Yoga

Relaxation

Grâce au guide Marabout-de-ficelle que j’ai trouvé dans les Apéricubes de la bibliothèque (ainsi avons-nous surnommé les boîtes à livres qui se trouvent dans l’entrée) et dans lequel j’aime allègrement découper, vous allez pouvoir régulièrement recevoir des leçons de yoga numérique avec Jean-Michel et Rebecca.

Aujourd’hui, Jean-Mi enseigne à Natha et Monaco un brin de relaxation.

Célibat

Joyeuse Sans-Valentin

Rares sont les personnes aussi célibataires que moi.

Je sais, cette phrase sonne un peu bizarre car il n’existe pas de gradation dans le célibat. On l’est ou on ne l’est pas. Mais quand-même : s’il était une discipline sportive, je serais certainement championne olympique et je me pâmerais dans les couloirs de l’existence avec ma médaille en or autour du cou.

Mais le monde est ainsi fait qu’hélas, le célibat a mauvaise presse, en particulier quand il est en CDI comme le mien.

A entendre d’autres célibataires (les autres rares laissés pour compte, les restés-sur-le-carreau), il inspire pas mal de sentiments négatifs tels que la méfiance (38 ans et toujours célibataire, c’est louche), la tristesse (Et dire que tu n’as pas de mannes de chemises à repasser), l’inquiétude (Est-ce contagieux ?) ou l’incompréhension (Mais pourtant tu es belle et intelligente).

A une époque, j’ai pourtant essayé de rentrer dans le moule comme tout le monde. Mais les échecs successifs ont eu raison de ma candeur et j’ai fini par arriver à la septième case : celle de l’acceptation, avant d’être passée au préalable par le choc (Moi, une si belle donzelle, seule ?), le déni (en fait je sors avec Isidore, vous le rencontrerez peut-être un jour), la colère (Bordel de merde), le marchandage (Si vous me trouvez un mec, je jure d’arrêter les chips), la tristesse (c’est trop injuste), la résignation.

Je pense être en partie voire totalement responsable de cet état de fait, m’étant plus souvent qu’à mon tour passionnée pour les invertis en devenir, les enfoireurs affectifs, les hommes mariés en quête de sensations fortes ainsi que ceux qui, vêtus d’une simple peau de chamois, ne demandaient qu’à retourner vivre dans les bois pour entrechoquer des morceaux de silex.

Je ne vais pas vous mentir, cela m’a attristée à une époque.

Je suis même allée consulter une thérapeute. Au départ, j’y allais pour le deuil, mais comme elle me posait des questions sur ma vie affective et qu’elle aimait recourir à des images, je lui ai dit : « J’ai l’impression que ma vie affective est un champ de ruines, un immense champ de désolation, une terre aride sur laquelle plus rien ne pourra jamais plus pousser. Ou alors un champ de bataille. Vous savez, un décor de Syrie dans lequel des corps jonchent le sol. ».

Peu de séances après cette déclaration, elle m’a dit : « Je sens que vous allez mieux. Nous allons pouvoir terminer la thérapie ». Et je suis rentrée chez moi.

Mère a dit : « Je pense que ta psy ne t’aime pas », ce qui a grandement contribué à me remonter le moral.

Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a pas mal d’avantages à la vie de célibataire :

Tout d’abord, je n’ai pas d’enfants.

Ce point à lui seul mériterait un article entier. Mais je peux d’ores et déjà dire qu’il n’y a pas un ou plusieurs petits êtres collés à mes basques. Je ne dois donc pas leur donner le bain, ni aller les conduire au foot le dimanche, ni faire les lessives de toute une équipe qui s’est roulée dans la boue.

En lieu et place de cela, je peux consacrer beaucoup de temps à ma créativité.

A moi, les après-midis de scrapbooking et de bullshit-journal.

Je dors en travers de mon lit et je peux faire des moulinets avec mes bras sans éborgner personne.

J’ai la photo de mon chien en fond d’écran de mon téléphone et personne ne me juge pour cela.

Ma tenue d’intérieur est si splendide que même Steve Urkel ferait une attaque.

Je crois encore aux histoires qui terminent bien. Cela fait de moi un être hautement original.

Et surtout, rien ne m’oblige à partager ma nourriture.

