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Préhistoire 2.0

Cet été, à la bibliothèque de Saint-Servais, nous avons organisé la traditionnelle balade contée dans les carrières, sur le thème des fleurs.

Pour l’occasion, Sophie et moi nous sommes mises sur notre 31.

Ce matin-là, j’avais essayé ma coiffure et, satisfaite, je lisais mes mails dans mon bureau quand une de mes collègues est entrée et m’a demandé : « Tu as une animation aujourd’hui ? ».

Le plus naturellement du monde, je lui ai répondu : « Non, pourquoi ? ».

Interloquée, elle a quitté mon bureau, visiblement inquiète.

Je vous raconte tout cela, mais en fait, je voulais juste vous faire part d’une phrase qu’un enfant a dite pendant la promenade et que j’ai adorée.

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Je suis une artiste incomprise

Accrochage

Petit accrochage (c’est le cas de le dire, donc merci de relever le double sens de mon titre qui est accrocheur lui aussi) entre Mère et un visiteur lors de notre journée « Atelier ouvert ».

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En vrai (et parce que sur mon blog la vie est toujours plus belle qu’en réalité), Mère n’a pas eu ce sens de l’à-propos. Mais elle lui a tout de même décroché son regard noir. Et nul être vivant n’aime recevoir le regard noir de Mère.

Home sweet home

Soirée riz frit-chaton-Riverdale

Nous étions samedi soir. Les fêtes de Wallonie battaient leur plein, mais malgré cela, ni Adèle ni moi n’avions envie de sortir.

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Trop la flemme

Il faut dire qu’elle avait été chercher son nouveau chaton la veille et que, bien entendu, nous étions en adoration – que dis-je : en pâmoison – devant l’animal.

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L’Adoration du Chaton

Nous avons décidé de brosser les fêtes de Wallonie. Comme ça, sans prévenir personne. Le plus discrètement possible.

On s’est dit : « Il faudrait que l’on termine Riverdale ». Preuve que nous avons d’autres obligations dans l’existence que de se foutre une mine au peket.

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Riverdale, c’est la série que l’on a commencé à regarder après le décès de Jean-Chri, pour nous changer les idées. On s’était dit que c’était la série parfaite : un truc pour ados bien léger.

Sauf que.

Sauf que Riverdale, si vous l’avez vue (et sans vouloir vous spoiler le moins du monde), ce n’est pas si léger que ça pour des personnes qui viennent de perdre un être cher, parce que le point de départ, c’est quand-même un adolescent qui se noie dans une rivière.

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Mais le pire dans cette série, c’est encore qu’elle est barbante à souhait. Tellement barbante qu’il nous a fallu plus d’un an pour (ne pas) la terminer.

Vous penserez certainement que rien ne nous oblige à la regarder jusqu’au bout (je suis de cette école), mais Adèle est de l’école : « Je lis un livre commencé jusqu’au dernier chapitre/ Je termine le pot de choco entamé).

Riverdale, c’est tellement chiant qu’il nous fallait un truc attrayant pour contrebalancer l’affaire. Donc on a fait frire du riz dans lequel on a jeté toutes sortes de bonnes choses. On a posé le chaton sur nos genoux. Adèle a envoyé un message à son amie Céline : « Je serais bien sortie avec toi ce soir, mais vois-tu, j’ai un nouveau chaton. Il a besoin de sa maman. » puis elle a balancé une photo.

Céline a répondu qu’elle était déçue, mais que la photo du chaton adoucissait sa peine.

« C’est passé crème », m’a dit Adèle.

On a regardé Riverdale.

Quand la série a brusquement tourné en comédie musicale, Adèle a hurlé « Je meurs » et on est allées se coucher.

Le lendemain, j’ai expliqué notre soirée à Caro. Je lui ai dit : « Tu te rends compte ? Et personne ne m’a appelée pour me réclamer. Tu sais ce que ça veut dire ? Que personne n’est sorti. Moi et mes amis, on est devenus trop vieux. »

Elle m’a répondu : « Mais non ! Ca veut juste dire que personne ne voulait te voir. »

Ce qui est faux, évidemment.

