour), la colère (Bordel de merde), le marchandage (Si vous me trouvez un mec, je jure d’arrêter les chips), la tristesse (c’est trop injuste), la résignation.

Je pense être en partie voire totalement responsable de cet état de fait, m’étant plus souvent qu’à mon tour passionnée pour les invertis en devenir, les enfoireurs affectifs, les hommes mariés en quête de sensations fortes ainsi que ceux qui, vêtus d’une simple peau de chamois, ne demandaient qu’à retourner vivre dans les bois pour entrechoquer des morceaux de silex.

Je ne vais pas vous mentir, cela m’a attristée à une époque.

Je suis même allée consulter une thérapeute. Au départ, j’y allais pour le deuil, mais comme elle me posait des questions sur ma vie affective et qu’elle aimait recourir à des images, je lui ai dit : « J’ai l’impression que ma vie affective est un champ de ruines, un immense champ de désolation, une terre aride sur laquelle plus rien ne pourra jamais plus pousser. Ou alors un champ de bataille. Vous savez, un décor de Syrie dans lequel des corps jonchent le sol. ».

Peu de séances après cette déclaration, elle m’a dit : « Je sens que vous allez mieux. Nous allons pouvoir terminer la thérapie ». Et je suis rentrée chez moi.

Mère a dit : « Je pense que ta psy ne t’aime pas », ce qui a grandement contribué à me remonter le moral.

Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a pas mal d’avantages à la vie de célibataire :

Tout d’abord, je n’ai pas d’enfants.

Ce point à lui seul mériterait un article entier. Mais je peux d’ores et déjà dire qu’il n’y a pas un ou plusieurs petits êtres collés à mes basques. Je ne dois donc pas leur donner le bain, ni aller les conduire au foot le dimanche, ni faire les lessives de toute une équipe qui s’est roulée dans la boue.

En lieu et place de cela, je peux consacrer beaucoup de temps à ma créativité.

A moi, les après-midis de scrapbooking et de bullshit-journal.

Je dors en travers de mon lit et je peux faire des moulinets avec mes bras sans éborgner personne.

J’ai la photo de mon chien en fond d’écran de mon téléphone et personne ne me juge pour cela.

Ma tenue d’intérieur est si splendide que même Steve Urkel ferait une attaque.

Je crois encore aux histoires qui terminent bien. Cela fait de moi un être hautement original.

Et surtout, rien ne m’oblige à partager ma nourriture.

Vous voyez bien que c’est top !

Célibat

Le top 10 des phrases que l’on entend souvent quand on est célibataire

Aujourd’hui, je vous propose :

Le top 10 des phrases que l’on entend souvent quand on est célibataire.

bridget jones« Allez-y, j’écoute »

« Il faut d’abord apprendre à s’aimer soi-même », m’affirme haut et fort Amanda, ma  copine New Age qui est casée depuis ses 17 ans avec Thierry et qui, chaque fois qu’elle se regarde dans le miroir, trouve son cul trop gros et son nez trop de travers.

Sûr qu’en matière de célibat et d’amour de soi, Amanda en connaît un rayon.

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« Miroir, mon beau miroir, tu trouves aussi que je suis une connasse ? »

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Sinon, dans le genre phrase bateau, j’aime aussi beaucoup celle-ci :

« L’amour arrive toujours au moment où on l’attend le moins »

Ben là tu vois, ça fait 37 ans que je ne l’attend pas du tout.

« C’est bon, là, il peut ramener ses miches ? »

« Je vais te présenter Jean-Charles, il est célibataire, lui aussi »

Peu importe que Jean-Charles soit chauve, manchot, paralytique, comptable et/ou fan de philatélie. Il est célibataire. Et ce critère est amplement suffisant.

Souvent, cette proposition émane d’une vague connaissance qui, un verre à la main et bourrée de bonnes intentions (ou bourrée tout court), s’est mise en tête de vous rendre service alors que vous ne lui avez rien demandé. Juste, vous avez répondu « Je suis célibataire » à sa question sur le nombre d’enfants que vous avez. Ravie de parler drague, elle fait une goutte dans sa culotte en proposant son seul ami célibataire. Mais oui, Jean-Charles. Mais enfin, voyons, comment se fait-il qu’elle n’y ait pas pensé plus tôt ? Il est AUSSI célibataire, Jean-Charles.

C’est vrai quoi : on en connaît au moins tous un, de célibataire, si on réfléchit bien.

