Fée du logis

Les raisons pour lesquelles on aime Ikea

Nous sommes bien d’accord : Ikea, c’est le mal.

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Cette enseigne cumule à elle-seule nombre de dérives que nous aimons pointer du doigt (désastre écologique, mondialisation, uniformisation des intérieurs).

Dans un monde où il est de bon ton de boire de l’eau de pluie acide et de tricoter des pulls en poils de lama, Ikea fait tache.

Mais dès qu’il s’agit d’Ikea, il se peut que nous perdions tout sens civique et que nous devenions des traîtres, des vendus, des Judas.

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« J’ai besoin d’un nouveau salon, je crois que je vais craquer mon slip »

Voici donc, en exclusivité pour vous ce soir : Les raisons pour lesquelles on aime Ikea.

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« Ikea, bonne idée »

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Ikea, ce n’est pas seulement un magasin : c’est une destination

On peut s’y rendre en famille au même titre que nous irions au zoo, au cinéma ou dans un parc d’attractions. Ca prend la journée et ça fait le bonheur des petits et des grands.

On peut aller chez Ikea sans rien acheter, juste pour le plaisir de flâner dans les allées.

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A l’entrée, on peut droper les enfants dans les balles et les laisser jouer là pendant nos achats.

C’est du fun à moindre prix. 

On les récupère le soir, exténués et heureux.

Et nous, on a pu faire flamber notre carte gold tranquillou sans même devoir penser à eux. Quiétude.

« Reste bien sage, Donovan. Je viendrai te rechercher le mois prochain »

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On peut s’inventer des vies en testant toutes les pièces du showroom.

« Eh oui, je suis toujours aussi ordonnée »

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Le repas : de délicieuses boulettes de renne, mélange de tripes de chat de gouttière, de carton et de lapin écrasé sur le bord de la nationale. Servies avec des frites suédoises (hérésie pour les belges).

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« Couilles de rennes sur lit de vomi. Bon appétit »

Et en sus, c’est boissons à volonté.

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« Attends, je me fais encore un shot d’eau de sureau »

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Pour bien digérer les boulettes, on s’installe pour faire une méga sieste sur des matelas de compétition.

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Chez Ikea, les meubles portent un prénom de viking.

On s’assied sur Amalrik pour boire son café.

On se douche avec Sven,

on se couche sur Günter,

on fait de beaux rêves avec Ivar.

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« Je prendrai le même version table de nuit »

Grâce à Ikea, tu peux demander à ton mari qu’il te prenne sur Billy sans qu’il rechigne.

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« Y’a pas à dire : c’est du solide, cette étagère »

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A ce propos, j’ai remarqué que Billy peut aussi bien être une étagère qu’un lit ou qu’une tringle à rideaux.

J’imagine que le type qui est chargé de trouver des noms aux meubles a totalement la flemme.

Et puis Billy, ça passe mieux qu’Arnaldur (qui en a une molle).

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« Le nouveau presse-ail je l’appellerais bien Billy »

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Les crayons sont gratuits. Et les mètres ruban en papier.

C’est toujours utile.

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« Là je sens qu’avec du matériel de si bonne qualité, je vais vous pondre un chef d’œuvre »

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Ikea nous réconcilie avec le bricolage.

Rien de plus simple que de monter un de leurs meubles.

Un manchot paralytique y parviendrait. 

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« Le fil rouge sur le fil bleu

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Météorologue

Orage, O désespoir

C’était une nuit d’orage. (Avant-hier – 21h30, Lustin-les-bains)

Dehors, la tempête faisait rage.

Je crois que vous le savez déjà, mais j’ai peur de l’orage.

Et quand je dis peur, c’est peur.

Un peu comme ça :

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Ou comme ça :

The-Shining

J’ai donc débranché toutes les prises de l’appartement et je me suis terrée dans mon lit, comme si ma couette pouvait me protéger de quoi que ce soit.

Pour éviter les boules de feu.

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Il pleuvait à torrent et le ciel émettait de grands flashs et moult grondements.

