Guindaille

Le jacuzzi des Yakuzas

Cet été, pendant la canicule, Rebecca nous a invitées, Sophie et moi, à passer une après-midi jacuzzi chez elle. Pleine de bon sens, je lui ai dit : « Un jacuzzi un jour de canicule ?! Tu ne serais pas un petit peu maboule dans ta tête ?! « , mais elle m’a répondu que c’était une astuce des gens du désert. « J’ignorais que les berbères adoraient les jacuzzis », lui ai-je asséné avec un soupçon de moquerie. « Mais non, enfin ! C’est juste qu’ils boivent des grandes tasses de thé bien chaud en plein désert, ce qui relève du même principe ». Sophie, qui est une scientifique de renom, s’est exclamée : « Aaaah…. Tu veux dire qu’ils se donnent encore plus chaud pour après avoir l’impression d’avoir plus froid ? » « Oui, a-t’elle conclu, je parlais de ça ».

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Guindaille

J’étais bourrée

Au départ, ce devait être un simple repas tranquille entre collègues.

Nage de poissons ? Ils sont vivants ?!!!

Mais je ne sais pas ce qu’il s’est produit. J’étais crevée et je souffrais depuis plusieurs jours déjà d’une douleur dans l’oreille, et quand le serveur m’a amené mon gin, j’avais l’impression qu’il cautérisait mes ganglions.

Alors il est descendu tout seul, d’une seule traite et, sur la douleur plus fatigue, ça a fait un cocktail détonnant.

Puis j’ai vidé une bouteille de rouge avec Dédé, chose que je ne fais jamais.

Tout cela m’a fait un effet boeuf.

En nous connectant à la 4G, Sophie et moi avons vu que la Myrèse-family était dans le même restaurant que nous alors on s’est levées et on les a cherchés partout et on a pris des photos de nous éméchées devant toutes les tables en demandant : « Vous êtes où ? On est là aussi », devant les serveurs exaspérés par notre cirque.

Bien entendu lls étaient déjà rentrés depuis longtemps. On leur a dit on débarque chez vous ! Mais on ne l’a pas fait car en descendant la route du restaurant, les tournants ont tourné, et ça nous a fait passer l’envie de faire un after.

Arrivée à la maison, j’ai trébuché dans le chat.

Puis j’ai envoyé un message nocturne à Marena Palm en disant : « Meuf, on va se faire un road trip à la Thelma et Louise, un truc du feu de Dieu, tu vas voir ».

A cette heure tardive de la nuit, nul doute que Marena Palm dormait à poings fermés et que le lendemain elle lirait ma missive en se disant « Quel boulet, celle-là ».

Puis j’ai longtemps parlé au chien.

Je lui ai dit : « Il faut que je boive l’entièreté d’un grand verre d’eau. C’est pour le crâne, Doudi. Pour ne pas avoir mal demain ».

Il s’en fichait éperdument, enroulé dans son panier, mais j’ai commencé à lui expliquer que toutes ces considérations étaient loin de concerner le règne animal et comme il ne réagissait toujours pas, j’ai compris que je venais de dire le mot « considération » à mon chien et que, du coup, il était grand temps de vider ce verre d’eau et de rejoindre les bras de Morphée.

Kakou le chat squattait mon lit et il est interdit de maison la nuit mais j’étais trop entamée pour le virer alors je l’ai laissé là et il m’a harcelée comme un petit chaton qui réclame sa maman en me plantant névrotiquement les griffes dans le cou.

Au matin , mon crâne vrillait.

J’ai vu que je m’étais endormie sans avoir vidé mon putain de verre d’eau obligatoire.

J’ai vu que j’avais laissé des messages chelous.

Que de la bave séchait au bord de ma bouche.

Que le chat était étendu sur moi en écharpe.

Que le chien m’observait d’un air désolé.

J’ai toussé un peu. Mes ganglions avaient triplé de volume.

Aussitôt, Mère est entrée dans ma chambre et m’a dit : « ça va ?  » avec de la panique dans la voix.

« Oui, pourquoi ? »

« Tu as toussé »

« Et alors ? »

« Alors ? Tu dois restée confinée chez toi »

« Je suis chez moi »

« Tu vas mourir  » a-t’elle conclu d’un ton sans émotion, puis elle est partie.

Péniblement, je me suis levée et je suis descendue.

Je me suis affalée dans le canapé, à côté d’Adèle.

Le chien est arrivé près de nous, la queue battante.

« Oh, mon petit frère chéri ! « , s’est exclamée Adèle, toute fébrile.

Le chien l’a regardée une seconde.

Puis il a vomi sur le tapis.