Vous voyez bien que c’est top !

Musique

Je veux (crever) tes yeux

Je crois que je suis persécutée par Angèle.

Oui, Angèle la chanteuse. Celle que l’on entend partout, là. La fille de. La sœur de.

Plusieurs personnes ayant d’habitude de bons goûts musicaux me soutiennent Mordicus que « ce qu’elle fait est bien ». Des personnes pourtant dignes de confiance.

Visiblement quelque chose m’échappe, je n’y parviens pas. Sa voix mièvre me donne de l’urticaire.

Après, comme on dit, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Et mon sujet pourrait très bien se terminer là. Sauf que.

Sauf que, comme je vous l’expliquais, je crois qu’elle me persécute.

D’abord, Adèle, étant persuadée que je devais écouter mieux si je voulais passer au-dessus de mes aprioris, m’a fait écouter l’album en entier alors que j’étais enfermée dans sa voiture et que je n’avais aucune échappatoire, ce qui est lâche.

Ensuite, à ma demande, Caro a réglé la radio de ma voiture sur Pure fm. A peine avais-je une fesse posée sur mon siège et la clé enfoncée dans le contact que la voix d’Angèle a retenti.

A partir de ce moment là, je l’ai entendue une fois, deux fois, trois fois, partout, tout le temps.

Dans la salle d’attente du médecin. Dans ma voiture encore. Au supermarché. Dans ma voiture encore et encore.

Je veux crever tes yeux.

A bout de nerf, j’ai remis la radio sur la Première en me disant qu’ils ne la programment jamais et je vous jure qu’ils l’ont passée dans les cinq minutes qui ont suivi.

J’ai crié un « Haaan  » de rage et de désespoir dans ma voiture, au beau milieu d’un carrefour, puis je me suis garée près de la Baie des Teckels (créneau, la frime) et quand je suis entrée, Allen était installé avec les enfants de l’atelier BD du mercredi autour d’une table. Ils écoutaient Angèle pour se donner du cœur à l’ouvrage.

Joëlle a ri. Parce qu’elle sait que je suis persécutée.

Comme je ne veux pas passer pour une Staline de la chanson française, j’ai pris sur moi et je les ai laissé faire pendant plusieurs chansons jusqu’à ce que je cède et que je déboule près d’eux en criant : « Coupez-moi ça ou je vous claque la tête dans la neige ».

Les enfants, impressionnés, ont choisi une autre musique.

A peine avais-je regagné mon tabouret au comptoir (dit comme ça on dirait que je travaille dans un bar) qu’une nouvelle chanson a retenti.

AUX CHAMPS ELYSEES.

Oui.

Vous qui me connaissez si bien savez que c’est la chanson que je déteste le plus au monde, bien avant Angèle et bien avant quoi que ce soit.

Mais Allen ne pouvait pas savoir. Si ?

Et les enfants encore moins.

Joëlle, qui sait que je hais cette chanson, m’a dit : « Tu sais, je crois que quelqu’un a fait une petite poupée vaudoue à ton effigie ».

Et elle a ri.


Surpoids

J’ai presque fait deux mois sans presque pas de chips

Ce mois de janvier, grisée par l’allégresse des bonnes résolutions, j’ai décidé de faire un mois sans chips, exactement comme l’an dernier.

Autant vous le dire tout de suite, cela avait été un fiasco total car le trois janvier, les nerfs mis à rude épreuve par un douloureux sevrage de plus de 50 heures, je me suis ruée sur un paquet de Ringlinglings et, une bague aux oignons à chaque doigt, je me suis pourléchée les mains comme une momie desséchée qui se jetterait dans une oasis en plein désert de Gobi.

Etant donné que j’ai très peu d’amour-propre, je n’ai pas mal vécu cet échec cuisant et, perdu pour perdu, j’ai mangé des chips tous les jours qui ont suivi.

Mais j’ai tout de même le sens du challenge alors cette année, je ne me suis pas contentée de vouloir réitérer l’expérience, j’ai même augmenté le degré de difficulté : faire un mois sans chips ni viande.

Je vous vois tout ébaubis. Je sais que cela vous en bouche un coin.

