Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin

Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin.

Enfin, on dit kermesse, mais je trouve que foire au boudin, ça sonne mieux.

Je n’ai absolument jamais envie d’y mettre un pied (car je suis une vieille à la tisane), mais Caro incepte mon esprit plusieurs mois pour essayer de me convaincre que je crève d’envie d’y aller et je dois dire que ses inceptions fonctionnent relativement bien puisque, chaque année, on me retrouve debout sur les tables du café « Notre maison » en train de chanter, un verre à la main : « Femmes, Femmes, j’suis comme un soleiiiil qui brille dans la nuit ».

Jean-Luc Lahaye d’honneur

Qu’est-ce qu’une inception ? me demandera le public vieillissant de ce blog.

Eh bien, cela fait référence au film du même nom : « Inception », mais à prononcer à l’anglaise, of course.

Une inception est une opération délicate visant à faire germer une idée dans l’esprit de quelqu’un tout en lui laissant croire que cette idée est de lui. 

J’ai vu le film et Caro m’a avertie : « Tu ne vas rien comprendre » et c’est vrai, je n’ai rien catché, un peu comme si j’étais con comme un sous-plat.

Mais soit.

On s’en fiche, puisque de toutes façons, tout le monde meurt à la fin.

inception

Le Lustin du futur

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Voici donc un résumé de ce week-end particulier.

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Pourquoi vous m’avez vue à maintes reprises traîner dans les bars

Ceux d’entre vous qui ont la télé (contrairement à moi qui vis dans la simplicité involontaire) ont constaté, en regardant les reportages de notre chaîne locale, que j’apparais dans à peu près TOUS les reportages liés aux ouvertures de nouveaux bars de Namur-city.

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Trinquons, My Lord

Oui, c’est vrai, c’est un constat, un fait, vous n’avez pas rêvé, ce n’est ni mon hologramme ni mon double maléfique.

Je ne suis donc pas là pour démentir ces faits ni pour me trouver un alibi, mais pour vous expliquer à quel point il s’agit d’un concours de circonstances.

Mardi soir, nous sommes allées manger un bout en ville avec Mère et les Sœurs. (Notez que noté de la sorte, on dirait un peu que je sors du Couvent, ce qui serait antinomique avec mon récit).

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Allez, tirez sur ce petit joint, Sœur Marie-Thérèse

En sortant du restaurant, Mathilde nous dit : « J’ai des amis qui viennent d’ouvrir un nouveau bar. On va aller boire des cocktails. »

Il était déjà 21h12.

Et moi, à 21h12, je prends mon médicament pour la tension et je vais me coucher (ce qui fait toujours bien marrer Sébastien qui me surnomme « la vieille aux chats »).

Je proteste donc. Non, nous n’irons pas boire des cocktails, je vais me coucher. Mère m’emboite le pas en décrétant qu’elle rentre elle aussi. Mais nous n’avons pris qu’une seule voiture et Caro nous dit : « N’exagérez pas, non plus : il est seulement 21h, on peut bien aller boire un petit verre tranquille. »

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Avions-nous le choix ?

C’est comme cela que nous nous sommes retrouvées au Botanical by Alfonse,  (bar que je recommande plus que vivement, mais là n’est pas mon propos).

Très vite, Mère, grisée par l’ambiance sympa et l’alcool de cerises griottes, a retourné sa veste.

Quand elle a déclaré avec beaucoup d’emphase : « J’en reprendrais bien un petit deuxième, moi », j’ai su que j’étais désormais seule dans l’équipe des vieilles aux chats et que contre celle des piliers de comptoirs, je ne pouvais absolument rien, et qu’il fallait que je fasse ce pour quoi j’étais venue, c’est-à-dire BOIRE DE L’ALCOOL.

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Cela faisait un petit moment déjà que nous étions entourées d’une petite équipe de télé qui faisait un reportage sur le bar en question, mais bon, nous essayions de faire abstraction.

Quand la journaliste est venue demander à Mathilde si elle pouvait l’interroger, elle a décliné l’invitation, renonçant en toute conscience à un futur statut de célébrité locale (en gros, elle savait que tous ses potes allaient se payer sa tronche si elle acceptait).

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Je veux un contrôle total de mon image

Quelques jours plus tard, et par sens de l’amitié uniquement, nous avons inauguré l’espace bar d’un ami antiquaire.

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Et… bien entendu, une équipe de Canal C était à nouveau présente.