Caro m’envoyait des messages un rien moqueurs : « ça va ? Tu survis ? » auxquels je tâchais de répondre avec humour et détachement : « Disons que si je meurs foudroyée, c’est un peu tendu, mais au moins, j’aurai terminé par un coup de foudre ».

Mon message devait être prémonitoire car à la seconde même, la foudre s’est abattue avec grand fracas à une encablure de la maison.

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J’ai hurlé.

Seule dans mon studio, j’ai entendu le son de ma voix sortir, hystérique, genre poufiasse effarouchée.

Puis, immédiatement, tout le quartier a sauté.

Enfin, je veux dire que tous les plombs ont sauté, les miens y compris.

Nous plongeant dans un noir absolu.

Caro est entrée chez moi : « Ouf, ce n’est pas passé loin, dis donc ! ».

Puis Steph est arrivée aussi : « Comment ça va, Loulou ? Tu gères ? »

J’ai répondu par un grand silence.

Pour qu’elles pensent que j’étais morte. De panique. Et qu’elles se tracassent. Et qu’elles cessent un peu de se moquer.

Mais ça n’a pas eu l’air de les atteindre.

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Caro : « C’est bizarre, elle ne dit plus rien ».

Steph : « Ca nous fait un peu de calme, c’est pas plus mal ».

Là, après un silence estimé assez long, j’ai répondu : « Je crois que je vais faire une jaunisse ».

Et c’est vrai.

Je me sentais littéralement devenir jaune.

x-files-tooms-2Eugène Tooms, dans X-Files. Suivez un peu.

Elles se sont installées dans mon canapé et ont regardé les éclairs zébrer le ciel, un peu comme si elles étaient au spectacle ou devant un feu d’artifice, avec les commentaires qui allaient de pair : « Waw ! Le bel éclair ! Viens voir, Natha ! Approche-toi un peu ».

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Elles ont décidé de ma changer les idées en me parlant d’autres choses.

Petite liste des points abordés :

  • Jean-Guy qui a sonné à toutes les sonnettes en pleine nuit et a déambulé dans nos couloirs en quête de Yvonne (vous aviez compris qu’en fait Yvonne, c’est le nom d’emprunt de Steph ?).
  • Que faire un soir de temps modernes sans électricité ?
  • Où a-t-on diantre fichu les bougies ?

Tout cela a contribué à me changer les idées.

Quand l’orage s’est éloigné, mes voisines ont regagné leurs pénates et, enfin calmée, je me suis rendormie.

Jusqu’à ce que l’électricité réapparaisse au plein milieu de la nuit et que ma lampe me réveille en sursaut en me braquant sa lumière en pleine tronche.

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Sportive de haut niveau

Yoga : Les raisons de ne pas s’y mettre

En général, toutes les raisons sont bonnes pour ne pas se mettre à une nouvelle discipline, surtout si celle-ci ressemble de près ou de loin à un SPORT.

Et si j’évoque ce sujet avec vous, c’est que j’en connais un rayon.

Parmi les bonnes raisons de ne pas se mettre au yoga, voici celles qui reviennent le plus fréquemment.

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« Je manque de souplesse »

Aussi vrai qu’il est vrai (cette tournure de phrase craint un peu) que c’est en forgeant que l’on devient forgeron, c’est en pratiquant le yoga que l’on s’assouplit.

Pas de fausse excuse : Ce n’est pas parce que tu es aussi raide qu’un piquet de clôture qu’un Maître Yogi ne pourra pas faire de toi un futur spaghetti.

Les deux orteils dans le nez

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« Je ne peux pas, j’ai aquaponey »

Quand Sandrine vous dit qu’elle ne peut pas vous rejoindre au yoga le lundi matin parce qu’elle a aquaponey, cela ressemble à s’y méprendre à une excuse bidon, n’est-ce-pas ?

Eh bien, il ne faut pas juger trop vite car il se pourrait que ce soit vrai.

