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Bibliothécaire : un bien étrange métier

Tout comme les peintres et les poètes, les bibliothécaires sont de grands incompris. C’est tout de même incroyable que je doive tout le temps le dire, le redire et le répéter, mais oui, bibliothécaire est un métier. Au même titre que boucher, dentiste ou chiropracteur. Si je te le dis, c’est que, pas plus tard que ce matin, à l’administration, la petite jeune femme qui était cachée en contrebas de son immense bureau en a douté. Quand elle m’a demandé quel métier j’exerçais, la question suivante n’a pas tardé. “Et quelles études faut-il faire pour devenir bibliothécaire?”. Je sais, je devrais être habituée, à force. Cela fait vingt ans que je dois répondre à cette question. “Pour devenir bibliothécaire, j’ai fait un graduat en bibliothéconomie et documentation”, lui ai-je précisé en me penchant un peu vers elle, tirant avantage de l’étrange configuration du bureau. Je la regarde remplir sa fiche. Et je vois qu’elle écrit, dans la case “études” : “Bibliothèque, économie et documentation”. J’ai eu envie de pouffer, Gary. Car tu sais à quel point les notions d’économie m’échappent. Je suis une littéraire, moi. Une artiste. Certainement pas quelqu’un qui remplit des carnets de comptes ou ébauche des plans d’investissement. Moi, je coule des jours heureux dans de sombres recoins poussiéreux en parcourant Danièle Style dans un silence quasi religieux. 

Je sais que ma profession inspire nombre de stéréotypes. Souvent, dans l’inconscient collectif, les bibliothécaires portent des pulls en angora ornés de têtes de chevaux tricotés main, ainsi que des lunettes et un chignon. Souvent, elles aiment les chats. D’ailleurs, il leur arrive de poser des cadres avec des photos de leurs protégés sur leur bureau, qu’elles ont par ailleurs toujours en foutoir. Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la profession n’attire que des gens désordonnés, voire bordéliques et il est amusant de constater que ces mêmes personnes se permettent de faire la morale aux lecteurs qui laissent traîner le moindre bouquin en les pourchassant à travers les rayonnages, criant un menaçant : “Attention, Monsieur ! Un livre mal rangé est un livre perdu!”. Si on inspecte leur bureau, on a tout juste envie de crier : “Hypocrisie que tout cela!”. Les pires étant les responsables. A croire qu’on parachute les responsables de bibliothèque uniquement en fonction de la pagaille qu’ils sèment dans leur sillage… 

Les bibliothécaires aiment lire, bien évidemment. C’est d’ailleurs ce qui les a amenés à cette profession, en général. Quand je faisais mes études, les professeurs prenaient un sadique plaisir à nous demander ce qui nous amenait là, et il nous était interdit de répondre : “Parce que j’aime lire”. Que voulais-tu répondre alors ? Parce que j’ai toujours rêvé de plastifier des bouquins, parce que je suis férue de classement, d’ordre et de méthode ? Parce que ça me ferait trop poiler de conduire un chariot de livres à travers les rayonnages ? Que nenni, pardi ! La réponse est : parce que je cherche un boulot bien planqué où je serais payée à lire Petit Ours brun et où je me ruinerais les rétines à rechercher Charlie. 

On murmure aussi que les bibliothécaires n’ont pas de vie sexuelle. Ce sont des êtres étranges, vivant en marge de la société. Des inadaptés. On compte parmi eux nombre de vieilles filles qui n’ont pas trouvé de mari et vivent chez leurs parents, ainsi que des autistes, des aspergés, des individus étranges qui se déclarent comme étant des artistes, sans oublier les poètes maudits, ceux qui remplissent des carnets recueillant leurs sonnets pendant qu’ils sont au comptoir de prêt, disant aux lecteurs : “Votre bouquin est sur la troisième étagère à droite”, car s’ils se levaient, leur précieuse inspiration s’évaporerait comme neige au soleil. 

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Sache que je ne suis rien de tout cela. Ou alors, un savant mélange de tout cela. Je ne préfère pas m’avancer. Je ne voudrais en aucun cas que ma profession déteigne sur moi. C’est que je suis un électron libre, parfois. 

