C’est l’amour à la plage (d’Amée)

Il faisait tellement chaud. 

Une canicule de Dieu le père.

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Happy-le-chien ressemblait plus à une carpette qu’à un chien. C’est bien simple : il semblait vouloir fusionner avec le carrelage du hall afin que celui-ci lui prodigue un soupçon de fraicheur.

J’ai bu huit verres d’eau d’affilée.

Adèle s’éventait.

Mathilde agonisait dans le canapé.

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On s’est dit : « Et si nous allions jusqu’à la Meuse pour nous baigner avec Toutoute ? » (Toutoute, c’est un des surnoms de Happy-le-chien).

C’était semble-t-il une riche idée, productive et rafraichissante, car nous avons été éduquées à être créatives, à ne pas nous ennuyer, en accord avec Dame Nature.

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On s’est donc rendues à la plage.

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Dit comme ça, je reconnais que ça envoie du rêve.

Mais la plage, à Namur-city, entendons-nous bien, se résume en une prairie jaunâtre calcinée par le soleil et maculée de fientes d’oies et de mégots de cigarette.

Pas grave.

Ce que nous voulions, c’était nous rafraîchir.

Point barre.

Mathilde a tenu à emporter Caroline Receveur.

Caroline Receveur, c’est notre bouée flamand rose.

Notre bouée étant hautement instagrammable, nous lui avons donné le nom d’une influenceuse connue portant par ailleurs le même prénom que notre sœur, ce qui a amené déjà pas mal de phrases miraculeuses quand nous avions lancé le défi de tenir debout sur Caroline.

  • Vas-y Minou, monte sur Caroline.
  • J’espère qu’il va tenir longtemps.
  • Attention à ne pas déchirer Caroline.

 

On a donc emmené Toutoute et Caroline Receveur dans la voiture.

Mais Caroline prenait toute la place, donc Mathilde s’est retrouvée écrasée en dessous.

Elle tentait de nous donner des indications à propos du chemin à suivre pour arriver à la plage, mais, de un : elle ne voyait pas la route et de deux : nous n’entendions pas ce qu’elle baragouinait écrasée sous l’immense bouée.

Nous sommes quand-même arrivées à bon port.

Les badauds nous regardaient un peu étrangement, certainement à cause de tout notre armada, mais nous n’en n’avions cure.

Adèle a retiré ses chaussures et ses vêtements et elle s’est approchée du bord.

Elle a mis un pied dans l’eau pour prendre un peu la température et là, c’est le drame.

Son pied a glissé et elle est tombée la tête la première dans l’eau, tout en prenant soin de boire la tasse.

Puis sa tête est ressortie et elle a déclaré : « Eh bien voilà : je suis dans l’eau ».

Le soir, on est tombées par hasard sur cette vidéo qui nous a fait bien marrer.

Et puis, hier, Sébastien est venu manger à la maison.

La première chose qu’il nous ai dite, c’est : « Vous avez vu aux infos ? La Meuse est complètement intoxiquée à cause de la chaleur. Elle contient 75% de bactéries, c’est super dangereux. Personne ne peut s’y baigner, c’est strictement interdit. Il y a même un enfant qui est entre la vie et la mort parce qu’il a bu la tasse. »

Là, on est devenues un peu blêmes, et Adèle s’est écriée : « Mais…mais… Je vais mourir ! »

Pour la rassurer, on lui a dit que non, que, comme lui aurait dit son père « ça fera ton immunité ».

Et puis, j’ai ajouté : « De toutes façons, si tu te sens mal, je t’emmène aux urgences ».

Ce qui nous a bien fait rire car une légende urbaine raconte qu’Adèle y a une carte de fidélité (tout ça parce qu’un jour elle a refermé le coffre de sa voiture sur son doigt).

Vous voyez, nous, on est trop yolo, on boit l’eau de la Meuse quasiment à la paille. Même pas peur.