« Et pourtant, j’ai eu mon petit succès avec les femmes »

« Fais un petit effort »

Michel, il est bien. Comment ça, vous êtes juste amis ? Comment ça, tu ne ressens pas la flamme ? Et si tu faisais un petit effort ? Il est gentil, Michel. Il est célibataire et vous vous entendez bien.

Alors je ne sais pas trop ce qu’il te faut. Ne viens pas te plaindre, dans ce cas.

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« Tu ne sais pas ce que tu rates, Nathaliochka »

« Tu ne crois pas que tu es trop exigeante ? »

J’aimerais qu’il soit célibataire, drôle, attentionné, beau, chevelu, grand et mince. Qu’il ait un sourire éclatant, les dents bien alignées, un regard de braise, qu’il aime les caniches, qu’il soit sportif mais pas trop, qu’il s’habille avec soin, qu’il brille en société, qu’il gagne de l’or en barre. Qu’il soit une bête de sexe, bien évidemment. Qu’il soit gentil avec les animaux, qu’il plaise à mes parents, à mes sœurs et à mes amies (mais pas trop non plus). Ah, et qu’il n’ait pas de mioches, non plus.

Comment ça, je suis trop exigeante ?! Non mais vous voulez rire ?

hommes« Ca fait beaucoup de qualités. Tu postules quand-même ? »

« Tu ne serais pas une lesbienne refoulée, par hasard ? »

Sans déconner ? Il est réel, ce cheminement dans ton esprit qui, une fois lancé sur l’anomalie d’un célibat longue durée te mène à la conclusion que je rêve en secret de rejoindre l’autre rive ?

Crois-moi : si j’étais lesbienne, je le serais.

C’est aussi simple que cela.

« jamais sans Samantha »

« Tu as de la chance, tu peux coucher avec qui tu veux »

C’est bien connu, ma vie sexuelle est un vrai feu d’artifice. Je mène une vie orgiaque, de débauche et de luxure. Quand je rentre quelque part, les hommes sont à mes pieds. Je n’ai qu’à claquer dans les doigts et hop, mon lit se remplit par magie.

Bien-sûr que je couche avec qui je veux.

« Hep hep hep, Jeune Homme, on ne s’enfuit pas »

« Tu devrais sortir plus »

Moi, sortir plus ?

Tu veux rire, Patricia ?!

« C’est ma tournée »

« Profite »

Ouais ouais, c’est sûr qu’à 37 ans, j’aimerais encore en profiter un peu.

« Je me sens bientôt prête à rencontrer l’amour »

« Et si tu prenais un chien ? »

Un chien, c’est bien connu, ça remplace amplement un homme. Ca donne de l’affection. Et on peut lui en donner, aussi.

D’ailleurs, si je ne vivais pas dans un studio au troisième étage sans balcon, j’adopterais un caniche royal.

Je vivrais avec lui par procuration. Il regarderait le foot en décapsulant des bières pendant que je fais la vaisselle, je lui raconterais ma journée, je lui demanderais comment s’est déroulée la sienne, on aurait des projets de destinations pour l’été, il me masserait les orteils et dormirait dans mon lit.

Ben oui, c’est une évidence qu’un animal de compagnie puisse remplacer un homme.

« Et si nous retapissions le salon, mon chéri ? »

« Tu n’es plus toute jeune, tu sais »

OUI JE SAIS. J’ai 37 balais. Ma date de péremption approche irrémédiablement. J’entends le tic-tac de mon horloge biologique se répercuter à chaque seconde de mon existence.

Vous avez aimé ceci ?

Alors vous vous intéresserez certainement à la banalisation des relations humaines.

Célibat

Le jour où j’ai découvert le monde du métal

J’avais promis que je vous expliquerais d’où provenait ma lampe de poche qui est tombée dans le grille-pain.

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Avec mes copines célibataires, on organise des PEH (Plans d’Elargissement d’Horizons).

Késako un PEH ? Clique ICI si tu veux mourir moins bête.

Et clique  si tu veux quelques exemples concrets.

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Ce soir là, pour notre PEH, on avait décidé de s’inscrire à un blind test.

De métal.

Alors qu’aucune de nous n’écoute de métal.

Je sais que cela peut sembler intriguant, mais c’est bien ça le concept, après tout : élargir nos horizons. Et nous, on avait naïvement pensé que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.