Je le répète donc : C’est vraiment un hasard si les deux seuls jours de l’année où je sors, on m’a filmée dans des bars.

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Aussi, c’est pour lui faire sa publicité que Chloé et moi avons imaginé quelques mises en scène d’une incroyable créativité.

 

Avoir une sœur de 15 ans

Tradition oblige, vendredi passé, Caro et moi étions chez Père (vendredi-papouni).

La semaine de travail ayant été éprouvante, nous étions affalées dans le canapé, sous un plaid, une petite verveine à la main, nous apprêtant à regarder « Les Reines du shopping » quand Axelle est rentrée de l’école.

affalé« On me parle ? »

Elle avait les joues rosées de celle qui vient du froid et le cheveu en bataille. Elle semblait excitée comme une punaise sous amphétamines. 

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« Nous, on a jamais le cafard »

D’abord, j’ai cru que c’était parce qu’elle avait eu le droit de revenir en bus et qu’elle y avait croisé ses amis Kévin et Brittany et qu’elle avait fumé des clopes avec eux et discuté ensemble du type qui vient de sortir de prison et qui leur fout la trouille à l’arrêt de bus (des fois, sa réalité me fait peur).

Mais je me méprenais.

Elle avait à peine ôté sa veste qu’elle nous a dit : « Je sais ce qu’on va faire le jour de mes 16 ans« .

Ses 16 ans, ce sera le 20 juillet.

univers

« Mon esprit, à ce moment-là »

Qu’elle se projette aussi loin (ici c’est : soir de novembre – vent qui souffle au dehors – bonjour tristesse) pourrait très bien être la preuve qu’elle dispose d’un grand talent d’anticipation mais, croyez-en ma pauvre expérience, une ado de 15 ans qui se projette de la sorte, qui plus est le jour d’une date phare (majorité sexuelle), ça nous prépare une belle pagaille.

Et je voyais bien que Caro, elle aussi, flairait l’oignon, parce qu’elle m’a adressé un regard à l’arcade sourcilière relevée, un regard inquiet empli de méfiance et de points d’interrogation.

Axelle a continué : « On va aller en boite ».

STUPEUR ET TREMBLEMENTS.

Là, pour tenter de gagner des secondes et faire un peu d’esbroufe, j’ai feinté : « En boite de conserve ? »

tupperware

« Ce soir, on sort en boite de Tupperware »

Et elle a répondu l’impensable : « Non, en boite de nuit ».

boite de nuit

« Déca-danse »

Pensez-vous bien : J’ai 37 ans, on était vendredi, j’étais sous un plaid, je buvais un pisse-mémère et, la dernière fois que je suis sortie, je suis rentrée à 22h30.

Autant dire que de là à prétendre que j’aime le scrapbooking et le crochet, il n’y a qu’un pas.

tricot

« Je tricoterais bien un pull pour mon enfant imaginaire »

Et je n’étais pas au bout de mes peines car elle a ajouté : « A Charleroi ».

Puis : « Une soirée techno »

« Où on nous badigeonne de fluo ».

fluo

« T’as vu mon cul ? »

Un grand silence a régné.

Jamais je ne voudrais refuser quoi que ce soit à cette Sainte Enfant.

Alors je l’ai jouée à la cool en déclarant d’un air entendu : « Ok, chérie. On ira en boite à Charleroi dans ta soirée-techno-fluo ».

Elle était ravie. Elle a donné une dernière précision en disant que là-bas, les jeunes de 16 ans ne peuvent boire QUE 4 vodkas.

Caro s’est indignée : « Seulement quatre ???!!! », mais nous ne sommes pas certaines qu’elle ait compris notre sarcasme.

C’est à ce moment qu’un éclair de génie a traversé ma cervelle et je me suis écriée « Oh mais tu sais, Axelle, qui adorerait venir avec nous et ne rater ça pour rien au Monde ? C’est Mélanie. »

Car il n’y a pas de raison que ma meilleure amie échappe à ce futur grand moment de gloire. On est solidaire ou on ne l’est pas. D’ailleurs, c’est connu, il faut toujours emporter une carolo avec soi.

rappeuses« Allez les goumiches, on est dans la place »

Le mariage de Pauline et Bart

Samedi dernier, ma cousine Pauline s’est mariée avec Bart.

Comme il s’agit du premier mariage de cette génération, toute la famille était en ébullition.