(Ne me demandez même pas où je suis aller chercher ça : c’est que j’ai plus d’un tour dans mon sac, savez-vous)

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« Cette discipline est trop saine pour moi »

Il est vrai que sur Instagram, on est bombardés en permanence par des profils de bombasses qui, la tête posée entre les jambes, se font péter de graines germées « trop rassasiantes » et qui boivent des eaux détox gingembre/concombre « trop yolo ».

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Bien-sûr, le yoga est sensé nous apporter un bien-être corporel qui nous inscrirait dans un cercle vertueux « bien dans mon body, je bois un green smoothie ».

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Attention aux vitamines

Mais merde à la fin, rien dans le règlement d’ordre intérieur du yoga ne vous interdit de vous envoyer une mitraillette sauce andalouse à la fin de la séance, accompagnée d’une petite canette de Red bull pour faire descendre le tout.

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« C’est trop calme, je suis trop nerveux pour ça »

Evidemment, que le yoga est une discipline calme.

Et je ne suis pas une grande spécialiste, mais je dirais qu’un de ses objectifs est justement de permettre d’aller vers plus de calme et moins de nervosité.

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Alors… Ai-je réussi à te convaincre que le yoga est aussi fait pour toi ?

Fêtarde

Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin

Ce week-end, à Lustin-les-bains, c’était foire au boudin.

Enfin, on dit kermesse, mais je trouve que foire au boudin, ça sonne mieux.

Je n’ai absolument jamais envie d’y mettre un pied (car je suis une vieille à la tisane), mais Caro incepte mon esprit plusieurs mois auparavant pour essayer de me convaincre que je crève d’envie d’y aller et je dois dire que ses inceptions fonctionnent relativement bien puisque, chaque année, on me retrouve debout sur les tables du café « Notre maison » en train de chanter, un verre à la main : « Femmes, Femmes, j’suis comme un soleiiiil qui brille dans la nuit ».

Jean-Luc Lahaye d’honneur

Qu’est-ce qu’une inception ? me demandera le public vieillissant de ce blog.

Eh bien, cela fait référence au film du même nom : « Inception », mais à prononcer à l’anglaise, of course.

Une inception est une opération délicate visant à faire germer une idée dans l’esprit de quelqu’un tout en lui laissant croire que cette idée est de lui. 

J’ai vu le film et Caro m’a avertie : « Tu ne vas rien comprendre » et c’est vrai, je n’ai rien catché, un peu comme si j’étais con comme un sous-plat.

Mais soit.

On s’en fiche, puisque de toutes façons, tout le monde meurt à la fin.

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Le Lustin du futur

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Voici donc un résumé de ce week-end particulier.

Vendredi.

Je suis rentrée du boulot avec un mal de crâne tel qu’on aurait dit qu’un bricoleur forait des trous dans les cloisons de mon cerveau.

Alors je me suis vautrée sous mon plaid et j’ai mangé plusieurs carrés de chocolat aux grosses noisettes en me faisant un shoot de paracétamol.

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Mais ma cousine Noémie, contrairement à moi, est jeune.
Elle a donc décidé de sortir et Caro lui a proposé de l’héberger.

Au milieu de la nuit, munie de sa clé, elle est rentrée discrètement et s’est installée sur un matelas.

Puis, vers 6 heures du matin (décidément, ça devient une habitude, cette famille qui me réveille aux aurores), Caro est rentrée chez moi, visiblement paniquée.

« Que se passe-t-il donc ? » lui ai-je demandé, la voix pleine de sommeil.
« Je crois que Noémie est somnambule » me répond-elle.
– Ah oui, ça se peut.
– Elle erre dans l’appartement, elle circule entre les meubles.
– Mais elle dort ?
– Ben justement… JE NE SAIS PAS. Si je lui parle, elle me répond des choses cohérentes. Et elle a les yeux grands ouverts, mais elle fait des choses insensées. Elle s’assied, puis elle se recouche. Elle me regarde dormir. Puis elle passe entre tous les meubles. Je flippe à mort !
– Faut pas avoir peur. Elle dort. Elle rêve. Elle croit peut-être qu’elle est chez elle. Ou ailleurs. Il se peut qu’elle se croie dans la salle d’attente d’un médecin. Ou elle fait ses courses chez Aldi.
– Je suis psy. Je vois des gens fous toute la journée. Mais une somnambule, c’est la première fois. J’ai peur !
– C’est faux. Quand elle était petite, Adèle était somnambule. Tu ne te souviens pas qu’elle est sortie de sa chambre pour venir uriner dans la boite se céréales en déclarant : « Ben quoi : je fais pipi ! » ?
– Évidemment que je m’en souviens (forcément, cette anecdote fait partie du top 10 des anecdotes familiales). Mais ces yeux ouverts, ça me fait flipper grave.