« Un vrai courant d’air »

On a donc uni nos attitudes positives afin de former une équipe. Une team du feu de l’enfer (Vous voyez ? Je commence d’ores et déjà mon immersion en milieu métalleux)

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« Soirée blind test »

Mis à part élargir nos horizons, une soirée PEH a deux autres objectifs : briser les aprioris (ne nous leurrons pas, on en a toujours) et, but ultime, faire LA rencontre d’une vie. Ici : trébucher dans les ABL d’un type barbu qui porte une veste sur laquelle il est écrit en lettres de sang « Fuck Jesus » et qui porte des bagues en forme de dragons. (Je vous avais bien prévenus que j’ai le cerveau gangréné par des clichés en tous genres).

metalleux« Tu serais dispo vendredi soir ? »

Question aprioris, on pensait qu’on allait se retrouver avec huit autres tables dans un petit café pourrave le long d’une gare de chemin de fer et qu’on écouterait des extraits chantés hurlés par des sauvages et que, tout en observant la faune environnante, une petite mousse bien fraiche à la main, nous écririons de temps en temps dans une colonne « Marylin Manson » ou « les Hanson ».

« Je suis métal et je le reste »

QUE NENNI.

C’est que c’était du sérieux, cette affaire là.

Nous avions sous-estimé notre adversaire.

Il y avait, dans une immense salle des fêtes, des dizaines et des dizaines de tables. Des centaines de métalleux. Une foule. Un troupeau. Une horde.

Sûr qu’on allait faire tache, mais en gardant notre air le plus naturel, nous parviendrions certainement à nous fondre dans le décor.

« Je vois un tatouage tête de mort »

« Sympa, la petite sauterie »

Il nous fallait un nom d’équipe. En général, on se fait appeler  » Les petits poneys en foufette « , mais on a eu peur qu’on nous jette des bracelets à clous au visage, donc on a opté pour  » Les dark caniches « , ce qui a un peu plus de gueule et de mordant.

« Craignez-nous »

Ceci étant fait, nous avons rejoint la table qui nous était assignée et le jeu a commencé. Ils l’ont annoncé de but en blanc : il y aurait 7000 questions. Pire qu’un examen à l’Université. (Et non, je n’exagère JAMAIS).

Les questions ont commencé à défiler, nous laissant pantoises et silencieuses (chose rare, au demeurant).

Entre chaque manche, les résultats défilaient sur l’écran géant, rendant notre humiliation publique.

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On a un peu ri en notant ça et là « Joe Dassin » ou « Chantal Goya ». Mais en vrai, on ne s’amusait pas tant que ça.

C’est alors qu’ils ont annoncé que la première équipe recevrait des cadeaux, ainsi que la dernière.

Et cela nous a donné le sens du challenge : nous avons décidé d’en faire notre parti en essayant de terminer les dernières.

Et plus on restait les dernières plus on rigolait, ce qui a provoqué des regards de pitié de la part des autres joueurs, qui ne comprenaient pas bien notre trip.

A la fin de la soirée, après avoir rendu 30 pages quasiment vides, on nous a appelées à monter sur le podium car nous avions relevé le défi : être les lanternes rouges.

huer« Rentrez chez vous, les grognasses »

Dans le sac, il y avait des CD de chanteurs qu’on ne connaît pas, un beau T-shirt David Bowie (ce qui tombait bien parce que Tina est fan) et, vous vous en douterez, des lampes de poche qui finissent par tomber dans des grille-pain à en faire sauter les plombs.

Comme cela, vous saurez tout sur nos engagements visant à élargir nos horizons

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Grâce aux PEH, j’ai aussi fait du roller. Oui oui, cela mérite un clic.

 Le choix du matériel

 La roller parade

Célibat

Un vendredi soir sur la Terre

Je ne voudrais pas jouer ma Bridget Jones, mais il est vrai que parfois, un fossé se creuse entre les amies « en couple et fières de l’être » et les « célibataires au bout du rouleau« .

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Là, par exemple, je suis bien au bout du roll. J’ai même touché le carton.

Ce fossé se fonde sur un immense malentendu. Il se creuse sur base de ce que j’appellerais « la vie fantasmée ».

Et ce fossé se creuse surtout le vendredi soir.

Prenons pour exemple : moi-même (célibataire au bout du rouleau) et ma copine Charlotte (en couple et fière de l’être).

