Société

On a testé ma résistance

Avec mes collègues, on adore se faire griller des tartines.

C’est une activité comme une autre, après tout.

Mais nous avons un problème : Rocco a rendu l’âme. Rocco, c’est notre grille-pain et il s’appelle comme ça parce qu’il commence à se faire vieux, qu’il chauffe de trop et qu’il faut être habile pour faire sauter sa résistance.

Alors, agissant au nom de la Communauté, je suis allée en acheter un nouveau. Nous étions le 9 septembre et il était 12h48 exactement. Apparemment, ça a son importance.

Je suis revenue avec un grille-pain rutilant sous le bras, acclamée par mes collègues.

J’ai mis ma tartine dans le grille-pain. J’ai attendu. Longtemps. J’ai dit à Sophie : « Il faut du temps » et elle a chanté Pascal Obispo « Il faut de temps » en montant très fort dans les aigus comme elle en a le secret. Elle a déclaré solennellement : « Celui-ci s’appellera Pascal ». « D’accord », ai-je répondu.

Mais Pascal n’a pas semblé sensible à son nouveau sobriquet car au bout de dix interminables minutes, il m’a éjecté une tartine molle. J’ai crié « Ma tartine est molle ! »

« Oui, je vois ça, mon craquelin des îles », a dit Sophie.

« Mais je ne supporte pas les tartines molles!!! »

« C’est évident », a-t’elle confirmé, me sentant sur la brèche, n’osant me contrarier.

Elle a suggéré : « Et si c’était l’inverse ?

« C’est-à-dire ? »

« Si le 1 désignait en fait le maximum, au lieu du 6 ? ».

Alors on l’a mis sur 1. Mais Pascal a à peine chauffé ma tartine molle.

On a appuyé sur « Décongélation ». Puis sur « Réchauffage ». Toujours une tartine molle.

Nous sommes restées pantoises, prostrées devant le grille-pain qui possède en tout et pour tout deux boutons. On ressemblait un peu à deux chimpanzés qui essayent de faire rentrer des cercles dans des carrés.

Au bout d’un moment, Sophie a suggéré : « Et si ce n’était pas un grille-pain ? »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? a demandé André. « Qu’il fait aussi lave-vaisselle ? »

« Si c’était simplement un réchauffeur de tartines et pas un grille-pain? »

« Ça existe, ça, un réchauffeur de tartines? » a demandé Sophie-Marie.

« Je ne sais pas. Mais ça se pourrait ».

« Attends, je vais vérifier sur le ticket ».

Alors j’ai vérifié sur le ticket, pour en avoir le cœur net. Il était écrit « Grille-pain ».

« Aucun doute possible » ai-je dit à l’assemblée « Pascal Obispo est bien un grille-pain ».

Sophie-Marie, voyant que je vérifiais cette information sur le ticket, a fait une suggestion somme toute intelligente : « Et si on allait le rapporter au magasin? ».

En voilà une idée qu’elle était bonne, comme on dit chez nous. Je suis donc partie en direction du magasin, un magasin éphémère dont j’aurais dû me méfier dès le départ (Dans ce monde qui part en cacahuète je suis toujours plus rassurée par la permanence des choses).

Je suis arrivée dans la boutique (on dit « pop-up store, askip) et j’ai dit à la vendeuse : « Pascal Obispo ne fonctionne pas ». Elle a paru interpellée. Pas habituée à ce que les objets aient une âme.

« Que voulez-vous dire ? »

« Mon grille-pain. Il ne fonctionne pas »

« Et vous avez bien mis la roulette sur une puissance ? »

« Ah non, je l’ai laissée sur Stop », lui ai-je asséné.

Mais elle n’a pas semblé comprendre le second degré qui m’est si cher et qui est mon mode de communication essentiel car elle a continué à me parler comme si j’étais la personne la plus débile que toute la planète ait jamais portée. Elle a dit :

« Je ne peux pas reprendre les appareils. Je suis obligée de les tester ici ».

« Vous ne pouvez pas me croire sur parole ? »

« Hélas non ».

Et là, c’est le pompon, l’apogée de ce récit. Elle dit, le plus naturellement du monde :

« Est-ce que vous avez une tartine avec vous ? »

Mais oui bien-sûr Jacqueline ! Je ne me trimbale jamais sans une tartine dans la poche de mon manteau !

Je crois qu’elle a vu qu’elle commençait à me griller sévère alors elle a changé de conversation.

« A quelle date êtes-vous venue ? »

Je n’ai pas bien compris en quoi c’était important, mais j’ai regardé le ticket.  » Le 9 septembre »

« Est-ce que vous habitez loin ? »

« Non, pourquoi ? »

« Parce qu’alors vous pouvez vite aller chercher une tartine puis revenir ».

