! Les articles au au top, Persécutée par les animaux

Dans la vallée des chiens hurleurs

Hier, bien décidée à passer ma matinée de congé de façon calme et productive, j’ai empoigné mon texte de théâtre (je ne vous l’avais pas encore annoncé, mais je compte changer de métier et faire carrière sur les planches), afin d’aller l’étudier à l’ombre du cerisier en fleurs.

Image associée

A peine avais-je ouvert mon syllabus que le Prince de Bel-Air est arrivé à la maison afin de faire avancer le chantier piscine qui est en cours en ce moment. (Le Prince de Bel Air, c’est le surnom d’Alain, hein, ce n’est pas que Mère ait engagé Will Smith pour lui creuser une piscine. Mais comme nous connaissons nombre d’Alain, nous avons dû les surnommer).

Résultat de recherche d'images pour "prince de bel air"
Yo, je vais te la creuser, ta piscine

Et la bonne idée du Prince de Bel-Air, ça a été de venir avec son nouveau chien, le petit Choco. Un petit chiot mignon et foufou, qu’il a attaché avec une longue corde au tronc de l’Arbre-Parfait afin de limiter son champ d’action.

Image associée

Immédiatement, j’ai senti venir l’oignon. Parce que je connais Petit-Frère, et je savais que l’intrusion d’un autre chien sur son territoire n’allait pas être à son goût. Car Petit-Frère, vous l’aurez deviné, est un mâle dominant. Et cette visite impromptue l’a subitement courroucé.

D’abord, j’ai cru qu’il allait donner au dénommé Choco une raison autre que la couleur de son pelage de s’appeler ainsi en l’étalant avec un couteau sur sa tartine et en n’en faisant qu’une bouchée, mais, à mon grand étonnement, j’ai pu constater qu’Happy (Aka Petit-Frère) se sentait plus d’humeur Harvey Weinstein qu’Hannibal Lecter.

Pour le dire plus prosaïquement, Happy-le-chien a violé Choco en moins de temps qu’il faut pour le dire. Choco, pas démonté pour un sou (enfin, façon de parler), s’est subitement élancé dans l’étang, traumatisant les poissons et le règlement d’ordre intérieur de Mère stipulant bien que, depuis qu’un golden retriver s’est jeté dedans, lacérant la bâche avec ses griffes et le vidant, tout chien est strictement interdit de plongeon. Mère, courant dans ses bottes en caoutchouc, s’est précipitée sur Choco et l’a tiré par la corde pour l’extraire de son étang.

Aussitôt ressorti de l’eau, Happy a continué sa domination sur Choco, qui a aussitôt replongé. J’ai crié, j’ai couru, je l’ai ressorti de l’étang.

Vu que c’était le chaos, Mère a décidé de les séparer en faisant rentrer son chien dans le couloir, mais Happy ne voulait point cesser de violer encore et encore le petit Choco qui courait frénétiquement autour de l’arbre en faisant des bonds en l’air, rendant sa corde de plus en plus courte. Quand Mère a enfin réussi a attraper Happy, elle l’a tiré par le collier et, prostrée par la peur de me faire mordre et le chaos qui régnait depuis un moment sous mes yeux, j’ai quand-même pu crier « Stop ! » : Petit Frère avait les pattes arrière ligotées par la corde et se trouvait immobilisé sur le sol. Mère a essayé de démêler les chiens, en me répétant « Mais aide-moi un peu », ce dont j’étais bien incapable.

.
Arrête, vilain toutou

Quand Happy a été emmené à l’intérieur, j’ai pu me rasseoir dans mon transat et, à peine avais-je ouvert mon texte que je l’ai entendu hurler à la lune.

Lassitude extrême

Le hurlement de Happy a déclenché celui de Choco (anormalement grave pour un si petit chien), qui lui répondait à distance. Cette conversation a rapidement attisé les aboiements de Georges et Gaston, les chiens d’Alain-le-voisin (vous voyez bien qu’il y a beaucoup de Alain). Et je me suis écriée : « Ce n’est pas possible ! On est dans la vallée des chiens hurleurs ou quoi ?! ».

Au bout d’un quart d’heure, j’ai compris que rien ne calmerait les clameurs de Petit Frère qui hurlait son désarroi et glaçait mon sang de grande sœur protectrice.

