Illustrations

Rêve

Une dernière illustration pour 2021 qui se clôture doucement… J’ai essayé pour la première fois de la gomme à masquer pour aquarelle. Une aventure étrange parce que mon produit était pourri et donc ne fonctionnait pas. Puis j’ai rectifié le tir, et je suis assez contente du résultat.

Et puis, comme je suis une femme organisée, j’ai créé une page pour mes illustrations de l’année. N’hésitez pas à aller les voir ou les revoir. ICI.

Lectures

Atmosphère d’atmosphère

Ce livre, ce sont de courts extraits qui s’enchaînent les uns à la suite des autres, dans un format inédit. Un enchaînement de réflexions qui peuvent de prime abord sembler décousues, sans grands liens entre elles. Les réflexions jetées au visage du lecteur d’une femme en proie à la panique contemporaine, mais qui sait humour et raison garder. Foutraques au début, ces réflexions qui s’enchaînent font émerger des thèmes universels : interrogations sur le couple et la maternité, liens entre les humains, angoisses de l’apocalypse, survie dans ce monde qui semble avoir perdu la boule (et encore, il date de l’ère pré-pandémie). Le tout sur un ton résolument sombre et cynique qui n’est pas pour me déplaire. Une sorte d’ovni, donc, à lire lentement, par petits passages, un peu comme on savourerait une praline… à la liqueur. Je recommande.

“Un jour, je dois courir pour attraper le bus. Je suis tellement essoufflée quand je monte, je comprends que tous mes préparatifs pour l’apocalypse sont vains. Je mourrai dans les premiers, et de façon atroce.”

« Atmosphère » de Jenny Offill, aux éditions Dalva.

ceramique

Sortie du four

Ambiance studieuse à l’atelier.

Je m’essaye pour la première fois au tour. Euh… disons qu’il manque le fond, mais ce n’est qu’un détail, après tout. Le tout ressemble quand-même dans les grandes lignes à un pot…

Je façonne des petits animaux en terre.

Je leur donne un petit coup de pinceau avant un retour au four.

Le chihuahua est heureux.

Je sculpte des divinités qui serviront de porte bougie et de porte encens. Mon dieu des flammes a un bâton d’encens dans le pif.

Je sculpte en mishima un très grand bol fait par Pascale.

Le chihuahua s’endort.

Laurence sort du four les assiettes « Plaisirs d’hiver » réalisées la semaine passée. Le dessin n’est pas encore bien marqué, mais c’est joli quand-même 😉

Dans le four, il y a aussi quelques bolinettes de derrière les fagots.

Une belle semaine, somme toutes.

Psychanalyse

Partir en cacahuète

21 décembre 2021. J’ai oublié de prendre mon antidépresseur. Enfin… quand je dis oublier… c’est que je me suis rendue compte quatre jours auparavant qu’il ne m’en restait plus que quatre et que j’ai dit : “Il faut que j’aille en chercher ». Puis, bien entendu, j’ai occulté ce fait important. Alors, le matin même, je me suis retrouvée étrangement dépourvue lorsque la bise fût venue. “Je n’ai plus d’antidépresseur”, ai-je crié, en proie à la panique, à Mère. Il se fait qu’elle m’a légèrement fait la morale, rapport au fait que j’avais omis de me réapprovisionner. Mais elle a dit aussi : “Ce n’est pas si grave, il suffit que tu téléphones au Docteur Jivago et il t’en prescrira ». Ce que j’ai fait sur le champ. Au bout du fil, le Docteur Jivago avait l’air malade, au bout de sa vie, comme disent les jeunes, mais je ne lui ai pas relevé l’absurdité de cette situation. Les médecins ont-ils le droit d’être malades ? Il m’a dit : “Très bien, je t’envoie la prescription sur ta carte d’identité”. Il va sans dire qu’au soir, j’ai commencé à sérieusement battre de l’aile. Puis, j’ai compris. “Adèle !”, ai-je crié. J’ai oublié d’aller chercher les antidépresseurs que Jivago m’a prescrits!”. Elle a ri. Elle a dit quelque chose comme : “Tu es un boulet”, et elle a ajouté : “Je n’y connais pas grand chose, mais à mon avis, demain matin, il se peut que tu battes quelque peu la campagne”. 

On l’a dit à Mère. Je te passe les détails de ce qu’elle a dit. Mais il était question de problème grave que je prenais avec trop de légèreté, il était question de problèmes chimiques et d’atteintes neurologiques sévères. “Pourquoi crois-tu que l’on répète sans arrêt qu’il ne faut jamais arrêter un médicament pareil du jour au lendemain ?”. On a même cherché les coordonnées des pharmacies de garde, mais à l’idée de prendre ma voiture, avec ce mal de tête qui commençait, j’ai préféré jouer le risque et aller me coucher. La nuit, grosse insomnie. Puis, quand je me suis enfin endormie, je me suis mise à rêver. Tu commences à me connaître, maintenant. Si, déjà à la base, je fais des rêves chelous, tu te doutes que, privée de ma dose synthétique de bonne humeur, je suis littéralement partie en cacahuète. J’ai rêvé d’une femme qui était kidnappée et séquestrée depuis des années par un homme. Pour cesser de se faire violer sans relâche par lui, elle lui avait demandé de pouvoir subir une opération de transformation pour pouvoir devenir un homme. Apparemment, elle préférait se faire violer par l’arrière-train que par le vagin. Tout cela n’est qu’une question de point de vue, finalement. Puis un jour, elle parvient à s’enfuir et elle suit son kidnappeur jusque dans un théâtre très chic. Là, il retire sa cape et elle se rend compte qu’une fois dehors, dans la civilisation, il se fait passer pour un faux prêtre. En effet, il porte un col blanc. Un faux prêtre faussement sourd muet, qui parle la langue des signes et qui fait également semblant d’avoir une fausse main. Quand je me suis réveillée, j’étais épuisée, j’avais le cerveau en vrac, comme si on m’en avait arraché des morceaux à mains nues, et j’ai dû gratter Etoile qui était recouverte de givre pour enfin partir en quête de ces maudits comprimés. 

Tu sais quoi, Gary ? Eh bien, je crois que je ne les oublierai plus jamais.