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Tâches ménagères

Comment le zéro déchet m’a (presque) tuée

Hier matin, je me suis levée pleine d’entrain.

Mère était dans la cuisine, occupée à peser des poudres blanches.

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« Que fais-tu ? », lui demandai-je.

« Du produit pour le lave-vaisselle », me répondit-elle.

Je ne me suis pas inquiétée outre mesure.

Car Mère surfe sur la vague du zéro déchet depuis un certain temps déjà.

Je n’ai pas osé la contrarier en lui disant que sa poudre pour le lave-vaisselle était déjà bio et sans emballage, car, de manière générale, je ne tiens pas à contrarier Mère.

Et puis, il parait que le zéro déchet, c’est l’avenir.

Il pourrait suffire de regarder Béa Johnson, grande prêtresse du sujet, pour le croire.

Elle est belle, elle est mince, elle a des longs cheveux, elle porte des créoles (ce qui est hyper tendance), elle a un mari et deux enfants qui mangent des légumes de saison sans rechigner.

Et puis, must du must : son empreinte écologique se réduit à peau de chagrin.

Il est donc tentant de ne pas apporter sa pierre à l’édifice du suremballage.

Je réfléchissais a tout cela quand Mère a versé un produit dans sa poudre.

Et là, ce fut le drame.

Le mélange a commencé à mousser de manière impressionnante.

On aurait dit qu’une éruption volcanique se déclarait dans la cuisine.

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Poussées par notre instinct de survie, nous avons immédiatement reculé.

Le mélange commençait à déborder de partout, incontrôlable.

J’ai aussitôt pensé au Blob.

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Je me suis dit que, comme lui, il avait peut-être une vie propre.

Qu’il avait peut-être l’intention de nous tuer. Sait-on jamais. Il n’avait pas l’air pacifique.

Que, s’il parvenait à ses fins, on nous retrouverait ensevelies sous le produit de lave-vaisselle, et que ce ne serait pas un spectacle commun pour ceux qui nous retrouveraient.

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Alors, pour éviter d’en arriver à ces extrêmes, on a reculé encore un peu.

J’ai pris mon courage à deux mains.

« Il faut essayer de le tuer », ai-je déclaré à Mère.

« En lui jetant un verre d’eau ? » a-t ‘elle demandé.

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On voit bien que Mère n’a jamais vu les Gremlins.

Qu’elle ignore que leur jeter de l’eau les rend tueurs psychopathes.

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Le blob est devenu brunâtre.

Il semblait vraiment en colère.

J’ai pensé à Alien.

La situation empirait visiblement.

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Alors on a couru.

On s’est enfuies à toutes jambes de la maison.

Ce que Béa Johnson ne nous dit pas assez, c’est que parfois, le zéro déchet, c’est un vrai danger.

Autres parasites

Trois histoires de souris

Cette nuit, je me réveille en sursaut, les sens en alerte, le cœur battant la chamade.

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Quelque chose roule sur mon plancher.

Dans une logique somme toute assez probante, je subodore que ce quelque chose doit être un petit objet de décoration qui serait tombé d’une étagère et aurait roulé jusqu’à moi, puisque le plancher de ma chambre est légèrement incliné.

Par pure curiosité intellectuelle, j’allume ma lampe de chevet et découvre, au pied de mon lit, un quignon de pain tout sec.

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Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais installé de quignon de pain dans ma chambre en guise de décoration.

Je m’interroge un instant, bouche entrouverte et regard absent, sur la raison de la présence de cet élément nouveau dans mon environnement.

Bien qu’ayant l’esprit suffisamment ouvert pour adhérer aux théories de matérialisation d’objets, je ne trouve pas de sens philosophique à la téléportation d’un vieux bout de pain sur mon plancher, qui plus est en pleine nuit.

Fatiguée d’avoir à me triturer les méninges afin de trouver une explication au phénomène, je décide rapidement de m’en remettre à la loi cosmique qui veut que chaque événement ne trouve pas forcément son sens dans la logique humaine.