Là, il y a eu un silence. Et elle a ajouté :

« Parce que j’ai une tartine pour mon pique-nique, mais seulement, je n’ai pas envie de la griller ».

« Bon. ai-je articulé. Je reviendrai demain avec une tartine ».

A mon avis, la femme ne se rendait pas compte qu’elle jouait avec le feu parce qu’il était midi et que je crevais de faim et que la faim me rend agressive. Mais ça, elle ne pouvait pas le savoir, alors elle a continué à m’humilier.

« En fait, si je puis me permettre, il faut mettre sa tranche de pain et puis appuyer sur le gros bouton gris »

« Oui, enfin… Un grille-pain, quoi ! », lui ai-je dit sur le ton de la meuf qui va bientôt lui proposer de mettre sa main à la place de la tartine, histoire de faire le test en direct.

Je commençais à être tellement enragée que j’ai dit :

« Si l’objet avait possédé 52 boutons, à la limite, je veux bien admettre qu’il plane un doute, mais là on parle de Pascal ! Il n’a que deux boutons ! Je ne suis pas ingénieure en aéronautique, mais je ne suis pas non plus si teubé que je ne sais pas faire fonctionner un grille-pain ! Et au fait, on fait comment, si s’est une machine à laver qu’il faut tester ? Je viens avec mon linge délicat et se fait une machine de petites culottes ? Et si c’est la cocote minute qui déconne ? Je viens avec un gigot, du beurre et des petits oignons ? »

Bon, vous vous en doutez, je n’ai pas dit tout ça, car j’ai hérité de la bonne éducation catholique de mes parents qui sont tous deux des modèles de sang-froid en pareilles circonstances.

Je suis juste sortie furax, emportant Pascal Obispo sous le bras, devant les passants étonnés de voir encore une fois la folle au grille-pain hanter les rues et je suis rentrée au bureau, la fumée sortant de mes naseaux.

Mes collègues ont dit : « Alors ? Ils ont échangé Pascal Obispo ? »

Et j’ai répondu « Ils ont testé ma résistance »

Ce qui est un si beau trait d’esprit que, quelque part, quoi qu’il arrive, même avec des tartines molles, je sors victorieuse de cette histoire.

Société

Souffrance du monde moderne, j’ai mangé du Nutella

Je vous avais déjà dit que je souffre de culpabilité morbide, voire mortifère.

Kézako, cher Docteur Freud ?

Eh bien, c’est très simple : Il s’agit d’un sentiment aigu de culpabilité qui ne me quitte jamais, au grand jamais.

Je souffre également de compulsions alimentaires et, vous vous en doutez, cette combinaison des deux névroses donne un terrain idéal pour que l’une nourrisse l’autre, au sens propre comme au sens figuré, un beau cercle vicieux compulsion alimentaire/culpabilité difficile à briser.

Ajoutez à cela une suspicion sévère d’endométriose et PAF : c’est le combo gagnant.

Voilà le tableau : Lundi, souffrant violemment des ovaires ; comme si un Raptor me les broyait pour en faire du carpaccio ; je déambulais, les yeux hagards, dans les rayons du Supermarché à la recherche de sucre, en mode camée accro à la méthamphétamine, les règles appelant la compulsion de sucre, la compulsion de sucre appelant la culpabilité, la culpabilité appelant la souffrance psychique.

En plus, j’étais chez Aldi, pour vous aider à situer le curseur de mon désarroi.

Et là, au détour d’un rayon, j’aperçois L’objet de ma convoitise : un pot de Nutella.

Or ; il se fait qu’au quotidien, j’essaye autant que faire se peut de manger bio, de saison, de limiter mes déchets, mon emprunte carbone (même si je prends souvent l’avion, autre sujet de culpabilité) et tout le tintouin.

C’est dans cette optique là que j’ai décidé, il y a deux ans, de supprimer le Nutella. Adèle vous le dirait : « Manger une cuillère de Nutella, c’est tuer un orang outan ».

Et moi, j’aime bien les orang outans, et toutes les autres bêtes. Quand j’étais enfant, mon héros était le commandant Cousteau, ensuite je me suis intéressée à fond à Jane Goodall. J’ai pleuré quand le bébé chimpanzé s’est laissé mourir de désespoir après le décès de sa mère, j’ai pleuré quand j’ai vu passer des koalas grillés sur mon fil d’actualité et même si parfois je rêve de déposer mon chien et mes trois chats dans une caisse en carton devant la SPA, je ne l’ai pas encore fait. C’est vous dire si j’aime ces saloperies de bestioles.