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Pas de quoi flipper

Là, prenant à bras le corps mon rôle d’aînée, j’ai décidé de rassurer ma petite sœur.

Je lui ai proposé de googler « somnambulisme » pour avoir des renseignements.

« Gougueler ».

En voilà une bien mauvaise idée.

Peut-être aurais-je dû m’en douter.

Car par plusieurs fois déjà, cette curiosité intellectuelle s’est retournée contre moi.

Quelques exemples de googelisations qui ont tourné au vinaigre :
– La fois où Marie-Paule a demandé à Célien de faire une recherche pour élargir son champ de connaissance en matière animale.
– Le jour où j’ai appris à mes dépens que j’étais trypophobe.
– La fois où j’avais un rhume et que Doctissimo m’a prédit que je n’avais plus que quelques heures à vivre.
C’est de cette manière qu’on a appris que les somnambules peuvent :
– Uriner dans les coins.
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– Faire la vaisselle.
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– Baiser avec des inconnus.
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– Conduire en dormant.
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– Se défenestrer.
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– Commettre un meurtre.
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Là, Caro a blêmi.
Elle a dit : « Je vais enfermer Nono à clé pour ne pas qu’elle se jette par la fenêtre depuis la cage d’escaliers.
Mais de la fenêtre de chez moi, il ne peut rien lui arriver, même en arrachant la moustiquaire, parce que la fenêtre est trop petite pour s’y glisser ».
– Et en ce qui concerne les homicides ?
Ma sœur a réfléchi.
– Je ne sais pas… Tu viendras vérifier si je suis en vie en rentrant de ton boulot ?
– OK, pas de problème.
– Tu sais, Natha, si ça tombe, notre cousine tue des gens toutes les nuits.
– Oui, c’est possible. Et ce qui serait vraiment cool, c’est qu’elle traque les pédophiles pour leur arracher les couilles.
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 On dirait que c’est l’argument qui a rassuré Caro car elle est retournée chez elle.

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Samedi.

J’étais toujours aussi vieille et fatiguée.

J’ai regardé « Vendredi tout est permis » en pyjama, tellement heureuse que ma sœur n’ait pas l’air de vouloir m’obliger à « aller à cabaret », comme on dit par ici.

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Et donc, je suis excusée de kermesse ?

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Dimanche.

Le matin, c’était le traditionnel défilé de chars.

Le thème de cette année : les sept péchés capitaux.

Je me suis dit : Il n’y a vraiment qu’en Wallonie qu’on peut voir défiler des chars familiaux sur ce genre de thème.

Par exemple :

  • Le char de la colère mettant en scène la révolution française et proposant un petit atelier décapitation.
  • Le char de la luxure transportant un homme travesti en prostituée et ayant déguisé tous les enfants en petits cochons.
  • Une femme déguisée en Ferrero Rocher en train de fumer sa clope et boire une canette de bière.

L’après-midi, j’ai été interpellée par une femme très sympa qui a déclaré être une de mes fans. Du coup, elle voulait me payer à boire. On a un peu discuté.

C’était chouette, j’avais un peu l’impression d’être la Madonna de Lustin, qui ne peut pas faire un pas sans être repérée par la foule en délire.

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Puis Eugénie est venue me retrouver et on a un peu discuté du conflit Israëlo-Palestinien en mangeant des pains saucisse assises sur un talus.

Le soir, on s’est retrouvés entre cousins.

Pour une fois, on est restés calmes.