J’éteins et décide de me rendormir.

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C’est alors que j’entends un bruit de sac en plastique que l’on fouille, suivi d’un « Tic tic tic » très rapide.

Je sens les battements de mon cœur s’accélérer dans ma cage thoracique et une vague de panique me tordre le ventre. Je rallume.

Et là, je tombe nez à nez avec une souris.

La pire de mes hantises après les rats, les monstres marins et les Dinosaurus sans chocolat.

 

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« Salut, Nathaliochka »

Visiblement indifférente au fait que je sois en train de hurler comme une possédée, elle décide de se rendre vers ce qui semble être son morceau de pain.

N’y tenant plus, proche de l’évanouissement, je me mets à hurler en frappant dans les mains, histoire de gagner quelques secondes de répit en la faisant changer de trajectoire, méthode qui fonctionne. Elle court dans le sens inverse, accompagnée du mesquin « tic tic tic » de ses pattes, effrayée elle aussi.

Je saute de mon lit, quitte ma chambre, dévale l’escalier au triple galop, m’engouffre dans le salon, décide de terminer la nuit dans la canapé.

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Le lendemain matin, lorsque j’ouvre un œil, j’aperçois mes colocataires.

Ils se tiennent tous les trois autour de moi, vêtus de vieux pyjamas.

L’haleine fétide et le cheveu défait, ils m’interrogent.

« Que fais-tu là, Nathaliochka ? me demande Anael. « Tu dors dans le salon enroulée dans un plaid comme une pauvre âme en peine alors que tu as (faut-il te le rappeler) la plus grande chambre de la maison ».

Quand je leur ai conté ma mésaventure, Anne m’a répondu, le plus naturellement du monde : « Ben oui, c’est Pascaline, la souris. Cela fait plusieurs semaines qu’elle habite avec nous mais Caro nous a demandé de ne rien te dire. Il parait que tu aurais développé une paranoïa, si tu avais été au courant de son existence».

Je me suis alors drapée de mon plaid et ai quitté le salon la tête haute, leur disant que je n’étais pas une trouillarde.

Depuis, chaque fois que j’entre dans ma chambre, je frappe dans les mains pour intimer à Pascaline l’ordre de vider mes lieux et j’entends, à l’étage en dessous, mes colocataires glousser et se gausser de moi.

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Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai un passif plutôt lourd en matière de rongeurs.

Lorsque j’étais adolescente, une souris avait installé ses appartements dans le mur qui séparait ma chambre de la cuisine.

Nous l’avions surnommée Marie-Charlotte.

Vivant aux crochets de ma famille en éventrant tous nos paquets de pâtes et de céréales, elle semblait couler des jours heureux.

Je crois que c’est au cours de ces années que ma paranoïa des rongeurs s’est amplifiée.

Notre cohabitation était difficile.

Nos horaires ne correspondaient pas.

Elle vivait la nuit et moi le jour.

Son cri me glaçait les sangs.

Le bruit de ses pattes m’arrachait le système nerveux.

Chaque nuit, je cognais mon poing sur le mur pour essayer de faire taire son tapage.

Impressionnée, elle cessait alors ses allées et venues pendant plusieurs minutes, parfois même plusieurs heures. Mais inlassablement elle recommençait.

Je crois que Marie-Charlotte suivait des stages de feng-shui et qu’elle aménageait son appartement afin d’en améliorer l’énergie vitale.

Bien évidemment, ma grande hantise était qu’elle entre dans ma chambre sans y être invitée.

Mère avait tenté de me rassurer à ce sujet. « Tu vois bien qu’elle est emprisonnée dans le mur », affirmait-elle, anéantissant par cet argument toute notion de logique. (J’étais jeune et innocente, peut-être, mais je réalisais tout de même que Marie-Charlotte n’avait pas pu se matérialiser dans mon mur sans accès à l’extérieur. De plus, elle accédait facilement à la cuisine).