Et soudain, il était là, tout moelleux, tout sucré, au soi-disant goût de noisettes, et il m’appelait : « Nathaliochka ! C’est dans ton estomac que je veux finir ! ». Ni mes incantations à Greta Thunberg ni ma morale aiguisée n’ont pu empêcher ce qui s’est produit ensuite : je suis passée à la caisse avec mon pot, et je suis revenue, honteuse, dans le BRR (Bureau Rock and roll) où mes collègues se sont sentis navrés pour moi.

D’abord, j’ai trop culpabilisé pour le manger, alors je l’ai laissé là, dans le bureau, où il est resté jusqu’au vendredi, me narguant un peu chaque jour : Et maintenant, même si tu ne me manges pas, le résultat sera le même : tu auras contribué au fléau de la déforestation.

Vendredi, Sophie entre en criant « Shabbat shalom ! » car chaque vendredi, nous faisons shabbat, c’est-à-dire que nous avons le droit de prendre un petit-déjeuner sucré. Là, j’ai mis ma tête dans mes coudes, de désespoir, et j’ai cédé en mangeant des sandwichs mous au Nutella, avec beurre salé en sus, s’il-vous-plait bien.

André m’a dit que je lui faisais penser à l’avocat de la « Guerre des Rose » qui a arrêté de fumer il y a 25 ans et qui garde toujours sur lui une clope dans une boite, pour lui rappeler d’où il revient et qui craque le jour où le divorce de ses clients part trop en sucette (rappelez-vous qu’elle va quand-même jusqu’à servir à son ex-mari son propre chien en ragout, alors parlons-en, de la cause animale).

Ensuite, le téléphone a sonné et André m’a tendu le cornet en disant : « C’est pour toi ». C’était Mélanie qui me disait : « Et alors, mon Bichon ? Il parait que tu manges du Nutella ?! »

« Comment peux-tu être au courant ? » « André m’a envoyé une alerte rouge » « Ah » « Et ta mère est au courant ? » « Non ! Ne lui dis pas, s’il-te-plait » « On verra ». Et, comme pour me punir, ils se sont tous mis à chanter « Aux champs Elysées », ma chanson détestée.

A la pause, je suis allée sur Messenger, où j’avais reçu de la part de Mélanie, quelques jolis gifs dans ce genre-là (je n’ai pas réussi à les retrouver sur le net) :

Le téléphone a de nouveau sonné et là, une voix inconnue déclare qu’elle fait une enquête pour les consommateurs de Nutella et qu’elle aimerait savoir si j’en consomme occasionnellement. J’affirme « Jamais » et j’entends, en arrière-fond, Mélanie crier « Menteuse !!! ».

Puis sa collègue me demande si j’ai déjà entendu parler de réchauffement climatique, de déforestation, des singes qui perdent leur habitat.

Et, pendant ce temps, je ne vous mens pas en vous disant que j’étais en train de prendre des renseignements pour m’inscrire aux sessions de « Je cours pour mes formes », et que la culpabilité m’a fait appuyer sur le bouton « Je valide ma participation ».

Ben oui, il faut bien que la culpabilité ait aussi du bon, parfois.

Je rachèterai ma conduite en allant m’initier à la course à pieds, ce qui promet encore de belles expériences à relater dans ce journal intime.

Société

Le burnout de Sven

La dernière fois que je suis allée chez Ikea avec Adèle, une chose inhabituelle a frappé notre rétine : Le hall d’entrée était salement décoré.

Les motifs fleuris du canapé, repris également sur les murs, nous ont fait penser à un dimanche soir pluvieux chez Mère-grand, quand tu es enfant, que tu as mangé trop de tarte au riz, que le sucre te fait délirer, que tes parents tardent à venir te rechercher, que tu n’as pas fait ton devoir de maths, que le coucou de l’horloge émet un sinistre Dong et que ta Mamy te dit que si tu n’es pas sage, tu finiras par te retrouver sur les murs.

Tout cela nous éloignait dangereusement du célèbre impeccable design suédois que nous vénérons tant.

Il va sans dire que nous avons été à la fois surprises, choquées et déçues.

On s’est demandé ce qui leur était passé par la tête et là, nous avons été frappées par un éclair de génie : Il y a peut-être un stagiaire chez Ikea qui fait un burnout et qui a décidé de couler la boite insidieusement.

Il s’appellerait Sven (sans vouloir faire de stigmatisation, bien entendu).

Quand nous sommes allées à la cantine et que nous avons vu le prix de notre gâteau (1 euro), nous avons eu la confirmation de notre théorie. Si les gâteaux au chocolat ne coûtent qu’un malheureux euro, sûr que c’est Sven qui veut mettre Ikea en déficit.