Cette fois-ci j’ai tenu trois jours et le quatrième, voyant que je salivais devant les chips au paprika d’un orange chatoyant (celles avec des grosses rainures), Caro m’a dit : « Mais manges-en, je vois bien que tu en crèves d’envie. Tu ne trouves pas que ton défi est ridicule ?! ».

Elle avait entièrement raison.

Ne pas manger de chips pendant un mois allait-il faire de moi une personne meilleure ? Je ne crois pas, étant donné que je suis déjà à mon zénith. Cela allait-il contribuer à faire de ce monde un monde meilleur ? Que nenni, et même au contraire, un monde sans chips ne peut être que ruines et désolation.

J’ai donc plongé la main dans le plat et perdu pour perdu, j’en ai mangé les jours qui ont suivi.

Ce que j’ignorais, c’est qu’Adèle, respectueuse de ma résolution, se retenait depuis des jours d’acheter un paquet de Doritos au paprika, pour ne pas me tenter.

Tout comme un futur père se refuse à boire de l’alcool pour accompagner psychiquement sa femme enceinte, ma soeur se refusait à grignoter devant moi.

Et puis un jour, elle a craqué. Elle est rentrée du boulot avec un paquet de Doritos en mains et elle l’a jeté sur la table en disant : « Je suis tellement désolée, Natha. Je sais que tu fais un mois sans chips, mais je n’y tenais plus. Si tu veux, je vais aller les manger en cachette dans ma chambre ».

Je lui ai répondu un très laconique : « Oh tu sais, ne te tracasse pas pour moi : j’ai décidé de ne pas faire le défi, finalement. Cela fait des jours et des jours que j’en mange « .

Là, ses yeux se sont révulsés et j’ai quasiment vu la moutarde lui monter au nez et elle s’est écriée : « Mais enfin !!! Cela fait des jours que je me retiens par respect pour tes convictions!!! » « Ah bon ? » « Mais oui. Et toi tu me dis tranquillou que tu ne fais pas le défi ! ». Elle se tait un instant puis décrète : « Si c’est comme ça, tu seras punie. Tu ne pourras pas caresser Bébé-doux pendant une semaine entière« .

Le verdict est tombé comme un couperet.

J’ai bien essayé de négocier en bredouillant un « C’est trop injuste », mais quand Adèle décrète quelque chose, elle devient aussi sévère qu’une Staline en couronne et plus rien n’est négociable.

J’ai décrété

J’ai donc dû vivre une semaine entière sans approcher le gros chaton et, chaque fois que j’essayais de l’approcher quand Adèle avait le dos tourné, il me lacérait les mains de ses griffes et elle s’écriait, victorieuse : « N’essaye pas ! Je lui ai appris à te mordre ». Ce qui était vrai car le mardi suivant, quand elle a dit à son chaton : « La punition de Natha est levée, Kodak. Tu peux la laisser te caresser », il a gardé ses griffes rétractées et s’est contenté de m’observer avec son regard stupéfait.

Le premier février, Mathilde est arrivée à la maison en claironnant : « Alors Natha, tu es prête ? C’est maintenant que commence le mois sans alcool pour moi et sans chips pour toi.  » « Ah bon ? C’est en février ? Je pensais que c’était au mois de janvier. » « Mais non, c’est maintenant. Alors, tu en es ? « Bien évidemment », lui ai-je répondu devant Adèle qui caressait Kodak en me regardant avec un sourire en coin. « C’est que j’ai le sens du challenge, moi ».

Trois jours plus tard, je suis allée chercher Mathilde chez elle. Dans la voiture elle m’a dit : « J’ai craqué, Natha. J’ai bu de l’alcool ».

J’ai tenté de la réconforter. « Oh tu sais, ce n’et pas pour autant que tu es une moins bonne personne. Seul Dieu peut juger les Hommes. Tu n’à qu’à reprendre à zéro demain ».

Et puis j’ai vu, posé sur ses genoux, un sac de courses. « Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? » lui ai-je demandé. « Un paquet de Doritos au paprika avec un petit guacamole fait maison », m’a-t’elle répondu avec sourcil relevé. « Mais…Mais… » ai-je articulé.

Et elle a déclaré : « Comme je suis tombée, j’ai décidé de t’emporter dans ma chute » et elle a émis un rire sardonique.