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Comme les paroles maternelles ne ma rassuraient guère, un concile familial se forma et nous décidâmes de passer à la solution radicale qui anéantirait mes peurs et, par la même occasion, Marie-Charlotte.

Jean-Chri fila au Brico et en ramena un piège rutilant. Je frissonnai devant ses méthodes barbares, mais ma tranquillité avait un prix.

C’est là que commença la traque.

Chaque soir, nous lui tendions une offrande placée dans un ressort métallique. Le lendemain, nous allions relever la souricière, tels des braconniers du Grand Nord et, à coup sûr, nous le retrouvions vide.

Tout notre stock de fromage y est passé.

Marie-Charlotte, habile stratège, déjouait tous nos pièges.

A croire qu’elle détenait un master en l’art et la manière de récupérer des morceaux de fromage dans des systèmes à leviers mécaniques.

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Un matin de mon adolescence, je fus réveillée de manière somme toute assez brutale.

Le « tip tip tiip » strident de Marie-Charlotte résonnait dans mes oreilles.

Mais ce n’était pas « comme d’habitude ».

C’était très proche de moi.

Trop proche.

Je sentais que le moment que j’avais tant redouté était venu : elle avait quitté ses appartements et partait à la conquête de mon territoire.

Je pensais déjà à ce que Mère dirait en apprenant la nouvelle, et cela ressemblerait à coup sûr à quelque chose comme « Avec le bordel qui règne dans ta chambre, pas étonnant que la souris vienne y faire son nid. ». Puis je fus interrompue dans mes divagations car à nouveau, elle émit son cri.

J’ouvris enfin les yeux, pestant contre celle qui rendait ma vie infernale.

Elle était là.

Elle se tenait sur moi, les pattes arrière plantées dans mon édredon, me jetant un regard plus bovin que souricier.

Vive comme l’éclair, je soulevai mes draps en hurlant et expédiai Marie-Charlotte au plafond.

Je sortis de ma chambre tel un diable hors de sa boite et alertai Mère, qui lisait tranquillement dans le canapé.

Alertée par mon vacarme, Caro nous rejoignit.

Mère, d’un air las, me dit « Oui mais Natha !, ce n’est qu’une petite souris de rien du tout. Je vais aller te la neutraliser, moi. »

Elle enfila ses pantoufles, se saisit d’un balai et se rendit dans ma chambre, escortée par ses filles.

Caro me jetait un regard affligé qui semblait dire « Quelle lopette, ma sœur. Quelle petite nature »

Nous entrâmes dans ma chambre. Marie-Charlotte se tenait au milieu.

Mère frappa le sol d’un coup de balai.

Aujourd’hui encore, j’ignore qu’elle était sa stratégie – peut-être faire reculer l’animal jusqu’à la porte de sortie – mais toujours est-il qu’elle échoua lamentablement. Le coup de balai fit en effet détaler Marie-Charlotte, mais dans notre direction.

Nous hurlâmes toutes trois et, d’un seul élan, bondîmes sur mon lit.

C’est à ce moment précis que Jean-Chri entra dans ma chambre, probablement alerté par notre ramdam.

Il nous trouva juchées sur le lit, les unes serrées aux autres, solidaires, brandissant un balai bien inutile, jetant des regards angoissés vers la souris qui nous regardait passivement en remuant les moustaches.

Sans se départir de son flegme légendaire, il attrapa une boite en carton, invita Marie-Charlotte à s’y rendre, ce qu’elle fit immédiatement, un peu comme si elle avait affaire à « l’homme qui murmurait à l’oreille des souris » en personne.

Puis, princier, il nous dit « Vous pouvez descendre du lit, maintenant ».

« Enfin, si c’est la souris qui vous faisait peur »

Islande

Pourquoi les islandais écrivent-ils des polars ?

Nul besoin d’être une bibliothécaire aussi érudite que moi pour savoir que les islandais excellent dans le genre du polar.

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(Notez à ce propos la similitude sonore entre les mots « polar » et « polaire ». Moi je dis qu’il n’y a pas de hasard).