Et surtout, à la cantine, ils servaient un nouveau plat : Des frites-croquettes. Oui, des croquettes accompagnées de frites, sans même un soupçon de légumes, ce qui est une hérésie pour les suédoises healthy-green-smoothies que nous sommes.

De retour à la maison, j’ai parlé de Sven à pas mal de copines qui ont dit que notre théorie se tenait.

Et puis, vendredi dernier, Adèle avait besoin de cadres pour notre expo et nous sommes reparties chez Ikea en famille (mais sans prévenir Mathilde, qui travaillait, pour ne pas lui faire de peine).

A peine installée dans la voiture, je reçois une photo sur Messenger de Fanny et Marie-France.

« Encore un coup de Sven ? »

Car le Grand Plan Cosmique de l’Existence a fait en sorte que nous allions chez Ikea le même jour.

Je leur réponds en envoyant un cliché du fauteuil qui provoque mon courroux.

(Désolée si vous avez adopté Ektorp. Les goûts et les couleurs, il parait que ça ne se discute pas. Mais si c’est le cas, j’aimerais tout de même que l’on en parle un tantinet).

Et en effet, au restaurant, en portant mon plateau de frites-croquettes, j’entends héler mon prénom et je tombe sur elles. Marie-France m’explique qu’elle est venue jusque-là pour acheter un bureau à son fils, mais qu’hélas le bureau est en rupture de stock et que, pendant qu’elles dégustent un gâteau à un euro, son fils est en train de consciencieusement ranger sa chambre afin de recevoir ledit bureau. Fanny m’explique d’un air cruel : « Mais elle ne l’a pas prévenu que le bureau n’était pas là, pour qu’il continue son rangement ».

Et ce n’est pas tout. Dieu avait vraiment décidé que je serais connue comme un vieux sou chez Ikea, parce que je suis aussi tombée sur les soeurs David, mes nouvelles copines qui m’avaient offert un dinosaure à mon expo. (Suivez un peu, ceci est une saga).

Elles étaient un peu fébriles et elles m’ont expliqué que quand elles étaient venues hier (vivent-elles-là ?), elles avaient vu Sven se cacher en-dessous de son bureau en les apercevant.

Si j’ai bien compris, les plans de cuisine d’Isabelle changent tous les jours et, en sus, elle aimerait y intégrer un petit poulailler pour Doris et Priscilla, ses deux poules imaginaires.

Immédiatement, j’ai compris que le burnout de Sven était dû à mes deux copines, et que c’était donc de leur faute si les canapés Ektorp existent et si on grossit à cause des frites croquettes.

Mais je n’ai rien osé leur reprocher.

Car l’amitié, c’est pouvoir se taire et accepter les autres dans leur immense complexité.

Société

Faire le sapin

Une sœur qui tient à ce qu’il y ait un sapin dans le salon, une mère atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette et un chaton qui découvre les paillettes, je crois que cette année, tous les ingrédients sont rassemblés pour que je vous concocte une petite rubrique « Magie de Noël ».

Lire la suite « Faire le sapin »

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Notre journée Marie-Antoinette : soldes et solde insuffisant

Hier, tous les éléments étaient réunis pour que Noémie, Adèle et moi passions une bonne après midi.

  • On était dimanche.
  • C’était le premier jour des vacances.
  • Accessoirement le premier jour des soldes.
  • Il faisait à tout casser 30 degrés à l’ombre.
  • Le solde de notre carte gold était à son apogée.
  • On n’avait plus rien à se mettre.

Vous me voyez venir ?

Je suis en train de vous dire qu’hier, les axes étaient alignés en un combo gagnant pour passer une journée Marie Antoinette.

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C’est Mathilde et ses amis qui ont inventé le concept de la journée Marie-Antoinette : il s’agit de faire du shopping en buvant du champagne et en mangeant des pâtisseries.

Etant donné que je n’ai fait que grossir ces derniers temps et que ma soeur et ma cousine sont plutôt « vegan pro-ana zéro sugar et gluten free », on a zappé le chapitre bulles et pâtisseries pour se consacrer entièrement à notre art : acheter des fringues.

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Enfin, c’est plutôt leur passion à elles.

Moi je leur ai dit quelque chose qui tombe sous le sens, dans le genre :  » Je ne trouve plus de vêtements à ma taille, je suis pauvre, il fait 50 degrés, alors pourquoi se ruer dans la foule par cette chaleur alors qu’on est si bien ici, à agoniser dans le jardin à la recherche du moindre recoin d’ombre ? ».

J’avais des visions d’horreur.

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Mais les filles sont persuasives, elles ont essayé de me faire croire que tout le monde penserait comme moi et que donc, nous aurions la ville pour nous toutes seules.

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Je ne suis pas dupe, mais je les ai suivies quand même.