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Une bien maléfique matinée

Ce matin, comme chaque matin, les mains dans les poches et des valises sous les yeux, j’ai traversé les ruelles sombres de Namur-city en quête de mon traditionnel pistolet au fromage.

Arrivée devant la devanture de la boulangerie, le volet était fermé, sans même une explication alors que les meubles de la terrasse étaient tout de même déployés. Mystère et boule de gomme.

Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis un peu Sheldon Cooper sur les bords et la boulangerie du matin fait partie de mon rituel immuable, alors vous comprendrez que j’ai été fortement perturbée de devoir en changer.

Quoi ? Ma boulangerie est fermée ?

En effet, chaque matin, je vais y quérir un pistolet avec du beurre, du fromage et des œufs.

Et, chaque matin, la nouvelle petite vendeuse se trompe dans ma commande.

Alors, chaque matin, j’arrive au bureau fortement courroucée par cette petite vendeuse et je raconte à mes collègues du bureau rock and roll un épisode de la saga boulangerie. « Et alors ? Aujourd’hui, la petite vendeuse ? Qu’est-ce qu’elle a fait ? » demandent-ils en chœur.

Par exemple, le premier jour, je lui ai dit : « J’aimerais un pistolet à l’ancienne avec du beurre, du fromage et des œufs, s’il-vous-plait ». Elle est partie vers le comptoir à sandwich et elle a demandé : « Vous m’avez dit jambon ? » « Non, juste du fromage » « Et de la mayonnaise ? » « Non, du beurre ». « Avec des crudités ? » « Non, seulement des œufs »

Puis elle est revenue vers sa caisse et elle m’a dit : « ça fera trois euros cinquante » « Combien ? » ai-je dit d’un air outré. « Ah non, pardon, j’avais 3 euros 50 en tête, et quand j’ai une somme en tête, j’ai tendance à la réclamer toute la journée ».

Le lendemain : « Bonjour, je voudrais un pistolet à l’ancienne avec du beurre, du fromage et des œufs, s’il-vous-plait » « Je vous mets du jambon ? » « Non, du fromage » « Et des crudités ? » « Juste des œufs. Oh, et puis, mettez-moi un croissant en plus » « Ok. ça fera 6€20 » « Six euros vingt pour un pistolet et un croissant ?! » « Oh non, pardon, mais aujourd’hui, j’ai six euros 20 en tête ».

Puis je sors dans la rue, j’ouvre mon pistolet : diablerie, elle n’a pas mis les œufs donc je rentre et je lui fait remarquer et elle me dit : « Ah non, on n’a pas d’œufs aujourd’hui » « Vous auriez pu me le dire, non ? » Et ainsi de suite chaque matin, et cette embrouille matinale m’est nécessaire pour bien démarrer ma journée de râlerie sur les chapeaux de roue.

Hier, d’ailleurs, voyant que la petite vendeuse n’était plus là et qu’il y avait une nouvelle vendeuse à la place, j’ai manqué donner mon avis à la patronne en lui disant : « Votre vendeuse n’est plus là ? Vous auriez peut-être dû la garder, parce que je pense qu’elle enrichissait vos caisses », mais je me suis abstenue, et j’ai bien fait car j’ai appris par Chrisitine B., qui était aussi désœuvrée que moi ce matin devant la boulangerie vide qu’ils ont fait faillite et du coup, ma remarque aurait été perçue comme étant largement malaisante.

Du coup, on a dû se rendre dans une nouvelle boulangerie.

 Là, sans doute sous le coup de l’émotion, Christine B. a fait choir tout le présentoir à sucettes, mettant le dawa dans notre nouvelle villégiature.

Ensuite, elle a voulu payer en mettant sa carte d’identité dans le lecteur de cartes de banque et elle a dit : « Je crois que je vais aller me recoucher, moi ».

Mais il est strictement interdit de faire ce genre de choses alors nous sommes allées travailler.

Alors que nous nous apprêtions à raconter à nos collègues leur épisode matinal de la saga boulangerie, la Nouvelle-Sophie est arrivée, un étrange colis au bout du bras. « C’est pour toi » m’a-t-elle annoncé d’un ton officiel. J’ai ouvert un grand sac dans lequel était replié un mirifique costume de Maléfique. « C’est pour votre animation Halloween », a-t-elle spécifié, craignant peut-être que je ne le porte comme habit de jour.

