Home sweet home, Lyme

Ken Follett

Dimanche. Lendemain de la veille, comme dirait l’autre. Comme je n’ai pas bu une goutte d’alcool au mariage, je suis fraîche comme un gardon. Fraîche et reposée. Adèle a mis la table du matin. Du beurre, des confitures, des pancakes aux pépites de chocolat.

Comme chaque matin, l’infirmière B. vient cueillir mamy au saut du lit pour lui mettre ses bas de contention. C’est fou le personnel médical qui gravite autour de cette maison. Il y a le roulement des trois infirmières qui s’occupaient de moi (Tiffany, Lora et Gwen) et qui s’occupent à présent de mamy. Il y a Michmich, qui vient nous faire deux fois par semaine des injections dans les fesses, à Mère et à moi, à la queue leuleu. Michmich crie : “Aujourd’hui, c’est tout le monde à droite!”, et chacune baisse sa culotte pour montrer sa fesse droite. Je dis toujours à Michmich de bien prendre soin de moi, qu’elle est en train de m’envoyer pas moins de soixante balles dans le cul et ça la fait marrer à gorge déployée. J’ai toujours aimé avoir mon petit public. Il y a aussi le kiné qui vient trois fois par semaine pour mamy et qui lui fait faire quelques exercices. Elle lève une jambe puis l’autre, appuyée sur sa tribune, telle une ballerine avec peut-être un peu moins de souplesse. 
Tout ce petit monde se relaie à notre domicile, et je ne te parle même pas de la pédicure ni du coiffeur qui viendra prochainement. 

Alain toque à la porte. Il apporte des croissants. Un voisin comme tout le monde en aimerait. On s’installe à table. On prend nos cachets. J’en ai 26 à prendre, répartis sur toute la journée. Mamy se moque. Elle dit : “Tu prends ton apéro ?!”. Elle dit qu’elle est en meilleure santé que moi, du haut de ses 91 printemps.

Après le petit-déjeuner, elle s’installe dans son fauteuil pour lire un peu. Moi je me couche sous un plaid et je lui explique que je rédige mes mémoires. Ça la fait marrer. Adèle entre dans le salon avec une pile de livres dans les bras. Elle crie : “Bonjour, les malades ! Voici le service de bibliothèque ambulant de l’hôpital Saint-Héribert!” “Oh ça tombe bien, dit mamy, qui vient de terminer son troisième Ken Follett de la semaine. “Qu’avez-vous à nous proposer ?” “Alors”… dit Adèle en brandissant un premier livre. “Nous avons des expériences faites à Auschwitz sur des jumeaux,…” Mamy me regarde avec un air perplexe. Le livre que sa petite fille lui avait recommandé et qu’elle vient de lire parlait de la Shoah et elle m’avait confié : “Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ça va mal finir”. Adèle ne s’est pas laissée démonter par notre peu d’enthousiasme. Elle a dit : “ Si vous préférez, j’ai aussi un livre sur le débarquement de Normandie”. “Bof”, a dit mamy. “Ou bien une série de quatre meurtres selon le même mode opératoire à Washington“. `j’ai dit : “Franchement entre les trois mon coeur balance” et je crois qu’elle n’a pas saisi le second degré de ma remarque car elle a répondu : “Dans ce cas je te laisse réfléchir” en jetant avec fracas la pile de livres qu’elle nous proposait. 
Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond chez cette fille. 

J’ai préféré continuer à rédiger mes mémoires pendant que mamy optait pour les piliers de la terre, le classique des classiques, l’incontournable roman que chaque membre de ma famille se doit d’avoir lu, le livre que Jean-Chri et ses amis avaient découpé en différents blocs quand ils étaient paumés sur un sommet népalais et que la lecture venait à manquer, comme ça ils avaient chacun un morceau et pouvaient lire dans leur tente le soir. “Et puis ça pèse moins dans le sac à dos si on se le partage”, avait-il précisé. 

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Les bulgares

Quand il fait beau et que le soleil brille, Adèle aime bien donner des bains sauvages à Hannah. Elle remplit son coquillage en plastique d’eau tiède et la lave dans le jardin. C’est bucolique. Il y a des bulles de savon qui s’envolent, des petites coccinelles viennent s’abreuver et Hannah peut balancer autant d’eau qu’elle veut dans la pelouse. Mais hier, voilà que j’aperçois Adèle qui emporte la coquille bleue et la rentre dans la cuisine. Intriguée par son grand déménagement, je lui demande ce qu’elle fabrique, et elle me répond qu’elle va donner le bain du Pimousse dans la cuisine parce qu’il fait trop froid dehors et qu’elle a la flemme de monter des casseroles d’eau chaude jusqu’à la baignoire. (Nous n’avons plus d’eau chaude depuis que la cuve à mazout a été inondée).

