Celle que je suis devenue

Cela s’est produit insidieusement.

Un matin, je suis arrivée en retard au boulot parce que Kodak-le-chaton était tellement hallucinant de douceur que je ne parvenais plus à cesser de le caresser.

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Et puis les signes se sont accumulés, petit à petit.

D’abord, j’ai pris l’habitude quand je pars de dire à Happy-le-chien où je m’en vais et vers quelle heure je reviendrai car, depuis le décès de Jean-Chri, il est très inquiet de nous voir quitter la maison.

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Ensuite, j’ai dû faire quelques remontrances à Akatek car il est devenu très chafouin (A propos, cela n’a absolument rien à voir avec mon récit, mais Mathilde vient d’apprendre par une amie japonaise qu’Akatek signifie « noix de Saint-Jacques »).

Etant donné que Noix de Saint-Jacques souffle et grogne tout le temps, j’ai dû le recadrer quelque peu en adoptant certains préceptes de la parentalité positive (j’adore ce concept, ça nous change un peu des gifles et des torgnoles).

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Caro m’a dit que si j’étais aussi laxiste avec mes futurs enfants que je ne l’étais avec le chat, ils me grimperaient sur la tête. Mais la réalité, c’est qu’elle n’y connait absolument rien en parentalité positive. Faudra que je lui prête des bouquins de Françoise Dolto. Mais soit. Nous nous éloignons du sujet.

Ce que je voulais dire, c’est qu’un matin, Je suis restée interdite sur le pas de ma porte. Parce que je venais de dire à Stanislas qu’elle pouvait rester couchée sur mon lit au lieu de devoir sortir comme le stipule le règlement d’ordre intérieur de Mère. J’ai, pour ce faire, argumenté que notre relation était basée sur le dialogue et la confiance mutuelle.

OUI, Je venais de parler de confiance mutuelle à UN PUTAIN DE CHAT.

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Et je n’en suis pas restée là, car, dès le lendemain, j’ai tendu mon téléphone à Martine en m’exclamant : « Martine, tu veux voir les photos de mes animaux ? ».

Martine dit toujours oui au fait de regarder des photos d’animaux. Dans cette bibliothèque, tout le monde est gaga de bestioles en tous genres et là où des personnes normalement constituées mettraient un cadre de leurs enfants sur le coin du bureau, chez nous, ce sont plutôt les bergers allemands et les caniches. J’ai l’habitude de cette déviance. Mais je me suis toujours moquée d’eux et ils me prennent pour un être sans cœur car, pour ne pas être emportée dans le sillage de leur secte à poils et à plumes, j’ai d’emblée déclaré être insensible au charme des chatons.

Alors, quand j’ai demandé à Martine si elle voulait voir la photo de mes animaux, elle m’a répondu : « Qui es-tu devenu, ma proutinette ? Je ne te reconnais plus. Je m’inquiète pour toi, tu sais. Et puis, en fait, ce ne sont pas TES animaux, ce sont ceux de Mère » (toutes mes collègues appellent maintenant ma mère « Mère »). Et elle a ajouté, d’un ton impatient : « Vas-y, montre ! ».

Et c’est là que je m’en suis rendue compte : Je suis devenue une folle-aux-animaux.

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J’espère que ce n’est pas une maladie incurable.

 

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