Piochons un vendredi dans le hasard de l’existence (vendredi dernier fera l’affaire) et décortiquons-le ensemble afin de faire apparaître le fossé fantasmagorique que je vous évoque.

La semaine de travail est enfin terminée. J’ai rangé ma perforatrice, arrosé mon cactus et nettoyé mon Tupperware. Jusque là, Charlotte et moi sommes sur un pied d’égalité puisqu’elle vient d’accomplir les mêmes tâches ou à peu près.

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« 16h30. Administration communale »

Là où commence l’écart, c’est que, tout en fermant mon bureau à clé, je pense à elle avec un soupçon d’envie.

Je me dis qu’elle a beaucoup de chance : elle va passer un vendredi soir tranquille avec son amoureux. Une fois qu’ils auront mis les enfants au lit, ils s’installeront dans le jardin avec un petit verre de vin blanc et observeront les étoiles en se racontant leur journée.

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« Elle s’est bien passée, ta réunion, Donovan ? »

Alors que moi…

Je regarde Alf en mangeant le reste de ma pizza d’hier sans même avoir pris la peine de la réchauffer au four à micro-ondes.

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Je me dis que la vie de Charlotte est quiétude, elle est comblée, elle a de magnifiques enfants, une maison digne de la revue « mon jardin ma maison », elle a un caniche géant qui s’allonge à ses pieds, un mari qui sait planter des clous et déboucher des tuyauteries. Cette nuit, elle sera aimée et, au réveil, elle trouvera un petit plateau sur lequel seront posés des croissants, des œufs sur le plat, un jus d’oranges pressées. Le plateau sera peut-être même garni par une fleur sauvage déposée dans un verre.

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« Diantre que ces enfants sont turbulents »

Charlotte, quant à elle, est secrètement jalouse de ma vie de célibataire. Elle pense drague et débauche. Elle pense luxure et chasse à l’homme. Elle pense retour aux aurores, un type à chaque bras. Elle pense gueule dans le cul et Paracetamol.

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« Oh, fais-moi mal, Johny Johny »

Mais la réalité est loin d’être aussi rock and roll.

Ce vendredi, j’ai rejoint des amis avec lesquels nous encadrions des enfants lors de stages d’été. Cette année, c’était un peu spécial puisque nous fêtions les 20 ans d’existence de ce stage. J’ai donc décidé de leur faire l’honneur de ma visite. « 20 ans. Nom d’une pipette ! Voilà qui ne me rajeunit pas », me suis-je dit en franchissant la grille.

Je me suis installée sur un banc en bois. La jeune femme qui était assise à côté de moi s’est aussitôt écriée « Oh ! je me souviens de toi ! Tu étais ma monitrice quand j’étais enfant. Ce qui est marrant, c’est que ce sont maintenant mes enfants qui viennent au stage chaque été. Regarde : le poussin qui est là tout au fond et la grenouille mauve, ce sont mes enfants ! »

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« Moi, à cet instant là »

Il y avait en effet, parmi les martiens, les pirates et des escargots, un poussin qui tremblait en bavant sur ses doigts et une grenouille mauve qui brandissait une épée en carton recouverte d’aluminium.

Sur l’avant de la scène, un crocodile dont le maquillage avait coulé à cause de la chaleur chantait un air inaudible en triturant ses crottes de nez. « Et lui, c’est mon grand !  » s’exclamât-elle fièrement en brandissant son caméscope. Elle filmait tout le spectacle sans en rater une seule miette.  « En voilà qui vont passer de chouettes soirées de visionnage cet hiver », pensai-je en hautaine cinéphile.

village-des-damnes-1995-01-g« Ils sont choupinous, hein, mes petits chéris ?! »

Reconnaissez que j’étais loin de l’ambiance drague et bar à rhum, et apprendre qu’une petite fille que j’avais eue en stage était elle-même mère de trois enfants, c’était un peu brutalisant.

Sous le choc, je décidai de me commander un petit quelque chose à boire. Il n’y avait que de la grenadine. J’ai vidé mon verre d’une seule traite. « Remettez-moi la même chose » dis-je au clown qui servait à la buvette. Comme il me lançait un regard interrogateur, je crus bon de lui expliquer « Je viens d’apprendre que je suis grand-mère ». Perturbé, il s’éloigna à l’autre bout du bar pour prendre la commande de quelqu’un d’autre.

Tout ce sucre m’a fait un bien fou. Je suis retournée à ma place. J’ai chanté « J’ai un gros nez rouge » avec le reste du public en mimant un clown. J’ai mangé un pain saucisse. De la moutarde a coulé sur ma robe.