A ses pieds.

Une croquette et de la bile.

« Je crois que le chien aussi s’est fait une biture express », ai-je conclu.

Guindaille

Comment le réveillon de nouvel an est parti en sucette

Tout se déroulait comme prévu.

Mère, Adèle et moi étions affalées dans le canapé, devant le feu, une flûte de mousseux à la main en regardant une série sur la révolution russe (guerre des tranchées, fusillades, peuple qui s’entretue : y’a pas à dire, nous, on sait se divertir).

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Guindaille

Le concours de pulls de Noël

Déjà qu’il n’est pas facile de survivre à Noël en temps normal, mais en plus, ma famille a connu dernièrement plusieurs tragédies qui ont mis le moral des troupes à rude épreuve. Afin d’adoucir la peine, Caro a pensé qu’un concours de pulls de Noël nous distrairait.

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Guindaille

Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin

Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin. Enfin, on dit kermesse, mais je trouve que foire au boudin, ça sonne mieux.

Etant donné que je suis une vieille-à-la-tisane, je n’ai absolument jamais envie d’y poser le moindre orteil. Moi, je préfère toujours rester chez moi à zoner devant Netflix en mangeant des Carambar.

Mais chaque année, Caro incepte mon esprit pendant plusieurs mois pour essayer de me convaincre que je crève d’envie d’y aller. Et je dois dire que ses inceptions fonctionnent à merveille puisque, chaque année, on me retrouve debout sur les tables du café « Notre maison » en train de chanter, un verre à la main : « Femmes, Femmes, j’suis comme un soleiiiil qui brille dans la nuit ».

Jean-Luc Lahaye d’honneur

Qu’est-ce qu’une inception ? me demandera le public vieillissant de ce blog.

Eh bien, cela fait référence au film du même nom : « Inception », mais à prononcer à l’anglaise, of course.

Une inception est une opération délicate visant à faire germer une idée dans l’esprit de quelqu’un tout en lui laissant croire que cette idée est de lui. 

J’ai vu le film et Caro m’a avertie : « Tu ne vas rien comprendre » et c’est vrai, je n’ai rien catché, un peu comme si j’étais con comme un sous-plat. Mais soit.

inception
Lustin

Vendredi.

Je suis rentrée du boulot avec un mal de crâne tel qu’on aurait dit qu’un bricoleur forait des trous dans les cloisons de mon cerveau. Alors je me suis vautrée sous mon plaid et j’ai mangé plusieurs carrés de chocolat aux grosses noisettes en me faisant un shoot de paracétamol.

sinus

Mais ma cousine Noémie, contrairement à moi, est jeune. Elle a donc décidé de sortir et Caro lui a proposé de l’héberger.

Au milieu de la nuit, munie de sa clé, elle est rentrée discrètement et s’est installée sur un matelas.

Puis, vers 6 heures du matin (décidément, ça devient une habitude, cette famille qui me réveille aux aurores), Caro est rentrée chez moi, visiblement paniquée.

« Que se passe-t-il donc ? » lui ai-je demandé, la voix pleine de sommeil.
« Je crois que Noémie est somnambule » me répond-elle.
– Ah oui, ça se peut.
– Elle erre dans l’appartement, elle circule entre les meubles.
– Mais elle dort ?
– Ben justement… JE NE SAIS PAS. Si je lui parle, elle me répond des choses cohérentes. Et elle a les yeux grands ouverts, mais elle fait des choses insensées. Elle s’assied, puis elle se recouche. Elle me regarde dormir. Puis elle passe entre tous les meubles. Je flippe à mort !
– Faut pas avoir peur. Elle dort. Elle rêve. Elle croit peut-être qu’elle est chez elle. Ou ailleurs. Il se peut qu’elle se croie dans la salle d’attente d’un médecin. Ou elle fait ses courses chez Aldi.
– Je suis psy. Je vois des gens fous toute la journée. Mais une somnambule, c’est la première fois. J’ai peur !
– C’est faux. Quand elle était petite, Adèle était somnambule. Tu ne te souviens pas qu’elle est sortie de sa chambre pour venir uriner dans la boite se céréales en déclarant : « Ben quoi : je fais pipi ! » ?
– Évidemment que je m’en souviens (forcément, cette anecdote fait partie du top 10 des anecdotes familiales). Mais ces yeux ouverts, ça me fait flipper grave.

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Là, prenant à bras le corps mon rôle d’aînée, j’ai décidé de rassurer ma petite sœur.

Je lui ai proposé de googler « somnambulisme » pour avoir des renseignements. « Gougueler ». En voilà une bien mauvaise idée. Peut-être aurais-je dû m’en douter. Car par plusieurs fois déjà, cette curiosité intellectuelle s’est retournée contre moi.