Quand on est arrivées en ville, j’ai clairement dû admettre qu’elles maitrisaient leur sujet car il y régnait un calme inhabituel.

On a franchi la première porte coulissante et la fraîcheur de l’air conditionné m’a envahie : j’étais conquise.

J’ai regardé un peu les vêtements.

Tout était beau.

Mais rien à ma taille, devenue trop hors normes.

Je n’osais trop rien dire mais je ne le vivais pas super bien. Je rêvais au jour où je perdrais 20 kilos et je me disais que peut-être plus tard, je pourrais moi aussi participer quand je ferais du shopping. Je me suis donc mise sur le côté en me disant tant pis, je vais les suivre et on passera malgré tout une bonne après midi.

En passant devant une enseigne dont je tairai le nom, j’ai expliqué aux filles : « La dernière fois, j’ai dû aller là pour m’habiller, dans ce magasin de vieilles grosses. Et ça m’a fait un choc d’en arriver là ». Adèle m’a répondu que j’étais bourrée d’aprioris, la preuve : le pantalon dans la vitrine était très beau. Je lui ai répondu, soulagée : « Ah, toi aussi tu le trouves très beau ? J’ai cru que si je portais ça, tu appellerais la brigade de la mode ».

La brigade de la mode, c’est mon ami Mathieu qui l’a inventée, et elle vient vous chercher pour vous emprisonner si vous êtes mal habillée.

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Jamais du brun avec du noir

Elles m’ont convaincue d’entrer et là, tout a été très vite.

Adèle s’ est emparée de plein de pantalons, Noémie a saisi des blouses, et elles m’ont poussée dans la cabine d’essayage à une vitesse vvprime (j’adore cette expression).

Les filles se sont installées. Elles ont dit « Tu vois, on est bien ici. Il n’y a que nous, des coussins pour s’asseoir, la clim et des beaux vêtements ».

J’ai tout essayé et le croirez vous ?

Tout m’allait.

Comme un gant.

Noémie, jambes croisées sur son siège, a déclaré : « Tu dois tout prendre, c’est obligé ».

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Tout prendre ? Moi qui comptais juste acheter un ou deux vêtements… Et en même temps, je n’avais plus rien à me mettre (à part mes vieilleries, dirait Mère) donc j’ai obtempéré.

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Adèle a déclaré d’un ton solennel : « On va te faire découvrir ce que c’est que le shopping extrême ».

Et Noémie a ricané. Un ricanement de petit diable.

Quelque chose dans leur attitude me disait qu’on ne faisait que commencer.

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Arrivée à la caisse, la caissière m’a dit : « Est-ce que vous savez qu’il n’y a rien en solde dans ce que vous avez choisi ? ».

Je lui ai dit « Oui, je sais. Mais comme dirait Sébastien : « L’argent n’est pas un problème » » et j’ai payé avec ma carte Gold.

On a fait encore plusieurs magasins et, à chaque fois, j’ai tout dévalisé parce que les diaboliques me poussaient à la consommation.

Adèle, par contre, ne s’achetait rien, ce qui commençait un peu à nous inquiéter, et on se demandait si elle était malade quand elle est tombée sur une petite merveille.

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On commençait à avoir les pieds en sang et le compte ne banque à l’agonie.

Mentalement, je me demandais combien je pourrais toucher si je revendais un rein et si ça suffirait à rembourser une partie de mes achats quand on est passées devant le bar à smoothies.

Je me disais que j’allais offrir un peu de vitamines aux deux démons qui m’avaient fait me rhabiller de la tête aux pieds quand on a vu ce panneau qui nous a bien fait marrer.

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On a donc siroté nos boissons fraîches sur un banc, ensevelies sous les sacs de courses, épuisées, pauvres, mais heureuses.

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Société

Les raisons pour lesquelles on aime Ikea

Nous sommes bien d’accord : Ikea, c’est le mal.

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Cette enseigne cumule à elle-seule nombre de dérives que nous aimons pointer du doigt (désastre écologique, mondialisation, uniformisation des intérieurs).

Dans un monde où il est de bon ton de boire de l’eau de pluie acide et de tricoter des pulls en poils de lama, Ikea fait tache.

Mais dès qu’il s’agit d’Ikea, il se peut que nous perdions tout sens civique et que nous devenions des traîtres, des vendus, des Judas.

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« J’ai besoin d’un nouveau salon, je crois que je vais craquer mon slip »

Voici donc, en exclusivité pour vous ce soir : Les raisons pour lesquelles on aime Ikea.

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« Ikea, bonne idée »

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Ikea, ce n’est pas seulement un magasin : c’est une destination

On peut s’y rendre en famille au même titre que nous irions au zoo, au cinéma ou dans un parc d’attractions. Ca prend la journée et ça fait le bonheur des petits et des grands.

