Mes peintures

Vernis pas sage

Jeudi, Mel-Bichon m’a envoyé un message disant : « Je suis tellement excitée par ton vernissage ! J’ai l’impression d’aller à une soirée New-yorkaise ».

Il est vrai que l’évènement était un rien mondain et a pas mal échauffé les esprits.

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Pour une fois dans l’existence, j’étais prête à temps, même pas à la bourre, raccord, tranquillou et tout et tout. J’aimerais vraiment le souligner.

Vendredi matin, j’ai bombé mes tableaux avec du vernis ; ultime finition, et, avec Mère, nous avons tout chargé dans la voiture. Nous avons dû ouvrir les fenêtres parce que nous nous sentions carrément shootées aux vapeurs de vernis. Malgré ces émanations toxiques, je pense que mon cerveau hyper performant fonctionnait encore car j’ai entendu un franc tomber et je me suis exclamée : « Tu crois que c’est pour ça que l’on appelle ça un vernissage ! Parce que l’on sent les odeurs de vernis ! » et Mère m’a répondu : « Cela tombe sous le sens, Hortense ».

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A peine avions nous pris possession des lieux que Catherine-ma-deuxième-maman est arrivée à vélo devant la vitrine. Elle est entrée franc battant et a déclaré : « Je viens vous donner un coup de main ». Ce qui n’est pas une chose qui se refuse en pareille circonstance.

Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé, mais en deux coups de cuillère à pot, tous les cadres étaient au mur.

Je me souviens juste que j’ai voulu planter un clou, que j’ai eu très mal aux doigts et qu’elles se sont écriées en choeur : « Natha, tu ne touches à rien ». Alors je suis restée plantée là, les bras ballants pendant que mes mères (dit comme ça on dirait un peu que j’ai été élevée dans le mariage pour toutes) plantaient des clous, grimpaient sur des tables (on n’avait pas d’échelle) et me demandaient :  » Ca va, comme ça ? ». Et moi, je répondais « Oui » inlassablement ou parfois je disais « Un peu plus à gauche » ou « Un peu plus à droite » pour faire genre je sais de quoi je parle et j’ai un avis sur la question.

La fête allait pouvoir commencer.

J’ai enfilé mes habits de lumière.

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Sur Facebook, j’avais écrit que je me sentais excitée comme si c’était mon anniversaire et que mes camarades allaient arriver pour le goûter et m’offrir une figurine de Jurassic Park. Alors mes collègues se sont amenés avec les grands dinosaures en papier mâché qui trônent dans la bibliothèque. Il faut dire ce qui est : mes collègues sont toujours prompts à m’encourager, et lorsqu’il s’agit d’idées saugrenues, ils sont toujours présents.

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Ensuite, Père est entré dans la galerie et a fait son tour. Puis il est revenu vers moi et il a dit, avec son air de mécène : « Ce tableau-là… Je te l’achète ».

Oui, il était à peine 19h que j’avais déjà fait ma première vente. 

Alors j’ai commencé à me sentir un peu grisée par la gloire et cela m’a fait penser à une anecdote que m’avait racontée ma soeur Mathilde qui travaille dans un restaurant gastronomique. Elle m’a expliqué avoir rencontré un Chef qui lui a expliqué : « J’ai quarante ans, j’ai trois étoiles. Je suis au sommet de ma gloire. Je m’arrête ici ». Alors j’ai dit pareil aux invités, là, dans la galerie. Mais Milou a précisé : « Tu n’as pas encore 40 ans. Tu n’en n’as que 38. Tu dois dire : « Je me donne encore deux ans », ça sonne bien ». Donc j’ai rectifié le tir et donné cette version des faits.

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Il y avait un monde fou.

Que des gens attirés par le punch servi à la louche.

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Mais non, ce n’est pas vrai. (Il n’y a eu que de la bienveillance et des compliments, mais j’avais fort envie de glisser ce super tampon dans mon article).

Tout le monde était très enthousiaste.

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(Anouk Ricard je te vénère)

Il y a eu la famille, les amis, et quelques nouvelles rencontres superbes dont Anne et Isabelle, deux soeurs que je connais via Facebook et qui ont pris le train depuis Liège pour venir me voir « en vrai » et qui m’ont apporté elles aussi un dinosaure.

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Il y a aussi eu Carine, avec qui nous avons devisé de projets futurs.

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Que vous dire d’autre ?

Je ne m’y attendais pas spécialement, mais j’ai beaucoup vendu.

Mère, qui s’occupait de ma boutique, est venue me trouver et m’a chuchoté : « J’adore manipuler autant d’argent, ça m’exalte !!! » avec des yeux ronds comme des soucoupes et de la fumée qui sortait des oreilles.

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C’était tellement gai de vous voir, revoir ou rencontrer.

C’était tellement rassurant d’entendre autant de retours positifs.

C’était tellement grisant de vider autant de coupettes de mousseux.

C’était tellement stimulant de penser à la suite.

C’était tellement bon de devenir riche.

Je sens que je vais remettre ça bientôt 😉

 

 

11 commentaires sur “Vernis pas sage

  1. Merci pour le surlignage, le franc qu’est tombé et les dinosaures. Mon préféré est l’aeolosaurus. Allez savoir pourquoi ? Bravo pour le succès et bonne continuation, Nathalie.

  2. Je n’étais pas là Cousine mais j’ai pensé à toi toi, Vendredi, et samedi et dimanche aussi. Tes dessins et tes articles te ressemblent…Continue !

  3. Désolé pour mon absence à ce grand événement, mais le 23 à 19h, c’était justement le souper de l’Animation riézoise à la Salle Arthur Masson (dans la rue éponyme). Mon coeur a saigné devant ce cruel dilemme, mais je ne pouvais raisonnablement pas manquer cette petite sauterie gastronomique, sous peine de grave crise diplomatique. La prochaine fois il faudra consulter les auspices pour trouver une date un peu moins funeste…

    Bref, tu recommences quand ?

  4. Pas de problème puisque ce n’est que le début d’une longue carrière. Je pense exposer les toiles islandaises en février. Donc on se rencontrera peut-être à cette occasion ?

  5. Si tu peux te libérer, pas de problème !
    Maisévite les alentours du 18, chaque année c’est l’anniversaire de ma fille

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