J’ai donc pris mes cliques et mes claques et j’ai quitté illico presto la maison afin d’aller étudier chez Caro. Arrivée devant chez ma sœur, elle m’envoie un message pour me dire qu’elle fait une course et qu’elle en a pour une grosse demie heure. Alors, forte de ma nouvelle motivation (datant d’avant-hier), je me suis rendue à la piscine, ce qui était dans mes plans de la journée, au même titre qu’étudier mon texte.

Tom et Jerry VS la fille en maillot ...

En effet, la veille, je m’étais rendue chez Décathlon afin de me racheter la panoplie de la parfaite nageuse, mais parfois, preuve que la vie a comme qui dirait d’autres desseins que les vôtres et qu’elle vous teste pour vous contrarier, la piscine était complète. Oui, complète. Sold out, comme à un concert d’Iggy pop.

Frustrée, j’ai donc fait marche arrière et j’ai attendu ma sœur devant son appartement. Quand elle m’a ouvert, je me suis installée dans le canapé et j’ai enfin pu ouvrir mon texte.

Mais mon cerveau, trop contrarié par les récents évènements, semblait vidé de toute substance et, en lieu et place d’apprendre mes répliques, je voyais inlassablement passer des boulettes de poussière poussées par le vent, comme dans les westerns.

Caro a empoigné le texte et m’a donné la réplique pendant quelques phrases et je lui répétais inlassablement : « Là je sais que je dois dire quelque chose, mais je ne sais pas quoi ».

Elle a refermé le carnet, me l’a lancé en disant : « Tu dois mieux réviser que ça ».

Ensuite, elle m’a dit que cela lui rappelait mes années d’étude, quand j’étais en blocus et que j’écoutais le chant des baleines avec Mélanie et que l’on s’endormait en ronflant, ou quand, avec Stéphanie J., on inventait des noms d’auteurs russes et qu’on allait sonner chez Sébastien pour lui dire qu’il était très important qu’il étudie à fond le chapitre sur « Le dégel de l’espoir » de Bourkouïev.

Bref, quand mes amis et moi faisions tout sauf étudier.

Puis, elle a dit : « Il est midi, je vais regarder mon jeu », et elle m’a tendu une grande assiette de carottes râpées (il paraît que c’est bon pour la mémoire). A la télé, il y avait un autiste Asperger qui connaissait par cœurs les dates liées aux rois de France. J’ai demandé à Caro, qui connaît la maladie mentale de par son métier, comment cela se faisait qu’il ait toutes ces connaissances, et elle m’a répondu : « C’est parce que quand il lit une seule fois quelque chose, il le retient à vie », et j’ai répondu : « Tu veux dire comme moi avec mon texte de théâtre ?! ».

Là, elle a levé les yeux au ciel et elle a dit : « Oui, c’est ça. Exactement comme ça ».

! Les articles au au top, Persécutée par les animaux

Trois histoires de souris

Cette nuit, je me réveille en sursaut, les sens en alerte, le cœur battant la chamade.

martine cauchemar

Quelque chose roule sur mon plancher.

Dans une logique somme toute assez probante, je subodore que ce quelque chose doit être un petit objet de décoration qui serait tombé d’une étagère et aurait roulé jusqu’à moi, puisque le plancher de ma chambre est légèrement incliné.

Par pure curiosité intellectuelle, j’allume ma lampe de chevet et découvre, au pied de mon lit, un quignon de pain tout sec.

what the fuck

Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais installé de quignon de pain dans ma chambre en guise de décoration.

Je m’interroge un instant, bouche entrouverte et regard absent, sur la raison de la présence de cet élément nouveau dans mon environnement.

Bien qu’ayant l’esprit suffisamment ouvert pour adhérer aux théories de matérialisation d’objets, je ne trouve pas de sens philosophique à la téléportation d’un vieux bout de pain sur mon plancher, qui plus est en pleine nuit.

Fatiguée d’avoir à me triturer les méninges afin de trouver une explication au phénomène, je décide rapidement de m’en remettre à la loi cosmique qui veut que chaque événement ne trouve pas forcément son sens dans la logique humaine.

J’éteins et décide de me rendormir.

casper

C’est alors que j’entends un bruit de sac en plastique que l’on fouille, suivi d’un « Tic tic tic » très rapide.

