Ella fait des adeptes

L’autre jour, Nath est venue manger à la maison. Comme elle voulait offrir un petit cadeau à Mère et qu’elle m’a sondée pour avoir une idée, j’ai suggéré :  » Et pourquoi pas un livre de recettes vegan ? « .

Vous pourriez déjà dire : Autant te tirer une balle dans le pied. Vous en auriez le droit.

C’est dans ces circonstances qu’Ella Mills est entrée dans ma vie et s’est mise à bousculer mon existence faite de chips et de cacahuètes enrobées.

Pour les bienheureux qui ne la connaissent pas, il faut savoir qu’Ella Mills est à la cuisine vegan ce que Marie Kondo est au rangement ou ce que Bea Johnsson est au zéro déchet : c’est-à-dire une grande prêtresse. 

Et devant une grande prêtresse, qui plus est en matière de cuisine healthy, Adèle s’enthousiasme, Mère se prosterne et je me mets à hyperventiler car je pressens que ma vie va prendre un virage à 180 degrés.

« Dans ton cul »

Comme toute doctrine, celle d’Ella doit être prise au pied de la lettre par Mère qui s’est précipitée dans la cuisine pour nous concocter ses petits plats.

Souvent, quand on dit « petits plats », c’est une façon de parler. Pour dire à quel point c’est bon. Mais ici, c’est à prendre au pied de la lettre.

Car voici ce que cela a donné :

Un pain de graines dont une tranche ne dépasse pas la taille d’un pouce.

C’était super cool parce qu’on a pu faire plein de blagues, avec Adèle :

  • Au fait, c’est un pain par personne, c’est bien ça ?
  • Je ne vois plus très bien. Je pense que je deviens aveugle à cause de la malnutrition.

Je sais que j’ai l’air de me plaindre, comme ça. Mais on a quand-même eu droit à un dessert : un gâteau au chocolat et à la patate douce.

Non mais avouez que ça envoie du rêve.

File-moi une crème vanille aux asperges ou un sorbet de brocolis tant qu’à faire.

Là, on a pu faire des blagues sur les bouses de vache qui sèchent au soleil dans les prairies et même Mère a bien dû reconnaître que le résultat n’était pas concluant, et la bouse s’est retrouvée dans la poubelle après avoir traîné 10 jours dans le frigo.

Pour cette recette, nous avons noté un « I » pour insuffisant.

Parce qu’après chaque recette testée, nous devons décerner une cotation et la noter dans la nouvelle bible.

Quand je vous dis que quand Mère entre en religion elle fait les choses sérieusement…

Ella Mills-ouk dans ma vie et ça la fait marrer

Saintes Glaces

On a beau me charrier en me disant que je n’y connais rien en jardinage, je sais quand-même qu’en ce moment, ce sont les Saintes-Glaces.

Ceci dit, quand je suis allée vérifier l’orthographe, j’ai compris que j’avais toujours cru qu’on disait « Saintes Glaces » alors qu’en fait il s’agit des « Saints de glace ». Ce qui prouve que j’ai toujours eu une banane dans l’oreille et, du coup, mon gag tombe un peu à l’eau.

Mais soit.

Je persévère.

saintesglaces

« Andalousie, je me souviens »… de ta paella

Avec Mère, nous avons entamé un périple d’une semaine en Andalousie. Nous y avons rejoint tante Olympe, son amie de longue date, qui vit en Espagne et qui vient de s’acheter un pied-à-terre dans cette région.

Comme elle vit depuis presque trente ans au pays des castagnettes et de la sangria, Tante Olympe a une légère tendance à mixer le français et l’espagnol, créant ainsi une langue originale et un brin déstabilisante. Par exemple, en venant nous accueillir à l’aéroport, elle nous a demandé, d’un air vaguement inquiet : « Vous avez pris vos tarjetas ? ». Ce à quoi nous lui avons répondu un « Euh… » dubitatif.

Tante Olympe n’est pas du genre vantarde, mais elle s’est quand-même targuée de réussir une paella que ses voisins espagnols lui envient.

Je lui ai donc demandé de m’apprendre sa fameuse recette, afin de pouvoir à mon tour épater la galerie en « triomphant » (une expression espagnole décrivant ces instants où vos convives se délectent de votre plat, veulent se resservir, ne tarissent pas d’éloges, caressent de leurs mains sales leur ventre gonflé en émettant des grognements d’ours repu).

Nous sommes parties faire les courses.

Tante Olympe nous a dit : « Il ne faut pas oublier d’acheter des agneaux de poulpe ».

Mère et moi nous sommes jeté un regard en biais, (un rien narquois peut-être) qui disait un silencieux : « Mais de quoi parle-t’elle encore ?! ». « Peux-tu nous préciser ce que sont des agneaux de poulpe ? » ai-je risqué. « Je veux dire des anillos de poulpe. Des anneaux. » Un long « Aaaah… » est sorti de nos bouches : ça percolait enfin.

Nous sommes rentrées à l’appartement afin de cuisiner cette fameuse paella qui nous faisait tant rêver.

Au moment de passer à table, tante Olympe nous a précisé : « D’habitude, on ajoute des cigales, dans ce plat-là. » 

Nos mâchoires se sont défaites.

« Des cigales ?!!! ». 

« Oui » a-t’elle répondu. « Des grosses cigales entières ».  

Il y eut un silence puis elle ajouta « Mais je n’en n’ai pas mis aujourd’hui ».

« Oh, ce n’est pas grave » a ajouté Mère, visiblement soulagée d’avoir évité les gros insectes dans sa resplendissante assiette.

paela

Ci-dessus : notre splendide création. Et, pour votre info, sachez qu’écrevisse se dit « cigalas » en espagnol. Ouf.