La nuit, j’ai été réveillée par quelqu’un qui appuyait sur ma sonnette avec insistance. Ce quelqu’un sonnait alternativement chez moi et chez ma sœur. (Ici, je tiens à dire que d’habitude, ma sonnette ne fonctionne pas (simplicité involontaire), mais comme de bien entendu, le jour où on quelqu’un appuie dessus à 4h30, voilà que tout à coup elle fonctionne).

J’ai cru que c’étaient mes cousins qui cherchaient le couchage pour le reste de la nuit. Je me suis levée. Caro était déjà sur le palier. Penchée sur le bastingage, elle observait la cage d’escaliers en de demandant qui venait là à une heure aussi saugrenue. Elle avait les yeux hagards et l’humeur en pétard.

Un petit jeune homme est apparu. Bourré comme la Pologne, il a déclaré : « Je suis Jean-Guy, un ami de Yvonne. »

Caro lui a sorti sa grosse voix cassante et lui a rétorqué : « Et si Yvonne ne te répond pas, tu ne crois pas que c’est parce qu’elle dort ?!! C’est une raison pour sonner à tous les appartements de l’immeuble ??! »

« Pardon » a dit le petit Jean-Guy, un peu penaud.

Il est sorti et on est allées se recoucher.

C’est sur cette note agréable que s’est terminé ce weekend harassant.

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Je fais du boudin à la foire au boudin

Blogueuse et artiste

Etangs donnés

Du coup, avec cette histoire d’étangs, couplée aux nénuphars que je suis justement en train de peindre, je crois que je développe une légère obsession.

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Travail en cours.

« Reflets sur l’eau » – peinture à l’huile. VENDU (eh oui, succès succès)

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Petite tentative photographique.

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« Sur l’étang » – Aquarelle (10×15 cm – 100€)

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Peinture à l’huile (en cours)

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« Les Naïades » – Aquarelle (10×15 cm – 100€)

Botaniste chevronnée

Un dur labeur

Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait jeudi passé ?

Mais siiii !

C’était un jour férié et, comme pour tout bon jour férié qui se respecte, vous vous êtes levée à une heure indécente, puis vous vous êtes allongée sur un transat et, les doigts de pieds en éventail, vous avez siroté du vin blanc en regardant l’Homme cuire un bon steak sur la grille du barbecue.

Saintes-Glaces

MOI PAS.

Parce que Mère avait d’autres projets pour nous.

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Dans les champs de coton

Chez Mère, il y a beaucoup d’étangs.

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Et le grand ennemi des étangs, c’est Jason Bourne.

Jason Bourne, c’est le héron.

Ne me demandez pas pourquoi il s’appelle comme ça ; je n’en n’ai fichtre aucune idée.

Happy-le-chien a été dressé pour chasser Jason Bourne.

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Vivacité, quand tu nous tiens

Quand on le voit amerrir sur l’étang pour se faire un plat de sushis-sashimis, on crie « Chasse » et, fier de sa responsabilité, Happy-le-chien déboule comme un dératé et aboie contre Jason qui déguerpit sur le champ.

Seulement voilà : Jason Bourne a fait un trou dans la bâche de l’étang, avec ses pattes ou avec son bec. Et l’étang s’est vidé d’une partie de son contenu.

Mère a donc décidé d’organiser une grande journée de démontage de l’étang.

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Mais que Diable allait-on faire dans cette galère ?

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Quand je suis arrivée chez elle la semaine dernière avec mon ami Sébastien M. (qui rencontrait Mère pour la première fois), elle était en train de dresser la liste des participants.

Aussitôt, Sébastien a proposé son aide. comme ça, SPONTANEMENT.

Nous, on a crié : « Ne fais pas ça, malheureux ».

Le pauvre : il ne pouvait pas savoir où il mettait les pieds et on a estimé qu’il était de notre devoir citoyen de le prévenir et d’essayer de l’en empêcher. Mais il a insisté et nous ne pouvions rien faire d’autre que de lui dire : « On t’avait prévenu ».

Mère a décidé de faire deux équipes : ceux qui « font de l’eau » et les autres.

Elle a demandé à Sébastien : « Est-ce que tu veux faire de l’eau ? » et Sébastien a répondu oui.