Tu sais, Gary, j’ai grandi dans une famille un rien bohème alors je ne suis pas du genre à me formaliser pour si peu. J’ai quand-même rappelé que cet enfant avait une salle de bains chez elle et qu’elle pouvait très bien s’y rendre, mais ma proposition a semblé incongrue, tant à Adèle qu’à Caro qui ont levé les yeux au ciel. Quoi de plus normal que de donner son bain à un enfant dans un coquillage en plastique au milieu d’une cuisine ?

Stanislas était très intéressée par ce qui se déroulait, alors elle est venue boire l’eau du bain. Pour parfaire cette impression de manouche-attitude qui ne nous quitte plus, des tas de vêtements et de jouets jonchaient le sol, et Happy était étendu au milieu du capharnaüm.

Là où ça a commencé à partir un peu en sucette, c’est quand Mère est rentrée du potager et qu’elle s’est exclamée : “Oh génial ! Une baignoire ! Laissez l’eau, j’irai après Hannah”. Caro a dit : “Euh, maman… Tu vas te laver dans la coquille ?!”. Je crois qu’elle n’était pas certaine d’avoir bien compris. “Mais oui !”, s’est exclamée maman en ajoutant, assez choquée : “C’est de l’eau chaude!!!”. Caro, elle, a de l’eau chaude qui sort de ses robinets et comme la plupart des personnes privilégiées, elle ne se rend même plus compte de la chance qu’elle a.

Immédiatement, Mère a commencé à retirer son short, l’envoyant valser sur les autres vêtements éparpillés et Caro a crié : Mais maman !!! Tu vas te laver là au milieu de la cuisine?! Devant nous?!” “Mais comment veux-tu que je fasse d’autre, ma chérie ?” “Je ne sais pas, moi ! Et en plus, mes pâtes sont en train de cuire et elles sont bientôt prêtes, je dois les sortir de la casserole” a précisé ma soeur. “Mais qu’est-ce que ça change ?” a demandé Mère.”Je ne sais pas, moi. C’est juste que ça me semble bizarre d’aller touiller dans mes pâtes à côté de ma mère qui se lave dans un coquillage”, a dit Caro. “Oh, ce que tu peux être classique, quand tu veux”, a dit Mère. Et ensuite elle a demandé à Caro : Tu crois que je pourrais récupérer l’eau chaude de tes pâtes ? Le bain de la petite a un peu refroidi”.

Caro a mis sa tête entre ses deux mains, d’un geste las, et elle a dit : “Et après on s’étonne que les amis de Jean-Chri nous surnommaient “les bulgares”.

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Rudy la Bricole

Il faisait beau et nous étions en train de profiter des premiers rayons du soleil sur la terrasse quand Père a observé d’un air attentif la pergola qui se trouvait au-dessus de nous. Il a déclaré : « Je ne sais pas si elle va tenir encore longtemps. Je crois qu’un de ces jours, elle va nous tomber sur la tête ».

« C’est vraiment très rassurant », a répondu Caro, qui a levé les yeux à son tour.

Et en effet, le poids de la glycine était devenu tel qu’elle appuyait de façon inquiétante sur les montants métalliques de la pergola.

« Je vais la réparer » a déclaré Père avec une assurance grave.

Caro m’a soufflé à l’oreille : « D’où est-ce que papa croit qu’il est bricoleur ? C’est Rudy la Bricole, oui ». Et je suis partie d’un grand fou rire un peu hystérique face au nouveau surnom dont elle venait de l’affubler. Nous étions alors loin d’imaginer à quel point ce sobriquet allait déterminer la suite des évènements.

Père était méfiant. « Je vous entends rire » a-t’il dit. Mais vu qu’il est sourd comme un pot de chambre, il n’a pas su ce qui nous faisait glousser ainsi comme deux dindes sous euphorisants.

« La première chose à faire, c’est de prendre les mesures des barres qui soutiennent l’édifice », a-t’il déclaré. Il a alors sorti son mètre ruban, l’accrochant tant bien que mal sur le premier poteau. Bien entendu, quand il l’a déroulé, l’accroche s’est défaite et le mètre s’est enroulé subitement, lui sautant presque en plein visage.

