1. Mortel ennui (Natha)

J’étais affalée dans le canapé, les yeux fixés au plafond depuis un temps incroyable quand la voix trainante de Monaco m’a sortie de ma léthargie. « Je m’ennuie tellement que j’ai l’impression que vais mourir » a-t-il déclaré. Il était presque enseveli sous les coussins. Je voyais à peine dépasser ses petites antennes.

« Tu parles d’un été pourri », m’a-t-il dit. Et c’était vrai. Dehors, la pluie tombait inlassablement depuis des jours, depuis des nuits, depuis une éternité éternelle. On avait fait à peu près 52 parties de Uno, vidé tous les placards de nourriture et tressé 18 bracelets brésiliens. Je n’en pouvais plus, j’étais à bout, à court d’idées créatives. En plus, le bruit de la pluie qui tambourinait sur les carreaux me vrillait les nerfs.

« Et si on partait à l’aventure ? » lui dis-je. « La vraie aventure avec un grand A. Une traversée avec des dangers. Mais pas trop de dangers quand-même. Une cavale. On pourrait prendre la voiture et descendre vers le sud, sous le soleil des tropiques ».

Cela ne pouvait pas être une mauvaise idée. Ici, le temps s’écoulait à rien, filait comme du sable entre les doigts, morne et inutile.

4 réflexions sur “1. Mortel ennui (Natha)

  1. Quel suspens insoutenable ! Quelle sera la destination de nos valeureux héros sans peur, sans trop de reproche mais avec pas mal d’ennui ? Et surtout la pluie s’arrêtera-t-elle de tombés une fois qu’ils seront partis ?

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