L’expo David Lynch au Bonnefantenmuseum

Hier, avec les copines de l’Académie, nous avons fait une excursion à Maastricht pour voir l’expo David Lynch au Bonnefantenmuseum.

La journée avait bien commencé car, dès que nous sommes descendues de la voiture pour aller chercher le train, nous avons croisé un unijambiste qui promenait un chow-chow.

J’ai trouvé cela de bonne augure pour la suite, ce moment typiquement lynchien (lyn-chien, chowchow, vous suivez ?), et je l’ai dit à Mère qui s’est écriée : « Ah bon ?! Il est unijambiste, David Lynch?! ».

C’était une façon de parler, maman

A la gare, nous sommes tombées sur un guichetier que nous avons sobrement surnommé « Le Philosophe » car il nous a fait de grandes tirades sur le sens de la vie.

Il a dit :

  • Que la vie était trop courte pour se disputer avec les autres.
  • Qu’elle était si fragile qu’elle pouvait se terminer en un claquement de doigt.
  • Qu’elle était cruelle parfois.

Ce à quoi nous avons acquiescé en ajoutant – en substance – qu’il ne croyait pas si bien dire et que ce n’était certainement pas nous qui allions penser le contraire, paroles d’endeuillées. Je crois que David aurait bien aimé.

Le voyage pouvait commencer.

Nous sommes arrivées à Maastricht. Il faisait un soleil radieux et nous nous sommes installées en terrasse afin de casser la graine. Sur le bateau qui était amarré en-dessous de nous, un ouvrier faisait un potin d’enfer avec sa machine, vrillant les nerfs de Mère qui fait pourtant toujours preuve d’un calme olympien.

Mère, vue par David

On a fait une blague au type en lui criant : « Il est midi, va manger ta tartine de croquettes » et il s’est arrêté.

Puis, quand Mère a reçu ses croquettes, on a vu qu’elles étaient posées sur une tranche de pain. Preuve qu’en Hollande, on mange vraiment des tartines de croquettes.

Ils sont fous, ces hollandais

Nous étions revigorées pour aller voir l’exposition.

« Some one is in my house », ce n’est rien de le dire. Comprenez par là que l’appartement n’est pas vide, que sa cervelle est peuplée, bref, qu’il n’est pas tout seul dans sa tête.

S’il est un type chelou, c’est bien David Lynch.

Il suffit de regarder Mulholland drive sans prendre aucun stupéfiant pour s’en rendre compte.

« Une immersion dans la schizophrénie vue de l’intérieur », dirait Laurence.

Ou bien d’observer ses tableaux.

N’aime pas David Lynch qui veut.

Il faut une préparation psychologique, ou des explications, ou encore y être préparé dès le berceau, un peu comme ce bébé que l’on a croisé et qui, bien lové au creux des bras de sa mère, recevait quelques initiations.

Puis, quand la guide nous a montré un rat mort collé sur une toile, j’ai cru que j’allais tourner de l’œil (musophobie) et qu’Adèle allait commettre un attentat vegan dans le musée.

Tout cela a encore empiré d’un cran quand elle nous a montré des toiles sur lesquelles David avait collé « diverses matières organiques en voie de putréfaction » (je cite).

Cette fois, Adèle, pourritophobe, n’y tenant plus, a quitté la pièce d’un pas décidé.

Nous avons alors visité la collection permanente, non sans faire encore quelques liens avec David, notre nouvel ami.

La naissance de David
Son baptême



Yo Man, dans la Cité
Selfie dans la théière de David Lynch

Son boudin noir
Un 69 avec un singe
Pas de bras, pas de chocolat
La crucifixion de David Lynch

Que dire, en résumé, sur cette expo ?

Mais en tout cas, si cela peut vous aider à vous décider à vous y rendre ou pas, sachez que la nuit, en rentrant à la maison, j’ai rêvé que j’avais tué un chaton sans le vouloir en l’oubliant dans mon Tupperware à midi. Il était raplati au fond de mon pot, baignant dans la vinaigrette.

Preuve que l’on ne sort pas indemne de ce genre d’univers.

Ambiance et cotillons

3 réflexions sur “L’expo David Lynch au Bonnefantenmuseum

  1. On ne devrait pas laisser des gens comme David Lynch (j’espère qu’il n’y a que lui !) exposer quoi que ce soit. C’est mon opinion et je la partage !

    Sinon est-ce que toi aussi tu as été forcée par Monsieur Mauguit de regarder « Erazer Head » quand tu étais à Malonne, histoire de savoir ce qu’est un film surréaliste ? Moi je n’en suis pas encore remis. Et pourtant ça fait 14 ans…

    1. Je suis tellement d’accord avec toi. D’après moi, il expose juste grâce à son nom. Ma prof de peinture a dit : « Si vous me présentez ça en fin d’année, vous êtes recalées ». Et avec Mauguit on avait plutôt vu Les ailes du désir et du coup c’était bien, même si un peu longuet.

  2. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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