« C’est follement amusant » a déclaré Caro, sirotant sa boisson.

Au bout de trois essais-erreurs de la sorte, j’ai déclaré, pleine d’aménité : « Attends, je vais t’aider, mon petit papou ». Et je suis allée tenir le mètre. Père, en reculant, s’est tapé la tête contre le pot de fleurs suspendu en disant : « Aïe, nom de Dieu » et je lui ai crié : »Mais regarde un peu où tu vas, hein, Rudy la Bricole ».

Caro a ricané. Rudy a dit : « Passons au deuxième poteau ». Il a reculé. J’ai tenu le mètre contre le deuxième piquet. Quand je me suis relevée, ma tête a heurté le pot de fleurs suspendu.

« J’ai un peu l’impression de regarder un sketch de Mister Bean », a dit ma soeur, toujours prompte à la moquerie.

On lui a asséné une sentence bien connue dans la région « Les rwétants n’ont rien à dire ».

Ensuite nous sommes rentrées chez nous, fin de la première étape.

Le lendemain, on reçoit un message un peu inquiétant de Belle-Maman. « Votre père a fait un petit tour à l’hôpital. Rien de grave. Je vous raconterai ». Et pour toute explication, elle joint la photo suivante :

En fait, il s’était mis à remplacer la première barre de la pergola.

Et là, ce fut le drame. La barre métallique est tombée du plafond, l’assommant sur son passage, l’éjectant de la chaise sur laquelle il était perché et le projetant sur le sol.

Heureusement, Axelle, qui était dans sa chambre, a entendu un bruit assourdissant et est descendue dans le jardin. Elle y a trouvé son parrain gisant, immobile, dans une flaque de sang et tenant des propos désarçonnants.

Elle a eu les bons réflexes et a appelé les secours. L’ambulance est montée dans la rue, alertant les voisins, et les secouristes ont commencé à interroger Père sur toutes sortes de choses. « Comment vous appelez-vous ? Quel jour sommes-nous ? Qu’avez-vous mangé hier soir ? ». Père a répondu « Je suis Vincent Sacré. Surnommé « Rudy la Bricole » par mes filles. Nous sommes mardi et j’ai mangé des haricots ». Le secouriste, satisfait par sa réponse a répondu « Ok. On vous embarque quand-même pour vérification » et l’ambulance a redescendu la rue, emmenant le blessé.

A l’hôpital, ils lui ont dit qu’il avait quand-même eu bien de la chance que la barre soir creuse et non pas pleine, que ça l’avait sauvé d’un crâne fracassé. Ils lui ont aussi fait passer un scanner du cerveau et ils ont déclaré que tout était normal de ce côté là, ce qui est un comble quand on connait mon père, mais je préfère croire en la médecine parce que j’avoue que je nous voyais déjà nous rendre à l’hôpital chaque soir, des années durant, répétant inlassablement : « Coucou papa. Nous sommes tes filles, Nathalie et Caroline » et chaque fois il aurait répondu quelque chose comme : « Passe-moi le sel, Rebecca » « J’ai vu un chien saucisse à la cafétéria » ou encore « J’ai de la purée dans les écoutilles ».

J’ai à peine entraperçu cette longue vie pleine de souffrance et de surréalisme, soulagée que son cerveau soit déclaré nickel par des professionnels.

Au téléphone, il m’a dit : « Il faut savoir que le matin-même, je m’étais cogné la tête en ouvrant la portière de ma voiture. C’était une rude journée » et je lui ai répondu « Si ça tombe, c’est ça qui t’a sauvé. C’est peut-être comme le coup du menhir. Tu sais, quand le druide se prend le coup sur la tête et qu’il perd la mémoire, il se souvient de tout au moment où il reçoit un second coup ». Père était très content que son éducation de bédéphile ait porté ses fruits et il m’a répondu « Oui, à mon avis ça fonctionne comme ça, mon Nounou ».

Il faut savoir que quand il était jeune, il s’était déjà cabossé la tête en ouvrant une porte de garage et il en a gardé une cicatrice sur le front, lui rappelant à vie cet épisode dramatique et du coup, sa confusion mentale remonterait peut-être à sa prime jeunesse, mais ça, je me suis bien gardée de lui dire, il était déjà assez secoué comme ça.

