lecture

« Ressac » de Diglee

« Mon écriture hâtive à l’encre violette couvre à présent des dizaines de pages dans le carnet d’écolier acheté pour le voyage. Fragments hésitants, ratures et paragraphes tremblants comme échappés de moi-même. Est-ce trahir que d’écrire ? Pourquoi cette urgence à raconter ce qui n’est pas encore digéré, ce qui mute, palpite, pourquoi ne pas plutôt créer quelque chose qui soit loin de moi, loin de cette impudique mise à nu ? Quelque chose qui n’engage (n’enrage…) personne ? De l’écriture ou de la main, après tout, qui contrôle qui ? Puis-je réellement décider de ce qui s’écrit ? »

Diglee

“Ressac : nom masculin. Retour brutal des vagues sur elles-mêmes lorsqu’elles ont frappé un obstacle”. 

Ressac au sens propre, celui des vagues s’écrasant inexorablement sur les rochers, celui de la mer contemplée. Ressac au sens figuré, celui qui nous habite, celui de notre sang dans nos veines, celui de nos pensées, ce retour à soi-même obligé lorsqu’on percute la déveine. 

Ressac enfin de l’écriture, quand, sans cesse, il nous faut écrire puis retrancher, pour ne laisser que l’essence même des mots et leur poésie. 

« Ressac » de Diglee – Editions la ville brûle