Je sens les battements de mon cœur s’accélérer dans ma cage thoracique et une vague de panique me tordre le ventre. Je rallume.

Et là, je tombe nez à nez avec une souris.

La pire de mes hantises après les rats, les monstres marins et les Dinosaurus sans chocolat.

souris ratatouille

« Salut, Nathaliochka »

Visiblement indifférente au fait que je sois en train de hurler comme une possédée, elle décide de se rendre vers ce qui semble être son morceau de pain.

N’y tenant plus, proche de l’évanouissement, je me mets à hurler en frappant dans les mains, histoire de gagner quelques secondes de répit en la faisant changer de trajectoire, méthode qui fonctionne. Elle court dans le sens inverse, accompagnée du mesquin « tic tic tic » de ses pattes, effrayée elle aussi.

Je saute de mon lit, quitte ma chambre, dévale l’escalier au triple galop, m’engouffre dans le salon, décide de terminer la nuit dans la canapé.

dormir-sur-canape

Le lendemain matin, lorsque j’ouvre un œil, j’aperçois mes colocataires.

Ils se tiennent tous les trois autour de moi, vêtus de vieux pyjamas.

L’haleine fétide et le cheveu défait, ils m’interrogent.

« Que fais-tu là, Nathaliochka ? me demande Anael. « Tu dors dans le salon enroulée dans un plaid comme une pauvre âme en peine alors que tu as (faut-il te le rappeler) la plus grande chambre de la maison ».

Quand je leur ai conté ma mésaventure, Anne m’a répondu, le plus naturellement du monde : « Ben oui, c’est Pascaline, la souris. Cela fait plusieurs semaines qu’elle habite avec nous mais Caro nous a demandé de ne rien te dire. Il parait que tu aurais développé une paranoïa, si tu avais été au courant de son existence».

Je me suis alors drapée de mon plaid et ai quitté le salon la tête haute, leur disant que je n’étais pas une trouillarde.

Depuis, chaque fois que j’entre dans ma chambre, je frappe dans les mains pour intimer à Pascaline l’ordre de vider mes lieux et j’entends, à l’étage en dessous, mes colocataires glousser et se gausser de moi.

img024
trait

Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai un passif plutôt lourd en matière de rongeurs.

Lorsque j’étais adolescente, une souris avait installé ses appartements dans le mur qui séparait ma chambre de la cuisine.

Nous l’avions surnommée Marie-Charlotte.

Vivant aux crochets de ma famille en éventrant tous nos paquets de pâtes et de céréales, elle semblait couler des jours heureux.

Je crois que c’est au cours de ces années que ma paranoïa des rongeurs s’est amplifiée.

Notre cohabitation était difficile.

Nos horaires ne correspondaient pas.

Elle vivait la nuit et moi le jour.

Son cri me glaçait les sangs.

Le bruit de ses pattes m’arrachait le système nerveux.

Chaque nuit, je cognais mon poing sur le mur pour essayer de faire taire son tapage.

Impressionnée, elle cessait alors ses allées et venues pendant plusieurs minutes, parfois même plusieurs heures. Mais inlassablement elle recommençait.

Je crois que Marie-Charlotte suivait des stages de feng-shui et qu’elle aménageait son appartement afin d’en améliorer l’énergie vitale.

Bien évidemment, ma grande hantise était qu’elle entre dans ma chambre sans y être invitée.

Mère avait tenté de me rassurer à ce sujet. « Tu vois bien qu’elle est emprisonnée dans le mur », affirmait-elle, anéantissant par cet argument toute notion de logique. (J’étais jeune et innocente, peut-être, mais je réalisais tout de même que Marie-Charlotte n’avait pas pu se matérialiser dans mon mur sans accès à l’extérieur. De plus, elle accédait facilement à la cuisine).

ratatouille

Comme les paroles maternelles ne ma rassuraient guère, un concile familial se forma et nous décidâmes de passer à la solution radicale qui anéantirait mes peurs et, par la même occasion, Marie-Charlotte.

Jean-Chri fila au Brico et en ramena un piège rutilant. Je frissonnai devant ses méthodes barbares, mais ma tranquillité avait un prix.