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« Trop wopélop »

De son côté, Charlotte a jeté ses enfants dans leur lit un peu plus tôt que prévu, pour avoir la paix.

Quand elle est descendue, elle a pris soin de couper le baby-phone pour ne plus les entendre brailler dans ses oreilles. Elle a shooté dans un petit camion en plastique et a crié « Putain de sa race ». Elle a ouvert son frigo, s’est saisie de la bouteille de vin, s’est affalée sur sa chaise de jardin et a vidé le fond de la bouteille au goulot. Elle a demandé à Donovan si c’était lui qui allait chercher la commande de frites et ils ont mangé des poulycrocs en regardant un épisode de Thalassa, des cernes sous les yeux. A 22 heures ils ont fermé boutique. L’homme s’est endormi aussitôt, brisé par les vicissitudes de la vie familiale et il s’est mis à ronfler. Doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Charlotte a donc déserté le lit conjugal pour migrer vers le canapé. Dans le noir, elle n’a pas vu le même petit camion en plastique. Cette fois elle a juré « Mais putain de bordel de merde » en sautillant sur place et en tenant ses orteils endoloris dans sa main, ce qui a réveillé les enfants. Elle est montée les rendormir.

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« Franchement, réfléchis-y à deux fois, Bridget »

Ces réalités, certes triviales, sont les vérités de nos existences.

Je n’ai pas passé une soirée « gin tonic et cotillons », et Charlotte n’a pas roucoulé sous les rayons de lune.

Et si je développe ce sujet, c’est simplement pour mettre en lumière ce fossé du vendredi soir.

Et aussi, accessoirement, pour que les femmes mariées arrêtent de s’exclamer « Comme tu en as de la chance, tu peux coucher avec qui tu veux ! ».

J’ai chanté avec des clowns des airs qui restent en tête en buvant des grenadines, bordel de merde.

Célibat

La banalisation des relations humaines

Il y a quelques années, voyant qu’avec les hommes je prenais des râteaux en série, cultivant de la sorte un célibat fort inquiétant, je suis allée voir une psy.

Contre toute attente, elle ne m’a pas prescrit des petites boules roses, mais m’a prodigué quelques conseils qui me servent toujours à l’heure actuelle (à l’heure où je continue à prendre des râteaux en série).

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« C’est mon karma, je crois »

Dans ces conseils, un en particulier a retenu mon attention.

Il parait que je dois banaliser les relations humaines.

En particulier celles avec les hommes.

Il semblerait que je m’emballe trop, et trop vite.

A moins qu’elle ne l’ait seulement sous-entendu ?

Toujours est-il que j’ai toujours gardé ce concept dans un coin de ma tête : « la banalisation des relations humaines », et que ça m’aide grandement.

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« Epousez-moi, Jean-Pierre »

Du coup, avec Mel et Nel, on a trouvé un nouveau jeu qui nous éclate. Trouver des exemples (criants) de banalisation.

On y joue toujours un peu avant que je ne file à un premier rancard. Ça aide à rester légère et détachée, à ne pas faire de plans sur la comète, à ne pas démarrer sur les chapeaux de roue.

PAR EXEMPLE :

  • Je banalise, mais la chambre du petit, je voudrais qu’elle soit peinte en coquille d’œuf.
  • Je banalise, mais je crois que pour mon anniversaire, il va m’offrir un diamant monté sur une bague.
  • Je banalise, mais on va prendre un chiot.
  • Je banalise, mais j’ai déposé la liste de mariage chez Love-me-and-co
  • Je banalise. Je me demande juste si je rentre dans la robe de mariée que m’a cédée mon arrière-grand-mère.
  • Je banalise. Tu penses que Barbara viendra à ma baby-shower ?
  • Je banalise. Je parle en « nous ». D’ailleurs, nous banalisons.

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« Tout ce pastel me sied bien au teint »

Il est vrai que si je ne veux pas que Scully et Mulder me retrouvent dans mon studio dévorée par mon berger allemand, j’ai tout intérêt à changer d’attitude en me détachant un petit peu de la gent masculine.

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« Punaise, elle a morflé, tout de même »

Ça, par exemple, c’est mieux : 

 

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Ce que j’ai omis de dire à ma psy, c’est juste que je trouve dommage de vouloir banaliser ce qui, par essence, est tout sauf banal.