Mes cousins se sont mis sur leur 31.

Martin – Matthieu – Esteban

Mes sœurs et cousines aussi.

cousines

Caro – Adèle – Mathilde – Célia

La soirée s’est bien déroulée.

D’abord, il y a eu le verre de l’amitié.

Nous avons bu un petit verre de champagne et trinqué à la santé des jeunes mariés. Certains invités dont je tairai le nom ont bu le contenu de plus d’une coupette. Ils m’ont dit que, comme il s’agissait d’un mariage polonais, ils devaient s’échauffer un peu le gosier avant d’entamer les hostilités.

Puis il y a eu le lancer de bouquet.

Toutes les femmes célibataires se sont rassemblées derrière Pauline et, quand elle a jeté son bouquet loin derrière elle, ce fut l’anarchie totale. Tous les coups étaient permis.

Quand Laurence a vu que le bouquet arrivait près de Caro, elle l’a plaquée au sol afin de la neutraliser.

C’est comme ça que Caro s’est retrouvée les quatre fers en l’air au milieu de la pelouse alors qu’Adèle, triomphante, nous narguait, le bouquet à la main.

rugby-feminin

« Je l’aurai, ce bouquet »

Bien entendu, la vodka coulait à flots et ma famille a eu la prétention de croire qu’elle pourrait rivaliser avec la famille polonaise.

« Santé, camarades »

Mes oncles et tantes ont incendié le dancefloor en inventant des pas bizarres et inquiétants.

 

« Le pas du diable à cornes »

« Le pas de la réanimation cardiaque »

Quand les gens ont commencé à faire la chenille, je me suis discrètement éclipsée dans le jardin.

Il y a des limites à tout.

chenille

« C’est la chenille qui redémarre »

Enfin (seul être sobre parmi les hydraulisés), j’ai pu constater l’ampleur des dégâts et déclarer, d’un ton formel et sans l’ombre d’un doute :

Belgique 0 – Pologne 1

« Allez vous coucher, les enfants »

Réveillon(s) les morts

La première chose que j’ai faite en 2016, c’est regarder « Mange, prie, aime ».

Obéissant à la première injonction (les deux autres sont trop compliquées pour moi), j’ai vidé un paquet de chips poivre et sel.

Alors, comme dirait Michel Vaillant (mon nouveau mentor depuis que je travaille à la Bédéthèque) : « On dirait bien que l’année démarre sur les chapeaux de roue ». Et c’est vrai. Ce film est un gros navet insupportable, je vous l’accorde. Mais pour les chips, j’ai une excuse : j’ai décidé de faire un mois sans sucre, donc les gâteaux au chocolat étaient prohibés. Aussi, il était important que j’absorbe beaucoup de sel pour compenser toute la sueur perdue sur la piste de danse du réveillon.

mangeprieaime« Délicieuse, cette Danette double chocolat »

Car le réveillon fut épique, comme l’attestent mon teint cireux, ma gueule de bois et mes choix cinématographiques.

Mon ami Laurent, spécialiste en festivités en tous genres et voyant la Saint-Sylvestre approcher à grandes enjambées, m’a donné un conseil que je veillerai dorénavant à mettre en application. Son truc : « ÉTALER la fête, six à huit minutes de grosse guinche dépravée et intense PAR JOUR, toute l’année, de façon à la rendre à la fois homéopathique et digeste. Prévoir des serpentins de poche. »

D’ailleurs, d’après mes calculs, les huit minutes recommandées sont largement excessives. Une minute de fête par jour couvrirait largement un réveillon digne de ce nom.

Je commencerai donc demain. Je mettrai un chapeau pointu, je soufflerai dans un mirliton et, sur un pas de danse à la John Travolta, je lancerai une poignée de confettis en hurlant « Bonne année 2017 » (Augusta passera l’aspirateur).

Cette méthode me semble plus appropriée que celle de passer une nuit entière de dépravation, parce que c’est vrai, quoi, je sens bien que j’ai un peu passé l’âge pour ce genre de conneries. « On n’a plus vingt ans, ma p’tite dame »

Bon allez, nous vous souhaitons une excellente année 2016, riante et chaleureuse.

réveillon de nouvel an - Nathalie Sacré

PS : Un peu de lecture pour ceux qui voudraient se faire un avis objectif sur le film. L’article s’appelle « Mange, prie, aime, mais ferme ta gueule ! ».