regime

Le Kho-lanta des Wich-Wach

Il y a une dizaine de jours que je me suis inscrite chez Wich-Wach.

Vous ne connaissez pas Wich-Wach ? Mais si ! La secte des Grosses. Weight Watchers, si vous préférez.

Vu qu’en ce moment, mon charisme est légendaire (j’ai les cheveux longs, le teint bronzé, j’ai perdu un kilo), j’ai fait des émules et ma collègue Bouchon a décidé de s’y mettre aussi.

Ce matin, alors que Sophie et moi étions en train de veiller à ce que les ouvriers placent correctement les nouveaux néons (traduisez : on matait), ladite Bouchon est entrée avec grand fracas et s’est exclamée : « Les filles ! Hier soir, j’ai soulevé des poids ! « 

– Mazel tov ! s’est exclamée Sophie.

Et moi, qui ne fais que penser à convertir tout ce que j’entreprends en nourriture, ai répondu : « Tu sais que si tu veux, tu peux manger tes points ? »

7833 points

– Manger mes poids ? a-t-elle compris. « Mais tu crois quoi ? Que je soulève des petits pois ? Non, hein ! Je te parle d’haltères en fonte, moi ! »

Après ce malentendu, je lui un peu expliqué les grands principes de l’Organisation.

– En fait, il y a trois équipes : les verts, les bleus et les mauves. Tu es quoi, toi ?

– Vert. Et toi ?

– Bleu.

Là, on a senti passer un petit vent glacé. Un vent de compétition. Les bleus contre les verts.

Bouchon a dit : « C’est un peu comme dans Koh-Lanta, quoi »

– Exactement. Sauf que chez eux, il y a les jaunes et les rouges.

– Enfin… De ce que j’en sais, parce que je n’ai jamais regardé Koh-Lanta.

– Moi j’ai juste regardé la demi-finale. C’était fascinant. Il y avait une bonnasse avec des seins en silicone qui a trouvé un poignard alors qu’elle n’est pas passée par la balise et elle était tellement contente que vous savez ce qu’elle a fait ?

– Nooon, ont répondu en chœur Bouchon et Sophie, captivées par mon récit.

– Elle a glissé le poignard dans sa culotte de maillot et s’est roulée dans le sable de contentement.

– Mais c’est dangereux pour sa mimine ! s’est exclamée Sophie.

– Je dirais même très dangereux.

wouh, je le sens passer

– Explosion de silicone ! a-t-elle crié dans la bibliothèque.

– Il parait même que cette fille a reçu des oranges et n’en n’avait jamais vues auparavant, ai-je ajouté.

– Encore un point commun avec les grosses de chez Wich-Wach, a conclu Bouchon.

Bibliothèque

Maigrir sans régime – Dr Jean-Philippe Zermati – Chez Odile Jacob

Avec mes collègues confinés, on est en train de créer des avis sur les livres que l’on est en train de lire afin de les partager avec nos lecteurs. J’ai bien aimé l’exercice, que je poste ici. Pourquoi pas une nouvelle rubrique sur ce blog ? Les avis littéraires de Natha et Monaco 🙂

Si vous possédez une bibliothèque spécialisée en régimes de toutes sortes et que vous êtes devenue incollable en régimes paléo, kéto, dissocié, hyperprotéiné et en respectant les IG mais que votre silhouette ne s’en est visiblement pas inspiré, vous pouvez d’ores et déjà les oublier sur votre étagère pour n’en garder qu’un seul, au titre d’ailleurs prometteur : “Maigrir sans régime”.

Sorry, la couverture fait super peur

Dans ce livre, le Docteur Zermati, qui lui aussi est fatigué par les injonctions qui nous inondent en permanence (Il faut manger comme une reine le matin, comme une princesse le midi et comme une manante le soir / Ne regarde pas cette pâtisserie en vitrine où tu vas enfler comme un ballon / Il faut souffrir pour être mince / Surtout ne jamais sauter un repas / Et si j’essayais de dissocier les protéines des féculents ? / Et si je retournais à l’état sauvage pour croquer une biche crue ?) nous invite à nous auto-réguler, c’est-à-dire à réapprendre à écouter nos signaux parfois perdus de faim et de satiété afin de pouvoir manger de tout mais en temps et en quantités voulus. 

Facile à dire mais difficile à faire ? Il se peut que ce soit un long réapprentissage, mais il ne nous abandonne pas au milieu de ses explications physiologiques puisqu’il nous invite, par le biais de différents exercices, à mettre en pratique ces réflexes que nous avons perdus en cours de route.

En réalité, il ne parle que de bon sens et d’écoute de soi.

Un livre à dévorer sans plus attendre !

regime

Ella fait des adeptes

L’autre jour, Nath est venue manger à la maison. Comme elle voulait offrir un petit cadeau à Mère et qu’elle m’a sondée pour avoir une idée, j’ai suggéré :  » Et pourquoi pas un livre de recettes vegan ? « .

Vous pourriez déjà dire : Autant te tirer une balle dans le pied. Vous en auriez le droit.

C’est dans ces circonstances qu’Ella Mills est entrée dans ma vie et s’est mise à bousculer mon existence faite de chips et de cacahuètes enrobées.