Quelques exemples de googelisations qui ont tourné au vinaigre :
– La fois où Marie-Paule a demandé à Célien de faire une recherche pour élargir son champ de connaissance en matière animale.
– Le jour où j’ai appris à mes dépens que j’étais trypophobe.
– La fois où j’avais un rhume et que Doctissimo m’a prédit que je n’avais plus que quelques heures à vivre.
C’est de cette manière qu’on a appris que les somnambules peuvent :
– Uriner dans les coins.
chienpisse
– Faire la vaisselle.
merlinvaisselle
– Baiser avec des inconnus.
drague
– Conduire en dormant.
dormir-au-volant
– Se défenestrer.
somnambule2
– Commettre un meurtre.
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Là, Caro a blêmi.
Elle a dit : « Je vais enfermer Nono à clé pour ne pas qu’elle se jette par la fenêtre depuis la cage d’escaliers. Mais de la fenêtre de chez moi, il ne peut rien lui arriver, même en arrachant la moustiquaire, parce que la fenêtre est trop petite pour s’y glisser ».
– Et en ce qui concerne les homicides ?
Ma sœur a réfléchi.
– Je ne sais pas… Tu viendras vérifier si je suis en vie en rentrant de ton boulot ?
– OK, pas de problème.
– Tu sais, Natha, si ça tombe, notre cousine tue des gens toutes les nuits.
– Oui, c’est possible. Et ce qui serait vraiment cool, c’est qu’elle traque les pédophiles pour leur arracher les couilles.
killbill
 On dirait que c’est l’argument qui a rassuré Caro car elle est retournée chez elle.

Samedi.

J’étais toujours aussi vieille et fatiguée.

J’ai regardé « Vendredi tout est permis » en pyjama, tellement heureuse que ma sœur n’ait pas l’air de vouloir m’obliger à « aller à cabaret », comme on dit par ici.

vutélé

Dimanche.

Le matin, c’était le traditionnel défilé de chars.

Le thème de cette année : les sept péchés capitaux.

Je me suis dit : Il n’y a vraiment qu’en Wallonie qu’on peut voir défiler des chars familiaux sur ce genre de thème.

Par exemple :

  • Le char de la colère mettant en scène la révolution française et proposant un petit atelier décapitation.
  • Le char de la luxure transportant un homme travesti en prostituée et ayant déguisé tous les enfants en petits cochons.
  • Une femme déguisée en Ferrero Rocher en train de fumer sa clope et boire une canette de bière.

L’après-midi, j’ai été interpellée par une femme très sympa qui a déclaré être une de mes fans. Du coup, elle voulait me payer à boire. On a un peu discuté.

C’était chouette, j’avais un peu l’impression d’être la Madonna de Lustin, qui ne peut pas faire un pas sans être repérée par la foule en délire.

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Puis Eugénie est venue me retrouver et on a un peu discuté du conflit Israëlo-Palestinien en mangeant des pains saucisse assises sur un talus.

Le soir, on s’est retrouvés entre cousins.

Pour une fois, on est restés calmes.

La nuit, j’ai été réveillée par un quidam qui appuyait sur ma sonnette avec insistance. Il sonnait alternativement chez moi et chez ma sœur. (Ici, je tiens à dire que d’habitude, ma sonnette ne fonctionne pas (simplicité involontaire), mais comme de bien entendu, le jour où on quelqu’un appuie dessus à 4h30, voilà que tout à coup elle se met à fonctionner).

J’ai cru que c’étaient mes cousins qui cherchaient le gîte pour le reste de la nuit. Je me suis donc levée. Caro était déjà sur le palier. Penchée sur le bastingage, elle observait la cage d’escaliers en demandant qui venait là à une heure aussi saugrenue. Elle avait les yeux hagards et l’humeur en pétard.

Un petit jeune homme est apparu. Bourré comme la Pologne, il a déclaré : « Je suis Jean-Guy, un ami de Stéphanie. »

Caro lui a sorti sa grosse voix cassante et lui a rétorqué : « Et si Stéphanie ne te répond pas, tu ne crois pas que c’est parce qu’elle dort ?!! C’est une raison pour sonner à tous les appartements de l’immeuble ??! »

« Pardon » a dit le petit Jean-Guy, un peu penaud.

Il est sorti et on est allées se recoucher.

C’est sur cette note agréable que s’est terminé ce weekend harassant.

Guindaille

Fêtes de Wallonie express

Le jeudi soir des fêtes de Wallonie, je me sentais vieille et fatiguée.