C’est là que commença la traque.

Chaque soir, nous lui tendions une offrande placée dans un ressort métallique. Le lendemain, nous allions relever la souricière, tels des braconniers du Grand Nord et, à coup sûr, nous le retrouvions vide.

Tout notre stock de fromage y est passé.

Marie-Charlotte, habile stratège, déjouait tous nos pièges.

A croire qu’elle détenait un master en l’art et la manière de récupérer des morceaux de fromage dans des systèmes à leviers mécaniques.

piege a souris
trait

Un matin de mon adolescence, je fus réveillée de manière somme toute assez brutale.

Le « tip tip tiip » strident de Marie-Charlotte résonnait dans mes oreilles.

Mais ce n’était pas « comme d’habitude ».

C’était très proche de moi.

Trop proche.

Je sentais que le moment que j’avais tant redouté était venu : elle avait quitté ses appartements et partait à la conquête de mon territoire.

Je pensais déjà à ce que Mère dirait en apprenant la nouvelle, et cela ressemblerait à coup sûr à quelque chose comme « Avec le bordel qui règne dans ta chambre, pas étonnant que la souris vienne y faire son nid. ». Puis je fus interrompue dans mes divagations car à nouveau, elle émit son cri.

J’ouvris enfin les yeux, pestant contre celle qui rendait ma vie infernale.

Elle était là.

Elle se tenait sur moi, les pattes arrière plantées dans mon édredon, me jetant un regard plus bovin que souricier.

Vive comme l’éclair, je soulevai mes draps en hurlant et expédiai Marie-Charlotte au plafond.

Je sortis de ma chambre tel un diable hors de sa boite et alertai Mère, qui lisait tranquillement dans le canapé.

Alertée par mon vacarme, Caro nous rejoignit.

Mère, d’un air las, me dit « Oui mais Natha !, ce n’est qu’une petite souris de rien du tout. Je vais aller te la neutraliser, moi. »

Elle enfila ses pantoufles, se saisit d’un balai et se rendit dans ma chambre, escortée par ses filles.

Caro me jetait un regard affligé qui semblait dire « Quelle lopette, ma sœur. Quelle petite nature »

Nous entrâmes dans ma chambre. Marie-Charlotte se tenait au milieu.

Mère frappa le sol d’un coup de balai.

Aujourd’hui encore, j’ignore qu’elle était sa stratégie – peut-être faire reculer l’animal jusqu’à la porte de sortie – mais toujours est-il qu’elle échoua lamentablement. Le coup de balai fit en effet détaler Marie-Charlotte, mais dans notre direction.

Nous hurlâmes toutes trois et, d’un seul élan, bondîmes sur mon lit.

C’est à ce moment précis que Jean-Chri entra dans ma chambre, probablement alerté par notre ramdam.

Il nous trouva juchées sur le lit, les unes serrées aux autres, solidaires, brandissant un balai bien inutile, jetant des regards angoissés vers la souris qui nous regardait passivement en remuant les moustaches.

Sans se départir de son flegme légendaire, il attrapa une boite en carton, invita Marie-Charlotte à s’y rendre, ce qu’elle fit immédiatement, un peu comme si elle avait affaire à « l’homme qui murmurait à l’oreille des souris » en personne.

Puis, princier, il nous dit « Vous pouvez descendre du lit, maintenant ».

« Enfin, si c’est la souris qui vous faisait peur »

Persécutée par les animaux

Il parait que les petits chats sont très mignons

Un jour que nous faisions du camping et qu’il régnait un silence tout à fait inhabituel pour cette famille, Mère, inconfortablement installée sur sa chaise pliante, s’est exclamée : « Il parait que les petits chats sont très mignons ».

Cette phrase, sortie de nulle part, nous a quelque peu inquiétés sur sa santé mentale car elle venait du néant et nous ignorions alors à quoi elle pouvait bien faire référence.

c'est cela oui

« C’est celaaaa, oui »

Par après, nous avons compris que quelqu’un donnait des chatons et que Mère était en train de se laisser tenter.

chaton1

« Mignonitude extrême »

Cette phrase est donc devenue une arme pouvant servir à toutes sortes de railleries, un mantra incontournable que l’on aime ressortir dans les occasions les plus éloignées possibles du sujet.