Mais je comprends où elle voulait en venir, bien entendu.

D’ailleurs, je sens que je vais y parvenir.

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Célibat

(Tenter de) sortir du célibat grâce au PEH

Pour rompre son mauvais karma et pouvoir un jour convoler en justes noces, tout célibataire se doit d’appliquer ce que je nomme communément le P.E.H. (Plan d’Elargissement d’Horizon).

Mais qu’est-ce qu’est exactement un PEH ? me demanderez-vous fort à propos.

Un PEH, c’est : Sortir de chez soi au lieu de larver en pantoufles dans un canapé défoncé, un plaid sur les genoux.

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« Ce soir je joue à Farm heroes saga »

Mais pas sortir de chez soi pour aller s’acheter un paquet de clopes ou de chips au paprika, non. Ni sortir de chez soi pour aller s’adonner à son activité préférée, d’ailleurs.

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C’est s’éloigner de chez soi pour sortir de sa zone de confort (canapé et biscuits au chocolat), prendre un peu de risque et  élargir des horizons parfois trop étriqués (canapé et biscuits au chocolat).

Entamer un Plan d’Elargissement d’Horizon, c’est s’inscrire à une activité à laquelle nous ne nous serions pas rendus de notre plein gré. En agissant de la sorte, nous agrandissons notre champ de vision, nous œuvrons à devenir une personne ouverte d’esprit un peu touche-à-tout.

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« Bien-sûr que j’adore le curling ! « 

Vous pourriez rencontrer celui ou celle qui fera chavirer votre cœur dans un stage de poterie ou de macramé.

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« Cessons de tourner autour du pot »

Un PEH contribue surtout à faire de nouvelles connaissances. Mais ne nous leurrons pas et cessons de tourner autour du pot : un PEH a pour objectif d’éventuellement faire LA rencontre fatidique.

« J’ai la banane »

Etant la créatrice certifiée du PEH, j’ai quelques conseils pratiques à vous divulguer afin que cela se passe dans de bonnes conditions :

Petit a : Évitez les passions qui ne conviennent majoritairement qu’à un seul sexe.

Les filles : oubliez ce stage de scrapbooking pour lequel vous hésitez. Il n’y aura aucun homme inscrit et, s’il y en a un, c’est peine perdue, je vous le dis tout de suite.

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« Je crois que je vais coller quelques paillettes autour des photos de mes nouveaux amis »

Petit b : Restez réalistes.

Les hommes : Si peu de femmes s’inscrivent à des initiations à la mécanique et à la carrosserie (voir point 1), il est plus que probable qu’elles ne véhiculent pas le fantasme escompté.

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« Bonnasse et mécanique »

Petit c : Ciblez votre activité

Si vous vous fantasmez sur les hommes qui portent des sarouels et des chaussons en laine bouillie, dirigez-vous vers le bien-être, ou versez carrément dans le new-age. Optez par exemple pour la cuisine des plantes sauvages, le yoga transcendental, la lévitation. Inscrivez-vous à une conférence sur les sept clés de l’Ouverture du Soi ou allez vous promener ce dimanche au Salon des pierres et des cristaux.

Si par contre, ce sont les mecs en polo Lacoste qui vous branchent, optez pour quelques cours de golf.

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« Les hautes chaussettes jaunes : LE fashion faux-pas du moment »

Petit d : Suivez une de vos connaissances dans un de ses domaines de prédilection.

Vous vous sentirez moins seul et c’est avec plus d’assurance que vous ferez vos premiers pas dans ce bal folk ou cette initiation à la cuisine moléculaire.

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« C’est très goûtu »

Attention tout de même à ne pas rester scotché à l’ami en question. A deux, on se sent mieux pour aller vers l’inconnu, mais on à tendance à prendre moins d’initiatives. Pensez à demander à ce beau brun là-bas dans le fond s’il peut vous montrer comment danser la gigue.

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« Plus simple que ça, tu meurs, Poulette »

Petit e : Veillez à votre budget.

N’investissez pas un millier d’euros dans une tenue de patinage artistique si vous pressentez qu’après la troisième mi-temps vous rentrerez chez vous, dégoûtée à tout jamais de la notion même de sport.

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« Ne me lâche pas, Connard »

Petit f : Faites d’une pierre deux coups en vous inscrivant à une activité qui peut vous être utile au quotidien.