Maintenant que je suis devenue une experte de l’Islande, je peux vous expliquer pourquoi, même si cela, vous verrez, tombe sous le sens.

En fait, tout s’explique par le désœuvrement.

Un désœuvrement typiquement islandais.

Car en Islande, la vie n’est pas toujours des plus funny-bunny.

Dans un pays où il y a plus de moutons que d’être humains.

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Dans un pays où ton plus proche voisin vit à 100 kilomètres et que, pour t’y rendre, tu dois emprunter en voiture des pistes de cailloux qui te déglinguent les fesses et projettent ta tête dans le plafonnier.

Dans un pays où ton voisin tond sa pelouse torse nu alors qu’il fait 7 degrés et un vent à te geler la carcasse.

Dans un pays où les températures vont de 7 à moins mille degrés.

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Dans un pays où la lumière du jour n’existe pas en hiver.

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Dans un pays où les bonnets que l’on porte 360 jours par an grattent terriblement.

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Dans un pays où tu peux porter librement des pulls à jacquards sans que la brigade de la mode ne vienne t’emprisonner.

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Dans un pays où l’on est toujours pas passé à la 4G.

Dans un pays où tes parents décident de t’appeler Goudmoundour.

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Dans un pays où les préceptes du feng-shui recommandent :

  • Des nains de jardin qui se paluchent derrière leur bêche. (Ce n’est pas hyper clair sur la photo, mais je vous jure que c’est ce qu’il fait).

  • Des voilettes aux fenêtres.

  • Des hologrammes de loups qui hurlent à la lune.

  • Des morues séchées et des crabes au regard de psychopathe en vitrine. (Mais c’est au musée de la morue, donc ça se tient).

  • Des néons roses dans les restaurants.

Dans un pays où la seule sortie culturelle, c’est justement ledit musée de la morue.

Dans un pays où les balançoires se balancent toutes seules avec le vent comme dans les films d’horreur.

BONJOUR L’AMBIANCE.

Alors, dans ce climat, il leur reste deux possibilités : se jeter dans un cratère de lave ou, plus acceptable, s‘exprimer.

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Vous imaginez bien que, dans le climat trop yolo que je viens de dépeindre, les islandais ne vont pas écrire une nouvelle version de la petite maison dans la prairie, non. (Remarquez que mon exemple est justement mal choisi, car il n’y a pas plus dramatique que la vie de Laura Ingalls).

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Ils vont écrire des polars.

Des histoires glauques, avec des meurtres, de l’hémoglobine.

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Maintenant, grâce à moi, vous comprendrez que ça tombe sous le sens.

Sur ce, je vous souhaite une excellente soirée.

 

Islande·Mes peintures

Mes peintures islandaises

Sept toiles entamées durant mon séjour en Islande.

Validées par Happy-le-chien.

Il n’y a plus qu’à les terminer, maintenant 😉

Islande

Jour 10. Le blue lagoon

Le séjour touche à sa fin.

Pour terminer en beauté, nous avions réservé nos places au « Blue lagoon », la station thermale de rêve, le truc de ouf qui envoie du pâté.

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Moi dans mon lagoon

Rien de tel qu’une eau à 40 degrés pour détendre nos carcasses, fourbues de s’être pliées en deux sur nos toiles pendant 10 jours.

Un rêve, le pied.

Laurence avait emmené avec elle sa caméra gopro et nous avons donc pu faire une série de photos de nous, ultra glamour avec nos coupes de mousseux et notre masque de silice dans le lagon.

Au soir, nous nous sommes installées pour notre dernière nuit à Grindavik, une petite ville proche de l’aéroport, connue pour justement cette proximité qui attire les touristes qui ne viennent passer que deux ou trois nuits en Islande pour admirer les aurores boréales.

Laurence nous a dit « Allons visiter le port. C’est un petit port sans histoires ».

Eh bien, c’était faux. Car ce petit port m’a inspiré un tas d’histoires, mais cela fera l’objet de mon prochain (et dernier) article.