(Par exemple : « Les filles, vous voulez bien débarrasser la table ? » « Il parait que les petits chats sont très mignons »).

chaton« Tu peux toujours siffler et battre la caisse »

C’est suite à cet épisode que nous avions recueilli Pilou et Grisou, les chats des petites.

Cela remonte à bien longtemps et nous en avions presque oublié la joie d’avoir des chatons à la maison.

Et puis, l’autre jour, Stanislas a apporté ses quadruplés à Adèle. Elle les a emmenés un par un par la peau du cou et les a déposés dans sa chambre, sur son tapis.

Bien entendu, Adèle était en émoi. Elle y voyait là un immense privilège et un plaisir non moins immense. Voir crapahuter ces petites boules de poils au pied de son lit : quel bonheur incommensurable !

Comme c’est dans sa nature, elle nous snobait un peu : « Eh, les sœurs, vous savez, les chatons dorment dans ma chambre ».

chatounet

Seulement voilà.

Le lendemain matin, elle s’est levée avec le cheveu en bataille et elle a déclaré : « J’avais carrément idéalisé le fait de dormir avec des chatons. Parce qu’en réalité ils ont piaillé tout le temps. Et en plus, ils ont pissé à mort sur mes rideaux et mon tapis, ces petits bâtards« .

Comme quoi, ils ont beaux être mignons, ces petits chats sont des gros cons.

chaton

Bon, je dois bien admettre qu’ils sont mimis, ces petits pisseux.

Et comme il y a au moins 18 personnes qui veulent prendre un de nos chatons, on a décidé de se lancer dans un commerce en faisant engrosser Stanislas pour ensuite revendre ses bébés. Avouez qu’on a de la suite dans les idées.

chaton5

chaton2

 

chaton3

chaton4

Persécutée par les animaux

Un peu comme Kill Bill, mais avec des chatons

J’ai dormi avec Stanislas et ses chatons.

Dans la même chambre.

Ce qui était, vous vous en doutez déjà, une très mauvaise idée.

Notamment parce que Stanislas aime me servir d’écharpe quand je dors.

« Tu dors ? Plus pour longtemps, en tout cas »

Quand Adèle a claqué la porte d’entrée à 7 heures du matin, Happy-le-chien, qui dormait dans le hall, s’est senti seul et désemparé alors il m’a rejoint dans ma chambre pour recevoir une petite caresse sur la tête. Ce que je lui ai octroyé d’un geste désinvolte et encore engourdi par la fatigue d’une nuit passée avec un chat installé dans mon cou.

Bien entendu, Happy-le-chien venait de commettre un terrible impair en enfreignant – que dis-je – en violant d’un seul geste toutes les règles de bienséance qui balisent leur vie en commun.

Il était entré dans la chambre des chatons, provoquant ainsi le courroux de Stanislas.

Petite Beauté s’est immédiatement transformée en furie et, toutes griffes dehors, elle s’est jetée sur le chien et lui a mis sur la tronche.

Happy pleurait. La queue entre les jambes, il se demandait pourquoi la chatte l’attaquait de la sorte et il m’implorait de ses grands yeux de le protéger du danger.

Comme le chat ne lâchait pas l’affaire, Happy, apeuré, est monté dans mon lit.

Le chat a suivi.

Des boules de poils ont volé dans mes draps.

J’étais debout sur le lit, avec le chien à mes pieds et le chat qui s’était transformé en tornade.

On aurait dit qu’on rejouait Kill Bill avec des animaux dans mon lit à 7 heures du matin.

Je ne suis pas inconsciente. J’ai pensé à ma propre survie.

Alors je me suis emparée d’un coussin et j’ai tapé fort sur Stanislas tout en ordonnant à Happy de dégager de la chambre.

Il ne s’est pas fait prier et est retourné dans son panier, légèrement traumatisé.

Stanislas est retournée vers ses petits.

Quant à moi, je me suis rendormie. Non mais ça ne va pas, de me réveiller à une heure aussi matinale ?

Ca vous amuse de me savoir persécutée par des animaux ?

Alors cet article devrait vous plaire.