Cuisine

Ella fait des adeptes

L’autre jour, Nath est venue manger à la maison. Comme elle voulait offrir un petit cadeau à Mère et qu’elle m’a sondée pour avoir une idée, j’ai suggéré :  » Et pourquoi pas un livre de recettes vegan ? « .

Vous pourriez déjà dire : Autant te tirer une balle dans le pied. Vous en auriez le droit.

C’est dans ces circonstances qu’Ella Mills est entrée dans ma vie et s’est mise à bousculer mon existence faite de chips et de cacahuètes enrobées.

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Chats·Non classé

Celle que je suis devenue

Cela s’est produit insidieusement.

Un matin, je suis arrivée en retard au boulot parce que Kodak-le-chaton était tellement hallucinant de douceur que je ne parvenais plus à cesser de le caresser.

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Et puis les signes se sont accumulés, petit à petit.

D’abord, j’ai pris l’habitude quand je pars de dire à Happy-le-chien où je m’en vais et vers quelle heure je reviendrai car, depuis le décès de Jean-Chri, il est très inquiet de nous voir quitter la maison.

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Ensuite, j’ai dû faire quelques remontrances à Akatek car il est devenu très chafouin (A propos, cela n’a absolument rien à voir avec mon récit, mais Mathilde vient d’apprendre par une amie japonaise qu’Akatek signifie « noix de Saint-Jacques »).

Etant donné que Noix de Saint-Jacques souffle et grogne tout le temps, j’ai dû le recadrer quelque peu en adoptant certains préceptes de la parentalité positive (j’adore ce concept, ça nous change un peu des gifles et des torgnoles).

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Caro m’a dit que si j’étais aussi laxiste avec mes futurs enfants que je ne l’étais avec le chat, ils me grimperaient sur la tête. Mais la réalité, c’est qu’elle n’y connait absolument rien en parentalité positive. Faudra que je lui prête des bouquins de Françoise Dolto. Mais soit. Nous nous éloignons du sujet.

Ce que je voulais dire, c’est qu’un matin, Je suis restée interdite sur le pas de ma porte. Parce que je venais de dire à Stanislas qu’elle pouvait rester couchée sur mon lit au lieu de devoir sortir comme le stipule le règlement d’ordre intérieur de Mère. J’ai, pour ce faire, argumenté que notre relation était basée sur le dialogue et la confiance mutuelle.

OUI, Je venais de parler de confiance mutuelle à UN PUTAIN DE CHAT.

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Et je n’en suis pas restée là, car, dès le lendemain, j’ai tendu mon téléphone à Martine en m’exclamant : « Martine, tu veux voir les photos de mes animaux ? ».

Martine dit toujours oui au fait de regarder des photos d’animaux. Dans cette bibliothèque, tout le monde est gaga de bestioles en tous genres et là où des personnes normalement constituées mettraient un cadre de leurs enfants sur le coin du bureau, chez nous, ce sont plutôt les bergers allemands et les caniches. J’ai l’habitude de cette déviance. Mais je me suis toujours moquée d’eux et ils me prennent pour un être sans cœur car, pour ne pas être emportée dans le sillage de leur secte à poils et à plumes, j’ai d’emblée déclaré être insensible au charme des chatons.

Alors, quand j’ai demandé à Martine si elle voulait voir la photo de mes animaux, elle m’a répondu : « Qui es-tu devenu, ma proutinette ? Je ne te reconnais plus. Je m’inquiète pour toi, tu sais. Et puis, en fait, ce ne sont pas TES animaux, ce sont ceux de Mère » (toutes mes collègues appellent maintenant ma mère « Mère »). Et elle a ajouté, d’un ton impatient : « Vas-y, montre ! ».

Et c’est là que je m’en suis rendue compte : Je suis devenue une folle-aux-animaux.

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J’espère que ce n’est pas une maladie incurable.

 

Festivités

Comment le réveillon de nouvel an est parti en sucette

Tout se déroulait comme prévu.

Mère, Adèle et moi étions affalées dans le canapé, devant le feu, une flûte de mousseux à la main en regardant une série sur la révolution russe (guerre des tranchées, fusillades, peuple qui s’entretue : y’a pas à dire, nous, on sait se divertir).

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