Vu que l’on m’a souvent dit que je ressemblais à Angelina Jolie, j’ai trouvé le choix de ce costume totalement judicieux et je l’ai enfilé immédiatement, excitée comme un coucou.

Cela a fait forte impression sur mes collègues qui arrivaient au compte-goutte et quand Marie-Christine est arrivée, elle m’a demandé : « Tu as une animation aujourd’hui ? » et j’ai répondu « Non, pourquoi ? ».

En bref, je m’amusais follement et, grisée par mon succès, Bouchon m’a ouvert la porte d’entrée afin que j’effraye quelques enfants qui se rendaient vers l’école dans la ruelle sombre. Un homme à vélo a manqué se prendre un muret, et j’ai vu quelques yeux sortir de leurs orbites alors j’ai continué mon tour dans les différents étages de la bibliothèque, jusqu’à semer, l’espace d’une seconde, le doute dans le yeux de Fabienne S. qui a senti son sang se glacer.

En résumé, je crois que demain, on va bien s’amuser.

Une tarte dans ta gueule, sale mioche

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Le syndrome du dimanche soir

Déjà, l’été a super mal commencé.

Un matin, alors que je m’apprêtais à mordre dans mon pistolet au gouda en m’éventant avec une revue « Mon jardin ma maison », ma cheffe (Appelons-la Eugénie)  m’a appelée dans son bureau. Je m’y suis rendue avec diligence, légèrement inquiète, me remémorant un âge ingrat heureusement révolu durant lequel planait cette menace : être appelé dans le bureau du Directeur.

J’ai enjambé les quelques (piles de) bouquins qui envahissent son bureau et je me suis assise en face d’elle.

« C’est à quel sujet ? » lui ai-je demandé, faussement décontractée, terminant de mâchouiller mon pistolet. « Nous t’avons trouvé un temps plein » a-t-elle annoncé sans ménagement. « Un temps plein ?! Mais… ça veut dire que je vais devoir venir travailler tous les jours ?! » « Précisément, Nathaliochka. C’est bien de cela qu’il s’agit ».

Comprenez mon désarroi : C’est une révolution copernicienne pour moi qui ai passé les 15 premières années de carrière à mi-temps, justifiant cela à grands coups de nobles idéaux tels que : J’ai besoin de temps pour mon Art, j’ai l’intention de publier mes mémoires dans la collection de la Pléiade, je vais peindre de grandes fresques qui seront exposées au MoMa. Idéaux qui n’ont pas vu le jour, si ce n’est des petits Mickey gribouillés dans des carnets de brouillon.

Tout de suite, elle a abattu ses cartes en déclarant : « Tu devras peut-être venir travailler tous les jours, oui, mais tu seras riche ».

A cet instant, je me suis vue à Saint-Tropez, en train de piloter un yacht, avec sur le nez des lunettes de soleil Gucci et j’ai dit « Ok. Même s’il y a quand-même une ombre au tableau » « Laquelle ? » a-t-elle demandé. « Je vais devoir vous supporter tous les jours ». Et là, Eugénie ne s’est pas laissée démonter car elle m’a répondu du tac au tac : « Oh, tu sais, Nathaliochka : C’est réciproque. Nous aussi on va devoir te supporter tous les jours ». (Comme quoi, parfois, dans cette bibliothèque, il faut bien reconnaître que l’ambiance est un peu « joutes verbales » sur les bords).

Après quelques jours de réflexion, je suis allée signer mon contrat, qui prend acte le premier juillet. Au moment où tout le monde file se la couler douce sur les plages d’Honolulu, quoi. J’ai trouvé cette disparité très injuste alors j’ai décrété que je ferais une semaine test (première semaine à temps complet), suivie de trois semaines de repos, histoire de me remettre de mes émotions.

Vendredi, Mère m’a un peu taclée en disant : « Est-ce que tu te rends compte que c’est le dernier vendredi de ta vie où tu peux glander ? ».

On peut dire que la pression commençait à monter.

Dimanche, j’ai commencé à ressentir des bouffées de stress, un peu comme si c’était le dernier jour des vacances avant la rentrée scolaire. Le syndrome du dimanche, on appelle ça.