Après quelques jours de récupération où il lui était interdit de faire quoi que ce soit, Père a décidé que son grand projet ne devait pas en rester là et il s’est rendu au magasin de bricolage pour acheter de nouvelles barres. Doté d’une force herculéenne, il les a chargées dans sa camionnette (elles rentraient pile poil) et a démarré. Sur la route, il a été contraint de freiner brusquement et, je vous le donne en mille, les barres ont glissé et sont allées s’encastrer dans le pare-brises qui a éclaté en mille morceaux.

C’est très mal, je sais, mais on a ri.

Et notre paternel nous a expliqué d’un air penaud que maintenant, « ses vieux » (comme on a surnommé ses amis du club de marche) l’appellent eux aussi « Rudy la Bricole ».

« Et pourtant, j’ai réalisé de grands travaux dans ma vie » s’est-il justifié.

J’ai vu le haut de la bouche de ma soeur commencer à trembler et j’ai regardé vers le sol afin de ne pas croiser son regard sinon je savais que si on se regardait dans les yeux, on nous perdrait à tout jamais. « Ca vous fait rigoler ? » a-t’il demandé, un rien vexé. Et comme nous aimons Père de tout notre coeur et que nous ne voulons pas briser ses rêves, nous avons répondu un « Non, pas du tout » très assuré, résistant vaillamment à la crise de fou rire qui se profilait.

« Regardez. Le mur, là. C’est moi qui l’ai réparé. C’est vrai que j’ai pas terminé de le mettre en couleur. Mais ça fait son charme ».

« Et là, au-dessus du radiateur, j’aurais peut-être dû mettre une planche en plus. Pour finaliser.

« Mais j’ai aussi réalisé des grands chantiers. Quand vous êtes nées, j’ai moi-même ajouté une chambre à la maison. C’est vrai que j’avais oublié d’ajouter du sable dans le ciment, mais bon… après quarante ans elle tient toujours. C’est le principal, quand-même ».

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C’est l’amour à la plage (d’Amée)

Il faisait tellement chaud. 

Une canicule de Dieu le père.

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Happy-le-chien ressemblait plus à une carpette qu’à un chien. C’est bien simple : il semblait vouloir fusionner avec le carrelage du hall afin que celui-ci lui prodigue un soupçon de fraicheur.

J’ai bu huit verres d’eau d’affilée.

Adèle s’éventait.

Mathilde agonisait dans le canapé.

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On s’est dit : « Et si nous allions jusqu’à la Meuse pour nous baigner avec Toutoute ? » (Toutoute, c’est un des surnoms de Happy-le-chien).

C’était semble-t-il une riche idée, productive et rafraichissante, car nous avons été éduquées à être créatives, à ne pas nous ennuyer, en accord avec Dame Nature.

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On s’est donc rendues à la plage.

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Dit comme ça, je reconnais que ça envoie du rêve.

Mais la plage, à Namur-city, entendons-nous bien, se résume en une prairie jaunâtre calcinée par le soleil et maculée de fientes d’oies et de mégots de cigarette.

Pas grave.

Ce que nous voulions, c’était nous rafraîchir.

Point barre.

Mathilde a tenu à emporter Caroline Receveur.

Caroline Receveur, c’est notre bouée flamand rose.

Notre bouée étant hautement instagrammable, nous lui avons donné le nom d’une influenceuse connue portant par ailleurs le même prénom que notre sœur, ce qui a amené déjà pas mal de phrases miraculeuses quand nous avions lancé le défi de tenir debout sur Caroline.

  • Vas-y Minou, monte sur Caroline.
  • J’espère qu’il va tenir longtemps.
  • Attention à ne pas déchirer Caroline.

On a donc emmené Toutoute et Caroline Receveur dans la voiture.

Mais Caroline prenait toute la place, donc Mathilde s’est retrouvée écrasée en dessous.

Elle tentait de nous donner des indications à propos du chemin à suivre pour arriver à la plage, mais, de un : elle ne voyait pas la route et de deux : nous n’entendions pas ce qu’elle baragouinait écrasée sous l’immense bouée.

Nous sommes quand-même arrivées à bon port.

Les badauds nous regardaient un peu étrangement, certainement à cause de tout notre armada, mais nous n’en n’avions cure.

Adèle a retiré ses chaussures et ses vêtements et elle s’est approchée du bord.

Elle a mis un pied dans l’eau pour prendre un peu la température et là, c’est le drame.