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Et même, je MARCHE sur l’eau

L’autre équipe, celle qui ne voulait pas faire de l’eau, était de corvée « mise en vernis des meubles de jardin ».

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Bien entendu, il a fallu se lever tôt, un four férié.

Ce qui est déjà scandaleux en soi.

Mais en plus, au début, le temps n’était pas au beau fixe : un petit vent glacial traversait mes vêtements. Ce qui faisait au moins deux raisons de me rendre bougon.

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On a commencé à retirer toutes les pierres qui entouraient l’étang.

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Ensuite, on a arraché les plantes pour les transporter dans le ruisseau qui passe dans le fond du jardin.

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A midi, les ouvriers communaux ont apprécié l’avancée du chantier.

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Et nous avons même eu droit à une pause.

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Désolée les sœurs, je sais que c’est salaud de poster cette photo mais c’était trop tentant pour mon roman photos.

L’après-midi, on a vidé l’eau à la petite cuillère avec une pompe.

Mais le fond était trop vaseux pour passer dedans, donc on a dû vider le fond en écopant avec des seaux que l’on vidait dans des brouettes que l’on vidait sur le potager pour faire de l’engrais.

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Bien-sûr, on a sauvé toutes les petites petites bestioles que l’on pouvait sauver en les transportant jusqu’aux autres étangs en courant très vite et en hurlant « Sauvetaaage !!! ».

  •  Des dizaines et des dizaines de tritons alpestres.

C’est Véro qui, dans son T-shirt « Natagora » a crié tout à coup : « Oh ! Il y a un truc vivant ! Venez voir !  »

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« Rappelle-moi un peu : c’est où encore, que tu travailles, Véro ? »

triton

  • Les quelques poissons que Jason Bourne n’a pas daigné manger et qui se trouvaient fort mécontents d’être déposés sur un potager.
  • Une grenouille géante en savon noir qui se débattait contre Sébastien qui tentait vainement de l’attraper.

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  • Des petits bigorneaux.

Et hélas, trois fois hélas, nous avons dû sacrifier pas mal de têtards, ce qui nous a fait dire à Adèle et à moi, en contemplant la marée de vase en train de sécher sur le jardin : « On dirait un peu le Rwanda des têtards ». Mais cette remarque est plus que douteuse (je dirais même vaseuse), et j’ai même hésité à vous la retranscrire, pour vous dire à quel point on est pas fières.

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 » Têtard, aujourd’hui »

« Tu parles, il est super tôt »

L’étang se vidait peu à peu.

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Axel faisant (encore) le pitre

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Tout le monde était dans un sale état et inutile de vous préciser que c’est un peu parti en bataille de vase.

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En fin de journée, la baronne et son frère ont inspecté les travaux finis.

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Le soir, nous avons été récompensés par la célèbre et succulente paella de Mathilde.

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Que vous dire d’autre ?

Mes sœurs et moi soupçonnons Sébastien d’avoir basculé du côté obscur de la force.

Ou pire, d’en avoir toujours fait partie.

C’est-à-dire d’être fait du même bois que Mère (c’est assez rare, mais j’imagine que ça peut arriver).

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  • D’abord, il a proposé ses services spontanément, je vous le rappelle (mais on peut mettre ça sur le compte de l’ignorance).
  • Ensuite, il m’a dit, avec beaucoup de fascination dans la voix : « Waw, ta mère ! Quelle énergie ! Une vraie tornade ! »
  • Enfin, je l’ai surpris en train de dire à Mère, le plus sérieusement du Monde : « Mais oui, je trouve que tant qu’on y est, autant en faire le plus possible« .

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Voilà.

Pour cette journée riche en émotions, j’ai choisi le format « roman photos » pour innover un peu et cela sans aucun respect de l’anonymat des victimes de Mère.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Votre dévouée Nathalie Sacré.

 

Botaniste chevronnée

Saintes Glaces

On a beau me charrier en me disant que je n’y connais rien en jardinage, je sais quand-même qu’en ce moment, ce sont les Saintes-Glaces.