On peut aller chez Ikea sans rien acheter, juste pour le plaisir de flâner dans les allées.

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A l’entrée, on peut droper les enfants dans les balles et les laisser jouer là pendant nos achats.

C’est du fun à moindre prix. 

On les récupère le soir, exténués et heureux.

Et nous, on a pu faire flamber notre carte gold tranquillou sans même devoir penser à eux. Quiétude.

« Reste bien sage, Donovan. Je viendrai te rechercher le mois prochain »

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On peut s’inventer des vies en testant toutes les pièces du showroom.

« Eh oui, je suis toujours aussi ordonnée »

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Le repas : de délicieuses boulettes de renne, mélange de tripes de chat de gouttière, de carton et de lapin écrasé sur le bord de la nationale. Servies avec des frites suédoises (hérésie pour les belges).

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« Couilles de rennes sur lit de vomi. Bon appétit »

Et en sus, c’est boissons à volonté.

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« Attends, je me fais encore un shot d’eau de sureau »

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Pour bien digérer les boulettes, on s’installe pour faire une méga sieste sur des matelas de compétition.

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Chez Ikea, les meubles portent un prénom de viking.

On s’assied sur Amalrik pour boire son café.

On se douche avec Sven,

on se couche sur Günter,

on fait de beaux rêves avec Ivar.

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« Je prendrai le même version table de nuit »

Grâce à Ikea, tu peux demander à ton mari qu’il te prenne sur Billy sans qu’il rechigne.

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« Y’a pas à dire : c’est du solide, cette étagère »

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A ce propos, j’ai remarqué que Billy peut aussi bien être une étagère qu’un lit ou qu’une tringle à rideaux.

J’imagine que le type qui est chargé de trouver des noms aux meubles a totalement la flemme.

Et puis Billy, ça passe mieux qu’Arnaldur (qui en a une molle).

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« Le nouveau presse-ail je l’appellerais bien Billy »

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Les crayons sont gratuits. Et les mètres ruban en papier.

C’est toujours utile.

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« Là je sens qu’avec du matériel de si bonne qualité, je vais vous pondre un chef d’œuvre »

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Ikea nous réconcilie avec le bricolage.

Rien de plus simple que de monter un de leurs meubles.

Un manchot paralytique y parviendrait. 

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« Le fil rouge sur le fil bleu

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Société

Sur la simplicité involontaire

Avec notre société de consommation, la simplicité volontaire a assurément de beaux jours devant elle.

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Mais je sens qu’avec les problèmes techniques en série que je viens de me coltiner (et encore, j’ai oublié de vous dire que ma chasse d’eau coulait et que pour pouvoir la réparer j’ai dû suivre une formation accélérée en plomberie au Forem), je vais pouvoir lancer le concept de simplicité involontaire.

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Comme pour chaque concept lié à ce début de siècle (Je suis HP, je suis vegan, j’ai un TDAH, je pratique la pleine conscience et je mange bio, le tout avec zéro déchet) il faut suivre quelques préceptes.

Ce sont ces préceptes que je m’applique à vous exposer aujourd’hui.

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Pour vivre dans la simplicité involontaire, il faut que plusieurs objets importants lâchent en un laps de temps assez court.

Frigo, chasse d’eau, voiture, ordinateur. Et dans la nouvelle voiture : éclat dans le pare-brise, phare avant, pneu avant,  : JE GAGNE HAUT LA MAIN, essayez toujours de me concurrencer.

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Home sweet home

Etre trop pauvre pour pouvoir les remplacer au pied levé.

Si vous avez assez de fric pour vous payer simultanément un frigo, une voiture et un ordinateur, passez votre chemin, la simplicité involontaire ne signifie absolument rien pour vous.

Etre créatif.

Pour remplacer ma voiture, j’ai pris le bus. Cela peut paraître simple mais ça ne l’est pas forcément.

Mon frigo est devenu une planche de celui de ma sœur. Quant à mon congélateur, j’utilisais mon appui de fenêtre quand il gelait.

Mon ordinateur est celui de ma sœur aussi. Enfin, je veux dire l’inverse : j’utilise celui de Caro quand j’ai besoin d’utiliser un ordi.

Ce qui nous amène au point essentiel : Avoir une sœur qui prête ses affaires et qui vit à côté de chez vous. (La mienne remplit les deux critères).

Yo, frangine, je serai toujours là pour toi

Etre de nature »bonne pâte », ou, dit plus simplement « être détendu du bulbe ».

