Marraine d'exception

J’ai fait du baby-sitting

Oui, vous avez bien lu : J’ai fait du baby-sitting.

Et, qui plus est, je dois bien le confesser : c’était mon idée.

En tant que marraine exemplaire, j’ai proposé à mes amis Catherine et Ivan de prendre Salomé à la maison une nuit entière.

« Elle te réveillera vers six heures du matin », m’ont-ils averti.

« Un dimanche ce n’est pas ce qu’il y a de plus top. », ont-ils continué.

Mais rien n’y a fait.

Je n’en démordais pas. 

Et comme je devais travailler le lendemain, ce n’était pas grave qu’elle me réveille tôt, bien au contraire.

Devant mon insistance, ses parents l’ont finalement laissée entre mes mains expertes.

un-flic-a-la-maternelle

Ils sont donc venus déposer le paquet cadeau chez moi, un soir de février.

La soirée s’est bien déroulée, on a fait des gouzigouzis et des zouglouglous.

Mais ensuite est venue l’heure du dodo.

J’ai posé le petit être sur sa couche, dans un lit parapluie (c’est comme ça qu’on dit ?) à côté du mien.

jésus crèche

Quand je suis allée me coucher, des « Oh » interrogatifs (« Oh ? ») et exclamatifs (« Oh ! ») ont émergé du petit lit.

Puis des babillages.

Suivis de longs monologues philosophiques.

Des ongles qui grattaient le plastique du lit.

Des succions de tétine.

Des onomatopées par milliers.

Du mouvement.

Une tête qui dépasse.

Qui me regarde.

« Oh oh !!! », me disait la tête souriante, visiblement ravie de me découvrir dans les parages.

Je n’ai pas fait un doctorat en science du bébé, mais il était très clair que cette enfant avait toutes les envies sauf celle de dormir.

bébé evianTiens, marraine, je vais mettre le dawa

Je me suis donc extraite de ma couette douillette pour aller la chercher et l’installer près de moi.

Très vite, ce nouveau territoire est devenu « the place to be », et Salomé s’en est donné à cœur joie.

Elle a fait la java, a dansé la salsa, la rumba et la bossa nova pendant toute la nuit, à un tel point que je me suis demandé si je n’avais pas par inadvertance troqué sa veilleuse contre une boule à facettes.

Elle semblait ravie.

Et moi aussi.

Vers cinq heures du matin nous nous sommes finalement endormies.

Et à huit heures ma délicate sonnette nous a réveillés en sursaut.

Catherine et Ivan, couques à la main, réalisant à ma tronche éparpillée qu’ils me tiraient du lit se sont écriés « Mais ! C’est dégueulasse ! On vous réveille ? Et dire qu’avec nous elle ne se réveille jamais après six heures et demie ! C’est pas juste ! Tu en as de la chance !».

Si,si, ils ont même dit « Tu en as de la chance » …

Enfin, bref, j’ai fait du baby-sitting.

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