J’ai gardé un enfant

Oui, je sais : ce titre vous en bouche un coin. Et pourtant, pour une fois, il n’est ni racoleur ni mensonger : il est simplement vrai.

Car oui, j’ai gardé un enfant.

Pendant un week-end entier.

Disons que j’essaye de ne pas en faire une habitude, mais ce n’est pas pour autant que c’est la première fois que ça m’arrive :

Mes petites sœurs sont nées alors que j’étais adolescente et j’en connaissais un rayon grâce à elles.

D’ailleurs, c’est moi que mon amie Christine appelait quand Naima est née pour que je lui donne des conseils.

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J’avais 18 ans quand ma filleule Aglaé est née.  A cette époque-là, ma tante jouait dans une pièce de théâtre et me la confiait pendant des soirées et nuits complètes.

« Tiens-la à l’endroit »

  • J’ai emmené mon filleul Elias en vacances à Marseille pendant une semaine entière. On a manqué rater le train du retour, mais à part cela, il est rentré en un morceau chez lui, le cœur empli d’un mirifique séjour durant lequel il a embroché des pieuvres.
  • Je suis partie en vacances avec mes amis et leurs enfants.

Ma filleule Salomé est venue passer une nuit chez moi alors qu’elle était bébé. J’ai passé grâce à elle la nuit la plus blanche de mon existence.

Pas plus tard qu’il y a 15 jours, j’ai gardé mon filleul Félix et son frère pendant que Mel-bichon et Monsieur Fred s’octroyaient une petite sortie. Et j’ai bien géré, y compris quand le petit chou de quatre ans m’a demandé : « Dis Natha, pourquoi mon zizi il se lève ? ».

Alors, quand Salomé (8 ans) m’a demandé de venir passer un week-end chez moi, disons que je me suis sentie suffisamment aguerrie pour pouvoir dire oui.

Donc, je suis allée chercher Salomé chez elle samedi midi.

J’ai mangé un sandwich là-bas.

Enfin, disons que j’ai partagé MON sandwich, puisque la petite Elsa, cul nu, s’est installée sur mes genoux et a poigné dedans pour le mordre. Elle l’a ensuite reposé sur la table pour boire une grande gorgée dans mon Orangina, et ainsi de suite jusqu’à disparition dudit sandwich.

Même s’il n’existe aucune épreuve aussi extrême sur cette Terre que de partager sa nourriture, j’ai pris sur moi car, comme j’allais garder un enfant, il fallait que je fasse preuve de souplesse et de dévouement.

J’ai déjà assisté plein de fois à des scènes où des adultes donnent sans rechigner le dernier morceau de leur biscuit à un enfant qui le leur réclame, soit par sacrifice, soit parce qu’ils sont « au-dessus de tout cela ».

Personnellement, je me suis toujours insurgée contre ce comportement, car au nom de quoi devrais-je donner ma nourriture ? Juste sous prétexte qu’il s’agit d’un enfant ?

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Tenez, les moches

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J’ai fait du baby-sitting

Oui, vous avez bien lu : J’ai fait du baby-sitting.

Et, qui plus est, je dois bien le confesser : c’était mon idée.

En tant que marraine exemplaire, j’ai proposé à mes amis Catherine et Ivan de prendre Salomé à la maison une nuit entière.

« Elle te réveillera vers six heures du matin », m’ont-ils averti. « Un dimanche ce n’est pas ce qu’il y a de plus top. », ont-ils continué.

Mais rien n’y a fait. Je n’en démordais pas. 

Et comme je devais travailler le lendemain, ce n’était pas grave qu’elle me réveille tôt, bien au contraire.

Devant mon insistance, ses parents l’ont finalement laissée entre mes mains expertes.

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Ils sont donc venus déposer le paquet cadeau chez moi, un soir de février.

La soirée s’est bien déroulée, on a fait des gouzigouzis et des zouglouglous.

Mais ensuite est venue l’heure du dodo.

J’ai posé le petit être sur sa couche, dans un lit parapluie (c’est comme ça qu’on dit ?) à côté du mien.

jésus crèche

Quand je suis allée me coucher, des « Oh » interrogatifs (« Oh ? ») et exclamatifs (« Oh ! ») ont émergé du petit lit.

Puis des babillages.

Suivis de longs monologues philosophiques.

Des ongles qui grattaient le plastique du lit.

Des succions de tétine.

Des onomatopées par milliers.

Du mouvement.

Une tête qui dépasse.

Qui me regarde.

« Oh oh !!! », me disait la tête souriante, visiblement ravie de me découvrir dans les parages.

Je n’ai pas fait un doctorat en science du bébé, mais il était très clair que cette enfant avait toutes les envies sauf celle de dormir.

bébé evianTiens, marraine, je vais mettre le dawa

Je me suis donc extraite de ma couette douillette pour aller la chercher et l’installer près de moi.

Très vite, ce nouveau territoire est devenu « the place to be », et Salomé s’en est donné à cœur joie.

Elle a fait la java, a dansé la salsa, la rumba et la bossa nova pendant toute la nuit, à un tel point que je me suis demandé si je n’avais pas par inadvertance troqué sa veilleuse contre une boule à facettes.

Elle semblait ravie.

Et moi aussi.

Vers cinq heures du matin nous nous sommes finalement endormies.

Et à huit heures ma délicate sonnette nous a réveillés en sursaut.

Catherine et Ivan, couques à la main, réalisant à ma tronche éparpillée qu’ils me tiraient du lit se sont écriés « Mais ! C’est dégueulasse ! On vous réveille ? Et dire qu’avec nous elle ne se réveille jamais après six heures et demie ! C’est pas juste ! Tu en as de la chance !».

Si,si, ils ont même dit « Tu en as de la chance » …

Enfin, bref, j’ai fait du baby-sitting.

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Sages paroles

 Ah, ces chers lecteurs ! Ils n’en manquent pas une…

Les paroles suivantes datent d’ il y a deux ou trois ans, quand je travaillais au bibliobus. C’est un petit garçon de première primaire qui les a dites (si jeunes et parfois si réalistes…)

La fumée bleue qui s’échappe de ma bouche, ce n’est pas que je fume pendant mon service, c’est que nous travaillions sans chauffage même au plus froid de l’hiver. C’est pour un dessin plus réaliste.

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