Pour les bienheureux qui ne la connaissent pas, il faut savoir qu’Ella Mills est à la cuisine vegan ce que Marie Kondo est au rangement ou ce que Bea Johnsson est au zéro déchet : c’est-à-dire une grande prêtresse. 

Et devant une grande prêtresse, qui plus est en matière de cuisine healthy, Adèle s’enthousiasme, Mère se prosterne et je me mets à hyperventiler car je pressens que ma vie va prendre un virage à 180 degrés.

« Dans ton cul »

Comme toute doctrine, celle d’Ella doit être prise au pied de la lettre par Mère qui s’est précipitée dans la cuisine pour nous concocter ses petits plats.

Souvent, quand on dit « petits plats », c’est une façon de parler. Pour dire à quel point c’est bon. Mais ici, c’est à prendre au pied de la lettre.

Car voici ce que cela a donné :

Un pain de graines dont une tranche ne dépasse pas la taille d’un pouce.

C’était super cool parce qu’on a pu faire plein de blagues, avec Adèle :

  • Au fait, c’est un pain par personne, c’est bien ça ?
  • Je ne vois plus très bien. Je pense que je deviens aveugle à cause de la malnutrition.

Je sais que j’ai l’air de me plaindre, comme ça. Mais on a quand-même eu droit à un dessert : un gâteau au chocolat et à la patate douce.

Non mais avouez que ça envoie du rêve.

File-moi une crème vanille aux asperges ou un sorbet de brocolis tant qu’à faire.

Là, on a pu faire des blagues sur les bouses de vache qui sèchent au soleil dans les prairies et même Mère a bien dû reconnaître que le résultat n’était pas concluant, et la bouse s’est retrouvée dans la poubelle après avoir traîné 10 jours dans le frigo.

Pour cette recette, nous avons noté un « I » pour insuffisant.

Parce qu’après chaque recette testée, nous devons décerner une cotation et la noter dans la nouvelle bible.

Quand je vous dis que quand Mère entre en religion elle fait les choses sérieusement…

Ella Mills-ouk dans ma vie et ça la fait marrer

Santé

Make a Wich-wach

Parce que cela pourrait très bien être considéré comme un secret honteux, je ne vous avais pas encore annoncé que je me suis inscrite chez Wich-wach il y a deux mois environ.

Vous ne connaissez pas Wich-wach ???

Mais si ! Il s’agit de l’équivalent des AA, mais pour « les personnes en surpoids » (traduisez les grosses et les obèses). Weight Watchers, si vous préférez. Mais c’est vachement difficile à prononcer.

Wich-Wach, c’est un peu comme une secte dans laquelle on vous endoctrine à coups de fruits et légumes. Une petite société qui a ses règles et ses codes. Un microcosme.

images3

« Navet vous pas honte d’être aussi enrobée ? »

Parmi ces rouages, il y a le système de récompense (qui fonctionne fortement avec moi vous l’aurez compris, vous qui me connaissez de longue date).

Et parmi ces récompenses il y a l’étoile.

« Patrick l’étoile de mer, va me chercher des glaces, veux-tu. »

Je dirais en résumé, et pour palier aux lacunes des non initiés, que chaque fois que l’on perd trois kilos, on reçoit une étoile.

Les autres participantes n’applaudissent pas quand on reçoit une étoile, ce que je déplore. Mais elles sont très enthousiastes, voire très jalouses. Puisqu’il s’agit d’un milieu féminin (les hommes ne sont ni gros, ni obèses, ils sont juste costauds, traduisez par « puissants et virils »), les autres femmes te disent « Waw, c’est génial, quelle chance, tu as perdu trois kilos ! », mais en réalité tu sais qu’elles pensent « Quelle pouffiasse celle-là, je suis sûre qu’elle vire anorexique » et ça, c’est trop cool.

Toujours est-il que la semaine passée, j’ai cru que j’aurais mon étoile.

3197222523_1_2_mKbmNr4X

Mais la bénévole qui s’occupe de la pesée (je suis au regret de vous dire que cela s’intitule vraiment ainsi) a chicané. Elle a regardé ma fiche et elle a dit, devant tout le monde : « Ah non, hein. Elle doit encore perdre 300 grammes ». J’ai donc répondu du tac au tac, sans me laisser abattre ni impressionner ni humilier que je la décrocherais la semaine prochaine.

Une gagnante, je suis. Une battante. Une warrior de la perte de poids.

En rentrant chez moi, j’ai mangé un gâteau pour me donner du courage.

Ma sœur Mathilde m’a dit qu’elle me trouvait incohérente. Je lui ai répliqué, la bouche pleine de pépites de chocolat : « Je revendique mon droit à l’incohérence ». C’est la phrase d’un grand Philosophe que j’aime beaucoup et que je ressers souvent car elle m’est très utile.

boulimie

Mais le problème, c’est que la semaine prochaine, c’est jeudi, jour de la pesée. C’est fou ce que ça passe vite, une semaine.

C’est pour cette raison que j’observe mon bac de glace Fermette à la vanille du coin de l’œil sans en manger une seule cuillerée.

C’est que j’ai de l’amour propre, moi, Madame.

Et le sens du challenge.

trait

Vous grossissez ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls.

th43JHKLEC