Son pied a glissé et elle est tombée la tête la première dans l’eau, tout en prenant soin de boire la tasse.

Puis sa tête est ressortie et elle a déclaré : « Eh bien voilà : je suis dans l’eau ».

Le soir, on est tombées par hasard sur cette vidéo qui nous a fait bien marrer.

Et puis, hier, Sébastien est venu manger à la maison.

La première chose qu’il nous ai dite, c’est : « Vous avez vu aux infos ? La Meuse est complètement intoxiquée à cause de la chaleur. Elle contient 75% de bactéries, c’est super dangereux. Personne ne peut s’y baigner, c’est strictement interdit. Il y a même un enfant qui est entre la vie et la mort parce qu’il a bu la tasse. »

Là, on est devenues un peu blêmes, et Adèle s’est écriée : « Mais…mais… Je vais mourir ! »

Pour la rassurer, on lui a dit que non, que, comme lui aurait dit son père « ça fera ton immunité ».

Et puis, j’ai ajouté : « De toutes façons, si tu te sens mal, je t’emmène aux urgences ».

Ce qui nous a bien fait rire car une légende urbaine raconte qu’Adèle y a une carte de fidélité (tout ça parce qu’un jour elle a refermé le coffre de sa voiture sur son doigt).

Vous voyez, nous, on est trop yolo, on boit l’eau de la Meuse quasiment à la paille. Même pas peur.

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Le dark lagoon

Ce petit article date de ce printemps mais j’avais oublié de publier. Je m’empresse de réparer cette erreur.

Vous souvenez-vous que nous avons démonté l’étang du jardin de Mère ?

Sachez seulement que si nous détruisons un Empire, c’est pour mieux le reconstruire.

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Eh bien, figurez-vous que j’ai quelques petites anecdotes à vous relater à ce propos :

Catherine-ma-deuxième-maman est venue aider Mère à mettre les bords « de niveau », comme on dit chez nous.

Du haut de son jardin, Alain-le-voisin les observait et il leur a proposé de leur prêter un outil de géomètre. Elles ont accepté. Quand Mère a demandé à Catherine « Tu sais utiliser ça ? », elle lui a répondu « Non, mais je devrais réussir à comprendre comment ça fonctionne ».

Et, de fait, elle est parvenue à l’utiliser.

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Je ne comprends pas pourquoi les gens se tuent à suivre des formations de géomètre alors que c’est si simple.

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La bâche pesait environ cent kilos alors la famille Peers entière a dû s’y coller lors d’une réunion familiale.

Lorsque j’ai demandé à Marianne ce qu’elle pensait de la bâche, elle a répondu : « J’aime bien la couleur ». Un peu comme s’il y avait moyen de la trouver en rose.

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Quand je suis arrivée une après-midi, j’ai trouvé Mathilde, les pieds dans l’eau, en train de déplacer d’immenses cailloux qui avaient l’air de peser le poids d’un cheval mort.

On aurait un peu dit des travaux forcés mais elle avait l’air content, elle en profitait pour parfaire son bronzage.

On s’est souvenues que quand elles étaient petites, lors du remplissage du premier étang, mes sœurs avaient emporté leurs bouées et s’étaient baignées dedans.

Il faisait si chaud que, bien entendu, ça nous a donné envie de réitérer l’expérience.

On s’est donc immergées dans le Dark Lagoon.

On a nagé avec les salamandres qui n’avaient pas l’air le moins du monde perturbées par nos simagrées.

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Mère a ajouté un résident permanent : Boubou.

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Ensuite, pour tenir compagnie à Boubou, Mère est partie acheter 15 poissons rouges.

Elle les a lâchés dans l’étang où ils se sont ébroués allègrement, frétillants comme des gardons.

Le lendemain matin, tous les poissons avaient disparu.

Jason Bourne était revenu. Et il s’était fait un resto gastro du feu de l’enfer.

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Jason Bourne, le retour

Mère était désolée, mais moi j’avoue que j’ai un peu ricané.

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Le surlendemain, Mère est revenue du fond du jardin en courant dans ses bottes en caoutchouc. Les bras en l’air, elle s’écriait : « Les poissons ont ressuscité !!! C’est un miracle !!! »

Et de fait, les 15 poissons rouges étaient étrangement revenus à la vie.

multiplication des pains

Je peux aussi le faire avec du pain, si je veux.

