Une démarche

Souvent, et heureusement, je me pose la question de la limite.

Celle qui délimite vie privée et vie racontée.

Toujours, je fais la distinction entre Nathalie de chair et de sang et Nathaliochka, son avatar esquissé.

Cette frontière, je m’amuse avec. Je joue.  C’est le fil même de ce que je tente d’exprimer à travers cet espace.  De temps en temps je me crispe : une part de moi trouve indécent de raconter  au fil du vent ce qui m’arrive. Mais je tente, pour contrebalancer ce malaise, de toujours rester pudique, même quand je me montre. Et d’être toujours sincère, même quand j’invente. Aussi, je reste persuadée que le registre de l’anecdote peut être révélateur. Que les petits récits, ajoutés les uns aux autres, peuvent, au final, raconter en partie une vie.

Quand j’ai commencé ce blog, c’était un exercice. Je devais apprendre à dessiner, je devais trouver quelque chose à raconter quotidiennement. C’est naturellement que je me suis inspirée de ce que je connais le mieux : moi. Et puis, comme je suis plutôt amnésique, ça me plait de savoir qu’un tas de petites choses se trouvent consignées ici. Ce que je vise, c’est la durée. Continuer ce récit illustré tout au long de ma vie, voilà qui serait intéressant, la continuité ajouterait une valeur à ce que je réalise. La constance.

J’ai conscience que ces « Moi-moi-moi » sont une vague, une mode. Je suis la première à dire « Qu’est-ce que j’en ai à foutre, Pénélope, que tes chaussettes soient sales ? ». Dans ces moments là je voudrais exprimer des choses plus fortes, plus intimes, mais ma peur des grands déballages me fait rester sur le ton de la plaisanterie. « Ici, on rit ». On me dit souvent, à propos de ce blog, que c’est le moment détente de la journée, tasse de café à la main.

En règle plus que générale, ma vie est drôle. Ma vie est belle. Rarement, je traverse des moments plus difficiles. Je les tais. Pour rester légère. Pour me cacher. « Ce n’est pas l’objet de ce blog », ce serait inapproprié. Mais aujourd’hui, je ne suis plus certaine que ce soit juste. Parce que je veux, justement, c’est être au plus juste.

Un évènement tragique survenu récemment a fait que je me pose un milliard de questions métaphysiques, entre autre à propos de ce que l’on donne de soi aux autres. Comme la plupart des êtres humains, je suis obsédée par les traces, par ce que l’on laisse de soi. Et je pense que l’on est beaucoup plus grands et infinis que ce que l’on croit. Cela m’encourage à aller dans le sens du partage, toujours.

P., comme pour répondre de ses beaux mots à quelque chose que je me demandais sans lui en avoir parlé, m’a dit « Je suis impressionnée par la grande générosité qui se dégage de tes textes et de tes dessins ». Baume appliqué sur mon cœur, je me suis dit « Oui c’est donc vrai, nous sommes bien plus grands, bien plus beaux, bien plus infinis que ce que nous pensons ».

La vie est le plus fragile et le plus grand des présents.

C’est dans cette optique que je vous raconte des bribes de la mienne, toujours un peu fantasmée.

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2 commentaires sur “Une démarche

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