Si vous êtes du genre à piquer une crise de nerf dès que votre ordinateur est trop lent, cette expérience de vie n’est tout simplement pas faite pour vous. Elle épuiserait vos nerfs et, par extension, ceux de votre entourage.

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J’emmerde la simplicité involontaire

Société

Vivre quand tout lâche

Contrairement à ce qu’indique le titre de cet article, je ne vais pas vous parler de Patricia Kaas, mais de moi, pour ne pas changer.

Ou plutôt de ce qui m’arrive. Ou plutôt de ce qui arrive aux objets qui m’entourent.

patricia kaas« Vivre quand tout lâche, quand tout clache »

J’ai la sale impression que le Règne-technologique se met à partir en couille sévère.

Paranoïa ? J e ne pense pas.

Tout a commencé le jour où le garagiste du contrôle technique a décrété que la Queen-Elisabeth, ma voiture, avait trépassé. Mais ça, vous vous en souvenez. J’avais dû prendre le bus et tout et tout.

Par les temps qui courent (femme moderne, working girl), il est difficile de survivre sans voiture donc je m’en suis racheté une.

Enfin, pour être exacte, mes parents me l’ont offerte pour essayer que je m’arrête de pleurer (ça s’appelle : l’éducation).

Moi qui ai toujours cru que la Queen Elisabeth était TOUT POUR MOI, j’ai constaté, en acquérant ma nouvelle voiture, que je retournais bien vite ma veste.

Le revendeur m’a dit : « Vous verrez, elle a même le bluetooth » et maman a répondu « A mon avis elle ne sait pas ce que c’est. Tu sais ce que c’est, Natha ? » « Non » « Je t’expliquerai ».

J’ai dit à Père : « J’aime tellement ma nouvelle voiture ! Quand je monte une côte, elle va jusqu’au-dessus ! Et quand j’appuie sur le frein, elle freine tout de suite. Et figure-toi qu’elle a la direction assistée ! ».

Face à tant de modernité, j’ai bien vu que Père restait coi.

Mathilde m’a dit : « Oh, c’est chouette, je ne suis pas obligée de tenir la portière côté passager en ayant peur de tomber sur la route. Et puis, il faut dire ce qui est : tu roules mieux depuis que tu as Etoile ».

Etoile, vous l’aurez compris, c’est le nom de ma nouvelle voiture.

C’est Caro qui a constaté que c’était écrit à l’arrière et que donc, c’était certainement son nom.

Mère n’aime pas ce nom. Elle a dit très sèchement : « Ah non, hein Natha, PAS ETOILE ». Elle prenait tellement à cœur le choix du nom de ma voiture qu’on aurait presque dit qu’on débattait du choix du prénom de mon enfant à naître.

On l’appellera Adolphe

Adèle, quant à elle, a dû elle aussi se racheter une voiture car celle de son père (l’emblématique Evinrude) a rendu l’âme.

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Elle s’est acheté la même que moi (sale copieuse) mais version modèle supérieur (sale prétentieuse). Et sur la sienne, il était aussi inscrit « Etoile » (drôle de nom pour un garage), donc on a surnommé nos voitures « Grande Ourse » et « Petite Ourse ».

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Quelques jours après l’acquisition de cette merveille, je suis allée conduire Aglaé je ne sais où et elle m’a dit : « Regarde, marraine : il y a un éclat dans ton pare-brise. Oh, et même deux « .

C’est vrai qu’il y avait eu de la grêle le lendemain de mon achat.

D’ailleurs, j’en avais bien chié des barres parce que c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que mes essuies-glace ne fonctionnaient pas super bien.

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Léon de Grêle

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Ensuite, mon frigo s’est mis à faire des bruits de tondeuse en pleine nuit.

J’ai essayé de faire abstraction, mais ce n’était pas évident parce que, comme je vis dans un studio, mon lit est en ligne directe avec ledit frigo, ou presque.

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Quand j’ai commencé à me réveiller en pleine nuit en sueur parce que je rêvais que Léguman roulait en voiture dans mon frigo et qu’il appuyait sur les gaz de rage parce qu’il ne parvenait pas à faire ses créneaux, j’ai compris qu’il était temps que je le débranche (le frigo, pas Léguman. Ni mon cerveau).

Si vous ne connaissez pas Léguman, vous ne pouvez peut-être pas concevoir ce que cela a d’horrible, mais croyez-moi, ça la fout vraiment mal.

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J’ai donc expliqué le problème à mon propriétaire en lui demandant s’il voulait bien remplacer mon frigo mais il a répondu : « Achetez-vous un nouveau frigo, comme ça il sera à vous ».

Ce qui tombe bien, parce que j’ai toujours rêvé de m’acheter un frigo.