Au soir, nous avons été manger un bout (des fish and chips, leur spécialité) dans une taverne à la déco typiquement islandaise (une vertèbre de baleine devant la porte, des néons roses éclairant des faux aquariums remplis de poissons séchés et, must du must, des peaux de morues cousues sur les banquettes en skaï).

Adèle s’est bien comportée, elle n’a pas fait d’attentat vegan.

peta_01_750 Meat is Murder

Il y avait là quelques islandais qui, profitant de cette belle soirée estivale (7 degrés) venaient manger un petit bout, vêtus de shorts, T-shirts et clapettes.

Nous, nous priions pour qu’ils referment la porte derrière eux.

En mangeant, nous avons découvert que les photos prises dans le lagon évoquaient plus un film de zombies ou le clip Thriller que le film « Retour au lagon bleu » (qui a enchanté mon enfance), et cela a déclenché de grands fous rires.

Aussi, on voit bien qu’à l’arrière, il y a de grandes usines qui fument et déversent leurs déchets radioactifs dans l’eau.

Nous sommes sorties du restaurant pour nous diriger vers notre guesthouse.

Un vent à vous figer la moelle osseuse soufflait.

Heureusement, nous avions doudounes, bonnets et écharpes. Nous avons longé un terrain de volley où de jeunes vikings s’ébrouaient en T-shirt. Normal : c’est l’été.

Et puis, après une ultra courte nuit dans la guesthouse, nous avons décidé de rentrer en Belgique.

Parce que tous ces magnifiques paysages, ça commençait à devenir lassant.

Islande

Jour 9. Le monde des trolls

Pendant que je trainassais dans mon canapé en skaï (souvenez-vous : ambiance épisode de Colombo à la télé, syndrome du dimanche soir, nains de jardin et tueur à la pelle à déneiger) et que les copines apprenaient à Adèle quelques rudiments de peinture, Laurence, Colette et Mère ont emporté avec elles leur baluchon de peinture et sont sorties.

Chose inimaginable vu la température qui régnait dehors.

Un froid à vous glacer la moelle épinière.

« Un peu comme si on ouvrait un congélateur et que l’on entrait dedans », a précisé Adèle.

L’occasion encore d’inventer l’une ou l’autre nouvelle blague météorologique (c’est devenu notre passion).

La matin, dans les mousses, Mère et Anne ont vu foultitude de visages de trolls.

Anne me montrait quelques une de ses photos « Là, tu vois, il y a un troll ». « Ah bon ? » lui répondais-je. « Je ne vois que dalle ». « Mais si ! » s’évertuait-elle « Regarde. Là. Voilà ses yeux. Et là, c’est sa bouche, tu vois ? » « Vraiment pas ».

C’est que je n’ai aucune imagination, voyez-vous. Peut-être que si on me faisait passer un test de Rorschach, je déclarerais « Je vois une tache d’encre ».

Et puis Micheline s’est agacée : « Vous êtes encore dans vos histoires de crolles ? ». Je crois qu’elle aussi a les oreilles un peu bouchées, elle fait des tryphonades.

Et donc, quelques-unes sont parties à la chasse aux trolls.

Elles ont déclaré :

C’était bizarre.

Elles sont revenues avec :

  • Le teint pâle des personnes en état de refroidissement avancé et les dents qui claquent.
  • Quelques clichés que j’ai éhontément dérobé à Laurence pour vous les montrer.
  • Des nouvelles photos de trolls invisibles à deviner.
  • Et une conclusion à ce séjour qui, l’air de rien, commence à toucher à sa fin.

Ce qui est loin d’être faux.

Islande

Jour 9. La rivière noire

Aujourd’hui, nous sommes restées à la maison.

Nous avons traversé la rue et avons peint la rivière noire.

Je me sentais inspirée.

Comme toutes les prairies sont clôturées, Adèle n’a pas pu randonner. Elle est rentrée bredouille.

Et comme elle avait envie de faire quelque chose de productif, elle a suivi son tout premier cours de peinture.

En plein air en Islande, ça le fait bien.