J’étais déboussolée, et ce n’est rien de le dire, vous allez voir.

A midi, j’étais invitée à l’anniversaire de Sacha.

Le matin, je l’ai appelé pour qu’il me donne son adresse. Il m’a dit : « Mais enfin, Natha, tu es déjà venue plein de fois chez moi ! ». Je crois que la plupart des mortels ignore que pour moi, cela ne change strictement rien. Un peu comme si tout était toujours à refaire, comme s’il fallait repartir de zéro. Il m’a dit : « C’est à Braine-l’Alleud » « Oh, j’allais aller à Braine-le-Comte, moi ».

Pour vous dire que ce dimanche commençait mal. 

Je suis montée dans Etoile, ma voiture, et j’ai enclenché Morgan, mon GPS.

Mais je crois qu’il y a des gros problèmes de communication entre Morgan et moi car quand il me disait de rester à droite, je suis restée à droite. Or, il faut savoir que la vie n’est jamais aussi simple qu’une consigne verbalisée par un GPS. En réalité, je crois que Morgan voulait que je m’interroge plus profondément sur le sens de rester à droite sur une autoroute et j’ai compris, mais hélas trop tard, que peut-être, quand il me disait de rester à droite, en réalité, il voulait que je tourne à droite, ce qui n’est pas pareil du tout, vous en conviendrez.

Le trajet devenait si long que cela m’a mis la puce à l’oreille et j’ai commencé à m’inquiéter. Une inquiétude d’abord vague qui est devenue peu à peu plus sourde quand j’ai aperçu le panneau Pairi Daïza orné d’une tête de raton laveur.

Je m’y connais en animaux. C’est pour voir si vous suivez.

Puis j’ai vu un panneau Mons et, même si je suis une bite en géographie, cela m’a paru très étrange. Quand je suis arrivée à Dour, j’ai définitivement perdu les pédales et je suis sortie de l’autoroute en beuglant sur Morgan qui m’a annoncé cette chose horrible : « Il te reste 80 km entre ici et ta destination », ce qui est une chose tout à fait étrange puisqu’il y a une cinquantaine de kilomètres entre chez moi et chez Sacha et que je roulais maintenant depuis plus d’une heure et demie.

Bien-sûr, j’ai eu envie de m’arrêter là et de pleurer sur le bas-côté de la route.

Mais j’avais conscience que cela ne m’aiderait en rien, et qu’il fallait que je fasse demi-tour. Je suis donc repartie dans l’autre sens, bien décidée à faire de cette expérience une mise en pratique de la méthode essai-erreur et, noble comme une guerrière qui se déteste de toutes ses forces, j’ai tourné à droite chaque fois que Morgan me disait de rester à droite.

A un moment, j’ai vu un panneau indiquant Namur et j’ai eu très envie de le suivre et de rentrer chez moi et d’expliquer à Sacha que j’avais attrapé une méningite, ce qui n’était pas loin d’être vrai.

Mais j’ai tenu bon et, à force de tourner à droite, je suis arrivée à bon port.

J’avais les jambes qui flageolaient et une furieuse envie de vider d’un seul coup la bouteille de rouge que je lui amenais quand Marion est arrivée vers moi et qu’en guise de salut elle s’est exclamée : « Mais alors ! C’est à cette heure-ci que tu arrives ?! Ton réveil est tombé en panne ou quoi ?! ». Là, pour le coup, j’ai été obligée de raconter à tout le monde que je m’étais égarée du côté de Dour. Bien-sûr, il y a eu des blagues disant que le festival n’avait pas encore commencé, et un type me regardait comme si un extra-terrestre s’était matérialisé devant lui. Je voyais sortir de son crâne de longs points d’interrogation et de la stupeur à l’état pur « Comment est-ce diantre possible ?», mais je pense que ses questions sont restées sans réponse.

Une fois rentrée chez moi, je me suis effondrée de fatigue dans un petit fauteuil en osier et j’ai raconté ma mésaventure à Mère qui, malgré le fait qu’elle m’ait mise au monde, ne semblait pas comprendre comment cela était ne fût-ce qu’envisageable et, douce comme le miel, elle m’a un peu rudoyée au lieu de me réconforter dans mon immense tristesse d’être moi-même.

Mais ce n’est pas tout.