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« J’ai fabriqué une niche pour mon chien imaginaire à mon cours d’ébénisterie »

Petit g : Il parait que commencer un PEH en participant à une activité organisée par l’équipe masculine de rugby peut s’avérer tout à fait bénéfique.

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« Dieu du ciel ! Mais votre balle est ovale ?! » (Chat-balle : ok, je sors)

Petit h : Gardez à l’esprit que vous n’aurez pas forcément en commun la passion de votre élu(e).

A moins que vous n’ayez eu une véritable révélation lors de cette journée d’initiation à la philatélie.

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« Je pense qu’on l’a en double, celui-là, mon chéri »


Célibat

La théorie des poils

Comme promis, je vous donnerai, tout au long de cette saga de l’été, quelques conseils de drague et de séduction. Ayant atteint le chiffre record de 35 années de célibat, je pense être LA personne la plus à même de vous conseiller. Car ne dit-on pas souvent que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés ?

Et pour vous prouver à quel point mes conseils sont bons, je commencerai par un conseil qui n’est pas de moi mais de mon amie Mel-bichon. Il concerne l’épilation.

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Ci-dessus : Concours de poils entre Cousin Machin et un chien

Ne me dites pas que vous n’avez jamais connu cela :

Ce matin, vous avez mis un temps fou à vous épiler de près. Vous vous êtes ruiné le dos (il faut se courber) et les yeux (à scruter le moindre poil rebelle), mais le jeu en valait la chandelle parce que vous avez maintenant de vraies jambes de sirène. Des jambes enfin prêtes à glisser sous les mains expertes du beau Brad.

Brad, c’est celui qui est accoudé au  » Bar à thym » depuis trois vendredis consécutifs. Celui qui vous a fait des œillades et qui a fini par vous offrir un cocktail « sex on the beach » le weekend dernier.

Pas de doute possible : cette nuit, Brad se débattra dans vos draps de satin en léopard.

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« La vague ne va même pas me décoiffer, parce que je suis une putain de princesse »

Vous le SAVEZ. Parce que vous avez l’assurance des guerrières amazones.

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« Prends garde, Brad. Cette nuit sera la plus mémorable de ta vie »

Et pourtant.

Et pourtant, vous rentrez bredouille chez vous.

Brad a emmené chez lui Rebecca, à votre nez et à votre barbe (on vous avait pourtant précisé de tout épiler).

Rebecca est une blonde à forte poitrine.

Il est trois heures du matin. Il ne vous reste plus qu’à noyer votre chagrin en commandant sur le chemin une mitraillette sauce tartare dans la dernière friterie ouverte de la ville (« Ivan des frites ») et à la manger chez vous, affalée dans le canapé, en maudissant la gent masculine, engeance du Diable et des enfers en jurant qu’on ne vous y reprendra plus et en renversant un peu de sauce sur votre chemisier blanc.

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 » Que de bassesses fait faire l’amour »

A l’inverse, un autre soir, avec vos copines, vous avez décidé de faire une soirée strictement entre goumiches. Vous êtes autant de femmes fortes et indépendantes délivrées du joug des hommes (qui sont tous des bâtards). Vos jambes ressemblent à celles du Yéti ou à celles d’une vieille hippie qui regretterait ses années Woodstock, mais vous vous en fichez éperdument car vous n’avez pas le cœur à la bagatelle.

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« Comme cela fait du bien de revenir à son état naturel »

Et pourtant, ce soir-là, IL entre dans le bar. Il n’a d’yeux que pour vous. Il vous offre un Malibu-Manhattan (en boire un dans un bar de Namur-city, ça le fait bien). Vous vous laissez inviter. Il s’appelle Ken. Vos arguments contre la tyrannie masculine fondent comme neige au soleil sous les lampées de cet alcool sucré. Soudain, tout en retirant délicatement le bonbon cerise qui entoure la paille de votre cocktail, Ken en arrache la moitié avec les dents en vous glissant un langoureux « On va chez moi ? »

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« Oh, Ken, quel regard langoureux »

Admettez qu’autant d’injustice, on ne peut en rencontrer que dans ce qu’on appelle communément la vraie vie.

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« Haribo, c’est trop pourri, la vie »

Alors voici donc le conseil de Mel-Bichon.

« Ne vous épilez pas ».

Car la loi de la nuit de folie n’échappe pas à la loi des contradictions, hélas.

En résumé, pour être certaine de conclure, laissez s’exprimer votre côté sauvage.

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