On est rentrées pour boire une petite soupe qui a spité partout.

On commençait un peu à s’emmêler les pinceaux.

L’après-midi, Adèle a continué son œuvre, grâce aux conseils de Laurence et sous la surveillance experte de Micheline.

Un moment tranquille dans une ambiance « dimanche après-midi devant un épisode de Derrick avec un morceau de tarte au riz».

Si je dis ça, c’est peut-être à cause de la déco de notre pavillon de banlieue.

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Jour 8. Jokulsarlon

Ce matin, j’ai eu 38 ans.

Je me suis levée et « pouf », c’était fait. Un peu plus âgée que la veille.

J’ai mangé deux tartines de Nutella pour fêter ça, et puis nous nous sommes dirigées vers le glacier de Jokulsarlon.

Un trajet sublime, difficile à photographier car nous roulions et l’immensité ne rentrait pas dans mon petit téléphone.

Champs de lave, phosphorescence des mousses, rivières noires s’écoulant de glaciers d’un blanc scintillant.

Et puis : Jokulsarlon.

Devant tant de splendeur, il me fallait écouter Bjork.

Sinon, quand le faire ?

Le soir, les copines m’ont offert mon cadeau d’anniversaire.

La veille, nous étions allées faire un brin de shopping à Vik, la seule ville prononcable du pays.

J’ai acheté un petit souvenir pour mes soeurs et puis j’en ai eu marre et je suis sortie sur le parking.

Poussin-Masqué m’a rejointe, un livre à la main. Le livre que j’aimais bien dans le magasin.

Je me suis ecriée «Oh ! Tu as acheté ce livre là ?!». «Non, me répond-elle, c’est à Laurence. Elle m’a demandé de lui tenir». Et puis nous avons parlé de la pluie et du beau temps.

Enfin, surtout de la pluie.

Puis Poussin-Masqué s’inquiète.

«Je me demande si elle l’a payé, en fait».

Je vous le donne en mille : Laurence ne l’avait PAS payé.

Et il s’agissait de MON cadeau.

Offert par mes amies cleptomanes.

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Jour 7. Quitter les îles

Ce matin, hop hop, on se lève et on quitte nos maisons de hobbit, non sans oublier de faire notre petite blague quotidienne sur la météo.

Nous disons adieu à la tenancière du camping des flots bleus, en lui expliquant notre nouvelle destination.

Dans nos barils de rhum, la déco regorge de phrases optimisantes.

Un peu comme s’ils avaient besoin d’avoir cela sous les yeux, sinon ils clamseraient tous », souligne Adèle.

On dit au revoir aux stars de l’île : les macareux.

Ils sont un peu poseurs, et les connaissances ornithologiques de Mère laissent un peu à désirer, mais nous n’osons point la contrarier.

Nous embarquons sur le ferry.

Plus de soleil qu’à l’aller, moins de remous, et donc moins de haut-le-coeur.

C’est que nous commençons à avoir le pied marin, voyez-vous.

Arrivées sur le continent, nous nous dirigeons vers notre troisième maison. Non sans avoir fait plusieurs haltes dans des lieux enchanteurs entièrement créés par Dame Nature.

Des chutes, des volcans, des glaciers, toujours aux noms imprononçables : il y en a pour tous les goûts.

Notre maison semble lépreuse, un peu délabrée. Digne d’un polar islandais sordide où un vieil homme nu et trapu tuerait des femmes peintres à coups de pelle à déneiger.

Mais ce n’est pas si grave.

Parce que la vue est magnifique : une rivière noire qui serpente dans une plaine, devant le blanc scintillant du glacier.

Et puis il y a le wifi.

Et puis, il y a un jacuzzi.

C’est que l’on vit bien, voyez-vous.

Islande

Jour 6. Un être s’éteint, un volcan s’éveille.

De la vulcanologie, encore.

En mode Haroun Tazieff qui aurait chaussé ses pinceaux.

Le climat est rude, je suis voûtée, fourbue comme une vieille femme de 90 ans, mais heureuse.