La semaine des concerts chelous

Aujourd’hui, c’était une journée difficile : Je reprenais le boulot après deux semaines de congé.

J’ai passé une semaine en Grèce à peindre au soleil, à me baigner dans les eaux turquoises, à bouffer de la feta à tire-larigot et à me biturer au retsina .

Puis je suis rentrée au pays et j’ai passé une semaine à regarder d’un œil morose la pluie tomber sur le carreau en lisant un bon Fred Vargas (je fais une obsession pour Fred Vargas).

Comprenez que la reprise ait été abrupte.

Quand je suis arrivée, Sophie était à son bureau. Droite comme un i, elle pianotait nerveusement sur les touches de son clavier d’ordinateur en m’expliquant : « J’essaye de répondre à un mail sans être méchante. Mais plus j’essaye d’être gentille, plus je suis agressive ».

Pour détendre un peu l’atmosphère et recommencer en douceur, je me suis dit que j’allais relater à mes collègues chéries les soirées culturelles qui m’attendent ces jours-ci.

C’est fou ce qu’on bosse dans ce bureau

En effet, Mel-Bichon et moi-même passons une semaine – comment dirais-je ? – assez éclectique point de vue musical.

Pour ma part, je vais voir :

  • Les pêcheurs de perles, opéra de Bizet. (C’est pour le cours de peinture, on doit en faire une peinture après)
  • Bjork et sa tournée Vulnicura (je vais pleurer).

Mélanie, quant à elle, vient voir Bjork, mais aussi :

  • Heilung
  • Et Supreme NTM (ne la jugez pas, elle est carolo)

Constatant cela, nous avons appelé notre semaine « La semaine des concerts chelous ».

Du coup, au bureau, avec Sophie et Dominique, nous avons parlé musique. Et parler musique nous a donné immédiatement envie d’écouter Kate Bush (CQFD).

Dominique est retournée dans son bureau et Sophie et moi avons passé l’une ou l’autre chanson de Kate. Chansons qui nous ont donné envie de pousser la chansonnette.

Mais voilà, on peut dire que Kate excelle dans les aigus, ce qui est loin d’être notre cas. Et même si j’adore chanter, mon entourage n’est pas toujours encourageant à ce propos.

Sophie, qui a l’oreille fine, a déclaré : « On dirait des écureuils qu’on égorge », ce qui n’était pas loin d’être vrai même si un tantinet exagéré.

A cet instant là, Dominique est ressortie de son bureau, elle a longé le couloir, a passé la tête par l’embrasure de notre porte et a déclaré : « On dirait un peu un lâcher de chats de gouttière en rut », puis elle est repartie franc battant.

Sophie a dit : « Peut-être qu’il va falloir qu’on se calme, avant de voir débarquer des types avec des fléchettes hypodermiques »

C’est dingue, quand-même, que l’on ait plus le droit d’exprimer librement son art.