Mon propriétaire est donc venu avec son frère et ils ont emmené mon frigo dans un  lieu sûr, un lieu où il ne troublerait plus le sommeil d’autrui.

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Seulement voilà : je suis pauvre.

Alors Caro a décidé de me prêter momentanément une planche de son frigo. J’y dépose donc mes affaires et, chaque fois que j’ai besoin de quelque chose, je passe chez ma voisine (qui n’en n’a jamais marre de me voir) et je lui tends mon aliment bien à vue pour lui prouver que c’est bien quelque chose qui m’appartient et que je ne suis pas encore en train de lui dérober de la nourriture.

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C’est MA brique de lait

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Aussi, un jour, dans la nuit noire et obscure, un automobiliste m’a fait des appels de phare. Je n’ai pas trop su ce qu’il voulait jusqu’à ce que je comprenne le lendemain, quand un gentil monsieur qui venait en sens inverse s’est arrêté et a baissé sa vitre pour me prévenir qu’un de mes phares ne fonctionnait plus.

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Après, Donovan s’est mis à faire des siennes.

Donovan, c’est mon ordinateur.

Il déconnait tellement que je suis allée le conduire chez le réparateur. Je lui ai expliqué qu’il s’appelait Donovan ainsi que tout ce qui n’allait pas dans son comportement (des problèmes évidents de désobéissance).

Le réparateur a rempli une petite fiche listant tous les problèmes. Sur sa fiche, il a même inscrit : « Cet ordinateur s’appelle Donovan ».

Quelques jours plus tard, le réparateur m’a appelée en me disant : « C’est plus grave que prévu, Mademoiselle : votre ordinateur a un problème de disque dur. ça demanderait 250 euros de réparation ».

Que pouvais-je faire ? Une accro à l’ordi comme moi ? J’ai dit « OK, emmenez-le au bloc ».

Puis Adèle, qui entendait ma conversation et qui s’y connait bien mieux que moi m’a dit : « Tu sais Natha, je crois que tu peux considérer que Donovan a un cancer du cerveau et qu’on ne peut plus rien pour lui. Il faut abréger ses souffrances. Il faut le débrancher. Et t’en acheter un nouveau ».

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J’ai retéléphoné au type en disant que je changeais d’avis, qu’avec ma famille on en avait pas mal discuté et que l’on pense que Donovan n’aurait pas voulu souffrir plus longtemps. J’ai demandé s’il fallait signer une décharge mais le type a répondu, le plus sérieusement du Monde : « C’est comme vous voudrez, Mademoiselle. Mais ça fera quand-même 30 euros ».

Alors chaque soir j’emprunte le Mac de Caro pour vous rédiger cette belle chronique.

Et non, ma sœur n’en n’a pas marre de toujours tout me prêter. Parce qu’elle est habituée à le faire depuis toute petite.

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Je donnerais ma chemise à cette Sainte Enfant

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Enfin, mardi, Maryline, la-femme-de-ménage-de-la-bibliothèque-de-Flawinne, est venue me trouver en me disant : « Le pneu de ta voiture est sacrément dégonflé. Je me demande même s’il n’est pas crevé ».

Je suis allée voir, et c’est vrai qu’il n’avait pas bonne mine. Il était raplapla. Ce qui est quand-même le comble pour un pneu.

 Je suis allée jusqu’à la pompe à essence la plus proche et j’ai garé Etoile pile à côté de la-machine-qui-regonfle-les-pneus. Là, un immense abattement m’a submergée car j’ai réalisé que, malgré que Jean-Chri m’ait expliqué à peu près 72 fois comment on procédait pour regonfler un pneu, je ne m’en souvenais plus.

Je suis restée là les bras ballant pendant un temps incalculable. J’ai pensé à ce film « Rubber » qui met en scène un pneu qui tue des gens et j’ai décidé qu’il ne fallait pas que je termine de façon aussi surréaliste. Que gonfler un pneu de voiture devait sensiblement être la même chose que gonfler un pneu de vélo, mais en plus gros.

Mais je suis assez loin d’être bricoleuse et le résultat de mon essai ne me satisfaisait pas, donc, les mains pleines de cambouis, je suis allée faire ma poule crevée chez le pompiste qui s’est proposé de m’aider, moi, jeune demoiselle en péril.

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Je pense que lui aussi est en péril

Là, le petit pompiste freluquet a confirmé le verdict de Maryline, à savoir que mon pneu était crevé.

Et moi aussi je me suis sentie crevée.

Dégonflée.

Aussi à plat qu’une vieille chambre à air.

Pneu mieux faire

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Enfin, tout cela pour vous dire que

j’en ai marre que Patricia Kaas mes affaires dès que j’ai le dos tourné.

toutcasser.gifVivre quand tout lâche