Ceci dit, quand je suis allée vérifier l’orthographe, j’ai compris que j’avais toujours cru qu’on disait « Saintes Glaces » alors qu’en fait il s’agit des « Saints de glace ». Ce qui prouve que j’ai toujours eu une banane dans l’oreille et, du coup, mon gag tombe un peu à l’eau.

Mais soit.

Je persévère.

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Vacancière

Je ne suis pas rendue

Aujourd’hui, à la bibliothèque, nous avions tous pour mission de remplir nos demandes de congés pour l’été afin d’organiser au mieux le service.

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J’ai demandé à Sophie : « Dis, ça ne t’embête pas si je prends la semaine complète au moment où je partirai à Stockholm avec mes sœurs ? »

« Ah bon ?! Tu pars à Stockholm ? » me dit-elle.

J’étais étonnée de son étonnement parce que ça fait 32 fois que je la nargue avec mes vacances, elle, la grande fan des Royaumes du Nord.

Et elle ajoute « En plus de Copenhague et de l’Islande ?! »

« Ah mais tu as raison, je me trompe : je pars à Copenhague, c’est vrai ! Pfff… Je me suis trompée, regarde : j‘ai noté Stockholm dans mon agenda ! »

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Là, elle a pris un air inquiet et elle a déclaré tout de go : « Bon. Ecoute bien mon conseil. Quand tu seras à l’aéroport, surtout, ne regarde pas les panneaux de signalisation. SUIS TES SŒURS, tu m’entends ? Ne les lâche pas d’une semelle, ok ? Et pense « sirène », PAS « boulettes de renne ». Tu verras, tout ira bien« .

Et elle s’est replongée dans son ouvrage pendant que je raturais mon agenda afin d’être plus précise quant à la dénomination de ma destination de vacances.

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Allez, ça va aller.

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Sportive de haut niveau

Le yoga : une philosophie de vie

Plus qu’un hobby (macramé, cuisine moléculaire, puzzles) ou qu’une gymnastique (69, brouette indienne), le yoga est une philosophie de vie qui, si elle est adoptée par le disciple, le conduira vers la lumière. (Bien entendu, je ne fais ici nullement allusion à « la Lumière » dans le sens christique du terme, mais plutôt à la lumière dans ce qu’elle a d’éclairant).

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Dans notre société consumériste, notre mode de vie est devenu contraignant et nous, pauvres petits individus pourtant pétris de bon sens et de spiritualité, sommes constamment écrasés, écrabouillés, réduits en bouillie par :

  • La sonnerie stridente du réveil à une heure où même les poules dorment encore.
  • Les embouteillages du matin et du soir ou les trajets en train, debout et serrés comme en 40.
  • Jean-Pierre, notre collègue lourdingue qui, debout devant la machine à café (nous empêchant d’y accéder) nous raconte son week-end qui semble tout sauf trépident.
  • Ces gens qui nous parlent de leurs enfants.
  • Nos drames personnels (mort d’un proche, divorce, crises d’angoisse).
  • Les dimanches où les enfants (ou les chats) nous réveillent à 5h40 en sautant sur notre lit.
  • Les cheveux qui se mettent mal et nous donnent une allure de dessous de bras.
  • L’addiction au sucre et les Dinosaursus sans chocolat.
  • Les intestins poreux.
  • Notre père qui nous sert des tomates tous les vendredis alors que ça fait 37 ans qu’on lui dit qu’on aime pas ça.
  • L’état de notre compte en banque dès le 8 du mois.
  • La pauvreté de l’offre sur le marché du beau célibataire quadragénaire.
  • Les radios qui diffusent Maître Gims.
  • Ces injonctions permanentes à la perfection (sois mince, sois sportive, adopte la parentalité positive, parraine un bébé gorille, deviens une famille zéro-déchet, deviens vegan et surtout reste-le).
  • Et par-dessus tout cela, le JT qui nous assène le coup de grâce (guerres, famines, Donald Trump).

Face à ces mille et une vicissitudes auxquelles personne ne réchappe, il est de bonne augure de s’accorder cette denrée devenue rare : du temps pour soi.