J’ai regardé Netflix en mangeant du riz au lait, confortablement parée de mon pyjama en pilou.

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Je devais me préserver pour le lendemain, car nous allions lancer un concept unique et novateur : la fête express.

A 18 heures, nos pieds ont foulé le sol namurois.

Vite vite, on a bu un petit verre pour nous échauffer.

snoopy

A 19 heures, mon cousin Estéban donnait un concert place Saint-Aubain. Nous sommes allées l’écouter et l’applaudir dans la foule en liesse.

foule en liesse

A 20 heures, les copines d’Adèle m’ont dit : « Tu serais cap’ d’aller chercher des pekets pour ta sœur ? ». Moi, évidemment, j’ai répondu oui et je leur ai dit : « Suivez-moi, on va jusqu’au bar là-bas (aubarlaba) ». En me suivant, elles m’ont demandé : « Mais tu connais ses goûts, au moins ?! ». « Oui, oui  » leur ai-je répondu « On va lui prendre quelque chose d’un peu exotique ». Ce à quoi elles ont acquiescé.

Arrivées au bar j’ai demandé quelques peckets au serveur qui m’a répondu : « Nous n’en n’avons pas ici, mais allez voir par-là », et il a tendu son doigt dans la direction opposée. « Merci, Jean-Pierre », lui ai-je répondu.

« C’est en face, les filles », ai-je affirmé. Et leur regard a commencé à devenir soupçonneux. « Qu’est-ce que tu as demandé à Jean-Pierre exactement ? », m’a demandé Loren. « Ben s’il avait des peckets ». Et elles ont ri.

« Mais non !’ s’est écriée Anne-Sophie. « On t’a demandé si tu serais cap’ d’aller chercher des mecs pour Adèle. Pas des peckets ! »

Ce qui a donné lieu à un des meilleurs quiproquos de tous les temps.

« tryphon tournesol

« Surnommez-moi Tryphon Tournesol »

Pour fêter ce grand moment, on a vite bu un petit verre.

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A 21 heures, nous sommes allées manger la traditionnelle tartiflette.

En chemin, un café diffusait de la musique entraînante et nous avons dansé. Mais vite. Sur une seule chanson. C’est tout l’intérêt de la fête express.

danse express

« Boum boum boum boum, I want you in y room »

A 22 heures, nous avons croisé ma filleule. On lui a dit : « Nous, on y va. On rentre. » « Mais enfin, marraine, tu as vu l’heure ?! Il y a encore des bus, à cette heure-ci !!! », m’a-t-elle répondu avec toute l’insolence de sa jeunesse.

Voilà comment je suis rentrée, un vendredi soir des fêtes de Wallonie, à 22h30

snoopytrait

(Petite nouveauté dans ce blog, je vais commencer à introduire les dessins de mon agenda vintage – je vous expliquerai)img268

Guindaille

Le mariage de Pauline et Bart

Samedi dernier, ma cousine Pauline s’est mariée avec Bart.

Comme il s’agit du premier mariage de cette génération, toute la famille était en ébullition.

Mes cousins se sont mis sur leur 31.

Martin – Matthieu – Esteban

Mes sœurs et cousines aussi.

cousines

Caro – Adèle – Mathilde – Célia

La soirée s’est bien déroulée.

D’abord, il y a eu le verre de l’amitié.

Nous avons bu un petit verre de champagne et trinqué à la santé des jeunes mariés. Certains invités dont je tairai le nom ont bu le contenu de plus d’une coupette. Ils m’ont dit que, comme il s’agissait d’un mariage polonais, ils devaient s’échauffer un peu le gosier avant d’entamer les hostilités.

Puis il y a eu le lancer de bouquet.

Toutes les femmes célibataires se sont rassemblées derrière Pauline et, quand elle a jeté son bouquet loin derrière elle, ce fut l’anarchie totale. Tous les coups étaient permis.

Quand Laurence a vu que le bouquet arrivait près de Caro, elle l’a plaquée au sol afin de la neutraliser.

C’est comme ça que Caro s’est retrouvée les quatre fers en l’air au milieu de la pelouse alors qu’Adèle, triomphante, nous narguait, le bouquet à la main.

rugby-feminin

« Je l’aurai, ce bouquet »

Bien entendu, la vodka coulait à flots et ma famille a eu la prétention de croire qu’elle pourrait rivaliser avec la famille polonaise.

« Santé, camarades »

Mes oncles et tantes ont incendié le dancefloor en inventant des pas bizarres et inquiétants.

 

« Le pas du diable à cornes »

« Le pas de la réanimation cardiaque »

Quand les gens ont commencé à faire la chenille, je me suis discrètement éclipsée dans le jardin.