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La semaine suivante, voyant que les poissons-zombies étaient toujours en vie et plein d’allégresse, Mathilde est revenue (cnfr Jacques Brel) avec un grand sachet contenant beaucoup d’eau et… un grand koï.

Petite Beauté l’a inspecté sous toutes les coutures, visiblement intriguée, mais, magnanime, elle a décidé de le laisser en vie et en un morceau.

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On est donc allées conduire Jean-Marie Chan (le frère de Jackie) jusqu’à son nouvel habitat.

C’est ainsi que vivent maintenant, en parfaite harmonie Boubou, Jean-Marie et les poissons rouges.

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Alors ? Elle est pas belle, la vie ?

 

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Un dur labeur

Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait jeudi passé ?

Mais siiii !

C’était un jour férié et, comme pour tout bon jour férié qui se respecte, vous vous êtes levée à une heure indécente, puis vous vous êtes allongée sur un transat et, les doigts de pieds en éventail, vous avez siroté du vin blanc en regardant l’Homme cuire un bon steak sur la grille du barbecue.

Saintes-Glaces

MOI PAS.

Parce que Mère avait d’autres projets pour nous.

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Dans les champs de coton

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Sainte-fête-de-la-grosse-glandouille

C’est vrai que j’étais très fatiguée.

Et ce pour des raisons que je ne puis évoquer ici (car elles sont essentiellement professionnelles et, comme je suis un agent communal, je suis tenue au droit de réserve (vous pouvez aussi appeler cela l’obligation de fermer sa grande gueule)).

Alors, quand Caro a toqué à ma porte à 20H30 en me demandant si elle avait droit à une dérogation spéciale lui permettant d’aller dormir si tôt (notre règlement d’ordre intérieur stipule qu’il est interdit d’aller se coucher avant 21 heures), je la lui ai octroyée, pour la simple raison que je voulais qu’elle me fasse pareille dérogation.

Je me suis donc couchée à 20h30.

Je pourrais vous dire que cela ne m’était plus arrivé depuis mes huit ans, mais ce serait totalement faux et vous ne seriez pas dupes car vous commencez à savoir que je suis une vieille-à-la-tisane.

dodo

Le lendemain matin, en me réveillant, j’ai jeté un coup d’œil à mon réveil qui indiquait 8h30.

J’avais fait le tour de l’horloge.

Je me suis levée, j’ai baillé.

Je me suis traînée en pyjama jusqu’à la baignoire.

Mais j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a plus de mazout depuis une semaine (simplicité involontaire, encore et encore) et je ne me sentais pas assez en phase avec l’existence pour une énième douche glacée.

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J’ai regardé la pile de vaisselle dans l’évier et j’ai pris la grande décision de la reporter au lendemain, pour les mêmes raisons (mazout en rade).

Je me suis installée devant Netflix et j’ai regardé quelques épisodes de ma série.

baille

Il était bientôt midi.

j’avais la flemme de cuisiner alors j’ai mixé un avocat (degré d’énergie demandée : élevé, maximum de mes capacités) que j’ai accompagné de quelques tranches de saumon (ça ça va, il faut juste ouvrir le paquet).

Cette matinée bien chargée m’a fortement fatiguée alors je suis allée faire une petite sieste pour récupérer un peu.

sieste

Quand je me suis réveillée, trois heures plus tard, j’ai décidé de passer faire un coucou chez Mère.

Adèle regardait une vidéo de koala en s’extasiant.

koala

– Regarde, Natha. Comme c’est mignon ! On a envie de lui faire « des douces ». Mais le problème, si on veut en adopter un, c’est que c’est l’animal qui dort le plus au Monde, supplantant même le paresseux. Il dort 22 heures sur 24.

– Et quand il se réveille, qu’est-ce qui lui reste de sa vie ? Il a à peine deux heures pour faire quoi ? Manger sa banane ?

– Son eucalyptus. Et d’ailleurs, il mange très lentement : au ralenti. (là, elle m’a mimé le koala qui mâchouille très lentement sa feuille d’eucalyptus).

– Et il doit se laver, aussi, j’imagine ?

– Oui, certainement très lentement aussi, d’ailleurs.

– Et après ? Les deux heures se sont écoulées ? Il retourne se coucher ?

– Voilà.

– Eh bien, il est totalement inutile, cet animal. Franchement, ça n’a pas de sens ! La nature n’a pas besoin d’un être aussi inutile que lui.

C’est vrai, quoi, à la fin.

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