Bref, j’ai chanté

Persécutée par les animaux

La naissance des chatons

Ma sœur Mathilde a un chat. Un joli chaton nommé Stanislas et surnommé plus modestement « Petite beauté ».

stanislas

Je crois que Stanislas souffre d’un trouble de la personnalité car c’est APRES l’avoir nommé(e) de la sorte que Mathilde s’est aperçue qu’en fait, Stanislas était une femelle.

george sand« Ben quoi ? Je m’appelais bien George Sand »

Stanislas a vécu alternativement en appartement et en maison-avec-jardin. Mais dans l’appartement, elle s’échappait par la fenêtre et rentrait chez la voisine de ma sœur qui lui hurlait dessus comme si cette satanée bête sortait tout droit des enfers.

Comme la voisine en question a accroché une petite poupée vaudou sur sa porte d’entrée en guise de non-bienvenue (sur laquelle il est écrit « mort ») , Mathilde n’a pas osé tenter le Diable. Avant de retrouver la tête de son chat dans un carton un soir en rentrant du boulot, elle a déposé Stanislas chez Mère.

Mère qui, rappelons-le, a déjà une véritable ménagerie à domicile avec Happy-le-chien et les deux chats : Grisou et Akatek-au-taquet.

Portant bien son nom, il n’a pas fallu à Petite beauté cinq minutes avant de se retrouver la principale attraction des matous du quartier.

Et ce qui devait arriver arriva.

Petite beauté allait devenir mère.

Au fur et à mesure des semaines, le ventre du chat s’arrondissait.

Avec mes sœurs, on a fait des paris sur le nombre de chatons que Stany allait avoir. Il y avait la team « trois » et la team « quatre ».

Et puis, en ce 24 août, Stanislas a réveillé maman à 5h30 du matin pour lui signifier qu’elle perdait les eaux et qu’elle ne comptait pas accoucher seule dans son coin mais bien en sa présence. Si maman bougeait ne fût-ce que d’un iota, Stanislas la ramenait à elle à force de miaulements stridents, sa spécialité.

Je me suis toujours demandé comment un chat aussi minuscule que Petite beauté parvenait à mettre les humains à son service (en particulier quand je dors dans l’atelier de maman et qu’elle me réveille à 7h du matin, les pattes accrochées en ventouse sur le velux et qu’elle miaule jusqu’à ce que je lui ouvre la fenêtre pour qu’elle puisse s’installer sur mon cou et s’endormir en m’étouffant à sa guise), mais c’est un fait avéré : elle y parvient toujours.

Mère est donc restée à son chevet des heures durant, rassurant le petit chat qui mettait bas.

Quand je suis arrivée à Wépion ce soir là, maman a pointé le doigt vers une petite caisse et m’a dit : « Regarde Natha, les chatons sont nés le même jour que toi ».

Qu’une petite émotion m’ait étreinte à la vue de la naissance de chatons pourrait vous sembler surprenant de ma part (vous connaissez ma passion sans bornes pour ces créatures) mais c’était beau et étrange, ces petites vies qui sont arrivées chez nous, le jour de mon anniversaire, quelques semaines après le décès de mon beau-père. Même si ce ne sont que des chatons, oui, c’est la vie qui prend forme dans un moment si triste.

Je me suis accroupie vers les petites crevettes aveugles et je les ai comptées. C’est la « team quatre » qui avait gagné (Adèle-Caro).

Puis je leur ai déclaré : « C’est trop cool, on pourra fêter nos anniversaires ensemble », et j’ai un peu souri.

Persécutée par les animaux

Home-and-dog-and-cat sitter

 

grisou

 

Très chère Mère,

 

Je sais (enfin je crois) que tes intentions étaient bonnes quand tu m’as proposé de garder ta maison et tes animaux pendant que tu crapahutais dans les montagnes. C’est vrai, quoi. Je passe d’un studio à une maison avec jardin, étangs et piscine. Je peux même découvrir certaines merveilles de technologie que je ne connaissais pas : le lave-vaisselle (une des plus belles inventions de tous les temps) et la télévision (regarder des épisodes des Experts en mangeant de la Häagen-Dazs à même le pot, ça le fait bien)

Mais cette responsabilité, qui peut sembler alléchante à priori, draine avec elle son lot de tracas.

Voici un petit résumé de ce qu’il s’est passé ici durant ton absence :

Lire la suite « Home-and-dog-and-cat sitter »