Il y a des limites à tout.

chenille

« C’est la chenille qui redémarre »

Enfin (seul être sobre parmi les hydraulisés), j’ai pu constater l’ampleur des dégâts et déclarer, d’un ton formel et sans l’ombre d’un doute :

Belgique 0 – Pologne 1

« Allez vous coucher, les enfants »

Guindaille

On est vieilles (et fatiguées)

Le vendredi soir des fêtes de Wallonie,  Adèle envoie un message : « Vous êtes en ville, les sœurs ?! ».

Un peu gênée, je tente un laconique « Non, pas vraiment ».

Adèle s’insurge : « Mais ce n’est pas du tout normal ! ».

Elle trouve que le monde a basculé sur son axe.

Et elle est loin de se douter à quel point.

Dix minutes plus tard, Mel-Bichon appelle : « On descend en ville se jeter quelques petits pekets ? ».

Le cœur en peine, je me sens obligée de modérer ses ardeurs festives en lui faisant un rapide compte-rendu de ma situation : « Je ne peux pas, Mel. Je suis en pyjama« .

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Et Dieu sait que quand on a enfilé son pyjama, c’est que la situation est irréversible. On n’a plus le courage de ré enfiler un jean et un pull, il est trop tard, on a les pieds bien au chaud dans des chaussettes mauves en pilou. « Et puis je suis sous ma couette, avec mon ordi sur les genoux. Je surfe sur « Adopte un mec point com ». En plus, j’ai mangé plein de galettes au chocolat et j’ai super mal au ventre ».

« On est vieilles », me dit Mélanie. « On est des petites joueuses. Avant, on était rock and roll, on s’enfilait des mètres de pecket, on dansait sur les tables jusqu’aux aurores et on rentrait en titubant. Tu te souviens de la fois où tu as vomi dans ta baignoire ? » (elle invente).

« Ceci dit, ajoute-t’elle, je te propose de sortir, mais en fait je suis laminée de fatigue, je dois ramasser le caca du chat et je n’ai pas encore vu le dernier épisode des princes de l’amour. Pour bien faire, il faudrait que j’aille dormir tôt et bon, il est déjà 21 heures, après tout. »

Guindaille

Pour l’amour de la science

Si j’ai répondu « Je suis des vôtres » à Dominique F. lorsqu’elle a expliqué : « Samedi après-midi, je vais être jury d’un concours de déguisements pour enfants au comité du Grand Feu de Bouge mais il nous manque une personne », c’est pour trois raisons. Si je vous les expose ici, ce n’est pas parce que je voudrais me justifier, non. Mais j’aimerais décortiquer les méandres de mon raisonnement au cas où l’on me croiserait accidentellement au moment où je déclarerai que j’attribue 7 points seulement à cette coccinelle parce que son antenne droite est un peu « châlée ».

Et puis oui c’est vrai,  j’admets que d’habitude je tiens à entretenir mon aura de jeune femme rock and roll, aura qui sera quoi qu’il advienne aujourd’hui entachée.

Si j’y vais, c’est :

De un parce qu’on peut lire partout sur Facebook que Lao Tseu a dit : « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne ». Et qu’en tant qu’adepte des Grandes Sagesses, je suis religieusement l’enseignement que Lao Tseu diffuse sur les réseaux sociaux.

De deux parce qu’il est grand temps que je reprenne en main un programme qui faisait partie de ma vie et que j’avais intitulé le PEH (Plan d’Elargissement d’Horizons) et qui consistait à suivre des activités qui sortent des sentiers battus, qui m’emmènent hors du cadre connu de mes quatre murs. Il y avait à la clé, souvenez-vous, l’opportunité éventuelle de rencontrer au détour d’une roller parade, d’un bal folk ou d’un concours de flamiches de beaux et ténébreux célibataires. Oui, quand on ouvre son esprit, il faut tout de même une carotte pour l’âne, un stimulant, une possible récompense. Autant l’ouverture de l’esprit n’est pas une fracture du crâne, autant la femme célibataire a besoin de chimères pour avancer.

De trois parce que, en tant que chroniqueuse de ce blog, je tiens à l’alimenter de mes palpitantes découvertes.

Si je me rends cet après-midi à un concours de déguisements pour enfants, c’est donc poussée avant tout par mon amour de l’ethnologie.

Ne vous y méprenez pas.

bébé-déguisement-légume

Aujourd’hui c’est samedi, je ne dessine pas. Mais je pense me faire pardonner en vous montrant ceci. Un bébé déguisé en brocoli. Avouez que ça vaut son pesant de cacahuètes.