Sur la mentalité de fonctionnaire

Hier, ma collègue Joëlle, qui, comme moi, s’intéresse beaucoup au sport, m’a tendu un papier trouvé dans la salle de sports de sa fille.

Ce papier, c’est une annonce car ils recrutent un coach sportif.

Je vous vois venir : Vous pensez que, comme je suis devenue sportive, je vais postuler.

Ce qui est hautement crédible (je vois que vous me connaissez bien), mais il n’en n’est rien. Je suis bien là où je suis et, quoi que vous en pensiez, le métier de bibliothécaire est lui aussi relativement sportif.

rangement-bibliothecaire

C’est plutôt que le contenu de l’annonce nous a hérissé le poil.

Voyez plutôt :

coach

« Vous n’avez pas une mentalité de fonctionnaire ».

Comme le disait si incorrectement mon professeur de néerlandais : « Qu’est-ce que cela peut-il bien vouloir dire ? »

Non mais des fois.

Je vous le demande.

Lire la suite « Sur la mentalité de fonctionnaire »

Grosse fatigue

déclassée1

déclassée2

Oui, je sais, je l’avais déjà faite, cette vanne pourrie. Mais mon grand objectif du moment est de reprendre les gags de ce blog avec les nouveaux personnages (Natha et Monaco). En bref, je remasterise. Il y aura donc des redites, mais il y aura du sang frais aussi, bien entendu. C’est qu’on ne se moque pas de vous ici, voyez-vous.

Journée-type

Aujourd’hui, j’ai travaillé une journée complète.

Je suis arrivée à 8 heures, et je suis repartie à 16h30.

Si je vous le signale, c’est parce que c’est la première fois que ça m’arrive.  

D’habitude, j’arrive toujours une heure plus tard le matin et parfois, je repars plus tôt l’après-midi. Mais je n’avais plus d’heures de récupération à prendre alors je me suis armée de courage et j’ai mis mon réveil au chant du coq : ô souffrance, ô rage, ô désespoir.

Mes collègues m’en voulaient un peu d’avoir pris cette initiative, parce que j’ai baillé toute la journée très bruyamment (je ne suis pas du matin, voyez-vous) et il parait que ça les a un peu découragées. Elles m’ont enjoint de ne plus venir trop tôt le matin.

 

Puis, en regardant dans la grille, j’ai vu que je m’étais trompée. J’ai encore des heures de récupération. Soulagement perceptible.

Demain, c’est décidé, je reprends mon rythme normal.

 

dead-line

Reconversion

Au château, nous avons nos habitudes. Qui sont peu à peu devenues des rituels immuables.

Parmi la foultitude d’obligations imposées par la communauté, je ne m’attarderai pour l’instant que sur celles qui régentent nos soirées dominicales.

Le dimanche, il est de coutume que nous nous installions devant l’émission « sept à huit » (étrangement diffusée de six à sept). Puis se présente à nous un choix cornélien : pizza à emporter ou frites dorées.

La semaine où fut diffusé un reportage sur les putes de luxe travaillant en Suisse, j’émis tout haut une idée devant mes colocataires.

img041 img042 img043

Formation continue

Dans le cadre d’une formation professionnelle, je me suis rendue quelques jours à Paris.

Lors de la réservation en ligne de ma chambre d’hôtel, je devais spécifier si je venais pour affaires ou pour tourisme.

femme-daffaires

Même si vous n’avez pas la chance de travailler dans le monde enchanté de la lecture publique, vous pouvez aisément vous douter que les voyages d’affaires n’y sont pas monnaie courante.

Au mieux, je coche dans le carnet des formations continues les journées portant sur les thèmes : animations, livres jeunesse, bébés en tous genres.

Je me rends docilement en train à Bruxelles et, pour me venger du fait que j’aie dû me lever encore plus tôt qu’à mon habitude, je commets un menu larcin, par esprit de vengeance. N’importe quoi fait l’affaire, pourvu que ce soit dissident : m’emparer de 8 sachets de sucre, piquer des capsules de lait. Vivre à fond aux crochets de la Fédération, quoi.

Au pire, ma chef m’inscrit de force à un colloque sur « la concaténation des chaînes de caractère » à la Louvière. Ou à un congrès de « catalographie en format Unimarc » à Charleroi, ce qui la fait jubiler.

Bunny-Suicides.jpg

Dans ce cas, pour me venger des trois heures et demie de trajet avec 8 correspondances dans des gares sordides, je frappe plus fort encore en plongeant ma main dans la boîte de mignonnettes en chocolat et j’en ramène de pleines brassées que je savoure sur le retour.

Tout en retraversant des paysages désolés, je lis les adages notés à l’intérieur des papiers d’emballage. « Depuis que j’ai appris à rire de moi-même, je ne m’ennuie plus jamais », disait apparemment Georges Bernard Shaw.

shaw.jpg

« Une fulgurance »

Tout cela pour vous dire que le terme « Voyage d’affaires » me fit sourire, et je le cochai avec volupté.

Un instant, je m’imaginai vivre une autre vie. Une vie de femme d’affaires.

femmedaffaire2.jpg

Une vie où les conversations avec mes collègues porteraient sur l’image de marque, les statistiques et le rendement, au lieu de jouer à celui qui placera le plus habilement le mot « proctologue » dans le courant de la semaine.

Une vie où je monterais dans le Thalys chaussée de talons et vêtue en Ralf Lauren des pieds à la tête, au lieu de trébucher dans mon écharpe en escaladant le strapontin.

Une vie où je consulterais mes mails sur ma tablette pendant le trajet, au lieu de jurer comme un charretier parce que j’ai grillé mes 5 vies sans avoir réussi à passer le de niveau 112 de Farm Heroes Saga.

Une vie où je commanderais une eau pétillante avec une rondelle de citron au bar du Thalys en accomplissant le prodige de ne même pas devoir me tenir aux mains courantes, au lieu de renverser ma gourde de grenadine sur le sol moquetté.

img036

Powered by WordPress.com. Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