Je grossis

Je grossis.

A vue d’œil.

Comme un soufflé au fromage. Ou comme le bonhomme Michelin, mais sans les rainures.

bibendum

« Micheline ? Oui, c’est moi »

J’ai décidé que cela ne pouvait plus durer. Qu’il était temps de me reprendre en main.

Je me suis rendue chez une nutritionniste.

« Apprête-toi à souffrir, chérie »

Elle m’a pesée.

Sa balance affichait au moins trois kilos supplémentaires par rapport à la mienne. Tricherie éhontée.

Elle s’est penchée pour regarder le chiffre (astronomique) et a déclaré, tout en regardant ses petits graphiques d’IMC : « Vous êtes obèse ».

Et là, je dois bien avouer que ça ne m’a pas plu. Pas plu du tout.

« Je suis seulement enrobée »

Ensuite, elle m’a mesurée d’un peu partout. Même du poignet.

Comme j’étais un rien nerveuse, j’ai tenté un peu d’humour en disant que je serais très heureuse de perdre des poignets.

C’est fou ce que mon humour peut être incompris, parfois, parce qu’elle m’a répondu que c’était pour se faire une idée de ma densité osseuse. Alors là, je n’ai pas lâché l’affaire (apparemment je tenais vraiment à me donner en spectacle) et je lui ai dit : « Je sais que si je pèse autant, c’est parce que j’ai de gros os ».

Là, il a régné un silence vaguement humiliant.

J’ai su que ma nutritionniste n’était pas réceptive à mon humour.

« C’était pourtant très très comique, Monique »

Après, elle m’a tendu mon régime alimentaire.

Il fallait cocher les cases avec ce que l’on mangeait. il y avait une colonne supplémentaire en bas : « Dans cette colonne là, vous notez ce que vous avez mangé en plus. Les excès. Par exemple, si vous mangez deux noisettes, vous les notez ici ».

« Chiche que j’en mange deux et demies »

Oui, elle a vraiment donné l’exemple de DEUX NOISETTES.

Comment lui dire ?

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, si je suis si obèse enveloppée, c’est que je suis capable d’engloutir neuf Dinosaures russes pour le dessert.

 

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Le père, la mère, la fille, et même le gros bébé joufflu, ils peuvent tous tomber dans le gouffre sans fond qu’est mon estomac.

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« Je crois qu’on va servir d’en-cas à Nathaliochka »

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, les choux à la crème de la Maison des desserts, je peux m’en sniffer des rails entiers avec mon amie Pascale.

« C’est chou d’être aussi bon »

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, je ressemble à ça quand je suis seule le soir dans ma cuisine (sauf que je n’ai pas une coupe de cheveux aussi merdique).

1148672272_small« A fond la nutrition »

Alors, vois-tu, tes deux noisettes en excès, elles me font vraiment RIRE.

Elles me font me plier en quatre.

Elles me font me tordre en deux.

« Véridique »

Bref, vous l’aurez compris, je suis sortie de chez la nutritionniste hilare.

Et obèse.

grossbouffe« Grosse Bouffe a faim »

4 commentaires sur “Je grossis

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  1. Je te comprends. On dirait que les nutritionnistes ou diététiciennes ne sont pas formés dans la vie réelle !
    Pas psychologues pour un sou. Non content de donner des plans alimentaires insuivables car trop restrictifs, ils te cassent le moral si tu n’as rien perdu ou autre. Ils savent bien culpabiliser.
    2 noisettes lol !!!
    Courage

  2. Je crois qu’elle a cherché un exemple comme ça vite fait, mais il se fait que c’était hilarant (si on aime rire jaune). J’ai décidé d’essayer de mincir par moi-même pour justement éviter de tomber dans les travers de la culpabilité. Courage à toi aussi car je crois que tu es dans la même galère.

  3. quel manque de tact ! pas sympas la madame. Je ne comprends pas pourquoi les nutritions ne peuvent tout simplement pas tenter d’avoir une conversation normale. j’ai tenté d’en voir plusieurs ja’i une dizaine de kilo à perdre (ok peut être un petit peu plus) et à chaque fois j’ai l’impression de passer un test: et oui je sais que le nutella n’est pas bon pour moi mais il entre ce que je sais et ce que je fais…. il devrait plutôt tenter de changer leur approche!
    Encore une fois ton article me fait bien rire 🙂

  4. Oui, c’est exactement ça. Ils ne prennent pas en compte qu’il y a un monde de différence entre ce qu’on sait qui est bon pour nous et ce que l’on mange en réalité. Tenir compte de ça et du paramètre psychologique de la nourriture serait une immense avancée en la matière

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