Et c’est précisément ce que vous propose le yoga.

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En effet, le yoga se situe à l’opposé de tout cela.

Il véhicule nombre de valeurs humanistes qui, sous la couche de tout ce qui vient d’être évoqué, dorment en nous :

  • L’amour pour nous-même et pour notre prochain.
  • La connaissance de notre corps et l’acceptation de ses limites.
  • L’Amour illimité.
  • La sagesse de Vishnou.
  • Le lâcher prise.
  • L’Eveil.

En conclusion de ce chapitre, je dirais que dans le yoga, comme dans toute philosophie de vie qui tienne un tant soit peu la route, il est important de s’éloigner du consumérisme ambiant pour se rapprocher de valeurs plus humanistes.

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Pantouflarde

Sainte-fête-de-la-grosse-glandouille

C’est vrai que j’étais très fatiguée.

Et ce pour des raisons que je ne puis évoquer ici (car elles sont essentiellement professionnelles et, comme je suis un agent communal, je suis tenue au droit de réserve (vous pouvez aussi appeler cela l’obligation de fermer sa grande gueule)).

Alors, quand Caro a toqué à ma porte à 20H30 en me demandant si elle avait droit à une dérogation spéciale lui permettant d’aller dormir si tôt (notre règlement d’ordre intérieur stipule qu’il est interdit d’aller se coucher avant 21 heures), je la lui ai octroyée, pour la simple raison que je voulais qu’elle me fasse pareille dérogation.

Je me suis donc couchée à 20h30.

Je pourrais vous dire que cela ne m’était plus arrivé depuis mes huit ans, mais ce serait totalement faux et vous ne seriez pas dupes car vous commencez à savoir que je suis une vieille-à-la-tisane.

dodo

Le lendemain matin, en me réveillant, j’ai jeté un coup d’œil à mon réveil qui indiquait 8h30.

J’avais fait le tour de l’horloge.

Je me suis levée, j’ai baillé.

Je me suis traînée en pyjama jusqu’à la baignoire.

Mais j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a plus de mazout depuis une semaine (simplicité involontaire, encore et encore) et je ne me sentais pas assez en phase avec l’existence pour une énième douche glacée.

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J’ai regardé la pile de vaisselle dans l’évier et j’ai pris la grande décision de la reporter au lendemain, pour les mêmes raisons (mazout en rade).

Je me suis installée devant Netflix et j’ai regardé quelques épisodes de ma série.

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Il était bientôt midi.

j’avais la flemme de cuisiner alors j’ai mixé un avocat (degré d’énergie demandée : élevé, maximum de mes capacités) que j’ai accompagné de quelques tranches de saumon (ça ça va, il faut juste ouvrir le paquet).

Cette matinée bien chargée m’a fortement fatiguée alors je suis allée faire une petite sieste pour récupérer un peu.

sieste

Quand je me suis réveillée, trois heures plus tard, j’ai décidé de passer faire un coucou chez Mère.

Adèle regardait une vidéo de koala en s’extasiant.

koala

– Regarde, Natha. Comme c’est mignon ! On a envie de lui faire « des douces ». Mais le problème, si on veut en adopter un, c’est que c’est l’animal qui dort le plus au Monde, supplantant même le paresseux. Il dort 22 heures sur 24.

– Et quand il se réveille, qu’est-ce qui lui reste de sa vie ? Il a à peine deux heures pour faire quoi ? Manger sa banane ?

– Son eucalyptus. Et d’ailleurs, il mange très lentement : au ralenti. (là, elle m’a mimé le koala qui mâchouille très lentement sa feuille d’eucalyptus).

– Et il doit se laver, aussi, j’imagine ?

– Oui, certainement très lentement aussi, d’ailleurs.

– Et après ? Les deux heures se sont écoulées ? Il retourne se coucher ?

– Voilà.

– Eh bien, il est totalement inutile, cet animal. Franchement, ça n’a pas de sens ! La nature n’a pas besoin d’un être aussi inutile que lui.

C’est vrai, quoi, à la fin.

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