Mon syndrome du dimanche s’est encore amplifié quand, une légère boule au ventre, vérifiant mentalement que je n’avais rien oublié (cartable, perforatrice, stylo bille), je suis allée me coucher – tôt pour être en forme pour mon premier lundi de travail.

L’anxiété de cette journée de perdition, sur laquelle s’est greffée mon angoisse d’oublier quelque chose de fondamental, sur quoi s’est ajoutée une invasion de moustiques sanguinaires ont fait en sorte que j’ai eu beaucoup de difficulté à fermer l’œil.

Vers quatre heures du matin, alors que je commençais enfin à doucement voguer vers l’oubli, un bruit suspect a éveillé mon attention vacillante : quelqu’un remuait dans le buisson en face de ma fenêtre. Je dis quelqu’un parce que le bruit et les mouvements de branches étaient tels que cela ne pouvait provenir que d’une taille humaine. Cela semblait se débattre dans les feuillages. Ma première hypothèse a été qu’il s’agissait d’un membre de la famille O’Connor, une famille de chevreuils coutumiers du jardin, et qu’il était coincé dans le buisson. Il semblait se débattre dans les branches sans pouvoir s’extraire du buisson.

Je suis restée postée à ma fenêtre pendant une bonne demi-heure, entre angoisse de voir sortir un ours sanguinaire, crainte qu’un O’Connor ne soit empêtré dans un filet, et impatience liée à la curiosité de voir de quoi il s’agissait.

A un moment, j’ai pensé réveiller Mère afin que nous allions prêter main forte à notre ami O’Connor, mais quand je suis passée devant sa porte, je l’ai entendue ronfler comme une bienheureuse et j’ai pensé que si je la réveillais pour lui dire que nous allions passer le reste de la nuit à manquer recevoir des coups de sabot dans le visage, il y avait un risque que je me fasse marabouter, donc je suis retournée dans ma chambre.

Et c’est là que j’ai vu un kangourou sortir du buisson.

Oui, je sais, ce n’est pas possible. C’est exactement ce que je me suis dit en rectifiant le tir et en concluant qu’il s’agissait vraisemblablement d’un renard.

Puis le buisson a continué à bouger et j’ai vu un mouvement se faire sur le toit de la cabane de jardin. Une fouine me regardait droit dans les yeux, immobile.

J’ai pensé : « Il y a une bagarre de fouines sous ma fenêtre ». Des gangs de fouines ennemies qui se promènent nuitamment dans Wépion en agitant des grands lacets de cuir, faisant fuir les kangourous et réveillant les gentils êtres humains.

Une fois tous les animaux partis (moustiques, kangourou, fouine), j’ai enfin pu sombrer dans le sommeil et j’ai commencé à faire des cauchemars dans lesquels Bébédoux se faisait égorger par une fouine en furie.

Tu m’étonnes que le lendemain, je suis arrivée hagarde à la bibliothèque pour mon premier jour de temps plein.

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Sur la mentalité de fonctionnaire

Hier, ma collègue Joëlle, qui, comme moi, s’intéresse beaucoup au sport, m’a tendu un papier trouvé dans la salle de sports de sa fille.

Ce papier, c’est une annonce car ils recrutent un coach sportif.

Je vous vois venir : Vous pensez que, comme je suis devenue sportive, je vais postuler.

Ce qui est hautement crédible (je vois que vous me connaissez bien), mais il n’en n’est rien. Je suis bien là où je suis et, quoi que vous en pensiez, le métier de bibliothécaire est lui aussi relativement sportif.

rangement-bibliothecaire

C’est plutôt que le contenu de l’annonce nous a hérissé le poil.

Voyez plutôt :

coach

« Vous n’avez pas une mentalité de fonctionnaire ».

Comme le disait si incorrectement mon professeur de néerlandais : « Qu’est-ce que cela peut-il bien vouloir dire ? »

Non mais des fois.

Je vous le demande.

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Le jour où nous nous sommes déguisées en poules

Samedi, avec ma collègue Sophie C., nous participons à une balade contée organisée par un comité de parents sur le thème des oiseaux.

Puisque nous sommes des animatrices prenant notre métier très à coeur, nous avons préparé cet évènement avec le sérieux qui nous caractérise.

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